Destins

35François Mauriac, Destins: pour cette deuxième lecture commune de François Mauriac, Athalie et Ingannmic m’avaient laissé l’honneur du choix. Je me suis tournée vers Destins parce qu’il fait partie de l’héritage paternel et qu’il me semblait totalement inconnu. L’histoire se passe à la fin de l’été, dans les Landes, la région de prédilection de Mauriac. L’atmosphère est pesante, comme souvent. Elisabeth Gornac, veuve, gère la propriété et les vignobles de son beau-père vieillissant et prend sous sa protection Bob Lagave, le petit-fils de sa voisine qui lui semble si charmant. Envoyé là par ses parents, il est convalescence d’une pleurésie. Un jour, il demande à Elisabeth d’héberger sa « fiancée », Paule de la Sesque. Les événements se précipitent et Elisabeth se rend compte que Bob n’est pas la personne qu’il est. Mauriac décrit une fois de plus l’étouffement, le poids des convenances, l’issue impossible vers autre chose dans cette société bourgeoise de l’époque. Elisabeth a ressenti en elle un espoir, un rayon de lumière mais elle est vite déçue et retourne à ses obligations: gérer le domaine, soigner son beau-père, fermer la porte à tout sentiment qui sort des habitudes. Peut-être moins puissant que Thérèse Desqueyroux, Destins propose malgré tout un beau portrait d’une femme qui s’est oubliée.

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Thérèse Desqueyroux

francais-therese-desqueFrançois Mauriac, Thérèse Desqueyroux: pourquoi lire ou relire Mauriac en 2015 ? J’ai suivi Ingannmic et Athalie dans leur proposition pour plusieurs raisons. Je me souvenais avoir beaucoup aimé la lecture de Thérèse à l’école secondaire et mon père ayant toujours beaucoup apprécié cet auteur, j’ai pu lui emprunter ses tout vieux Livre de Poche aux couvertures surannées, bien plus encore que celle de Thérèse qui date de 1988, l’année où je l’ai lu la première fois (ou 1989). Le roman est situé dans les Landes, dans une campagne perdue et peu accessible. Thérèse est libérée de prison, elle a été acquittée de la tentative d’empoisonnement de son mari. Il faut éviter le scandale dans cette société bourgeoise campagnarde où les apparences sont bien plus importantes. De plus, son père voudrait entamer une carrière politique, les actes de sa filles doivent être gommés. Tout sentiment est étouffé, doit être caché. Mauriac décrit avec brio ce genre d’ambiances et son écriture reste moderne presque nonante ans plus tard. Et mon impression ? Je me suis dit que je n’avais sans doute pas tout compris en lisant ce livre à 17 ans (notamment les attirances et répugnances sexuelles entre les personnages) mais j’ai retrouvé pourquoi j’avais aimé ce livre: cette sensation d’étouffement, ce personnage brimé qui aurait aimé faire autre chose de sa vie plutôt que de suivre la voie tracée par sa famille. Tout cela m’a encore touchée aujourd’hui.

Je vous invite à lire les avis d’Ingannmic et d’Athalie, bien plus développés que le mien.

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