The outside lands

Hannah Kohler, The outside lands: San Francisco, 1968. Kip et Jeannie, frère et soeur marqués par la perte de leur mère, et dont le père a quelque peu laissé tomber les bras, tentent de mener au mieux leur vie. Suite à un petit délit, Kip s’engage pour la guerre du Vietnam; Jeannie se marie, un peu forcée, à un jeune médecin qu’elle a rencontré dans le diner où elle travaille. Puis, Kip est accusé d’un meurtre et Jeannie tentera de le défendre, se rapprochant d’un groupe opposé à la guerre mais aussi d’un vétéran atrocement mutilé. Elle est bouleversée par l’affaire et découvre une femme différente en elle, grâce à ses nouvelles relations.

Ce roman a traîné comme dernier sur ma PAL ancienne (d’avant 2019, et maintenant complètement clôturée) et pourtant, il avait de quoi me séduire. Hannah Kohler raconte avec une grande sensibilité l’évolution d’une jeune fille, mariée trop tôt, en une femme. Elle décrit également l’esprit un peu troublé de Kip et son passage au Vietnam. Mais il n’est pour moi qu’un personnage secondaire, c’est vraiment Jeannie à qui on s’attache pendant toute la lecture, même si ce n’est pas uniquement sa voix qu’on entend dans l’alternance des chapitres. Ses espoirs, ses troubles, son identité sexuelle sont abordés très subtilement et avec beaucoup de finesse. Pas un instant je n’ai douté que l’auteur était américaine, or elle est britannique. Et elle a un talent certain dans ses descriptions du San Francisco de la fin des années 1960, une ville en pleine ébullition, mais aussi une ville où la majorité des habitants mène une vie très conventionnelle, dans des maisons de banlieue avec jardin.

Une idée piochée chez Electra, qui a aussi adoré.