The sakura dress

Il y a quelques années, j’ai reçu un grand sac de patrons de couture datant des années 1950/60 et venant de Femmes d’Aujourd’hui, le magazine féminin belge que toutes nos mamans et grand-mères lisaient (ils ont édité également des livres de recettes dont je possède certains exemplaires). J’ai mis du temps à me lancer: j’avais trop peur des ajustements. Les corps féminins des années 1950 ont bien changé avec ceux d’aujourd’hui. J’ai finalement sélectionné une « Robe de petit soir » du numéro du 12 décembre 1954, proposée en taille 42 (les tailles des patrons diffèrent selon les magazines et il y avait moyen de les commander à sa taille séparément).

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J’ai commencé par décalquer les pièces d’origine et il m’est apparu de suite que les pièces du haut du corsage étaient minuscules. Mais aussi qu’il n’y avait qu’une parementure pour le décolleté et que pour les manches, il fallait savoir comment faire (les instructions sont plus que sommaires). J’y reviendrai. La pièce de la taille était quasi aux bonnes mesures et j’ai ressorti d’autres patrons pour l’ajuster. Pour le dos, j’ai tout simplement repris celui de la robe Burda modifiée que j’utilise toujours. Restait le haut du corsage: en mesurant mon corps et la pièce, j’ai rajouté environ une belle longueur en hauteur (je ne sais plus trop, quelque part vers les 8cm !). J’ai cousu une première toile mais ma poitrine flottait et cela baillait du côté des emmanchures. J’ai pincé le tissu et redessiné la pièce en diminuant la taille du bonnet. La deuxième toile était tout à fait satisfaisante, à part quelques détails qui ne demandaient a priori pas de troisième toile.

Au départ, je comptais coudre des parementures séparées pour le décolleté et les bras, puis j’ai dessiné une parementure englobant les deux. Vu sa taille, je me suis finalement décidée à doubler tout le haut.

J’ai sélectionné un tissu que j’ai acheté au Japon (chez Tomato à Tokyo), avec des fleurs de cerisier, ainsi qu’un reste de voile de coton blanc cassé. Et j’ai commencé la couture. Comme j’avais déjà cousu deux toiles, elle a été relativement facile, même en n’ayant pas de marche à suivre (j’ai dû découdre une fois une partie mais sans que cela ne pose trop de problème). Je sais que le genre de jupe présenté sur le patron n’est pas très seyant sur moi, je l’ai donc simplifiée en prenant le patron de la jupe crayon basique de Burda. Patron que je n’ai que très peu cousu, et uniquement en tissu stretch, et donc, elle était un peu trop étroite et j’ai dû jouer sur les valeurs coutures, sinon je ne pouvais pas m’asseoir !

Quand je vois les photos, je suis relativement satisfaite du résultat, même si je remarque les défauts: elle aurait pu être un peu plus ajustée sur le haut et un peu moins au niveau de la jupe, et le dos comporte quand même pas mal de plis. La partie de la taille aurait pu être un peu plus courte aussi. Mais c’est probablement un modèle que je coudrai à nouveau.

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Postcards of Paris (III)

Un réveil matinal après une nuit sans air – les tropiques à Paris. Et une tranche de vie de famille. Cette journée sera fort différente, je ne serai pas tournée vers moi-même, j’aurai de la compagnie et de la conversation (et j’en oublierai de faire des photos).

Toutes ces robes années 50… je ne saurais laquelle choisir, je les prendrais bien toutes. Les détails de coupe, les broderies, le choix du tissu, rien n’est laissé au hasard. Il est juste parfois difficile de bien les admirer à cause du monde – des femmes essentiellement.

Se retrouver dans un des centres touristiques, près du Louvre, voir la foule, se promener au Palais Royal à la recherche de la boutique de Serge Lutens. Un décor sombre et quelque peu gothique qui se marie parfaitement aux parfums proposés. Une hésitation, mais non, je préfère attendre.

Paris - 2014

Un décor de rêve pour le repas de midi et un endroit dans lequel je ne serais jamais entrée si mon amie ne m’y avait pas emmenée. J’imagine ce Café de la Paix au début du siècle, les dames en robes longues s’y promenant, froufroutant avec leurs jupons… J’imagine aussi les hommes avec leur dernière conquête, à l’insu de madame… Un Thaï mojito qui n’a plus rien à voir avec un mojito mais qui est tout simplement délicieux.

Montmartre est un autre monde. Je suis horrifiée par l’afflux de touristes, j’ai presque envie de fuir. Je trouve les magasins de tissus qui me tentaient. Je ne reviendrai pas les mains vides.

La fatigue se fait sentir, nous buvons encore un dernier verre. Les nuages sombres d’orage approchent, le blanc éclatant de la Basilique du Sacré-Coeur est encore plus flagrant. Il est temps de retourner à la gare du Nord. Les rafales de pluie crépitent sur le toit. Le retour me rend triste, tout comme les nuages gris dans le ciel. La maison sera vide et je rentre seule. Mais j’ai de beaux souvenirs qui me porteront jusqu’à mon prochain voyage.

Paris - 2014