Un dîner presque parfait en très bonne compagnie

Deux fois par an, je vais faire les soldes avec ma tante. C’est toujours un moment privilégié, mes relations avec elle s’étant développées ces dernières années. Elle a quarante de plus que moi et c’est une source inépuisable pour l’histoire familiale mais souvent aussi, elle parle de sa jeunesse, de la jeune fille engagée dans les mouvements catholiques de l’époque qui n’étaient pas tendres avec les désirs amoureux: c’était soit l’engagement, soit le mari, les deux n’étaient pas compatibles. (Ma mère aussi d’ailleurs a eu des collègues qui ont dû arrêter d’enseigner quand elles se sont mariées dans les années 50-60.) Et malheureusement pour elle, elle a raté l’occasion comme elle le dit. Difficile de parler de tout ça, mais au fil du temps elle me fait de plus en plus de confidences… autour d’un bon repas. Et puis je peux lui poser des questions que j’aurais aimé poser à ma maman. Et elle a toujours été très coquette et aime parler vêtements, bijoux, chapeaux…

Le restaurant où nous voulions aller (le Switch) était fermé, mais j’avais prévu une solution de rechange: le Jaloa, place Sainte-Catherine. J’y avais déjà été avec mon homme, du temps où il était place Vieille Halle aux Blés et nous nous étions léché les babines (pour ne pas lécher l’assiette, il paraît que c’est impoli !). Le jeune chef a reçu le titre de « Jeune Restaurateur d’Europe » et la cuisine est excellente, d’inspiration française avec juste ce qu’il faut de touches « fusion ».

Nous avons opté pour le menu du marché à 38 euros (n’ayez crainte, ma tante avait « budgétisé » tout ça) en trois services. Comme amuse-bouches, nous avons reçu des verrines contenant un petit bouillon aromatisé au lemongrass et avec de petits morceaux de saumon, un petit potage carottes-coriandre-orange au goûts bien maîtrisés et un ravioli à la truffe (que je n’aime pas trop en général mais qui là était délicieuse, pas trop forte comme souvent).

En entrée, Thon rouge, huître et lard blanc, salade de cresson et de céleri rave, délicieuse combinaison de la mer et de la terre !

Faisan cuit lentement, côte et mousse de blettes, tranche de foie gras truffé, vinaigrette très épicée: un plat principal tout en saveurs, agrémenté également de légumes oubliés comme le topinambour et une pomme de terre vitelotte. A lécher l’assiette ! Et gros avantage pour les petits appétits, les assiettes ne contiennent pas trop… mais c’est une préférence personnelle. Je peux comprendre que certaines personnes aient un goût de trop peu, moi j’ai juste envie d’y retourner encore et encore, les menus changeant tous les mois (il va falloir que je revoie How to marry a millionaire ! En attendant, ce sont des plaisirs attendus longuement à l’avance).

Le dessert était une Crème légère safranée, espuma d’amande, sorbet au citron, dans lequel je me suis dépêchée de manger le sorbet au citron dont je trouvais le goût trop fort pour le reste qui était délicieux. Je dois dire que je trouve toujours ce genre de sorbet citronné trop fort. Par contre, mettre du safran dans une crème genre pâtissière est une excellente idée.

Un thé ou un café pour terminer tout ça et nous étions reparties pour la rue Neuve…

Le repas du dimanche, trente ans en arrière

Sauf que c’était hier…:

Tomates farcies au thon, sur lit de salade pommée
Rôti de porc, petit-pois – carottes en boîte, pomme de terres persillées
Salade de fruit
Gâteau au chocolat

Aaaah la nostalgie… et La cuisine de Femmes d’aujourd’hui, édition 1956, en 6 volumes.

D’ailleurs, si vous avez de vieux livres de cuisine (ou de cocktails) qui traînent (d’avant les années 80), contactez-moi, je suis preneuse !