Passage

Connie Willis, Passage: encouragée par un ami, je me suis lancée dans le lecture du pavé qu’est Passage de Connie Willis, un auteur dont j’avais adoré quelques romans (Le grand livre, All clear et Black out) et moins aimé d’autres (Bellwether). Joanna Lander est psychologue à l’hôpital de Mercy General et passionnée par les expériences de mort imminente (EMI ou NDE en anglais, Near death experience). Elle court d’un côté à l’autre du bâtiment pour interroger des patients qui ont connu une telle expérience, espérant arriver avant son horrible collègue Mandrake qui est le spécialiste de l’interview induisant des réponses toutes faites (les anges, la lumière, etc.). Elle est aidée par son amie, l’infirmière Vielle Howard qui travaille aux urgences et par une petite fille, Maisie, qui a des problèmes cardiaques sérieux mais qui adore raconter des histoires de catastrophes (du Titanic à l’incendie du Hindenburg). Elle se laisse convaincre par le neurologue Richard Wright de participer à ses expériences: il a en effet déterminé que l’injection d’une certaine drogue psychoactive peut provoquer une EMI artificielle. Commence alors la difficile recherche de patients qui veulent bien participer à l’expérience, et surtout sans a priori et sans aucune relations avec Mandrake. Joanna et Richard s’embarquent dans une longue et difficile aventure qui aura de multiples péripéties. Ils se perdront souvent dans les couloirs labyrinthiques de l’hôpital, se retrouveront souvent devant la porte fermée de la cafétéria dont les horaires si réduits n’aident personne, Joanna en profitera pour manger les divers snacks se trouvant dans les poches de Richard, elle écoutera les nombreuses histoires de catastrophes de Maisie mais aussi celles d’Ed Wojakowski, un ancien de la Navy qui raconte son passé, se contredisant constamment…

Bref, de quoi remplir les nombreuses pages de ce pavé sans vraiment arriver au but de l’histoire. Car c’est le grand souci de ce livre, il est extrêmement bavard (660 pages dans ma version électronique) et au moins un tiers n’est pas utile. Pendant la première moitié du livre, le lecteur a vraiment envie que l’auteur en vienne à son but premier mais ça se traîne. Un bon éditeur n’aurait pas été du luxe. Cela n’empêche pas que je me suis attachée aux personnages et j’ai adoré les histoires de catastrophes. Ce qu’écrit Connie Willis n’est pas en vain: les éléments sont liés et cela se met en place progressivement. Je dirais que c’est le roman idéal de vacances, à lire quand on de longues journées devant soi (j’ai lu la moitié lors du congé de l’Ascension). Bref, ce n’est pas le meilleur roman de Connie Willis mais il est plaisant.

Bellwether

Connie Willis, Bellwether: j’ai commencé ce livre sur un malentendu, ou plutôt à cause d’une très grande distraction de ma part. Un ami m’a récemment conseillé la lecture de Passage et au moment de commencer, mon cerveau a déraillé et j’ai ouvert Bellwether. Ce n’est qu’à la moitié du roman que je me suis demandée quand se passerait tel événement que m’avait raconté mon ami et que je me suis rendue compte de ma confusion. Bellwether n’est pas passionnant mais n’est pas très long non plus, je l’ai donc lu jusqu’à la fin. L’héroïne, Sandra, étudie les modes pour une grosse compagnie, Hi-Tek. Elle cherche notamment ce qui a causé les coiffures courtes, en carré, pendant les années 20. Chaque chapitre commence d’ailleurs par expliquer une de ces modes, du hulahoop au Dr. Spock. L’intrigue commence quand elle reçoit un paquet qui ne lui est pas destiné (l’assistante Flip est juste un catastrophe ambulante) et qu’elle rencontre Bennett, un collègue qui travaille sur le comportement des singes. Les événements s’enchaînent, provoquant un chaos de plus en plus indescriptible, jusqu’à l’acquisition d’un troupeau de moutons. Le récit décrit en quelque sorte la théorie du chaos et le cheminement vers les découvertes scientifiques. C’est drôle mais je me suis demandée pendant l’essentiel du récit où l’auteur voulait en venir.

Book_RATING-25

Blackout/All clear

Connie Willis, Blackout / All clear: 1200 pages découpées en deux volumes, voilà ce que propose Connie Willis dans son dernier roman ! Une sacrée brique donc que j’aurais mieux fait d’entamer en période de congés, mais j’en suis venue à bout. L’auteur reprend le thème des voyages dans le temps comme dans ses précédents romans, intégrant quelques personnages déjà présentés auparavant. On est en 2060 et il y a une certaine effervescence dans les laboratoires d’Oxford. Personne ne sait ce qui se passe mais tous les voyages prévus sont reprogrammés. Merope alias Eileen doit prendre des cours de conduite pour pouvoir repartir en 1940 s’occuper d’enfants évacués à la campagne, dont deux sales gosses, Alf et Binnie. Polly est en route pour le Blitz à Londres à l’automne 40 et Michael Davies va assister à la bataille de Dunkerque au printemps 40. Et puis là les problèmes commencent: ils n’arrivent pas à la date prévue et leur portail pour le retour vers le futur reste fermé. Le roman alterne les chapitres sur l’un ou l’autre personnage, incluant également des histoires plus tardives situées en 1944 et 1995 qui sont autant d’éléments d’un grand puzzle qui se met en place au fur et à mesure jusqu’au dénouement final. J’ai trouvé que le roman était un peu long par moments: certains chapitres auraient pu être raccourcis, voire supprimés mais je n’ai jamais autant appris sur la vie quotidienne en Angleterre pendant la seconde guerre mondiale, et là mon côté historienne a adoré. Connie Willis a clairement fait de nombreuses recherches sur son sujet ! Je me pose toujours des questions quant aux paradoxes du voyage dans le temps, questions que je n’arrive pas à résoudre mais peu importe, au final, le roman m’a beaucoup plu.

Book_RATING-35

From fantasy to real life

Ou les lectures des semaines passées.

J’avais déjà parlé des nombreuses coïncidences qui ont marqué ma lecture de Sans parler du chien de Connie Willis… Que dire d’autre de ce roman ? Qu’il ne m’a pas autant plus que Le grand livre ? Oui, sans doute. Mais quand même… Plusieurs histoires à plusieurs époques différentes se mêlent (le 21e siècle, la destruction de la cathédrale de Coventry par un raid nazi, les abords de la Tamise près d’Oxford dans l’Angleterre victorienne) mais chaque élément de l’histoire a son importance, comme dans les romans d’Agatha Christie, souvent cités par les protagonistes. Je ne donnerai pas la clé de l’histoire, mais sachez qu’une petite phrase des débuts du livre a toute son importance ! Un roman très plaisant et léger (contrairement au sujet très grave et triste du Grand livre) basé sur des recherches historiques approfondies et qui fait un portrait très vivant du 19e siècle anglais.

Retour dans mon passé d’adolescente avec Bande Originale de Rob Sheffield. Journaliste rock pour MTV et Rolling Stone, celui-ci écrit une sorte d’autobiographie sur base des compilations qu’il a enregistré au cours de sa vie sur cassette audio; le titre anglais est d’ailleurs plus explicite: Love is a mix tape: life and loss, one song at a time (un bien joli site d’ailleurs). Chaque chapitre commence par sa playlist, avec face A et B, et décrit comment la musique a influencé sur sa vie, depuis les premiers émois de l’adolescence – il était responsable de la musique qui était jouée au bal de la promo – à ses premiers amours – la cassette idéale à offrir à sa bien-aimée ou celle qui traduit la rupture, et puis plus loin, comment sa vie avec l’amour de sa vie, Renée, sera trop vite interrompue… Un très beau roman, plein d’émotions mais aussi plein d’espoir qui m’a rappelé certaines périodes de mon adolescence ou de mes vingt ans, quand j’écoutais la même musique et fait plein de références à la culture populaire des années 80-90 (l’auteur a quelques années de plus que moi et est né en 1966).

Coïncidences

Ma lecture de Sans parler du chien de Connie Willis est parsemée de rencontres dans la vie réelle et virtuelle qui me renvoient constamment au livre: le bouledogue de la station service devant laquelle je passe tous les matins, les photos de la rivière à Durham où il fait bon canoter comme sur la Tamise sur le blog de Mademoiselle M., les jolis poissons de collection d’Effie via Thérémina et ma fatigue extrême qui provoque des déphasages tels ceux du héros, Ned Henry. Et si ce billet vous semble un peu confus, attribuez-le justement à cet épuisement !

Le grand livre

le-grand-livreJe vais essayer d’être un peu plus rigoureuse et de parler des livres que j’ai lu dès que je les ai terminés. C’est déjà mal parti vu que ça fait déjà bien deux semaines que j’ai lu les dernières lignes du roman de Connie Willis, Le grand livre. D’accord, j’ai des circonstances atténuantes pour la dernière semaine (peut-être plus de nouvelles à ce sujet plus tard).
Ce livre m’avait été chaudement recommandé comme étant très beau et en même temps très triste. Ce qui était vrai… je ne l’ai pas lâché avant de connaître la fin.
J’avais toujours prétendu ne pas aimer la science-fiction (dans le sens général du terme), mais ce livre, ainsi que d’autres lus dernièrement, me font changer d’avis. Je reprécise donc: je n’aime pas les récits futuristes, avec mondes imaginaires pleins de technologies et de navettes spatiales. Par contre, des histoires se tournant vers le passé, des machines à remonter le temps, des uchronies, tout ça me passionne !
Le grand livre se passe dans un futur proche, à un moment où on a inventé les voyages dans le temps, et oscille entre le présent du récit et le passé, le Moyen Age dans lequel des chercheurs ont envoyé Kivrin, étudiante en histoire. Elle s’y retrouve à une époque très agitée, celle des épidémies et des hivers glaciaux tandis que l’époque présente est bien pluvieuse et toute aussi touchée par la pandémie. Va-t’elle survivre ? Est-elle condamnée à rester dans le passé ? Lisez le livre, vous ne serez pas déçus !
D’ailleurs si vous avez des suggestions du genre, je suis toute ouïe… un message écrit conviendra aussi.