Le pont des soupirs

Richard Russo, Le pont des soupirs: ou le récit d’une lecture commune laborieuse. Plusieurs bloggueurs s’étaient montrés particulièrement enthousiastes à la lecture des romans de Richard Russo, et Ingannmic a proposé une lecture commune à toute personne intéressée. Le choix s’est porté sur Le pont des soupirs et je me suis inscrite. Prévoyante, j’ai commencé ma lecture début mars et je me suis plongée dans cette histoire d’une petite ville américaine.

Louis C. Lynch, dit Lucy, n’a jamais quitté Thomaston, dans la région de New York. La soixantaine arrivée, il décide d’écrire l’histoire de sa vie tandis que sa femme, Sarah, organise un voyage en Italie où ils visiteront Venise et le vieil ami de Louis, Bobby Marconi, qui est un artiste reconnu sous le nom de Noonan. Dans son autobiographie, Louis raconte les problèmes financiers de ses parents, leur vie parfois difficile, comment son père a acheté une épicerie alors qu’il ne pouvait pas vraiment se le permettre et que les supermarchés avaient déjà vidé les petits magasins de quartier. Il décrit surtout son amitié, pas toujours partagée, avec Bobby et ses déboires avec les autres enfants qui se moquent de lui.

Les premières 150 pages alternent le récit de Louis avec celui de Noonan à Venise. Je n’ai trouvé aucun point d’accroche à ce monde masculin, celui très limité du naïf Louis et celui d’homme à femmes et d’artiste dépressif de Noonan. J’étais en manque de descriptions de la nature et de grands espaces. J’ai interrompu ma lecture. Je voulais lire le récit de femmes et j’ai trouvé mon bonheur dans The Break de Katherena Vermette.

Fin mars, j’ai repris ma lecture, en plein confinement, ce qui m’a sans doute aidée: je me suis forcée à lire 50 pages à la fois, puis même 100 pages, terminant les 150 dernières d’une traite. Louis continue son récit, puis l’interrompt. Les autres personnages commencent à s’exprimer, Sarah notamment, la femme de Louis. Au début, cela a apporte une heureuse diversion dans le monde très étriqué de Louis qui ne vit que pour ses épiceries. Mais par la suite, j’ai eu l’impression que ces autres voix faisaient partie d’autres romans et avaient été imbriqués ici un peu de force. J’ai encore douté plusieurs fois si j’allais terminer ce roman et si ce n’avait pas été une lecture commune, je l’aurais abandonné.

Richard Russo excelle sans aucun doute dans la description de la vie américaine mais j’ai trouvé son récit poussif, mal structuré. J’ai souvent pensé à Joyce Carol Oates, dont certains romans peuvent être pénibles à lire, mais j’y ai toujours trouvé un style plus particulier, plus incisif. Bref, ce roman était une vraie déception et ma note est sévère. Je ne lirai sans doute pas d’autres Russo, d’autant plus que ce sont des pavés.

Un titre découvert dans le cadre d’une lecture commune autour de Richard Russo (j’ai recopié ce passage chez Ingannmic): Ont également lu « Le pont des soupirs » : KrolEve et The Austist Reading. Aifelle a lu « Un homme presque parfait » MarylineMarie-Claude et Valentyne ont lu : « A malin, malin et demi » Goran a lu « Ailleurs » 
Keisha a lu « Quatre saisons à Mohawk »

Thérèse Desqueyroux

francais-therese-desqueFrançois Mauriac, Thérèse Desqueyroux: pourquoi lire ou relire Mauriac en 2015 ? J’ai suivi Ingannmic et Athalie dans leur proposition pour plusieurs raisons. Je me souvenais avoir beaucoup aimé la lecture de Thérèse à l’école secondaire et mon père ayant toujours beaucoup apprécié cet auteur, j’ai pu lui emprunter ses tout vieux Livre de Poche aux couvertures surannées, bien plus encore que celle de Thérèse qui date de 1988, l’année où je l’ai lu la première fois (ou 1989). Le roman est situé dans les Landes, dans une campagne perdue et peu accessible. Thérèse est libérée de prison, elle a été acquittée de la tentative d’empoisonnement de son mari. Il faut éviter le scandale dans cette société bourgeoise campagnarde où les apparences sont bien plus importantes. De plus, son père voudrait entamer une carrière politique, les actes de sa filles doivent être gommés. Tout sentiment est étouffé, doit être caché. Mauriac décrit avec brio ce genre d’ambiances et son écriture reste moderne presque nonante ans plus tard. Et mon impression ? Je me suis dit que je n’avais sans doute pas tout compris en lisant ce livre à 17 ans (notamment les attirances et répugnances sexuelles entre les personnages) mais j’ai retrouvé pourquoi j’avais aimé ce livre: cette sensation d’étouffement, ce personnage brimé qui aurait aimé faire autre chose de sa vie plutôt que de suivre la voie tracée par sa famille. Tout cela m’a encore touchée aujourd’hui.

Je vous invite à lire les avis d’Ingannmic et d’Athalie, bien plus développés que le mien.

Book_RATING-40

Le maître du Haut-Château

Philip K. Dick, Le maître du Haut-Château: je n’avais j’amais lu de Philip K. Dick et ce livre traînait sur ma PAL depuis des lustres. Quand Ingannmic m’a proposé une lecture commune, j’ai donc tout de suite accepté. Je l’avais acheté à l’époque lors de mon intérêt naissant pour les uchronies. Le roman se situe en effet dans une réalité alternative: les Alliés ont perdu la seconde guerre mondiale et les Allemands et Japonais, vainqueurs, se sont partagés les Etats-Unis, dans lesquels existe encore une zone libre. Nous sommes dans les années 50 et suivons quelques personnages à San Francisco: un commercial suédois et le Japonais qui l’accueille, un antiquaire, un ouvrier et sa femme, dont il est séparé. Deux livres interviennent constamment dans le récit: le Yi King qui sert d’oracle et un roman qui raconte comment serait le monde si les Alliés avaient gagné. C’est ce livre qui sème le trouble dans le récit, trouble auprès des personnages qui le lisent mais aussi auprès de moi, lectrice. Les dernières pages tout particulièrement sont confuses et ma première réaction a été d’aller lire des critiques sur le net, qui ne font que confirmer ma confusion ! Pour le reste, c’est un roman agréable à lire, pas compliqué pour un sou mais dont la psychologie des personnage reste assez superficielle.

Lectures communes

Lecture commune = lire le même roman présent dans la PAL de deux (ou plusieurs) blogueuses lectrices pour une date définie. Publier un billet sur le livre le même jour.

En cours:

  • La répétition, avec Yspaddaden, pour le 7 juin
  • Le maître du haut-château, avec Inganmic, pour le 15 juin

Si vous aussi, vous êtes tenté(e) par une lecture commune, n’hésitez pas !