Mékong

M et Mme Shoes, Mékong, de la source au delta, une aventure à pied: M et Mme Shoes, un couple de Français, racontent le périple qu’ils ont effectué à la recherche des sources du Mékong puis leur parcours de long de ses rives jusqu’au delta. Ils ont traversé la Chine, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Vietnam. A vrai dire, ils n’ont pas marché sur l’entièreté du trajet: certaines zones sont inaccessibles en Chine, ou interdites aux étrangers, et parfois l’appel d’un véhicule motorisé permettait de reposer leurs pieds sur quelques kilomètres.

Il s’agit d’un beau livre avec de superbes photos et le texte est aisé à lire, avec un humour bienvenu lors de quelques mésaventures. Il est complété par de petites bande-dessinées. J’ai aimé ce récit mais je pense que je n’aurais pas dû acheter le livre (à part pour donner quelques sous aux auteurs – ce qui est bien aussi). En effet, j’avais lu toute l’histoire sur leur blog. Je n’ai pas comparé les textes et je ne sais pas s’il y a de grandes différences. Par contre, je suis certaine qu’il y a plus de photos sur le blog. C’est la raison pour laquelle je ne donne qu’une cote moyenne à ce livre.

Short diary of the week (170)

Lundi: un sommeil un peu mouvementé mais finalement je suis assez reposée pour commencer cette nouvelle semaine, un métro bondé, un tram bondé, les personnes très extraverties m’énervent profondément, et ça se confirme, une conversation de midi interrompue par un truc du genre: « regardez-moi, je suis là ! », le début des maux de tête, les maux de tête qui disparaissent une fois rentrée, mise à jour d’ordinateur en même temps que la préparation d’un plat et d’un cocktail, rentrer la fougère arborescente, Masters of Sex, Agent Carter – fin de la première saison

Mardi: sortir la fougère arborescente, un épouvantail – ou en tous c’est à quoi ressemblait cette femme pourtant bien mise, une matinée productive – une après-midi qui l’est moins, prendre mon courage à deux mains malgré le mal de tête et les courbatures, TTBT S01E05, Longmire, le retour de Masterchef The Professionals sur la BBC

Mercredi: ce besoin qu’on les gens de tout décortiquer, encore une caractéristique de mon introversion: laissez-moi digérer toute seule, le boulot remis au lendemain pour question d’incompétence d’un collègue – une fois de plus, ce moment où je râle sur tout y compris la pluie et le froid – mais ça ne dure pas très longtemps, comment améliorer un cocktail insignifiant avec des bitters tiki et de la teinture de piment, Longmire, Masterchef The Professionals

Jeudi: sortir – entendre du bruit – me retourner – voir mon voisin désagréable – lui dire bonjour mais juste fuir pour ne pas avoir à lui parler alors que je sais qu’il prend le même métro que moi, le jeudi est le vendredi de cette semaine – ce qui veut qu’il y a toutes les petites tâches à terminer, faire quelques courses chez Marks & Spencer, Longmire, Masterchef The Professionals

Vendredi: réveillée tôt et avec un début de mal de gorge, quelques transactions depuis le canapé, de la couture un peu bâclée sur la fin, de la lecture, un film – Mékong Stories – un peu trop arty à mon goût – mais une furieuse envie de retrouver le Mékong

Samedi: me réveiller pendant la nuit avec la gorge en feu, préparer une infusion aux épices, aller chez mon papa qui n’est pas trop en forme non plus, fuir à cause de l’odeur de graisse de frites qui me rend malade, une après-midi pas très productive dans le canapé mais l’iPad est nettoyé – ça vaut vraiment la peine d’effacer et réinstaller des apps qui prennent trop de place, aucune concentration devant le film que je voulais voir, zapper et me rendre compte que les programmes tv ne se sont pas améliorés un samedi soir, me mettre sous la couette avec un livre qui a l’air bien plus passionnant que le précédent

Dimanche: me réveiller en pleine nuit à cause de mes maux de gorge, malgré ce que je pensais je n’ai pas vraiment de fièvre, laisser tomber la zumba, espérer être guérie très vite, me traîner, avoir de la fièvre, envie de rien, me sentir misérable et abandonnée (alors que ce n’est vraiment pas très grave), retenter le film chinois et abandonner au profit de Class et de Longmire

In the naga’s wake

Mick O’Shea, In the naga’s wake: the first man to navigate the Mekong from Tibet to the South China Sea: trouvé par hasard en faisant des recherches sur Bookos, je me suis lancée dans le récit de cette expédition juste après l’histoire du Cambodge. Il me fallait en effet une lecture qui ne quitte pas tout à fait la région avant de pouvoir passer à autre chose. Mick O’Shea a descendu tout le cours du Mékong en kayak, de ses sources au Tibet à son embouchure au Vietnam, naviguant dans des zones inconnues de l’homme, aux rapides extrêmement dangereux. Toute cette partie « exploit » m’a quelque peu dérangée mais forme malgré tout une lecture pleine de suspense. Et le livre donne une idée des paysages qui changent tout le long du grand fleuve et des problèmes écologiques causés par les grands barrages construits par les Chinois. Si vous préférez la version filmée, c’est ici. Pal mal, mais il y a mieux sur le sujet: Ian Walker, Against de flow. Culinary adventures up the Mekong River, le troisième livre cité dans ce billet et John Keay, Mad about the Mekong qui raconte l’histoire des premiers explorateurs du Mékong.

Book_RATING-30

Kampuchéa

Patrick Deville, Kampuchéa: publié au moment de la rentrée littéraire, ce livre a tout de suite attiré mon attention. Il ressemble à un récit de voyage sans en être vraiment un, il est assez proche de Bangkok days dans un sens. Patrick Deville est à Phnom Penh pour assister au procès contre les Khmers Rouges mais en profite pour raconter l’histoire de la région, de la découverte d’Angkor par Henri Mouhot aux troubles actuels du Cambodge. Il raconte dans le désordre la colonisation française, les périples des différents explorateurs, la remontée du Mékong qu’il tente à son tour. L’histoire est éclatée mais attachante, bien écrite, avec poésie mais aussi justesse historique.

Un extrait (p.25): « On avale des soupes de nouilles devant les gargotes, les enfants partent pour l’école. Au long des rues, sur des charrettes, on vend des mangues, des cigarettes, des sauterelles grillées au miel dans une feuille verte en cornet. Il fait chaud déjà, près de trente degrés, le ciel est bleu. C’est un calme de façade. La ville assiégée est ravitaillée par le pont aérien. Chaque jour se rapprochent le sifflement des roquettes et le fracas des obus. Lon Nol et les Américains sont partis, ont abandonné la défense impossible. L’aéroport de Pochentong est hors d’usage. On attend la paix. » Les Khmers Rouges arrivent peu après…