Unholy loves

547413Joyce Carol Oates, Unholy loves: l’université de Woodslee, au nord des Etats-Unis, accueille l’éminent professeur de poésie anglais Albert St. Dennis. Toute la communauté est en ébullition et souhaite le rencontrer. De soirée en soirée, Joyce Carol Oates se met dans la tête de différents personnages pour décrire les événements du moment. Elle prend tour à tour les points de vue de St. Dennis lui-même (quel horrible prétentieux !) mais aussi de Brigit, une récente divorcée et d’Alexis, jeune pianiste et compositeur imbu de sa personne. Ces deux derniers vont entamer une relation tumultueuse. D’autres personnages interviennent également, divers professeurs et leurs épouses, chacun ayant une vision bien particulière sur les événements. Joyce Carol Oates nous décrit un microcosme bien particulier, avec les jalousies, les relations extra-conjugales, le désir de plaire, le respect des convenances. Elle abandonne en partie l’écriture automatique des pensées des gens (enfin !) pour écrire un récit un peu plus construit, avec des dialogues. Les divers points du vue rendent le récit animé, moins monolithique que dans d’autres romans plus anciens. Ses personnages sont peu attirants, ils montrent surtout des facettes négatives de l’être humain, comme souvent. J’ai mis du temps à commencer ce roman datant de 1979, j’étais un peu lassée de l’écriture de JCO pendant les années 1970 mais j’ai retrouvé l’envie de continuer mes lectures même si je crains quelque peu l’ampleur du pavé qu’est Bellefleur. Mais d’abord, il me reste un recueil de nouvelles à lire (il vient d’arriver des Etats-Unis).

Advertisements

Cybele

397341Joyce Carol Oates, Cybele: dans ce roman de 1979, Joyce Carol Oates décrit des moments de la vie d’Edwin Locke, un homme de la quarantaine qui se perd de relation en relation. Il avait tout pour être heureux: un travail respecté, une femme aimante, deux enfants mais un jour, il se sent attiré par Cathleen, qu’il rencontre d’abord au parc, puis dans des hôtels. Poussé par la passion et très vite lassé, il recherche d’autres femmes, se lançant dans de nouvelles relations de plus en plus glauques. C’est le récit d’un homme qui perd toute notion de la normalité, un homme qui se laisse entraîner dans la spirale infernale des passions, un homme qui s’oublie lui-même et les autres. JCO nous fait pénétrer dans son esprit, dans les méandres de ses pensées, un procédé qu’elle a utilisé tout au long des années 1970 avec plus ou moins de succès (en général, plutôt moins, c’est assez ardu à lire). Dans le cas de ce roman, ces pensées sont relativement accessibles mais lassent cependant sur la longueur. Mon challenge JCO s’est fort ralenti et la raison principale est le manque de romans qui racontent une histoire, qui donnent les points de vues de plusieurs personnes, qui ne parlent pas uniquement des esprits malades d’un seul narrateur. Plus que deux romans de cette période et je peux entamer les années 1980 avec Bellefleur qui est probablement plus passionnant !

Book_RATING-30

Son of the morning

9780814907931-us-300_zpsggflhgtwJoyce Carol Oates, Son of the morning (1978): la jeune Elisa Vickery se fait violer par des inconnus sur un chemin de campagne. Un bébé, Nathan, naît suite à cet acte de violence et ce sera sa grand-mère, une pieuse croyante, qui s’occupera de lui, dans la foi chrétienne. L’enfant est très tôt prédestiné: il a une première vision à l’âge de sept ans lors d’un service religieux évangéliste. Dès ce moment-là, il ne vivra plus que pour Dieu, partageant sa foi lors de longs sermons très habités. Pris sous l’aile d’un pasteur, il parcourt les routes de l’état de New York (et au-delà) et guérit de nombreuses personnes. A vrai dire, ce n’est pas le sujet qui m’intéresse le plus mais j’ai appris pas mal de choses en me plongeant grâce à Joyce Carol Oates dans le monde des prédicateurs. J’ai détecté une belle dose de folie et un art de la manipulation très poussé, un fanatisme extrême qui peut amener à commettre des choses innommables et des sentiments exacerbés à tous points de vue. J’ai eu beaucoup de mal avec les romans de Joyce Carol Oates du milieu des années 70. Celui-ci commence tout doucement à sortir de l’écriture automatique qui caractérisait les précédents mais est encore trop axé sur les pensées du héros, sur sa folie. Heureusement, quelques autres personnages permettent de donner un certain fil à l’histoire.

Book_RATING-35

Night-side

night-side_zps08aeut8wJoyce Carol Oates, Night-side: mon rythme de lecture dans le challenge JCO a fortement diminué: les années 1970 ne sont pas spécialement les plus intéressantes et les plus passionnantes dans sa carrière d’écrivain. Je pensais qu’un recueil de nouvelles pourrait être différent mais tout dépend de la nouvelle. Certaines sont assez faciles à lire et racontent même une histoire, d’autres ne sont que de longs monologues et pensées des personnages, écrits quasi sous le mode de l’écriture automatique, tous comme les romans de l’époque. Une nouveauté cependant: ce recueil rassemble quelques nouvelles qui pourraient être qualifiées de “gothiques”, parlant du rapport avec l’au-delà et les morts, notamment via une séance de spiritisme comme cette nouvelle qui donne le titre au livre.

Book_RATING-30

Crossing the border

eb627012b22cf24653d97052922e5a13_zpsngmh4kqzJoyce Carol Oates, Crossing the border: ce recueil rassemble des nouvelles écrites entre 1974 et 1976. Le thème commun est la vie au Canada, près de la frontière, souvent dans le milieu universitaire que l’auteur connait bien. Un personnage est l’héroïne de plusieurs de ces courts récits: Renée. Son mari travaille et elle se retrouve seule à devoir occuper ses journées. Elle erre dans les rues de la petite ville où elle habite, elle y rencontre de drôles de personnages, elle y trouve l’amour (ou pas), elle se fait arrêter à la frontière… Dans les autres nouvelles, on retrouve également les descriptions de la vie courante mais toujours avec une certaine tristesse ou une certaine folie des personnages dans le style si particulier de Joyce Carol Oates. Contrairement aux romans de la même époque, les nouvelles sont très réussies et j’ai adoré ce recueil.

Book_RATING-40

Le triomphe du singe-araignée

519iyu18k1l-_sy344_bo1204203200_Joyce Carol Oates, Le triomphe du singe-araignée: ce court roman est toujours disponible en français, ce qui est plutôt rare pour les écrits des années 70 de la prolifique Joyce Carol Oates. Datant de 1976, il donne la parole à Bobbie Gotteson, criminel endurci et assassin en série. Ce sont ses pensées ou plutôt ses élucubrations qui sont écrites. Il se prend pour une victime et raconte par bribes comment il a raté sa carrière de chanteur et d’acteur. Ce qui ne l’a pas empêcher de tuer avec violence de nombreuses personnes qui étaient sur sa route. Joyce Carol Oates s’est inspirée de Charles Manson et a créé un personnage de fou, au faciès de singe et aux jambes velues, le singe-araignée. Encore un roman difficile, avec pas mal d’écriture automatique, très bien traduit par le talentueux Claro. Heureusement, le livre est court, ce qui lui donne quand même une certaine force.

Book_RATING-30

(lu en 2015)

Haute enfance

cvt_haute-enfance_4320Joyce Carol Oates, Haute enfance: dans ce roman écrit en 1976, Joyce Carol Oates trace le portrait d’une série de personnages vivant tous dans la même région, la plupart d’une même famille. Laney, adolescente, tombe amoureuse de Kasch, un intellectuel bien plus âgé qu’elle. Plus tard, celui-ci aura une relation avec la mère de Laney, Arlene. Vale, son fils aîné, est un vétéran de la guerre du Vietnam et vit de petits délits. D’autres personnages encore interviennent. Cela pourrait ressembler à un soap mais cela ne l’est pas. Certains passages sont un peu incompréhensibles, à moins d’y porter beaucoup d’attention. J’ai eu beaucoup de mal à m’attacher aux personnages et à suivre leurs errements. Parce qu’il n’y a pas vraiment d’histoire, juste une suite de pensées et de (très belles) descriptions. Mais tout comme dans son roman précédent, Joyce Carol Oates utilise une sorte d’écriture automatique par moments et ce n’est pas spécialement une réussite. Il reste cependant tout son talent pour décrire avec lyrisme l’Amérique.

Book_RATING-25