Un sandwich à Ginza

Hiramatsu Yôko, Un sandwich à Ginza: l’auteur est journaliste culinaire et rassemble dans ce livre quelques-unes de ses chroniques, illustrées par Taniguchi Jirô. Dotée d’une curiosité et d’un appétit sans limites, elles nous fait découvrir diverses facettes de la gastronomie japonaises, des plats les plus raffinés cuisinés à partir de produits de saison aux snacks les plus simples. Elle parcourt les rues de Tokyo mais aussi d’Osaka, de Kamakura, de Narita à la recherche des spécialités locales, tout en expliquant leur histoire. Certains de ces plats donnent l’eau à la bouche comme le nabe, d’autres m’ont laissée plus dubitative, comme ce ragoût d’ours qui se mange en hiver dans les montagnes de Shiga. J’ai tout particulièrement apprécié l’histoire des grands cafés « à l’américaine » qui ont adapté la cuisine occidentale au fil du temps et que je me suis amusée à repérer lors de mon voyage qui a suivi cette lecture. C’est un récit passionnant qui donne envie de manger !

The last 20 days…

Ces 20 derniers jours,

  • je les ai passés au Japon
  • le voyage aller a été un peu secoué
  • pour cause d’un problème pas courant:
  • l’avion de la Lufthansa a été mis hors service par le liquide de dégivrage
  • qui a contaminé l’air conditionné
  • mais en fait je pense que j »y ai gagné: j’ai volé avec Finnair via Helsinki
  • et je ne suis arrivée que deux heures en retard par rapport à l’horaire prévu
  • ce qui tombait bien, la matinée était déjà un peu plus avancée
  • j’ai pris trois fois le shinkansen
  • quelques « limited express »
  • et plein de trains locaux
  • y compris un train décorés de chats et un train Hello Kitty
  • j’ai d’ailleurs rencontré Nitama, le chat chef de gare
  • j’ai aussi pris deux bus longue distance
  • et plein de bus locaux
  • de ceux qu’on paie avec plein de petite monnaie
  • une fois qu’on a compris le système
  • parce que j’ai parfois un peu cafouillé (dans la bonne humeur)
  • et évidemment le métro
  • et des trams
  • et même un téléphérique
  • j’ai beaucoup usé mes chaussures
  • j’ai marché environ 15 kilomètres de moyenne par jour
  • mais aussi pris une barque
  • j’ai vu des grandes villes
  • mais aussi la rase campagne
  • y compris un village d’onsens dans les montagnes
  • d’ailleurs presque tous mes hôtels avaient un onsen
  • et j’ai donc beaucoup barboté dans l’eau chaude
  • j’ai même eu de jolis yukatas à prêter
  • j’ai mangé des sushis
  • et des ramens
  • et du bœuf local sous toutes ses formes
  • et puis un plat surprise (européen) parce que je ne pouvais pas lire le menu
  • j’ai surmonté quelques peurs
  • comme celles d’aller manger dans des endroits pas toujours attirants a priori
  • j’ai visité Osaka et Kobe avec des guides (je conseille vraiment les « safaris »)
  • et découvert des lieux insolites
  • tout en approfondissant ma connaissance de l’enka
  • j’ai vu pas mal de « deep Japan »
  • un Japon très rural, ou très populaire, et pas moderne du tout
  • j’ai été visiter des lieux pas touristiques du tout
  • je me suis même demandée où étaient les gens, même les locaux
  • je me suis souvent retrouvée seule dans des sanctuaires ou temples
  • je suis montée dans plusieurs châteaux
  • et les rénovations à celui de Kumamoto avancent bien
  • j’ai vu peu de jardins japonais et ça m’a manqué
  • mais les érables étaient à leur plus beau point
  • ou parfois même déjà à un point un peu trop avancé
  • j’ai eu chaud
  • et froid
  • il a même gelé la nuit à Kurokawa Onsen
  • mais j’y ai fait une superbe randonnée, avec le volcan Aso au loin
  • j’ai fait plein de photos
  • et me suis fort amusée avec mon objectif grand angle que je découvrais
  • la communication était parfois un peu difficile
  • mais plein de Japonais ont tenté de me faire la conversation
  • j’ai évidemment eu des courbatures en marchant autant
  • mais ce n’est pas très grave
  • par contre la crise de maux de tête qui a duré deux jours était plus ennuyeuse
  • et je confirme: je dors mal sur un futon
  • j’aurais dû mieux équilibrer le temps passé à chaque endroit
  • mais pour un voyage organisé en quelques jours et un mois avant le départ
  • c’était pas si mal
  • je retournerai évidemment au Japon
  • mais là je vais vraiment laisser passer quelques années
  • je suis très contente de ce voyage
  • et je vous raconterai tout cela en détail dans les prochains mois

La papeterie Tsubaki

Ogawa Ito, La papeterie Tsubaki: il y a de ces livres qu’on ne lit pas tout de suite et qu’on garde pour un moment de disette, parce qu’on est presque sûr qu’il sera très bien. C’est le cas pour ce roman japonais que j’ai sélectionné après une accumulation de déceptions. Hatoko a 25 ans; elle a repris la papeterie de sa grand-mère à Kamakura, perpétuant également son métier d’écrivain public. Le livre se découpe selon les quatre saisons pendant lesquelles Hatoko rencontre une galerie de personnages très divers, aux demandes d’écriture parfois simples, parfois compliquées. Elle s’y applique au mieux, choisissant avec soin le texte mais aussi l’encre et le papier. Elle raconte également sa vie quotidienne, ses ballades dans les temples de Kamakura (je m’y suis souvent revue moi-même); elle décrit la nature qui change au fil des saisons. C’est simple mais tellement beau. C’est un de ces livres qu’on ne veut pas terminer, qu’on aimerait recommencer encore et encore, comme les mois qui se succèdent. Il pousse à observer soi-même ce qui se passe autour de soi, parfois avec une certaine nostalgie mais surtout avec beaucoup de joie.

Short diary of the week (314)

Lundi: des maux de ventre qui passent vite heureusement, du mal à commencer le travail, deux coups de fil: l’assurance n’intervient pas si j’annule mon ticket d’avion, par contre je peux changer les dates de mon ticket (avec frais) voire même faire un rerouting (une piste à explorer), l’arrivée soudaine de ces fichus maux de têtes accompagnés de vertiges, du paracétamol, une accalmie une fois rentrée à la maison, deux épisodes de Buffy

Mardi: travailler un peu mais aussi tenter de créer un circuit de rechange au Japon ou à Taïwan, le retour des maux de tête mais en moins fort, retrouver une amie et discuter de deux futurs projets très enthousiasmants (cela touche à la photo et c’est avec Happy Slow People), un gin tonic chez Marcelle – Débit de Boissons, un repas rapide, la fin de la cinquième saison de Buffy

Mercredi: il est temps de prendre une décision, prendre mon courage à deux mains et appeler le call-center de la Lufthansa pour changer mon ticket, nouvelle destination: Osaka, nouveau circuit: les environs d’Osaka et le nord-est du Kyushu – un circuit déterminé par les disponibilités restantes dans les hôtels (ma première idée était de découvrir Shikoku mais ce n’était plus possible), un repas rapide puis un beau concert de Tanya Tagaq – même s’il m’a un peu laissée sur ma faim

Jeudi: le retour des insomnies dues à l’impossibilité de me réchauffer après une sortie (un syndrome récurrent en automne et hiver), une grosse fatigue donc, l’organisation d’un projet, de la comfort food, deux épisodes d’Angel (début de la saison 3)

Vendredi: l’organisation d’un projet (suite), oui mais non ce genre de demande ne passera pas, vivement la fin de la journée !, deux épisodes de Buffy (début de la saison 6)

Samedi: le samedi matin c’est toujours un peu la course, aller chez mon papa, faire les courses, tondre la pelouse (la dernière fois de la saison), planter des bulbes de tulipes, lire sur le Japon, Angel, Buffy

Dimanche: du soleil – de la pluie – du soleil, de la couture, terminer la plantation des bulbes de printemps, déplacer plusieurs plantes et arbustes – ça fait de l’exercice !, jouer un moment, un osso-bucco maison, Angel, Buffy

Looking for the lost

Alan Booth, Looking for the lost. Journeys through a vanishing Japan: comme dans The roads to Sata, Alan Booth voyage à pied au Japon. Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un long périple du nord au sud mais de trois circuits distincts: le premier se déroule dans la préfecture d’Aomori, une région nommée Tsugaru, et l’auteur suit les traces d’Osamu Dazai, un écrivain japonais qui y a séjourné dans les années 1940. Le second récit suit les traces de Saigo, samouraï en rébellion contre le pouvoir central, lors de sa dernière bataille et de sa retraite d’Enodake dans la préfecture de Miyazaki vers Kagoshima. Le troisième périple part de Nagoya et va vers le nord, suivant les rivières Nagara et Sho, et retrace la chute des Taira, un clan de samouraïs du 12e siècle, dont l’histoire est contée dans Le dit des Heike.

Ces événements historiques sont un prétexte pour Alan Booth pour emprunter des chemins oubliés, au point où il doit parfois faire demi-tour, et de parler du monde japonais rural. Il rencontre des nombreuses personnes prêtes à lui donner des informations sur les personnages historiques, il s’arrête dans des ryokans ou pensions de famille, décrivant – souvent avec humour – ses hôtes. Sa recherche d’une bière fraîche ponctue comme toujours son récit. J’ai mis beaucoup de temps à lire ce livre – il est long et écrit petit – mais je n’ai à aucun moment pensé à m’arrêter. J’ai pris beaucoup de plaisir à me plonger dans un Japon que je ne connais pas vraiment, tel qu’il était au début des années 1990. Il y a beaucoup de nostalgie dans ce récit écrit peu avant le décès de l’auteur.

Les billes du pachinko

Elisa Shua Dusapin, Les billes du pachinko: Claire, jeune femme de presque trente ans, passe l’été chez ses grands-parents d’origine coréenne, vivant à Tokyo depuis des décennies. Elle donne des cours de français à une petite Japonaise, Mieko. Mais surtout elle tente de décider son grand-père qui est propriétaire d’un pachinko d’abandonner son affaire pour quelques jours et de retourner avec sa femme, pour la première fois, en Corée. Le court récit décrit les relations parfois difficiles de filiation, les non-dits, l’incompréhension. Le souhait de Claire n’a pas l’air d’être en adéquation avec celui de son entourage. Et même avec Mieko, les relations ne sont pas toujours si simples. Un roman touchant, montrant les différences de cultures entre deux mondes. 

The last 23 days…

Ces 23 derniers jours…

  • je les ai passés Japon
  • du centre au sud, de Tokyo à Yakushima et inversement
  • j’ai pris cinq fois le shinkansen
  • et plusieurs fois le train
  • mais aussi deux fois un jetfoil plutôt antique
  • et des trams encore plus vieux
  • et évidemment le métro
  • mais surtout mes pieds, marchant entre 10 et 18km par jour
  • et montant de nombreux escaliers
  • – les temples sont très souvent en hauteur –
  • mes chaussures de randonnée sont très confortables
  • j’ai croisé plein de Totoro
  • mais aussi les kodama de la forêt de Princesse Mononoké
  • et des Moomins
  • et même un panda Père Noël
  • j’ai mangé des sushis
  • et des ramens
  • et plein d’autres bonnes choses
  • mais j’ai fait une overdose de gras à un moment
  • – les Japonais aiment trop les choses frites –
  • et de féculents
  •  – il est normal au petit déjeuner de combiner salade de pommes de terre, riz, spaghetti et pain –
  • j’ai manqué de légumes
  • et surtout de fruits
  • (et de fromage)
  • j’ai goûté du saké, du shochu, du whiskey et des bières locales
  • j’ai vu de l’art contemporain (aaah, Yoshitomo Nara !)
  • et des sanctuaires anciens
  • et surtout des cèdres millénaires
  • des mousses d’un vert éclatant
  • mais peu de feuilles rouges d’automne
  • – j’étais un peu trop tôt et trop au sud –
  • j’ai eu une chance incroyable:
  • je n’ai ouvert mon parapluie qu’une seule fois pendant 15 minutes
  • et les températures ont oscillé entre 15 et 25°
  • il pleut pourtant toujours à Yakushima, sauf quand j’y étais
  • je suis tombée amoureuse des onsens, les bains chauds
  • surtout celui dans l’océan à Yakushima
  • et je les regrette déjà
  • je n’ai pas eu de gros ennuis
  • juste quelques contrariétés très mineures
  • – d’ailleurs souvent liées à l’écran tactile de mon appareil photo, qui donc se dérègle facilement –
  • j’ai eu droit à un bavard compulsif dans un train
  • – j’ai dû me pencher ostensiblement sur mon livre pour qu’il se taise, un peu –
  • (et c’était juste la journée où j’ai fait une longue chute de tension)
  • j’ai eu des courbatures aux jambes
  • et j’ai très bien dormi (ces matelas !, ces oreillers !)
  • j’ai juste angoissé pour le départ à cause de la grève des bagagistes
  • et du coup je suis partie avec deux valises, une petite et une grande
  • qui sont évidemment arrivées toutes les deux
  • mais j’ai du coup utilisé le système d’envoi des bagages, le Takkyubin
  • qui s’est révélé très efficace
  • et qui m’a permis d’acheter un peu plus de souvenirs que prévu
  • – des bols en céramique, des ustensiles de cuisine, du thé, du tissu –
  • maintenant il ne me reste plus qu’à surmonter le décalage horaire
  • et digérer toutes mes impressions
  • mais je sais déjà que je suis très heureuse de ce voyage
  • et que je retournerai au Japon dans quelques années

Un récit plus long viendra en son temps, quand j’aurai relu mes notes et trié mes 4000 photos (environ).

Un automne à Kyôto

51an2yoe8ul-_sx291_bo1204203200_Corinne Atlan, Un automne à Kyôto: Corinne Atlan est la traductrice française de nombreux auteurs japonais, notamment d’Haruki Murakami mais elle écrit aussi des romans ou des récits. Elle raconte ici un automne à Kyôto, ses impressions, ses déambulations dans la ville, dans les petites rues calmes et dans les temples peu visités. Elle décrit la nature qui change progressivement, des chaleurs de septembre aux premiers frimas de décembre. Elle parle de l’histoire de la ville et du trop grand nombre de touristes qui la visitent aujourd’hui mais aussi des lieux qui sont oubliés par ceux-ci. J’ai beaucoup aimé cette lecture qui est un avant-goût des deux jours et demi que j’y passerai bientôt. Corinne Atlan m’a donné envie de me promener dans la ville en m’attachant aux petits détails et aux couleurs changeantes de la nature. Et même sans traverser la moitié de la planète pour y aller, c’est un lire à lire au coin du feu, en regardant les feuilles tomber.

Tokyo insolite et secrète

71ycsqx8qmlPierre Mustière & Yoko Kera, Tokyo insolite et secrète: quand je visite une grande ville, surtout si c’est la seconde fois (ou plus), j’aime toujours aller au-delà de ce que proposent les guides classiques et visiter plus en profondeur. Je recherche alors des livres qui creusent le sujet, que ce soit des « walking tours » ou des ouvrages comme celui-ci. Tokyo insolite et secrète s’attache à lister des lieux peu connus, dans les quartiers centraux mais aussi aussi plus excentrés. Tout ne correspond pas à mes intérêts mais si je visite au quartier, pourquoi ne pas m’arrêter un bref moment devant ces statues, temples, jardins, bâtiments à l’architecture bizarre. De plus les descriptions apportent de nombreux éléments sur l’histoire et la géographie de la ville. Je prendrai pas le guide avec moi mais j’ai noté les lieux qui m’intéressaient sur une google map.