Abandonned books (III)

Cela fait très longtemps que je n’ai plus utilisé cette rubrique, j’ai parfois abandonné des livres ces dernières années mais je n’avais rien à en dire, et j’ai laissé tomber toute tentative d’écriture à leur sujet. Mais là, pendant quelques semaines, je me suis retrouvée dans une mauvaise passe et il me semble intéressant d’expliquer pourquoi.

Liza Klaussmann, Villa America: ce roman est en fait une biographie romancée de Gerald et Sarah Murphy qui possédaient une villa à la Côte d’Azur dans les années 1920 et qui recevaient de nombreux amis illustres, tels Francis Scott Fitzgerald ou Ernest Hemingway. J’ai lu deux tiers avant d’abandonner, je me suis trop ennuyée pendant les descriptions trop détaillées de la vie quotidienne et les frasques des personnages. Si j’avais eu un intérêt plus grand pour ces célébrités, j’aurais sans doute continué, mais ce n’est pas le cas.

Wally Lamb, Le chant de Dolorès: les critiques sont en général positives sur GoodReads et Babelio mais plusieurs lecteurs se plaignent de la longueur des 100 premières pages. De plus la quatrième de couverture révèle une partie de l’histoire qui commence après ces 100 pages. Je me suis ennuyée, ne trouvant aucun point d’accroche avec la pauvre héroïne qui a tous les malheurs du monde (et qui le cherche bien).

David Mitchell, Écrits fantômes: ce livre est sur ma PAL antique, et il y dormait depuis sans doute plus de 10 ans. La lecture des 20 premières pages ne m’a pas convaincue et je n’ai pas eu envie de m’y attarder, malgré les excellentes critiques et une action qui se déroule en grande partie en Asie. Je crois que j’ai entamé une grande période de tri.

Julian Fellowes, Past imperfect: peut-être que j’aurais dû persévérer mais je n’y suis pas arrivée. L’histoire met un peu de temps à démarrer et je n’avais pas cette patience. Et le ton un peu trop « posh » me dérangeait. La fin de l’année 2017 a été fort secouée pour moi et cela a sans doute influencé mon manque de concentration et l’abandon de tous ces livres. Pour quitter cette logique, je me suis finalement rabattue sur une série qui me plaît avant d’entamer ma lecture commune pour la mi-février.

 

Snobs

Julian Fellowes, Snobs: pendant que je lisais L’aliéniste, je regardais Downton Abbey et le roman n’en finissait pas… Je voulais absolument me plonger encore plus dans le monde de Julian Fellowes. Snobs raconte l’histoire d’Edith Lavery issue de la classe moyenne et de sa rencontre avec le Comte Broughton. J’ai retrouvé dans le roman la description minutieuse de la haute société anglaise, avec ses non-dits, ses traditions quelque peu dépassées, la nécessité de maintenir les apparences. Aucun personnage n’est vraiment sympathique, tous veulent obtenir quelque chose et n’hésitent pas quant aux moyens pour y arriver. Le roman est pas mal mais j’ai trouvé certains passages un peu longs, ce qui ne m’empêchera pas de lire d’autres livres du même auteur parce qu’il réussit à nous plonger complètement dans le milieu de la noblesse et haute société. Et franchement, la vie n’y est pas vraiment rose !

Downton Abbey

Downton Abbey, c’est un peu Amour, gloire et beauté dans l’aristocratie anglaise. Ecrite par Julian Fellowes, déjà responsable du scénario de Gosford Park mais aussi de plusieurs romans, la série s’intéresse à la famille Grantham, à son château et à ses domestiques. Elle commence en 1912 avec le naufrage du Titanic et la mort de l’héritier de la famille. Lord Grantham et son épouse n’ont que trois filles et doivent donc se tourner vers un cousin lointain qui vient s’installer à proximité du château avec sa mère. Là commence un conflit de classe, mais par petites touches, un conflit entre les pratiques anciennes de l’aristocratie et une ouverture plus grande de la bourgeoisie. Et Lady Mary, va-t-elle finalement épouser l’héritier Matthew ?

Toute l’équipe des domestiques joue aussi un rôle important, par leur implication ou leurs commérages, par le désir des plus jeunes de sortir de la domesticité tandis que les plus anciens ont dénié toute vie privée pour rester au service de « His Lordship ». Montées en grade, jalousies, apprentissage, amours secrets ou non, tout passe en revue.

L’espace-temps entre le début de la saison 1 et la fin de la saison 2, de 1912 à 1920, est l’occasion de montrer une société en évolution, la montée du socialisme et du communisme, les horreurs de la guerre, le travail des femmes mais aussi tout un chamboulement dans les convenances. Et on voit aussi les tenues des dames changer, les jupes se raccourcir, les pantalons apparaître.

Au point de vue formel, rien à signaler. La série est très classique, avec des mouvements de caméra traditionnels, un scénario qui suit les personnages et la chronologie (avec juste quelques ratés parfois, une accélération pendant un épisode ou deux pour retomber ensuite dans le train-train), une reconstitution historique très fidèle et des décors d’époque assez impressionnants. Mais c’est justement la finesse de ce scénario qui passionne ! Il faut peut-être regarder quelques épisodes avant de s’attacher vraiment aux personnages mais une fois qu’on est pris, la série devient très addictive.

Une mention spéciale doit être donnée à Lady Violet Grantham, qui est fabuleusement bien campée par l’actrice Maggie Smith. A elle seule, elle porte une grande partie des intrigues et ajoute un élément comique certain. Vivement l’année prochaine pour de nouveaux épisodes !

UPDATE: j’ai trouvé ce clip avec les meilleurs moments de Lady Violet: