Dead to the world

Charlaine Harris, Dead to the world: commencé en réaction au mépris et à l’intellectualisme chiant, ce roman, le quatrième de la série des True Blood/Sookie Stackhouse, a totalement répondu à mes attentes: pas de prise de tête, une histoire simple et rondement menée, un peu de suspense, des vampires, des fées, des sorcières, des loups-garous… et surtout cette image entêtante d’un Eric privé de mémoire. J’espère que les scénaristes de la série vont bien exploiter ce thème… A part ça, pas grand chose de plus à dire !

Books

Ces derniers mois n’ont pas été très bénéfiques pour la diminution de ma PAL. J’ai en effet eu l’envie de lire le Baroque Cycle de Neal Stephenson, c’est à dire trois volumes de plus de 900 pages en anglais. J’ai entamé le premier, Quicksilver que j’ai traîné avec moi plusieurs semaines de suite pour laborieusement lire 250 pages (ma lecture n’est certainement pas aussi rapide en anglais et le vocabulaire pas toujours aussi facile) mais même si je l’ai abandonné momentanément, je ne m’avoue pas vaincue pour autant. Entretemps, j’ai aussi lu:

Chanson pour l’absente de Stewart O’Nan: un livre que j’ai acheté dès sa sortie, que j’ai lu de suite et pourtant deux mois après je ne m’en souviens plus très bien. Pas que ce soit un mauvais livre, mais les thèmes de Stewart O’Nan ne se renouvellent pas. Il conte la disparation de Kim Larsen, adolescente de 18 ans, du point de vue de sa famille, comment celle-ci réagit, se désagrège tout doucement avec des réactions très différentes selon les protagonistes. Une belle description de l’Amérique moyenne mais qui manque un peu de relief.

Préparant la sortie du nouveau roman, j’ai relu Less than zero de Bret Easton Ellis, un de mes romans favoris de fin d’adolescence, que j’ai lu et relu des dizaines de fois  (c’est évidemment plus rapide de relire un roman court qu’une brique à la Neal Stephenson !). A la fin de la lecture, il m’en est resté ce même sentiment qu’autrefois, ce côté vide, un peu dépressif qui se résume tout à fait dans le panneau publicitaire que voit le héros, Clay, à plusieurs reprises: « Disappear here ».

J’ai eu de la chance: dès le jour de sortie, j’ai trouvé Imperial bedrooms de Bret Easton Ellis en librairie. Ce roman est une suite de Less than zero, avec les mêmes protagonistes qui ont 25 ans de plus. Clay, aujourd’hui scénariste, revient pour un boulot à Los Angeles, à nouveau pendant la période de Noël. Il revoit ses anciens amis, tous plus ou moins marqués par le temps, la drogue ou la chirurgie esthétique. Le récit aurait pu s’arrêter à ça, et cela m’aurait suffi mais Ellis a décidé de s’inspirer du film noir et d’y ajouter une vague intrigue d’espionnage et de meurtre que je ne trouve pas tout à fait nécessaire. J’ai par contre adoré les quelques pages du début où Clay parle du film qui a été tourné suite au premier roman, intégrant par la même occasion une critique non dissimulée du film de Marek Kanievska. Le livre sort en français à la rentrée et Bret Easton Ellis fait la couverture des Inrocks de cette semaine.

J’ai envie de rapprocher les deux récits qui suivent, je ne les ai pas lus l’un après l’autre mais ils ont plusieurs points communs: deux journalistes en fin de vie racontent leurs aventures, le premier celle de son existence, le second la dernière en date.

Le grand voyage de la vie de Tiziano Terzani. J’avais lu avec beaucoup de plaisir et d’intérêt son récit Un devin m’a dit et dès que j’ai vu ce livre, je n’ai pas pu m’empêcher de l’acheter. Terzani est un journaliste italien qui a travaillé pour Der Spiegel en Asie. Il se raconte, en dialogue avec son fils parce qu’il est trop vieux et malade pour encore écrire lui-même. C’est donc plus une conversation, un échange d’idées sur les étapes importantes de sa vie et de sa carrière, notamment de sa présence à Saïgon lors de la prise de la ville par les Vietnamiens du Nord ou de cet instant où il a échappé à la mort, presque fusillé par les Khmers Rouges. C’est aussi le récit d’un homme qui a fait ce qu’il voulait pendant sa vie et qui ne regrette rien, c’est une belle réflexion sur la mort, le tout empreint de bouddhisme qu’il a pratiqué pendant des années (il a même vécu en ermite dans l’Himalaya). Un très beau livre que je recommande à tous les passionnés de l’Asie mais aussi à toute personne qui se pose des questions sur l’existence.

Aventures en Loire de Bernard Ollivier est un des livres que j’ai acheté dès sa sortie mais qui a traîné sur ma PAL sans raison précise. Ollivier m’avait enchanté avec le récit de son voyage à pied sur la route de la soie. J’avais un peu peur que son aventure à pied et en canoë le long de la Loire, de sa source à son embouchure, ne soit moins captivante. Que nenni ! J’ai retrouvé là l’homme qui sait conter, raconter ses rencontres, nombreuses, et faire partager ses pensées. C’est là qu’il rejoint Tiziano Terzani: il a déjà plus de 70 ans quand il commence cette aventure et se demande pendant tout le voyage si c’est encore de son âge mais aussi s’il pourrait rester en sédentaire chez lui. Au-delà de ça, ce livre donne envie de visiter la région et d’entamer une ballade du même genre…

La croisière jaune: sur la route de la soie d’Ariane Audouin-Dubreuil relate l’expédition Citroën du Liban à l’Asie du Sud-Est en suivant la route de la soie au début des années 30. La fille du commandant de mission s’est basée sur les archives de son père et d’autres membres du voyage pour écrire le récit. Pas de grande littérature ici mais bien des faits, des impressions de l’époque, beaucoup d’héroïsme et une toute autre manière de voyager: on ne voyageait pas léger à l’époque ! Il fallait faire bonne figure auprès des divers chefs d’état et les bagages comportaient entre autres choses que nous jugerions inutiles aujourd’hui tout un service en porcelaine estampillé du logo Citroën. L’idée était de traverser l’Himalaya en voiture, ce qui se révèlera très compliqué même si le convoi a réussi à passer jusqu’à un certain point (quitte à ce que les voitures soient démontées !). Avant cette partie très difficile du voyage, les différents chercheurs avaient fait des recherches archéologiques et de nombreuses photos du site de Bamyan en Afghanistan et ce sont des documents très précieux aujourd’hui. L’expédition en Chine n’est pas de tout repos non plus: le pays est déchiré par la guerre entre factions diverses. Intéressant mais pas un chef-d’œuvre littéraire !

Living dead in Dallas de Charlaine Harris, deuxième volume de la série. Lecture de vacances sans trop se poser de questions. Sookie est encore plus nunuche que dans la série et l’histoire bien moins développée mais c’est tout de même plaisant à lire !

Books, books, books

J’ai à nouveau pris du retard dans mes notes de lecture, la météo a été trop belle pour passer du temps devant l’ordinateur. Après avoir fini Les bienveillantes, il ne me restait qu’une semaine avant mon départ au Vietnam, il me fallait donc un livre court. Je venais d’acheter Viens plus près de Sara Gran que j’ai dévoré en moins de deux. C’est le roman d’une possession racontée du point de vue de l’héroïne qui ne maîtrise plus son corps et ses actions. Son entourage comprend encore moins ce brusque revirement de personnalité. 180 pages de récit qui mènent vers l’inéluctable, sans espoir de retour. Histoire qui traite du surnaturel tout en l’ancrant très fort dans la vie de tous les jours.

Encore quelques jours avant de partir, je me rabats sur Le cinquième évangile de Michel Faber dont j’avais adoré le roman fleuve La rose pourpre et le lys. Ici, il s’agit de la courte histoire d’un universitaire qui découvre un cinquième évangile remettant une bonne partie de la religion chrétienne en question et de l’édition de celui-ci. Bonne idée mais un peu bâclé. L’histoire s’arrête en plein milieu de l’action et ne creuse pas grand chose. Une déception.

Pour les vacances, retour vers des livres de poche que je peux traîner partout sans avoir peur des les abîmer. Il me reste des livres dans ma PAL mais je ne peux m’empêcher d’en acheter des nouveaux. Je commence cependant par Professeur d’abstinence de Tom Perrotta que diane avait commencé et abandonné l’année passée lors de notre voyage en Croatie (comme souvent, j’achète des livres pour moi mais quand je veux les lire, ils ont disparu dans les mains de diane !). Comédie de mœurs à l’américaine ne demandant pas trop d’attention, bref le roman idéal de vacances. Ruth est professeur d’éducation sexuelle dans une petite ville américaine mais elle doit revoir ses méthodes pédagogiques très ouvertes et directes avec l’arrivée de l’Eglise du Tabernacle, traditionaliste et puritaine. Tim, ancien rocker et amateur de femmes, s’est converti récemment. Ce qui devait arriver arriva, non sans quelques péripéties. Plaisant, drôle par moments mais sans plus. Meilleur cependant que Les enfants de chœur.

Pour continuer, le Neal Stephenson de voyage, Le samouraï virtuel (j’avais lu le Cryptonomicon en partie en Thaïlande). Conseillé par Stella Polaris, je renvoie à son commentaire pour me limiter à quelques impressions. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire qui se passe dans un futur proche (juste ça déjà ne m’attire pas trop en général), il y a des longueurs mais une fois que l’auteur est entré dans le vif du sujet, les rapports avec le passé, avec l’histoire de la tour de Babel, j’ai trouvé ça passionnant ! De plus, la traduction ne m’a pas plu, j’ai l’impression que le traducteur a voulu bien faire mais n’a pas réussi à transposer le langage particulier de Neal Stephenson en français, (contrairement au Cryptonomicon mais c’est un autre traducteur). Et ce ne sont pas des paroles en l’air, j’ai reçu le livre en version anglaise à prêter pour comparer. Bref, bien mais pas top, et si vous voulez le lire, lisez-le en V.O. (Snow Crash) ! Cependant, ça m’a donné envie d’attaquer le Baroque Cycle mais l’ampleur de l’objet me fait un peu peur (le fait que ce n’est pas traduit également – je lis sans problème l’anglais mais je suis beaucoup plus lente).

De retour de vacances, un petit récit de voyage s’imposait, ne fusse que pour me donner de l’inspiration pour Suasaday ! Je me suis donc plongée dans Sur la Route 66. Petites fictions d’Amérique d’Eric Sarner. Au cours de ma lecture, je me suis rappelée avoir vu son documentaire sur le même sujet et m’être endormie devant. Idem pour le livre… comme beaucoup d’auteurs français de récits de voyage, il passe son temps à philosopher, à se mettre en avant, c’est très sérieux, poétique mais ça manque de vie.

Changement total de style avec Dead until dark de Charlaine Harris, qui a inspiré la série True Blood. En fait, impatiente de savoir ce qui va se passer dans la saison 3, j’ai commencé la série des bouquins par le 3e volume, Club dead. Comme le montre le teaser (qu’évidemment je ne retrouve plus), il y a des loups-garous ! Lecture facile mais bien construite, les moments d’action se succèdent à des moments plus calmes, plus descriptifs. Les scénaristes de la série ont ajouté beaucoup d’éléments  (le personnage de Tara, par exemple) mais ont malheureusement supprimé celui de Bubba – Elvis devenu vampire. Sookie est tout aussi naïve, si pas plus, et Bill aussi peu intéressant. Je ne sais pas si je parlerai de tous les volumes mais je compte bien continuer à lire la série (j’en ai encore trois qui m’attendent – merci Waterstone’s et les 2+1 gratuits !).

Ma PAL est à jour mais je suis horrifiée: je pensais que j’avais lu presque immédiatement tout ce que j’avais acheté cette année… Evidemment, dès que je mets les pieds dans une librairie, je ressors non pas avec un roman, mais trois. Et quand j’apprends qu’un de mes auteurs préférés vient de sortir un livre, il faut que je l’aie tout de suite (mercredi j’ai lu les Inrockuptibles qui parlaient du nouveau Stewart O’Nan – mercredi soir après le boulot, j’ai fait un détour par Filigranes pour l’acheter !).