Tiger rag

Nicholas Christopher, Tiger rag: après Voyage vers les étoiles que j’ai adoré, il me fallait une nouvelle dose de Nicholas Christopher. Et comme il venait de sortir un nouveau roman, Tiger rag, je me suis précipitée dessus. Le sujet me tentait: le roman raconte en parallèle une double histoire, celle de l’enregistrement d’un cylindre au début du 20e siècle par le musicien jazz Buddy Bolden à La Nouvelle-Orléans et celle, actuelle, de la relation entre mère, Ruby, et fille, Devon. Les deux récits se croisent, mais de manière assez labyrinthique, une constante chez Nicholas Christopher. J’ai à nouveau beaucoup aimé l’écriture et les ambiances mais ce livre ne fait que 250 pages et m’a laissé un goût de trop peu, j’aurais préféré pouvoir me plonger dans ce monde bien particulier plus longtemps, en profiter et rêver encore plus sur le monde du jazz des origines. Je recommande cependant à tout amateur de musique mais aussi à toute personne qui apprécie un roman bien écrit.

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Art deco, a little bit of burlesque and some songs

Vendredi, j’ai mis une jolie robe tiki, mes chaussures rouges et des fleurs dans les cheveux; diane a choisi sa chemise blanche cowboy vintage et nous sommes partis pour l’Hotel Le Berger, cet ancien hôtel de passe complètement rénové depuis peu. Nous n’avons pas profité des chambres mais bien d’un repas (que j’avais gagné) et d’une soirée Follie Follies avec chansons rétro et burlesque.

Le restaurant, tout comme l’hôtel, a gardé son look art déco, avec de nombreux objets que j’aurais emporté de suite (La Princesse, si tu me lis, tu seras aussi tentée que moi !). Des céramiques d’oiseaux ou autres bestioles, des dessins de femmes dénudées, des luminaires en forme de palmiers en laiton (je veux), une chaise en rotin pas très art déco mais plutôt « Emmanuelle », et j’en passe.

Une coupe de bulles, une entrée de tartare de bœuf au wasabi, du poisson sauce citron ou un navarin de veau en plat et une assiette de fraises pour terminer, bref, une cuisine qui ne se pose pas trop de questions mais tout à fait goûtue ! Le dimanche, il y a un brunch dont j’ai lu de bons échos. C’est donc une adresse à retenir pour les ballades du côté de la Porte de Namur.

Mais revenons aux paillettes ! Miss Dee était l’hôtesse de la soirée. Revêtue d’une fabuleuse (et sexy) robe grise à volants en tulle noire, elle a interprété de nombreux classiques du jazz et du blues. Sa voix nous a transportés, tantôt émouvante, tantôt pleine de gouaille. Une demoiselle que je reverrai avec plaisir !

Fidèle au cadre, Sayuri nous a fait sa bunny girl dans un premier numéro pour ensuite nous emmener en Orient, en avant-goût de la prochaine soirée Dr. Sketchy’s sur le thème des geishas…

I don’t like jazz

Je n’aime pas le jazz, je l’ai toujours dit.

Mes parents n’en écoutaient pas. Ils avaient bien acheté toute la collection de magazines avec cd mais ceux-ci n’ont jamais atteint le lecteur. Ils prennent la poussière depuis.

J’ai fait une tentative en suivant un cycle de conférences organisés par un magasin de disques de Leuven mais je n’ai jamais acheté aucun disque. C’était passionnant pourtant !

Bref, je n’étais pas vraiment opposée au style mais je manquais de portes d’entrée pour y accéder. Et puis j’ai commencé à travailler. Et un collègue a réussi à me dégoûter profondément avec sa manie d’imposer à tous pendant des heures son jazz de restaurant (du jazz un peu soft, sans aspérités, très « lounge »), son Philippe Catherine et autres jazzeux belges de seconde zone. Je détestais tout particulièrement un album de reprises version jazz de chansons de Sting, album que je déteste déjà en version originale. Et il le passait et repassait et à chaque fois, j’étais au bord de la crise de nerfs.

Un autre collègue a tenté de m’initier à Thelonius Monk. Cela n’a pas fonctionné. Un ami m’a fait découvrir John Zorn et son projet Massada. J’ai même été voir un concert mais c’est finalement assez proche des musiques juives.

J’ai changé de lieu de travail, je n’ai plus dû écouter la musique imposée par les collègues (je suis également dégoûtée à vie de Portishead). J’ai rencontré diane. Ensemble nous avons écouté du rock, des musiques du monde entier, de l’exotica, des musiques de film mais pas de jazz.

Un jour, il a descendu sa platine au salon et a sorti ses vieux vinyles. Il a commencé à mettre Ascenseur pour l’échafaud de Miles Davis. Je me suis habituée aux sonorités. D’autres disques de Miles ont rejoint la pile, ainsi que du Chet Baker (que je connaissais déjà suite au très beau documentaire de Bruce Weber, Let’s get lost), du Duke Ellington, du Ornette Coleman. Ces dernières semaines, les achats se sont intensifiés et les écoutes aussi. Et voilà, j’aime le jazz après plus de 20 ans d’essais infructueux ! Même des disques plus « free » comme Bitches brew (que j’avais déjà écouté en accompagnement d’un spectacle d’Anne Teresa De Keersmaeker) ou le gagnant du CDB (Matana Roberts). Il suffisait de trouver la bonne manière de m’apprivoiser…

(photos de diane)