Le fils de la veuve

Gil Adamson, Le fils de la veuve: au début du roman, on retrouve William Moreland, un des personnages du premier tome de la série, La veuve. On est en 1917 et son épouse, « la veuve », est décédée. Il a un fils de douze ans, Jack. Comme il souhaite préparer le futur, il le confie à une religieuse qui vit à Banff. Il prend la route, allant de village en cité minière, créant diversion avec des explosions à la dynamite pour voler de l’argent et divers objets. Quand il retourne enfin à Banff, Jack a disparu. Le jeune garçon n’en pouvait plus de l’ambiance étouffante chez sa protectrice, des railleries à l’école, des vêtements trop serrés. Il est parti retrouver la cabane familiale perdue dans la nature.

Gil Adamson raconte l’histoire de deux hommes solitaires, confrontés à une société qui change et marquée par la guerre et l’arrivée de la modernité. Elle insuffle également des éléments de mystère en créant le personnage de la religieuse, une femme pas comme les autres. Et puis surtout, il y a la description de la nature sauvage du Canada et du nord des Etats-Unis, la présence des ours et de trappeurs isolés, et les voies de chemin de fer et les routes qui de plus en plus coupent les paysages. J’avais adoré La veuve, même si je n’ai aujourd’hui plus vraiment de souvenir de l’histoire (à l’époque, mes commentaires étaient encore plus courts – et en bonus, dans le même billet, un commentaire assez acerbe sur Sylvain Tesson). Avec cette suite, j’ai parfois trouvé le temps un peu long, mais au final j’ai beaucoup aimé le livre. Disons que c’est plus un 3,5/5 qu’un 4, mais peu importe.

A l’aide, Jacques Cousteau

Gil Adamson, A l’aide, Jacques Cousteau: de cette auteure canadienne, j’avais beaucoup aimé La veuve. Ce roman-ci raconte la vie de Hazel, une petite fille puis une adolescente qui vit dans une famille assez bizarre, excentrique qu’elle décrit selon son point de vue. Pour une fois, le titre français est une traduction littérale de l’anglais et fait référence à un passage du livre mais peut-être aussi à certaines ambiances des fonds sous-marins. L’écriture est fine, précise et poétique, portant attention aux mots. Un joli roman à lire en passant mais dont on oublie vite le contenu. Un mois après l’avoir lu, je peine énormément à écrire ce commentaire et pourtant il me reste une sensation de plaisir, surtout des premières pages dont j’ai vraiment essayé de profiter le plus longtemps possible. Une perle au point de vue écriture.

4 books in 2 weeks

Dès que j’ai quelques jours de congé, mon rythme de lecture s’accélère… J’ai avalé quelques centaines de pages en quelques jours en Croatie et les jours précédant mon départ. Depuis mon retour par contre, je suis retombée au rythme de quelques pages par jour dans le métro et ça me désole…

La veuve, Gil Adamson: début du 20e siècle dans les forêts et montagnes canadiennes, un femme vient de tuer son mari. Elle s’enfuit, poursuivie par ses beaux-frères assoiffés de vengeance. Commence alors une course-poursuite ponctuée de longs moments de calme dans des paysages magnifiquement bien décrits, me faisant penser à du Cormac McCarthy par moments, et des rencontres bizarres, avec des êtres laissés pour compte qui donnent une dimension assez picaresque au récit. Un très beau livre (un premier livre d’ailleurs pour cet auteur canadienne) comblant toutes mes envies de grands espaces et de personnages tout droit issus de Deadwood.

Strip tease. Histoires et légendes, Rémy Fuentes: beau livre grand format très richement illustré et bonne introduction à l’histoire du strip tease et du burlesque. En vente sur amazon pour un prix tout doux. Entretemps, j’ai commencé un autre livre en anglais qui est beaucoup plus complet mais que je vais sans doute mettre plusieurs mois à terminer. J’écrirais sans doute des billets plus détaillés sur l’un ou l’autre sujet, notamment sur une de mes marottes, les liens avec les expositions universelles.

Carnets d’une longue marche. Nouveau voyage d’Istanbul à Xi’an, Bernard Ollivier & François Dermaut: retour sur La longue marche mais à un autre rythme, celui des voitures. Intéressant mais on sent la mélancolie, la frustration de l’auteur de ne pouvoir s’attarder où il le veut. J’ai acheté la version en poche alors qu’il existe une version grand format qui laisse beaucoup de place aux illustrations de François Dermaut, mais je ne me voyais pas emmener ça en avion ! Par contre, son nouveau récit, Aventures en Loire, va très bientôt s’ajouter à ma pile toujours grandissante de livres à lire.

On a roulé sur la terre, Alexandre Poussin & Sylvain Tesson: encore un récit de voyage mais rien de tel quand on est soi-même dépaysé ! J’avais lu avec beaucoup de bonheur L’axe du loup de Sylvain Tesson, je me suis donc jetée sur celui-ci mais j’ai été très vite énervée. Faire le tour du monde à vélo en un an est un exploit que je serais incapable de réaliser (après 15 km, j’ai des courbatures pendant une semaine) mais le côté catholique primaire des auteurs qui font de la jonglerie et jouent de la flûte a tout pour me hérisser.