Backwards and in Heels

Alicia Malone, Backwards and in Heels: The Past, Present and Future of Women Working in Film: après avoir lu un premier livre d’Alicia Malone, je me suis penchée sur celui-ci. Il raconte l’histoire des femmes dans le cinéma (d’Hollywood essentiellement). Divisé en deux grandes parties, l’auteur parle d’abord des principale protagonistes du passé, des actrices, réalisatrices, scénaristes qui ont tenté d’ouvrir la voie mais qui souvent ont été confrontées à la société patriarcale et au monde très masculin du cinéma. Elle décrit donc le rôle d’Alice Guy, de Mary Pickford, d’Anna May Wong, d’Hedy Lamarr, de Jane Fonda… parmi tant d’autres. La seconde partie explique ce qui est en train de changer aujourd’hui, en prenant l’exemple de quelques femmes qui font bouger les choses. J’ai un peu décroché à ce moment-là: même si leur travail est nécessaire et admirable, j’ai eu du mal à trouver des points d’attache parce que ces noms sont moins connus (elles sont productrices, scénaristes, monteuses…). Malgré ce bémol, le livre est très intéressant, et j’attends avec impatience le suivant qui vient de sortir.

Complicated women

Mick LaSalle, Complicated women: sex and power in Pre-Code Hollywood: après avoir lu Dream State, je me suis penchée sur la bibliographie de l’auteur et je suis tombée sur ce livre qui me tentait énormément vu que je suis en train de regarder tous ces films des années 1930. Il parle des actrices qui ont dominé les écrans pendant les quelques années du cinéma parlant allant de 1929 à 1934, date où est instauré le « Code », une liste de recommandations très conservatrices qui ont fortement limité ce qu’on pouvait montrer à l’écran (plus de baisers, les couples dorment dans les lits jumeaux, le mal est toujours puni, etc.). Pendant ces cinq années, les actrices étaient très libres dans leur jeu et dans leurs rôles. On voit des prostituées, des femmes qui trompent leur mari, des femmes libres et qui se sentent bien. Greta Garbo et Marlene Dietrich crèvent l’écran, mais aussi Norma Shearer, aujourd’hui oubliée alors qu’elle jouait des rôles assez subversifs.

Mick LaSalle connaît très bien son sujet et nous emmène dans cette époque avec beaucoup de détails et d’humour. C’est un livre passionnant qui permet de découvrir une époque oubliée, où les femmes avaient pas mal de chose à dire et à revendiquer, avant d’être reléguées à des rôles de saintes sans relief ou de damnées qui doivent être punies. Il y a un pendant qui parle des hommes de la même époque, que j’ai évidemment commencé. Du coup, j’ai envie de voir tous ces films, mais ils sont parfois un peu difficiles à trouver.

Sorcières

Mona Chollet, Sorcières . La puissance invaincue des femmes: ou comment un livre qui a priori ne répondait pas à mes attentes m’a complètement convaincue et ouvert les yeux sur un sujet que je connaissais finalement peu. Je m’explique: j’ai acheté ce livre pensant apprendre beaucoup de choses sur l’histoire des sorcières (même si je savais déjà qu’il y avait une autre dimension), je l’ai refermé en connaissant mieux les problèmes qui poursuivent les femmes depuis des générations (je les ressentais mais sans arriver à les nommer). Mona Chollet prend comme point de départ les sorcières, souvent des femmes qui connaissaient de nombreux remèdes à une époque où la médecine n’existait quasiment pas, des femmes qui faisaient peur parce que les guérisons semblaient inexplicables, parce qu’elles étaient souvent indépendantes, veuves, vivant seules. Dès la Renaissance, les mentalités ont changé et leur liberté a été considérée comme de plus en plus suspecte. Elles ont été poursuivies et chassées.

Chollet explique ensuite comment la femme d’aujourd’hui est toujours critiquée, diminuée, prenant l’exemple des femmes célibataires, des femmes qui ne désirent pas d’enfant, des femmes qui vieillissent, des soins médicaux inégaux portés aux femmes. Je ne rentrerai pas dans les détails mais cette partie est particulièrement passionnante, cherchant à casser tous les préjugés et clichés. Je suis sortie de ma lecture grandie, plus confiante, plus sûre de moi, et sans doute plus décidée aussi à défendre mes droits en toutes situations. Je ne suis pas militante – je ne le serai sans doute jamais – mais je corrigerai les petites remarques qui peuvent sembler anodines de manière très simple et assurée mais sans tomber dans des discussions stériles. J’essayerai d’ouvrir les horizons d’autres personnes, tout comme Mona Chollet a ouvert le mien. A lire absolument !

(J’aurais aimé trouvé un livre sur l’histoire des sorcières mais parmi ceux renseignés dans la bibliographie, celui de Guy Bechtel, La sorcière et l’Occident, est épuisé et celui de Colette Arnould, Histoire de la sorcellerie, m’est tombé des mains parce que trop basé sur les textes et sans trop d’analyse.)

Histoire des femmes en Occident: I. L’Antiquité

51jtaaqortl-_ac_ul320_sr198320__zpshzzj6fcrGeorges Duby & Michelle Perrot, Histoire des femmes en Occident: I. L’Antiquité: au printemps, j’ai décidé que je voulais mieux connaître la condition de la femme au cours de l’histoire, tout particulièrement dans les siècles passés. Mais comme je ne fais pas les choses à moitié, j’ai préféré commencer par le commencement et donc par l’Antiquité. Pourquoi cette série de Georges Duby et Michelle Perrot ? Parce qu’elle est encore aujourd’hui considérée comme un classique malgré le fait qu’elle date de 1990 et que beaucoup de choses ont été écrites entre temps sur les femmes. L’Antiquité donc. Les sources sont très limitées: quelques bribes de textes et de l’iconographie. Il en ressort cependant que la femme était essentiellement soumise à son mari et avait pour rôle de mener la maison. Il y a des nuances bien sûr mais c’est l’esprit général. Le livre est divisé en de nombreux chapitres écrits par différents auteurs et certains sont particulièrement arides et académiques, surtout au début. J’ai eu beaucoup de mal à me faire une idée de la vie des femmes grecques et romaines (pour ces dernières, il y a un peu plus de précisions), à rentrer dans leur monde et je trouve cela fort dommage. Je lis beaucoup de livres d’histoire et je ne peux que remarquer que l’écriture a fort évolué ces dernières années. Il existe toujours des écrits arides et techniques mais de nombreux auteurs tentent de vulgariser quelque peu leur texte (sans doute plus particulièrement dans le monde anglo-saxon). Ceci dit, je vais continuer à mon aise la lecture des suivants.

(Lu entre mai et septembre – ce billet s’est perdu dans mes brouillons. Et je n’ai pas encore commencé la suite.)