The Beauty of the Real

Mick LaSalle, The Beauty of the Real: What Hollywood Can Learn from Contemporary French Actresses: il me restait un livre de Mick LaSalle à lire, celui qui a priori m’intéressait le moins, à propos des actrices françaises. Et pourtant j’était intriguée: qu’est-ce qu’un auteur américain avait à raconter sur un cinéma très peu regardé et connu aux Etats-Unis ? C’est un éloge: LaSalle considère ces actrices comme étant tellement plus libres, tellement moins formatées. Elles apparaissent à tous les âges, de l’ado à la femme âgée, dans des rôles qui ne sont pas limités par la moralité américaine omniprésente (une ado peut être montrée nue, dans une scène de sexe, une femme âgée aura encore un rôle de premier plan – et non « la mère de »). Il décrit les actrices principales des cinquante dernières années (jusqu’au début des années 2010 – le livre date de 2012, de Sophie Marceau à Isabelle Huppert, de Sandrine Bonnaire à Sandrine Kiberlain (son chat s’appelle Sandrine), en se basant sur tous le films qu’il a vus mais aussi sur de nombreux interviews qu’il a réalisés. Et même si j’ai vu peu de ces films à cause de mon désintérêt pour le cinéma français, c’était passionnant de lire ces commentaires vus d’ailleurs. Parfois quand même, je pense que LaSalle encense un peu trop ce cinéma et ces actrices et oublie la quantité gigantesques de mauvaises comédies et de films mal réalisés. Mais son point de vue est intéressant.

Dangerous Men

Mick LaSalle, Dangerous Men: Pre-Code Hollywood and the Birth of Modern Man: il était évident pour moi, qu’après avoir lu Complicated Women, il fallait que je lise son pendant masculin. Dans ce livre, le critique américain Mick LaSalle fait le portrait des acteurs américains qui ont dominé le cinéma d’Hollywood entre 1929 et 1934, des débuts du cinéma parlant à l’instauration du Code Hays qui a limité fortement ce qui pouvait être montré dans les films. Je trouve que le livre est un peu moins bien construit que celui sur les femmes, mais il y a quand même une belle palette d’hommes, souvent spécialisés dans un type de rôle: les monstres pour Boris Karloff et Bela Lugosi, les gangsters pour James Cagney et Edward G. Robinson, les latin lovers pour Ramon Navarro, les militaires, les avocats, les hommes un peu louches… C’est l’époque de Clark Gable qui enflamme les coeurs des jeunes filles (avec ou sans moustache), mais aussi de Gary Cooper ou Maurice Chevalier. Tous ces hommes sont engagés pour l’un ou l’autre studio, et jouent des rôles en fonction des caractéristiques de ceux-ci. Ils sont dans l’air du temps et sont « modernes » dans le sens où le cinéma de l’époque a abandonné le conservatisme d’antan et ose décrire la vie telle qu’elle est, n’hésitant pas à montrer de la violence ou une sexualité exacerbée (dans les limites de l’époque évidemment – les corps dénudés, c’est pour bien plus tard).

J’aime toujours autant le ton de Mick LaSalle; j’ai dévoré trois de ses livres en quelques mois. A vrai dire, il ne m’en reste qu’un seul à lire, mais j’hésite à cause de son sujet: ce que Hollywood peut apprendre des actrices françaises contemporaines. En même temps, ça pourrait être intéressant (edit: je l’ai commencé). En attendant, je continue à regarder les films des années 1930 avec tous ces acteurs et actrices et je m’amuse beaucoup.

Complicated women

Mick LaSalle, Complicated women: sex and power in Pre-Code Hollywood: après avoir lu Dream State, je me suis penchée sur la bibliographie de l’auteur et je suis tombée sur ce livre qui me tentait énormément vu que je suis en train de regarder tous ces films des années 1930. Il parle des actrices qui ont dominé les écrans pendant les quelques années du cinéma parlant allant de 1929 à 1934, date où est instauré le « Code », une liste de recommandations très conservatrices qui ont fortement limité ce qu’on pouvait montrer à l’écran (plus de baisers, les couples dorment dans les lits jumeaux, le mal est toujours puni, etc.). Pendant ces cinq années, les actrices étaient très libres dans leur jeu et dans leurs rôles. On voit des prostituées, des femmes qui trompent leur mari, des femmes libres et qui se sentent bien. Greta Garbo et Marlene Dietrich crèvent l’écran, mais aussi Norma Shearer, aujourd’hui oubliée alors qu’elle jouait des rôles assez subversifs.

Mick LaSalle connaît très bien son sujet et nous emmène dans cette époque avec beaucoup de détails et d’humour. C’est un livre passionnant qui permet de découvrir une époque oubliée, où les femmes avaient pas mal de chose à dire et à revendiquer, avant d’être reléguées à des rôles de saintes sans relief ou de damnées qui doivent être punies. Il y a un pendant qui parle des hommes de la même époque, que j’ai évidemment commencé. Du coup, j’ai envie de voir tous ces films, mais ils sont parfois un peu difficiles à trouver.

Dream state

Mick LaSalle, Dream state: California in the movies: ce livre s’intéresse à la spécificité des films tournés en Californie, à partir de thèmes aussi divers que le film noir, les catastrophes naturelles, les romances pleines de danger, et les villes de nuit. Le livre est passionnant: Mick LaSalle (critique cinéma pour le San Francisco Chronicle) a clairement vu des milliers de films et met en parallèle des longs-métrages de toutes époques et de tous styles. Il donne de nombreux détails et de nouvelles interprétations de films comme The wizard of Oz ou Superbad. C’est justement cette perspective si large qui est intéressante, et qui permet de dégager des similarités, une certaine cohérence entre les films montrant la Californie, en opposition justement avec le reste du pays. Pour plus de détails et des exemples précis, je vous invite à lire ce livre ! (Ma note est courte, j’avoue que je fatigue un peu et que parler de chaque livre que j’ai lu est parfois un peu fastidieux. Je n’ai d’ailleurs rien dit de The Japanese Cinema Book qui était intéressant mais clairement trop académique).