Let’s cook our books #16: soba noodles

soba à la mode des barbares du sud
Quand j’ai acheté Nouilles d’Asie, je me doutais bien qu’une série de recettes seraient un peu compliquées à cause d’ingrédients exotiques ou de bouillons à préparer à l’avance. Mais j’en ai tout de suite sélectionné quelques-unes qui ne demandaient pas trop de temps. Quoique. A priori, un bouillon dashi, c’est facile à faire, surtout quand on prend de l’instantané. Sauf que j’ai voulu le préparer moi-même. Ce n’est pas bien compliqué mais quand on ne l’a jamais fait, il faut un moment pour assimiler les différentes étapes. Donc, faire tremper le konbu pendant 30 minutes pour le réhydrater? Ce n’est pas possible là maintenant, 15 minutes suffiront, j’ai faim ! Ah et les flocons de bonite, ça ne se conserve pas plus de 7 jours ? Que vais-je faire avec mon paquet ? (On m’a conseillé entre temps de le garder au surgélateur, ou même dans une armoire, sachant que le goût risque de s’estomper, rien de plus).

Mon choix s’est porté sur « Soba à la mode des barbares du sud ». J’ai donc mon dashi qui est prêt, mais en fait il faut un bouillon tsuyu, donc du dashi mélangé à du kaéshi, un mélange de sauce soja, mirin et sucre. Heureusement, le kaéshi se conserve au frigo pendant longtemps. Quand tout cela était prêt, j’ai cuit mes nouilles soba d’un côté et mes tranches de canard de l’autre, ainsi que le poireau. Je n’ai trouvé que des poireaux grand format et j’ai donc dû les couper en rondelles, ce qui présente moins bien que dans le livre. Une fois tous les ingrédients prêts, la soupe se prépare en quelques secondes. Et le goût ? C’était tout simplement délicieux. J’adore le canard et l’association avec le bouillon un peu salé et les légumes (les poireaux et les oignons de printemps) était juste parfait. J’ai utilisé les restes le lendemain et c’était prêt en quelques minutes. Bref, je me dis que je devrais préparer du dashi en grandes quantités et le surgeler. Ou utiliser de l’instantané.

soba à la mode des barbares du sud

Canard tiki et sa salade crunchy ou la recette qui n’est qu’un prétexte pour parler d’autres choses

Je n’ai pas encore beaucoup écrit sur mes préférences culinaires . Je ne suis pas une grande pâtissière ni une grande suiveuse de recettes compliquées comme celles d’Hélène Darroze. Quoique à chaque congé, je me dis que je devrais expérimenter des plats qui prennent plus de temps. Mais j’aime cuisiner, même quand ça doit aller vite, j’essaie de ne pas répéter trop les mêmes choses, peut-être à cause des menus fixes de mon enfance. Et puis pas de cuisine française compliquée, mais quel plaisir de prendre du temps pour faire son curry rouge cambodgien soi-même après l’avoir appris dans un cours de cuisine à Battambang au Cambodge, littéralement sur le trottoir !

Bref tout ça pour dire que de temps en temps, certaines combinaisons improvisées sont parmi les plus réussies. Comme celle de ce dimanche. Prenons donc un magret de canard que l’on rissole à la poêle, ajoutons-y à mi-cuisson la mangue découpée en petits morceaux qui traînait là depuis quelques jours et en accord avec celle-ci quelques lampées de Passoã Mango (ne hurlez pas, en fait comme ça, c’est très bon !). D’où le côté tiki de la recette.

Pour accompagner la viande au goût certain, adoucie par la mangue fondue, innovons avec un paquet de salade « crunchy » du Delhaize (radis, roquette, carottes, brocoli, chou blanc). Un peu simple tout ça, sauf si on l’améliore à la manière thaie: quelques feuilles de coriandre, quelques feuilles de menthe (menthe Marrakesh, menthe basilic, menthe sans nom des petits pots bio du Delhaize), quelques feuilles de basilic thai (basilic cannelle, sweet basil, basilic Siam Queen et basilic Queen of Sheba), des cacahuètes écrasées pour un peu plus de « crunch », un jus de citron vert pour le « zing », un peu d’huile, un peu de sauce poisson et un piment rouge pour le « tang ». Le côté aromatique des herbes, le « zing » et le « tang » se marient parfaitement bien avec la viande et la mangue ! Le temps qu’on s’en rende compte, le plat était mangé… pas de photo donc pour illustrer tout ça.

PS 1: la culture tiki est typiquement américaine: dès 1934, Don The Beachcomber crée un restaurant à thème polynésien à Hollywood mais c’est surtout après la seconde guerre mondiale que les G.I.’s qui avaient combattu dans le Pacifique voulurent recréer un peu d’exotisme chez eux. D’où l’apparition de nombreux restaurants « tiki » servant nourriture exotique (en fait, de la cuisine chinoise un peu adaptée) et cocktails au rhum et aux fruits. (quelques infos ici)

PS 2: je n’ai pas de jardin, juste une petite cour dans laquelle je peux malgré tout assouvir mes besoins en jardinage et cultiver toute une collection d’herbes aromatiques, en particulier le basilic dont j’ai semé une dizaine de variétés au printemps.

PS 3: l’image vient du très beau site Arkiva Tropika qui rassemble des menus, cartes postales et autres papiers éphémères sur le thème polynésien.