Komodo

David Vann, Komodo: Tracy délaisse ses deux enfants en bas âge et son mari pour prendre des vacances bien méritées. Accompagnée de sa mère, elle rejoint son frère Roy sur l’île de Komodo en Indonésie pour y faire de la plongée. Ce dernier s’est éloigné de sa famille et vit une vie assez chaotique depuis son divorce, tentant de gagner de l’argent en tant qu’instructeur de plongée. Dès les premières pages, le lecteur sent que Tracy ne va pas bien; elle est assez détestable même, se chamaillant constamment avec sa mère et son frère. Elle essaie de profiter de l’île paradisiaque et des paysages sous-marins, en compagnie des raies manta mais elle n’y arrive pas. Elle est rongée par le ressentiment, pour diverses raisons qui se dévoilent au cours de la lecture.

David Vann dresse le portrait très fin d’une femme au bout du rouleau et a imaginé une intrigue pleine de tension et de violence, entrecoupée de superbes passages décrivant la vie sous-marine. J’ai été happée par ce roman, le lisant en quelques jours, le finissant en quelques heures, apprenant à aimer de plus en plus Tracy, à la comprendre surtout. Les passages plus techniques sur le plongée ne sont jamais ennuyeux; ils sont même fascinants. Ce roman aborde le thème de la difficulté d’être mère, même si a priori on se croit parti pour des vacances de rêve. C’est un récit très fort, qui m’a profondément touchée, et que je conseille avec beaucoup d’enthousiasme. Un livre qui pourrait bien se retrouver dans mon top de l’année !

(Mini spoiler: j’ai détesté la dernière page – le roman aurait été bien plus fort sans cette conclusion – si vous l’avez lu, dites-moi ce que vous en pensez !).

Dernier jour sur terre

2799007638_zpsz4bvrgjlDavid Vann, Dernier jour sur terre: le 14 février 2008, Steve Kazmierczak, âgé de 27 ans, pénètre dans un auditoire de l’université du nord de l’Illinois. Lourdement armé, il tue cinq personnes et en blesse dix-huit avant de se donner la mort. David Vann raconte l’histoire de Steve, depuis son enfance à sa mort. Il tente d’expliquer comment et pourquoi il en est venu là. Parallèlement, il parle de sa propre vie et se demande pourquoi lui-même n’est pas arrivé au même résultat sachant que son père adorait les armes et qu’enfant, il était entouré par celles-ci. Il ne s’agit pas d’un roman mais du récit d’une vie ratée, marquée par des troubles psychologiques assez profonds. Malgré les talents d’écriture de David Vann, c’est assez froid et factuel et le lecteur connaît dès le départ l’issue du récit. Les seuls passages qui m’ont un peu touchée sont les récits personnels, celui de cette scène de chasse dans la nature qui ressemble très fort à celle décrite dans Goat Mountain. Le livre n’est heureusement pas très long – je pense que je l’aurais abandonné dans le cas contraire.

Goat Mountain

0794-cover-goat-53635e7a01eb5David Vann, Goat Mountain: un garçon de 11 ans part à la chasse aux cerfs avec son père, son grand-père et un ami. Pour la première fois, il est autorisé à en tuer un; c’est un rite de passage familial. L’irréparable se produit dès les premières pages. Les réactions des différents personnages sont diverses, entre une violence extrême et une ignorance totale. David Vann décrit avec minutie la nature, rythmant le récit par des phrases très courtes, très sèches, aussi inhospitalières que le terrain sur lequel évoluent les protagonistes. Au fil du récit, il allonge ses phrases, entre de plus en plus dans la tête de l’enfant, le narrateur principal, et il oscille entre réalité et mythe, influencé par les récits bibliques. Autant j’ai énormément apprécié les descriptions de la nature autant ces parties plus mystiques m’ont moins intéressées, mais ce roman est malgré tout grandiose et l’auteur, une de mes découvertes de l’année. Je me doutais bien que je ne serais pas déçue en choisissant un roman chez Gallmeister, spécialisé en « nature writing ». Un excellent roman, entre violence et sentiments exacerbés, se déroulant dans un décor qui prend vie.

J’ai reçu ce livre gratuitement dans le cadres des Matchs de la Rentrée Littéraire de Price Minister. 

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