Nulle part

9782246811824_zpszhja8petKalyan Ray, Nulle part: ce gros pavé de plus de 600 pages m’a été conseillé par une libraire qui en a parlé avec beaucoup de passion. Le sujet avait beaucoup pour me plaire – une chronique familiale au travers des siècles et des continents. Le livre commence par la fin, par la mort d’un couple en Nouvelle-Angleterre – l’arbre généalogique situé en début du livre permet de comprendre qu’une longue histoire se termine avec cet épisode. En 1843, en Irlande à la veille de la grande famine, Padraig Aherne et Brendan McCarthaigh sont les meilleurs amis du monde mais les hasards de la vie vont les séparer. Padraig se retrouve en Inde, à Calcutta; Brendan devient père malgré lui, s’occupant de la petite fille de Padraig, un enfant qu’il n’a jamais connu.

De génération en génération, Kalyan Ray raconte les aventures des deux héros et de leurs descendants, face aux événements du monde: la famine irlandaise, l’époque coloniale en Inde, la scission de l’Inde et du Bangladesh, l’immigration aux Etats-Unis, la vie à New York au début du 20e siècle… Ce roman de grande envergure est par moments passionnants, surtout la première moitié. Je n’ai jamais été fort intéressée par l’Irlande mais la description de la vie sur place à l’époque de famine est très détaillée et j’ai été touchée par les personnages. La partie indienne semble introduire quelques éléments surnaturels mais ils ne sont pas vraiment exploités; c’est plutôt la vie quotidienne à Calcutta et au Bangladesh qui est mise en avant, ce qui m’a évidemment fort intéressé.

Par contre, j’ai eu l’impression que l’auteur a eu peur d’ennuyer son lecteur et qu’il a donc rajouté des couches: aucun personnage n’a une vie vraiment heureuse, les catastrophes s’accumulent, parfois au point d’en être grotesques (je pense à un épisode à New York – il faut vraiment un hasard inexplicable pour qu’une telle chose arrive). Ces exagérations ont un peu plombé ma lecture mais il ne me restait à ce moment-là plus que 200 pages que j’ai vite avalées. Un commentaire encore sur le style: il est très fleuri, parfois un peu alambiqué et il faut un certain moment d’adaptation, surtout au début du livre. J’ai été assez énervée par ces personnages qui répétaient constamment des phrases telles “ma chère Irlande”. Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ce roman-fleuve – il y a des passages superbes – mais je dois bien avouer qu’il était trop long et trop exagéré sur la fin.

Everything I never told you

9780349134284_zpsnr1wr4jcCeleste Ng, Everything I never told you: Lydia, 16 ans, a disparu. Fille d’une blonde Américaine et d’un enfant d’émigrés chinois, elle a toujours obéi à ses parents, se conformant à leurs souhaits. Sa mère désirait à tout prix qu’elle devienne médecin, son père voulait surtout qu’elle ait beaucoup d’amis et soit populaire. Des souhaits qui reflètent en fait leurs regrets. Le roman se déroule entre présent et passé, contant la vie des différents protagonistes, parlant de leurs douleurs et bonheurs. Mais surtout, Celeste Ng parle du poids de l’influence des parents sur les enfants et des conséquences qui peuvent s’avérer malheureuses. Elle raconte le malaise adolescent et le manque de communication, le racisme aussi. Elle décrit des relations qui sont très violentes sous les apparences, sans que personne ne s’en rende compte. C’est un roman qui m’a happée et qui m’a passionnée. Il m’a également fait réfléchir sur mes relations avec mes parents et leurs espoirs pour moi. Je recommande aux amateurs de chroniques familiales mais aussi aux autres !

Cette lecture n’était pas commune mais le hasard a fait que Ingannmic l’a lu en même temps que moi.

Ce livre remplit la case “Ohio” du challenge “50 novels for 50 states”.

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Le fils

9782226259769gPhilipp Meyer, Le fils: la rentrée littéraire 2015 s’annonce et j’en suis encore à lire des romans de celle de 2014 ! Le fils est la chronique de la famille McCullough se déroulant sur un siècle et demi au Texas. Le roman suit Eli – le Colonel – qui, adolescent, a été enlevé par les Comanches dans un Texas pas encore pacifié vers 1850. Il suit également Peter, son fils, dans les années 1915, qui écrit son journal intime et enfin Jeanne-Anne, qui se souvent de sa vie peu de temps avant de mourir. Le livre passe d’un personnage à l’autre et raconte la naissance d’un empire ainsi que son déclin dans un état qui au 19e siècle était encore à la frontière du monde civilisé. Conquêtes, trahisons et le poids du passé, le poids des actions commises par les ancêtres, tout cela sont les thèmes principaux. Roman passionnant, très bien construit, il donne aussi une place particulière aux descriptions de la nature et du paysage sans que cela n’alourdisse le texte. J’ai adoré !Book_RATING-40

The Middlesteins

Jami Attenberg, The Middlesteins: Edie est grosse, obèse même, et ce, depuis qu’elle est enfant. Comment en est-elle arrivée là ? The Middlesteins est la chronique d’une famille juive américaine, un père, une mère, un fils marié qui a deux enfants, une fille toujours célibataire. Les chapitres s’enchainent, alternant l’histoire d’Edie (précisant toujours son poids) et les récits des différents membres de la famille ou même de la communauté. C’est drôle, irrévérencieux mais triste aussi, la fin est inéluctable. J’ai passé un très bon moment avec cette famille pourtant si éloignée de la mienne, regrettant même que le roman ne soit pas un peu plus long !

Book_RATING-40

Famille modèle

Eric Puchner, Famille modèle: un des romans de la rentrée littéraire, une chronique familiale décrite comme étant assez acerbe. L’auteur raconte comment Warren Ziller, au bord de la faillite suite à des mauvais placements immobiliers, tente de sauver sa famille: sa femme, son fils et sa fille. Chacun des personnages prend la parole et est décrit dans ses actions quotidiennes. Le récit commence bien avec une image assez cynique de la Californie des années 80 qui m’a souvent fait sourire mais tout d’un coup, il y a un revirement de situation (dont je ne dirai rien ici et surtout n’allez pas lire les remerciements ou vous aurez une idée de quoi il s’agit). Cet événement coupe complètement le récit et est un peu trop exagéré à mon goût. J’aurais préféré que l’auteur continue son petit bonhomme de chemin en continuant à décrire la vie d’une famille qui tente de lutter contre la faillite financière. Bref une déception malgré quelques passages très jouissifs.