Short diary of the week (270)

Lundi: pas super en forme ce matin, de l’encodage, des problèmes qui m’empêchent d’avancer, partir plus tôt pour aller chercher mes nouvelles lunettes, Doctor Who – la saison touche à sa fin et ça reste très gentillet et sans profondeur – le souffle épique des précédentes saisons me manque

Mardi: encore fatiguée ce matin mais ça commence à aller mieux après une bonne nuit, de l’encodage, tenter de rattraper le temps, où le médecin généraliste de mon papa diminue mon sentiment de culpabilité: aucun endroit ne lui conviendra – il n’accepte pas qu’on lui limite les quantités d’alcool, un rendez-vous qui prend un certain temps, Strangers – avec une chanson qui me rappelle le groupe Lush, Crazy Ex-Girlfriend (youhou, j’ai réussi à regarder deux épisodes de séries ce soir – ça faisait longtemps)

Mercredi: un long réveil cette nuit – trop de pensées parasites, et donc fatiguée ce matin, pas envie d’écrire ce qui doit être écrit, l’écrire quand même parce qu’il le faut bien, une soupe de nouilles soba, Strangers, Crazy Ex-Girlfriend – fin de la saison 1 – une série tout à fait plaisante avec quelques perles musicales

Jeudi: le second rendez-vous à la banque de la semaine – je vais mieux espacer dans le futur, retour au travail sur le Danemark, passer par la poste pour enfin y changer l’adresse de mon papa, cuisiner, Strangers, Crazy Ex-Girlfriend – début de la seconde saison

Vendredi: un trajet un peu chahuté (de la pluie, un métro en retard), les trucs du vendredi qui sont vite terminés, et puis du Danemark, me retrouver dehors au plus fort de la pluie et rentrer trempée, après une heure trente de film je m’endors lamentablement

Samedi: de la couture, commencer à ranger la cave juste avant de devoir partir, aller chez mon papa, faire les courses, de la couture, trier des photos, de la lecture, de la cuisine, Princesse Mononoke (Hayao Miyazaki, 1997) ou comment je ne me souvenais que de quelques images et pas du tout de l’histoire

Dimanche: réveillée par la nausée, me rendormir, traîner dans le canapé, voir la pluie tomber et être trop fade pour aller à la zumba, de la couture, terminer la robe en cours et même faire les photos, du tri de photos, de la lecture, de la cuisine, 
Buchanan rides alone (Budd Boetticher, 1958) – des acteurs de seconde zone mais une histoire qui se tient

De la culpabilité

Depuis la chute de mon père, plusieurs personnes m’ont posé des questions très anodines, du genre « et donc tu dois t’occuper plus de lui ? », « et donc, tu vas le voir plus souvent ? », « et donc, tu vas manger avec lui ? », « et donc tu prendras les choses en main ? ». Et c’est normal, il n’y avait rien d’autre que de l’intérêt et de la bienveillance dans ces questions. Mais à force, j’ai commencé à me poser des questions. Est-ce que j’en fais bien assez ? Est-ce que je suis bien à la hauteur ? Est-ce que d’autres personnes n’en feraient pas plus ? Comme par exemple ma cousine qui habite loin de ses parents mais qui vient les visiter toutes les semaines (et pourtant elle est maman célibataire donc bien plus occupée que moi) ? Comme par exemple l’ouvrier devenu ami de mon papa qui a proposé de rester dormir chez lui si nécessaire ? Samedi soir, une goutte a fait déborder le vase. Ce n’était sans doute pas voulu comme ça, mais moi j’ai craqué. J’ai reçu un appel téléphonique de la compagne de mon père, appel que j’ai ressenti comme très froid et me disant donc qu’elle ne serait pas présente de mardi à vendredi (c’est devenu samedi entretemps) (alors qu’elle avait promis qu’elle resterait au moins une semaine entière) et que je devais prendre mes dispositions. Quoi ? Elle ne l’a pas précisé. J’ai d’abord cru qu’elle m’avait appelé derrière le dos de mon père mais suite à mon appel d’avant-hier, je me suis rendu compte qu’il était bien au courant. Je lui ai donc demandé de réfléchir et de me rappeler pour dire clairement ce qu’il veut que je fasse. De plus, autant à l’hôpital et au centre de revalidation, il était d’excellente humeur et tout allait bien, depuis qu’il est rentré, rien ne va plus, il se plaint tout le temps, dort une grande partie de la journée et me fait des piques quand je lui demande de faire attention à sa consommation (excessive) d’alcool. Hier, il m’a rappelé, ça n’allait pas mieux (il a même été malade d’avoir bu du vin) mais il ne m’a rien demandé, sa compagne insistant à nouveau à propos de son absence.

Je sais très bien que je ne dois pas entrer dans le jeu de la culpabilité et du chantage affectif mais j’ai eu un moment de faiblesse samedi, causé par d’autres petites choses que j’avais résolues mais qui ont utilisé mes ressources du moment. Là, je suis vidée et j’ai des maux de ventre. Je me sens d’autant plus déçue que cette fatigue va à nouveau reporter mes sorties. J’attendais avec impatience le retour à la maison de mon père en me disant que je n’aurais plus les visites à l’hôpital, que je pourrais reprendre un rythme normal et reprendre une vie sociale.

Un corollaire de tout cela est une grande solitude. Je suis fille unique. Mes cousins ont leurs propres problèmes. La compagne de mon père ne vit pas avec lui (et elle vit à une heure de route) et je n’ai que peu de contacts avec elle. Le médecin a prescrit l’aide d’une infirmière une fois par semaine, ainsi que les visites d’un kiné mais ce n’est qu’un sparadrap.

J’ai connu une grande partie de ma vie la maladie de ma mère (de mes 6 à 32 ans). Je me suis occupée pendant plus de trois ans de quelqu’un et ça m’a complètement vidée. Depuis un an, je me reconstruis, je prends beaucoup de temps pour moi. J’ai peur qu’à nouveau, je doive prendre en charge quelqu’un. Je n’ai pas envie et du coup, je me sens égoïste et du coup, coupable. Il faut que je sorte de ce schéma. C’est probablement le plus grand défi qui m’attend les prochains mois et j’espère terminer 2016 en me disant que c’était une bonne année, tout comme 2015.