Japonaises

Florence Plissart, Japonaises. Celles qui éclairent le ciel: en 2017, Florence Plissart arrivait au Japon, à Sapporo, avec son mari qui y était en mission pour le travail. C’est le coeur de l’hiver et il fait froid. Elle s’y sent seule et décide d’aller à la rencontre des femmes, dans un projet artistique. Elle les dessine tout en écoutant leur histoire. Le résultat, c’est Japonaises, un beau livre qui rassemble une quarantaine de portraits de femmes d’Hokkaido, mais aussi de Tokyo et de l’île d’Amami. A ses dessins crayonnés, elle ajoute des collages, et il faudrait les voir en vrai pour mieux s’approprier leur texture, mais ces portraits donnent malgré tout une image intime de ces femmes – certaines se racontent beaucoup, d’autres disent juste quelques mots (il y a la barrière de la langue, et la timidité aussi). J’ai beaucoup apprécié la diversité des portraits, des Japonaises évidemment mais aussi une Aïnoue, une Brésilienne, une chamane d’Amami (qui joue d’ailleurs son propre rôle dans le film de Naomi Kawase, Still the water – que je me suis empressée de voir après avoir terminé le recueil). Un livre à lire et à feuilleter au gré des envies.

C’est mon corps

Martin Winckler, C’est mon corps: toutes les questions que se posent les femmes: le titre dit tout, non ? Martin Winckler retrace la vie des femmes en expliquant comment fonctionne leur corps lors des différentes étapes de la vie. Il parle des règles, des relations sexuelles, de grossesse mais aussi du non-désir d’enfants, de ménopause… Il revient sur la relation entre le soignant et le patient, mettant le doigt sur les violences médicales et surtout, il casse bon nombre de clichés et d’idées reçues. A vrai dire, j’aurais aimé que ce livre existe déjà quand j’avais 11-12 ans, quand j’ai eu mes premières règles et que ma mère a expliqué certaines choses, mais pas énormément. Je n’aurais pas souffert si longtemps des maux de ventre. Au cours de ma vie, j’aurais appris à rétorquer à ma gynécologue, ou j’aurais compris certaines choses concernant mes relations sexuelles, et aujourd’hui encore, j’ai appris de nombreuses choses. Pour moi, c’est un livre essentiel, très terre à terre quelque part, mais en même temps basé sur des études sérieuses qui sont mentionnées à chaque chapitre. Lisez-le et offrez-le !

Très intime

tres intime.inddSolange, Très intime: ceci n’est pas un livre écrit pas Solange, la Québécoise à l’accent parisien connue de ses clips you tube parlant de sexe et d’autres choses (Solange te parle). Il rassemble en fait les interviews de femmes qui ont entre 18 et 46 ans et qui racontent leurs expériences sexuelles sans se voiler la face. A la base diffusées en radio, elles prennent ici la forme écrite (il y a d’ailleurs une polémique à ce sujet, mais peu importe). Le langage est souvent cru, très oral, très direct. Ces femmes répondent aux questions de Solange, questions qui n’ont pas peur d’aller plus loin dans le sujet. Elles parlent d’orgasme, de libido, du « pas envie », des relations à plusieurs, des relations entre femmes, du cunnilingus, des détails et des endroits où cela provoque du plaisir, de l’obligation, du viol. Ce dernier point est très frappant: un tiers des femmes interrogées se dit victime de rapports non désirés, de rapports qu’un homme leur a imposé et qu’elle ont subi sans leur accord. Du viol donc. Ce livre propose une image de la sexualité féminine d’aujourd’hui et pourtant je ne m’y suis pas vraiment retrouvée. Même si j’ai apprécié la lecture. (Ce billet sera très certainement suivi d’un autre, plus général, sur le sujet).

The blessings of good thick skirt

1461748_zps7drssnpbMary Russell, The blessings of good thick skirt. Women travellers and their world: ce livre s’intéresse aux femmes voyageuses, celles du lointain passé mais aussi des plus contemporaines, des pèlerinages de l’Antiquité et du Moyen Age à Devla Murphy qui a traversé l’Inde à vélo dans les années 1960 et 70. La division des chapitres est intéressante: Mary Russell écrit par thèmes, parlant d’abord des voyages dans diverses régions géographiques (désert, montagne, mer…) puis s’attache à trouver les raisons des voyages, qu’elle soit individuelles ou par obligation (ces femmes qui accompagnent leur mari dans des contrées éloignées). Elle raconte les périls et dangers et les stratégies de survie, comme l’utilité de jupes en tissu épais pour éviter de se blesser à des clous qui dépassent sur un siège. Cette approche est bien plus passionnante que les mini portraits présentés dans Elles ont conquis le monde et donne une vue d’ensemble du sujet.

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