Melancholia

Depuis quelques dizaines de jours, je me traîne quelque peu dans une certaine mélancolie, un sentiment de tristesse plutôt vague. Certainement pas dans une dépression comme le veut la signification actuelle du mot. Plutôt un sentiment un peu passé, relativement doux, sporadiquement présent avec plus de force, de temps en temps complètement oublié. Cette mélancolie me hante à certains moments de la journée, parfois l’après-midi quand j’ai du mal à me concentrer sur mon travail ou le soir juste avant de sombrer dans le sommeil. J’ai l’impression de m’être retrouvée dans une situation que je ne souhaitais plus vivre, comme dans ma vingtaine. Un état de recherche du compagnon idéal mais qui n’a pas l’air d’exister. Je me sens bien par moments en solitaire mais cela me pèse à d’autres. Il y a tant de choses que j’aimerais pouvoir faire avec une âme sœur mais elle a l’air tellement inaccessible, inexistante. Ces derniers mois, j’ai beaucoup réfléchi sur moi-même et j’ai appris beaucoup. Je me sens un peu différente, sans doute un peu trop intelligente, sans doute un peu trop sensible, sans doute un peu trop sérieuse et inaccessible. Je ne suis pas quelqu’un de facile à apprivoiser, je n’apprivoise pas facilement quelqu’un. Mes signaux d’alarme se mettent en route très vite et je me fais une image très rapide des personnes que je rencontre. D’après des tests psychologiques, je fais partie d’une minorité; suite à des conversations, je fais partie du groupe qualifié comme HP. Pas tant au niveau du QI en tant que tel mais bien au niveau de l’intelligence émotionnelle. Et donc mon compagnon idéal devrait idéalement se trouver quelque part dans ce même groupe fort limité, ce qui n’est pas pour me rassurer quant à l’issue heureuse de l’entreprise. Groupe d’autant plus limité parce que la plupart des hommes d’environ 45 ans sont en couple ou ont de jeunes enfants (m’occuper de jeunes enfants n’est pas vraiment un but dans ma vie). Parce qu’en plus je demande une certaine stabilité émotionnelle, je n’ai pas envie de revivre des histoires similaires à celles du passé. A vrai dire, toutes ces réflexions me laissent assez perdue, je ne sais plus trop où commencer, où chercher, et pourtant cela ne doit pas être impossible. En tous cas pas dans un rêve que j’ai eu, un rêve qui m’a laissée complètement chamboulée parce qu’il semblait tellement réel et puissant dans les sentiments.

Une mélancolie qui a quelque chose de celle qu’exprime si bien Einstürzende Neubaten dans le morceau Die Befindlichkeit des Landes, avec ses moments très doux et ses côtés très abrupts et industriels.

Short diary of the week (144)

Lundi: la robe aux toucans et perroquets, deux colis qui m’attendent, du sirop à la fève tonka, une après-midi plutôt molle, l’indécision complète pour les vacances, feuilleter le nouveau livre sur la cuisine birmane et saliver (tout en me disant que les recettes n’ont pas l’air trop compliquées), The Good Wife – le tout dernier épisode à jamais (un peu déçue), The 100, m’endormir triste

Mardi: des rêves que j’aurais aimé prolonger (dans mes rêves je trouve l’homme idéal…), pluie ou pas pluie ?, de nouvelles salades au supermarché, The 100 – deux épisodes, terminer un livre et commencer le suivant – même pour quelques pages

Mercredi: le genre de météo où se pose la question « bas ou pas bas ? », les mettre dans mon sac au cas où, la journée des corvées, peu envie d’écrire sur les blogs, retrouver Katrien dans le centre ville, boire un verre et manger en terrasse (ou presque), parler de nos projets, rentrer à mon aise et continuer la lecture de mon livre (celui-ci sera vite lu – ça fait du bien)

Jeudi: réunion, revues et commandes, arroser le jardin, sortir le livre avec tous les negroni, Hawai et sa vague pop (trouvé en mauvaise qualité sur youtube mais probablement disponible sur Arte+7 en France), The 100, des envies d’évasion à Sakhaline avec mon livre

Vendredi: ce qui me pousse à me préparer le matin avant d’aller au boulot c’est le moment de lecture dans le métro, réunion, l’après-midi se passe, asperges, Ennemi public – les deux épisodes de dimanche passé

Samedi: un sommeil assez moyen et un réveil plus tardif que d’habitude, décider d’aller chez Ikea et me dépêcher pour y arriver avant la foule, acheter 6m de tissu de coton écru pour coudre des toiles – et des loupiotes de jardin, passer chez mon papa, quelques petits travaux de jardin vite expédiés, un manque d’énergie certain, un peu de couture puis de lecture, écosser des fèves, The Leftovers, The 100, juste fatiguée de n’avoir pas fait grand chose

Dimanche: commencer à ranger ces livres de cuisine, rejoindre des amis à la place Dumon pour de la nourriture péruvienne, pisco sour et ceviche, rencontrer d’autres blogueurs, continuer le rangement et le ménage, la robe prend forme après pas mal de faufilage qui a abimé mon pouce, lecture pendant la cuisson de l’osso bucco, The Leftovers, China Beach, ce qui conclut une semaine où mon humeur aura été assez mélancolique (le rêve de mardi y est pour beaucoup)

This week (II)

En lisant un article sur le tango finlandais, je me suis dit que je devais avoir des origines dans ce pays. Il parle de ce sentiment de clair-obscur, de nostalgie, de mélancolie qui colle à la peau, dans les joies et les peines, mais qui est aussi une source extraordinaire de puissance. (Maarit Nüniluoto, « La mélancolie dans la musique populaire finlandaise », dans Sentiments doux-amers dans les musiques du monde). (Là, l’historienne qui est en moi me dit que ma notice bibliographique manque de plein d’informations). Tout l’article avait un côté de déjà vu, une similitude avec une partie de ma personnalité. Et c’est aussi cette semaine que j’ai réécouté quelques morceaux de Einstürzende Neubauten, notamment celui-ci, qui parle de mélancolie:

Mes projets de vacances au soleil se réduisent très probablement à néant. A moins que je ne trouve quelqu’un pour m’accompagner une semaine aux Iles Canaries la semaine du 14 décembre (j’ai trouvé une promo à 530€ vol + hôtel en demi-pension). diane étant en stage, ce ne sera pas possible pour lui.

La météo annonce du gel: j’ai déterré et rentré une série de plantes exotiques, transformant le salon en jardin tropical. La place étant réduite, j’ai dû abandonner certaines aux intempéries. Je rêve d’un hiver doux…

Coudre une jupe en un w-e ? Projet réussi, je la porte aujourd’hui.

Ma visite chez Ikea s’est soldée par l’achat d’un nouveau lampadaire qui, même s’il éclaire moins la pièce que la vieille lampe halogène, a différents bras dirigeables et donne la lumière idéale pour lire dans le canapé.

Une note positive à propos de mon humeur: après les hauts et les bas des dernières semaines, j’ai retrouvé une certaine sérénité.

Et vous ? Comment a été votre semaine ?