Crossing the border

eb627012b22cf24653d97052922e5a13_zpsngmh4kqzJoyce Carol Oates, Crossing the border: ce recueil rassemble des nouvelles écrites entre 1974 et 1976. Le thème commun est la vie au Canada, près de la frontière, souvent dans le milieu universitaire que l’auteur connait bien. Un personnage est l’héroïne de plusieurs de ces courts récits: Renée. Son mari travaille et elle se retrouve seule à devoir occuper ses journées. Elle erre dans les rues de la petite ville où elle habite, elle y rencontre de drôles de personnages, elle y trouve l’amour (ou pas), elle se fait arrêter à la frontière… Dans les autres nouvelles, on retrouve également les descriptions de la vie courante mais toujours avec une certaine tristesse ou une certaine folie des personnages dans le style si particulier de Joyce Carol Oates. Contrairement aux romans de la même époque, les nouvelles sont très réussies et j’ai adoré ce recueil.

Book_RATING-40

Le triomphe du singe-araignée

519iyu18k1l-_sy344_bo1204203200_Joyce Carol Oates, Le triomphe du singe-araignée: ce court roman est toujours disponible en français, ce qui est plutôt rare pour les écrits des années 70 de la prolifique Joyce Carol Oates. Datant de 1976, il donne la parole à Bobbie Gotteson, criminel endurci et assassin en série. Ce sont ses pensées ou plutôt ses élucubrations qui sont écrites. Il se prend pour une victime et raconte par bribes comment il a raté sa carrière de chanteur et d’acteur. Ce qui ne l’a pas empêcher de tuer avec violence de nombreuses personnes qui étaient sur sa route. Joyce Carol Oates s’est inspirée de Charles Manson et a créé un personnage de fou, au faciès de singe et aux jambes velues, le singe-araignée. Encore un roman difficile, avec pas mal d’écriture automatique, très bien traduit par le talentueux Claro. Heureusement, le livre est court, ce qui lui donne quand même une certaine force.

Book_RATING-30

(lu en 2015)

Haute enfance

cvt_haute-enfance_4320Joyce Carol Oates, Haute enfance: dans ce roman écrit en 1976, Joyce Carol Oates trace le portrait d’une série de personnages vivant tous dans la même région, la plupart d’une même famille. Laney, adolescente, tombe amoureuse de Kasch, un intellectuel bien plus âgé qu’elle. Plus tard, celui-ci aura une relation avec la mère de Laney, Arlene. Vale, son fils aîné, est un vétéran de la guerre du Vietnam et vit de petits délits. D’autres personnages encore interviennent. Cela pourrait ressembler à un soap mais cela ne l’est pas. Certains passages sont un peu incompréhensibles, à moins d’y porter beaucoup d’attention. J’ai eu beaucoup de mal à m’attacher aux personnages et à suivre leurs errements. Parce qu’il n’y a pas vraiment d’histoire, juste une suite de pensées et de (très belles) descriptions. Mais tout comme dans son roman précédent, Joyce Carol Oates utilise une sorte d’écriture automatique par moments et ce n’est pas spécialement une réussite. Il reste cependant tout son talent pour décrire avec lyrisme l’Amérique.

Book_RATING-25

The poisoned kiss

poisoned2Joyce Carol Oates, The poisoned kiss and other stories from the Portuguese: ce recueil de nouvelles est un peu spécial: JCO explique que ces histoires lui ont été inspirées par un auteur portugais, Fernandes de Briao, un auteur qui n’a jamais existé mais sans lequel elle n’aurait pas eu accès à ce Portugal « mystique » des récits. Toutes les nouvelles se passent dans ce pays alors que Oates n’y a jamais mis les pieds en ce début des années 70. Elles possèdent les caractéristiques d’écriture habituelles de l’auteur et des thèmes proches mais il y a des éléments en plus, comme la religion catholique qui joue un rôle important, avec un certain mysticisme. Comme toujours, certaines nouvelles m’ont laissée marbre tandis que d’autres ont pu me séduire par leur côté presque gothique.

Book_RATING-35

The seduction and other stories

78653516f33c553597a61655767434f414f4141Joyce Carol Oates, The seduction and other stories: comme souvent pour des recueils de nouvelles, ma lecture a été interrompue par des romans et j’ai commencé ce livre il y a bien longtemps déjà. Ce volume rassembles des nouvelles écrites entre 1965 et 1975 et Joyce Carol Oates y continue son analyse de la société et des sentiments souvent violents des humains. Elle écrit des histoires d’amour, de jalousie, de violence, de maladie… J’ai toujours une préférence pour les nouvelles se passant au bord de la mer, que ce soit en Floride ou plus dans le nord mais d’autres, en milieu urbain, sont également passionnantes. En général, je n’aime pas les nouvelles mais Joyce Carol Oates réussit à chaque fois à me plaire et à m’intéresser. J’y retrouve des tranches de vie qui se tiennent malgré le peu de nombre de pages et c’est rafraîchissant dans sa bibliographie qui, dans les années 70, est composée de romans qui comportent certaines longueurs.

Book_RATING-35

The assassins

ol19992580m-mJoyce Carol Oates, The Assassins: parfois, il vaut mieux ne pas lire les critiques d’un livre. C’est donc avec un a priori assez négatif que j’ai commencé ce roman écrit en 1975 par Joyce Carol Oates. Andrew Petrie, un politicien, a été assassiné. Trois personnages racontent comment ils vivent leur deuil: son frère Hugh, sa femme Yvonne et son deuxième frère Stephen. Cela aurait pu être intéressant sauf que JCO invente des caractères peu avenants. Hugh est sans doute le pire: le lecteur va passer plus de 200 pages dans sa tête, dans ses pensées qui s’alignent de manière hyperkinétiques. Il n’arrête jamais, sans aucune ponctuation ou presque – juste des tirets. Avec Yvonne, le récit prend enfin un peu forme. Des flashbacks racontent son passé. Son présent rejoint parfois celui de Hugh qui est amoureux d’elle (enfin je crois – j’ai survolé certains passages et je ne suis pas sûre d’avoir tout compris). Stephen enfin s’est perdu dans la religion et n’est pas très intéressant. Bref, un long roman à l’écriture quelque peu expérimentale – typique des années 70 ? – qui ne passe vraiment plus aujourd’hui. Si ce livre n’avait pas fait partie d’un challenge, je l’aurais abandonné après quelques dizaines de pages. A partir de maintenant, les romans de JCO devraient s’améliorer (pas sûr – j’ai survolé des critiques de Haute enfance et l’écriture de ce genre continue apparemment, mais il a été traduit, ce qui rendra ma lecture plus rapide). Mais d’abord, encore deux recueils de nouvelles pas trop longs.

Book_RATING-15

The hungry ghosts

61fdrg6gdgl-_sl500_sy344_bo1204203200_Joyce Carol Oates, The hungry ghosts. Seven allusive comedies: ce recueil rassemble sept nouvelles écrites entre 1970 et 1974. Toutes se passent dans le milieu universitaire (le plus souvent dans une petite université du Canada), mettant en scène des professeurs, jeunes ou vieux, à une époque assez agitée. Un des récits raconte la préparation d’une révolte dirigée par un professeur charismatique qui ne veut plus suivre les préceptes traditionnels de l’enseignement. Ses étudiants peuvent se donner eux-même une note. Un autre décrit la recherche effrénée des pages d’un manuscrit dans l’appartement bordélique d’un correcteur récemment décédé. Un troisième suit un professeur qui voyage d’université en université pour présenter ses poèmes. Contrairement à d’autres livres de JCO, les personnages sont essentiellement masculins mais ils n’en sont pas moins troublés. J’ai retrouvé comme toujours cette fantastique écriture, très fouillée et descriptive que j’affectionne tout particulièrement. (J’ai d’ailleurs eu un choc en commençant un roman d’un autre auteur juste après !). Si je devais juger ce livre, je dirais que je préfère les histoires de femmes mais le changement de thème était intéressant.

Book_RATING-35

2015 Reading Challenge: A book by a female author, A book of short stories, A book from an author you love that you haven’t read yet

The goddess and other women

1745101Joyce Carol Oates, The goddess and other women: encore un recueil de nouvelles. Je l’ai commencé en août, puis abandonné, puis repris en attendant la réception de Goat Mountain. Je n’ai pas eu le temps de le terminer avant mon voyage, même s’il me restait juste deux nouvelles à lire. Bref, ce fut une lecture très éclatée et j’ai déjà oublié une grande partie du contenu. JCO reprend ses thèmes habituels: les femmes sont au centre des récits, leur vie est souvent empreinte de violence physique ou morale. Une des nouvelles qui m’a le plus marquée est « A girl at the edge of the ocean ». Une jeune ville est emmenée par sa tante dans une maison de vacances en bord d’océan. Quelque chose s’est passé, on lui a conseillé de quitter la ville pour se reposer. Ses errances en bord de mer ont réveillé ce besoin chez moi de faire de même. L’écriture est précise et poétique, décrivant les paysages comme au cinéma. Comme toujours dans ces recueils, il y a du bon et du moins bon mais je continue l’aventure, en espérant lire un peu plus de JCO cette année.

Ceci était ma dernière lecture pour 2014.

Book_RATING-35

Do with me what you will

Joyce Carol Oates, Do with me what you will: publié en 1973, ce gros roman de JCO n’est certainement pas son meilleur. Peut-être figurera-t-il même dans les pires. Il est trop long, il y a quatre parties dont trois auraient pu constituer trois romans différents. Il est mal construit à mon avis: la première partie présente le premier personnage, Elena, la seconde présente Jack. La troisième raconte leur interaction, la quatrième est un genre de conclusion laissant la place à tous les personnages du roman. Juste en l’écrivant, ça a déjà l’air ennuyeux… Il s’agit d’une part d’un roman d’adultère et d’autre part d’un roman de procès. Je déteste les films de procès, je ne vois donc pas comment je peux m’amuser à lire des documents juridiques dans un roman. De plus, l’héroïne, Elena est un personnage sans consistance, qui se laisser mener, comme le dit le titre. Et pourtant, je l’ai lu jusqu’au bout. Il y a des moments d’écriture exceptionnelle, très belle; c’est violent et touchant entre les pages de logorrhée. Quand je l’ai reposé, soulagée de l’avoir terminé, j’ai eu envie de lire le livre suivant de JCO. Des nouvelles.

Book_RATING-30

Marriages and infidelities

Joyce Carol Oates, Marriages and infidelities: commencé en français, je me suis très vite rendue compte que cette version ne comprenait que la moitié des nouvelles par rapport à l’originale en anglais. Du coup, le temps que ma commande de l’exemplaire en seconde main des Etats-Unis arrive, ma lecture a été très fragmentée, et j’ai l’impression d’avoir lu les meilleures nouvelles en français. Le thème du livre est le mariage et ses infidélités (!), les histoires de couple et d’amour. Le ton incisif de JCO est toujours présent mais pour certaines nouvelles, j’ai eu l’impression qu’elle voulait trop expérimenter et que le plaisir de lecture s’en ressentait un peu. Le prochain livre sur la liste est un roman, mais il n’a pas trop bonne presse. On verra !

Book_RATING-30