The goddess and other women

1745101Joyce Carol Oates, The goddess and other women: encore un recueil de nouvelles. Je l’ai commencé en août, puis abandonné, puis repris en attendant la réception de Goat Mountain. Je n’ai pas eu le temps de le terminer avant mon voyage, même s’il me restait juste deux nouvelles à lire. Bref, ce fut une lecture très éclatée et j’ai déjà oublié une grande partie du contenu. JCO reprend ses thèmes habituels: les femmes sont au centre des récits, leur vie est souvent empreinte de violence physique ou morale. Une des nouvelles qui m’a le plus marquée est « A girl at the edge of the ocean ». Une jeune ville est emmenée par sa tante dans une maison de vacances en bord d’océan. Quelque chose s’est passé, on lui a conseillé de quitter la ville pour se reposer. Ses errances en bord de mer ont réveillé ce besoin chez moi de faire de même. L’écriture est précise et poétique, décrivant les paysages comme au cinéma. Comme toujours dans ces recueils, il y a du bon et du moins bon mais je continue l’aventure, en espérant lire un peu plus de JCO cette année.

Ceci était ma dernière lecture pour 2014.

Book_RATING-35

Do with me what you will

Joyce Carol Oates, Do with me what you will: publié en 1973, ce gros roman de JCO n’est certainement pas son meilleur. Peut-être figurera-t-il même dans les pires. Il est trop long, il y a quatre parties dont trois auraient pu constituer trois romans différents. Il est mal construit à mon avis: la première partie présente le premier personnage, Elena, la seconde présente Jack. La troisième raconte leur interaction, la quatrième est un genre de conclusion laissant la place à tous les personnages du roman. Juste en l’écrivant, ça a déjà l’air ennuyeux… Il s’agit d’une part d’un roman d’adultère et d’autre part d’un roman de procès. Je déteste les films de procès, je ne vois donc pas comment je peux m’amuser à lire des documents juridiques dans un roman. De plus, l’héroïne, Elena est un personnage sans consistance, qui se laisser mener, comme le dit le titre. Et pourtant, je l’ai lu jusqu’au bout. Il y a des moments d’écriture exceptionnelle, très belle; c’est violent et touchant entre les pages de logorrhée. Quand je l’ai reposé, soulagée de l’avoir terminé, j’ai eu envie de lire le livre suivant de JCO. Des nouvelles.

Book_RATING-30

Marriages and infidelities

Joyce Carol Oates, Marriages and infidelities: commencé en français, je me suis très vite rendue compte que cette version ne comprenait que la moitié des nouvelles par rapport à l’originale en anglais. Du coup, le temps que ma commande de l’exemplaire en seconde main des Etats-Unis arrive, ma lecture a été très fragmentée, et j’ai l’impression d’avoir lu les meilleures nouvelles en français. Le thème du livre est le mariage et ses infidélités (!), les histoires de couple et d’amour. Le ton incisif de JCO est toujours présent mais pour certaines nouvelles, j’ai eu l’impression qu’elle voulait trop expérimenter et que le plaisir de lecture s’en ressentait un peu. Le prochain livre sur la liste est un roman, mais il n’a pas trop bonne presse. On verra !

Book_RATING-30

Wonderland

Joyce Carol Oates, Wonderland: la quatrième de couverture m’avait séduite mais malheureusement, elle raconte toute l’histoire. Ce n’est pas si grave étant donné que c’est la manière dont Joyce Carol Oates l’écrit qui est intéressante. Elle raconte la vie de Jesse Vogel, comment il échappe à l’assassinat de tous les membres de sa famille par son père à l’époque de la Dépression, comment il est adopté par une famille assez spéciale, comment il continue à vivre par la suite. L’écriture est toujours très précise, poétique, cinématographique mais ce qui transparaît surtout dans ce roman, c’est l’obsession. Les personnages sont mus par certaines pulsions et les mots traduisent très bien cette ambiance. Ce qui ne rend pas la lecture facile et agréable. J’ai aussi eu l’impression de lire trois romans accolés les uns aux autres (le livre est divisé en trois parties). Ce livre clôt le « Wonderland quartet » et je dois bien avouer que je suis contente de passer à autre chose. Je n’ai pas détesté mais ce n’est pas le livre qui m’aura le plus marqué.

Book_RATING-30

The wheel of love

Joyce Carol Oates, The wheel of love and other stories: quand j’ai commandé ce livre en seconde main aux Etats-Unis via abebooks, je m’attendais à recevoir un format poche. Et non ! J’ai reçu une très belle édition brochée ayant appartenu à une bibliothèque mais en excellent état. Elle n’était juste pas très transportable. Dans ce volume sont rassemblées une vingtaine de nouvelles de JCO, écrites entre 1965 et 1970. Elles sont pour la plupart racontées du point de vue d’une femme, elles sont toutes remplies de sentiments extrêmes, violents souvent. Elles racontent la vie de tous les jours, en ville, mais dans des milieux sociaux différents. Certaines nouvelles m’ont fort touchée et quelque part, je ne voulais pas terminer le livre, pour en lire encore plus. Mais le roman Wonderland m’attend ! La quatrième de couverture m’a alléchée et il risque bien de devenir ma lecture suivante, après avoir terminé les plus de 800 pages du roman en cours. (J’ai attendu longtemps avant de publier cet article, j’ai finalement lu deux livres avant de commencer Wonderland, là, tout récemment).

Book_RATING-40

Upon the sweeping flood

Joyce Carol Oates, Upon the sweeping flood and other stories: j’ai très vite enchaîné avec le deuxième recueil de nouvelles de JCO, écrites entre 1963 et 1966. Comme pour le précédent, j’ai été plus ou moins passionnée selon les récits. L’auteur y raconte des événements de la vie de tous les jours ou des histoires plus violentes, plus bizarres parfois. Un homme atteint des stigmates du Christ et qui saigne à chaque fête de Pâques, un criminel en fuite protégeant une jeune fille en fugue, un homme tentant de sauver deux enfants lors d’une inondation… L’écriture est en partie descriptive, cinématographique mais en même temps va droit au but et raconte en 10-15 pages une histoire complète.

Book_RATING-35

By the North gate

Joyce Carol Oates, By the North gate: ce recueil rassemble les premières nouvelles écrites par l’auteur entre 1959 et 1963. Les thèmes habituels sont déjà présents: la vie à la campagne, pas toujours simple, les sentiments exacerbés des personnages, leur folie parfois, une description des paysages et des événements presque cinématographique… Une nouvelle sort du lot, « The expense of spirit »: c’est la seule qui ne se passe pas dans un village reculé mais à l’université. Elle raconte une soirée un peu trop arrosée entre étudiants et leurs rapports un peu troublés à cause de l’alcool. Pour le reste, il m’est difficile de vraiment commenter ce recueil. Je n’adore pas le format de la nouvelle, certaines sont d’ailleurs passées à mille lieues de moi, n’ayant pas vraiment eu le temps ni l’attention pour me plonger dans l’histoire. Mais d’autres m’ont vraiment touchée, comme l’auraient fait un roman.

Book_RATING-35

With shuddering fall

Joyce Carol Oates, With shuddering fall: premier roman de JCO, après un recueil de nouvelles (épuisé et trop cher pour acheter en seconde main comme celui-ci), écrit en 1964, With shuddering fall raconte une histoire d’amour obsessionnelle, douloureuse, totalement déraisonnable. Karen, 17 ans, rencontre Shar, un pilote de course automobile, beaucoup plus âgé qu’elle et vit une relation amoureuse très secouée avec lui. JCO décrit le déroulement des événements en suivant les saisons, en mettant tous les éléments en place pour permettre de visualiser les scènes, comme au cinéma. En lisant ces pages, le lecteur vit les événements comme s’il y était lui-même. Les sentiments sont extrêmes, violents. Malgré quelques longueurs toutes relatives, ce premier roman est déjà un coup de maître d’un auteur qui écrira encore de très bonnes choses par la suite. Il n’a pas été traduit mais se trouve relativement facilement à très petit prix via des vendeurs comme abebooks. Et il ne faut pas se laisser rebuter par la couverture très « roman de gare » qui convient bien en fin de compte ! Le mélodrame est là dans toute sa splendeur mais c’est merveilleusement bien écrit !

Book_RATING-40

Eux

Joyce Carol Oates, Eux (Them): Eux est le troisième volume du Wonderland Quartet, premier que je lis en français depuis que j’ai commencé mon challenge et première (petite) déception. Est-ce dû à la traduction ? Non je ne pense pas (elle a d’ailleurs été revue pour l’édition de poche). Est-ce parce que la traduction reprend le texte d’origine ? Peut-être. Les deux premiers volumes ont été réécrits pour l’édition actuelle. JCO avoue avoir parfois changé plus d’un tiers des romans, raccourcissant certains passages, rallongeant d’autres. Et peut-être que ces changements rendent les romans plus digestes, plus actuels. Mais peut-être est-ce aussi la quatrième de couverture qui m’a induite en erreur, ne parlant que d’un des personnages, Maureen. Nous sommes à Detroit, pendant la Grande Dépression. Loretta est une jeune fille issue d’une famille pauvre. Le roman suit son histoire, son mariage, la naissance de ses enfants. Au fil des pages, le point de vue change: tantôt c’est son fils aîné, Jules, qui a la parole, tantôt sa fille, Maureen. JCO décrit les conditions de vie des milieux défavorisés dans une ville changeante, où les Noirs prennent de plus en plus de place. Elle décrit les sentiments de ses personnages, leurs parcours, leurs essais de s’en sortir (ou pas). Mais souvent, les descriptions de situations s’alanguissent et je me suis ennuyée. Espérons que le quatrième volume de la série sera plus passionnant ! Comme je l’ai en anglais, je pourrai confirmer si ma théorie est la bonne.

Book_RATING-30

Expensive people

Joyce Carol Oates, Expensive people: deuxième roman dans mon challenge et deuxième volume du Wonderland Quartet racontant la vie de différentes classes de la société américaine. Nous suivons ici Richard, 11 ans, un enfant précoce et obèse vivant dans la richesse, qui raconte sa vie à la première personne. La relation avec sa mère est assez trouble, elle ne s’intéresse que peu à lui, sauf quand lui aussi doit respecter les codes et se plier aux apparences. Tout un monde de superficialité donc. Son père est fort absent et a comme rôle essentiel de ramener de l’argent à dépenser. Dès le départ, Richard raconte à quoi cette vie l’a poussé et le reste du récit n’est que le déroulement logique pour arriver à cette fin. Comme toujours, Joyce Carol Oates écrit d’une main de maître, adaptant son style à celui du jeune garçon un peu dérangé, mais je dois bien avouer que cette histoire m’a moins passionnée que la précédente.

Book_RATING-35