Phnom Penh noir

ppn-coverPhnom Penh noir: ce recueil de nouvelles rassemble des auteurs occidentaux (Roland Joffé, John Burdett, Christopher G. Moore…) et khmers qui racontent tous des histoires se déroulant au Cambodge. Certaines sont plus réussies que d’autres mais elles laissent toutes transparaître une société fracturée, paralysée par la corruption et teintée de violence sous-jacente, une société où la loi n’a pas encore tout à fait pris sa place. Des touristes ou des expats disparaissent, sont assassinés pour des raisons très diverses. Certains étaient impliqués dans du traffic d’oeuvres d’art, d’autres se sont laissés influencer par des cultes aux dieux très anciens. Certaines histoires font revivre le temps des Khmers Rouges, d’autres sont actuelles. Le livre se clôt avec les textes des chansons de l’album Songs from the noir de Krom, écrites par Christopher Minko. Une plongée passionnante dans la noirceur du Cambodge ! Dommage que je ne le possédais pas encore en décembre pour le faire dédicacer par Krom et Christopher G. Moore…

Book_RATING-35

Beyond the pancake trench

9789745240476_p0_v2_s260x420Tom Vater, Beyond the pancake trench. Road tales from the wild East: cela faisait plusieurs années que je tournais autour de ce livre sans l’acheter. Et puis je l’ai vu chez Monument Books à l’aéroport de Yangon mais je ne voulais pas payer 30$, sachant qu’il était bien moins cher en librairie occidentale (environ 16€). En rentrant, je me suis donc sentie obligée de l’acheter. Je connaissais déjà Tom Vater grâce au disque édité chez Topic, The Moken: Sea Gypsies of the Andaman Sea et j’ai découvert qu’il était l’auteur des guides Lonely Planet sur le Cambodge. Dans ce livre publié en 2004, il raconte des expériences diverses en Thaïlande, en Inde, au Camboge, au Vietnam et au Laos. Ce sont souvent des instantanés qui décrivent des pays qui ont fort changé depuis. Le Cambodge à cette époque était encore vraiment un far-west, où se rejoignaient pédophiles, drogués et gangsters. Ses descriptions de Bangkok font vivre une certaine facette de la ville, pas la plus touristique, plutôt celle qui est dans l’ombre, celle des soirées et des bars. Un extrait du chapitre « Cambodia, Phnom Penh – The Heart of Darkness »:

« The ‘Heart’ as the local moto-drivers call it, opens late, gets busy round midnight and closes when the last customer leaves. Tarantino’s Titty Twister doesn’t come close to the madness that erupts on the dance floor. And on a really packed night, the Dead Kennedys’ ‘It’s a holiday in Cambodia’ spins out the speakers. It’s the ultimate post-modernist experience. Jello Biafra yells ‘Pol Pot, Pol Pot’, the girls pop pills, the old guys at the bar try to keep the latest joint together, the rich Khmers in the corner, who remember the horror as if it had been yesterday, don’t give it a second thought. »

A lire !

2015 Reading challenge: A book set in a different country, A nonfiction book, A book by an author you’ve never read before

Book_RATING-40

Colonial architecture in Phnom Penh

Si vous vous intéressez à l’architecture coloniale, ce documentaire d’une demi-heure est très intéressant. On sent parfois le côté amateuriste (les ciels recoloriés en bleu piquent aux yeux) mais il met en avant les bâtiments principaux de Phnom Penh, avec un commentaire instructif.

Et pour compléter la visite, je vous renvoie vers mes propres photos de 2012.

A woman of Angkor

John Burgess, A woman of Angkor: Sray est une jeune femme khmère, vivant dans la région d’Angkor au 12e siècle. Elle raconte sa vie et son mariage: son mari devient maître des parasols pour un prince qui deviendra plus tard le roi. Ses enfants grandiront et auront un rôle important à jouer à la cour, sa fille devenant courtisane et son fils l’architecte du nouveau temple d’Angkor Vat. John Burgess décrit la vie à l’époque, s’inspirant des quelques sources qui nous sont parvenues, des sculptures et bas-reliefs notamment, mais en inventant la vie des personnages et les intrigues de la cour. Le style est un peu guindé et je dois bien avouer que ça m’a rebuté au départ. J’ai failli abandonner le livre après une cinquantaine de pages mais finalement ma curiosité l’a emportée et je me suis laissée prendre par le récit et les ambiances khmères.

Book_RATING-35

Sounds of the world: I’m sixteen (Cambodia/U.S.A.)

Je ne sais plus comment j’ai découvert la pop sixties cambodgienne. Est-ce par Dengue Fever ? Est-ce en partant pour la première fois au Cambodge en 2006 et en m’informant sur le pays ? Sur place en tous cas, nous avions acheté de nombreux cd et échangé plein de musiques avec le patron du Jungle Bar. Une chanson m’a marquée dès le début, c’était et c’est resté un grand hit au Cambodge: Chnam oum 16 ou I’m sixteen. Voici deux versions en guise d’introduction à ce style de musique que j’écoute très souvent.

Ros Sereysothea (1948-77), une chanteuse à la carrière prolifique, a été la première interprète. C’est la version qu’on entend dans le film de Matt Dillon, City of ghosts.

La chanson a été reprise par le groupe américain Dengue Fever, dont la chanteuse Chhom Nimol est cambodgienne.

Links of the month (III)

Quelques liens glanés ces derniers mois sur le net…

  • comment consommer de manière durable en jardinant soi-même: un article d’une américaine mais tout à fait adaptable en Europe
  • un article (en pdf) sur le rôle du roi Sihanouk dans la popularisation de la musique pop khmère
  • un tumblr entièrement consacré à un de mes photographes préférés, William Eggleston
  • une bien jolie série de portraits de bureaux. Reconnaitrez-vous le mien ?

When the war was over

Elizabeth Becker, When the war was over. Cambodia and the Khmer Rouge revolution: j’ai acheté ce livre d’histoire à Phnom Penh, cherchant à mieux connaître l’histoire récente du Cambodge. Elizabeth Becker y a été de nombreuses fois dans les années 70 avant la guerre, mais aussi comme une des très rares journalistes invités par les Khmers Rouge. Elle explique l’histoire du pays, à partir de la fin de la période coloniale aux Accords de Paris en 1991, se basant sur de nombreux interviews des personnages clé (anciens Khmers Rouges, diplomates, journalistes) mais aussi de simples Cambodgiens. On pourrait croire que ce genre de livre est ennuyeux mais l’auteur écrit tellement bien et relate les faits tout en intégrant des éléments plus personnels par moments. J’ai vraiment dévoré les plus de 500 pages ! Ce livre permet de comprend comment le jeu politique mondial a fait sombrer un tout petit pays dans l’horreur, et comment ce même jeu n’a permis de résoudre ses problèmes qu’après des années de status quo. En fait, il aura fallu l’arrivée au pourvoir de Gorbatchev pour que les choses changent. J’ai juste regretté (mais c’est un tout petit regret) de ne pas avoir plus d’informations sur la vie quotidienne dans le pays après 1978 mais c’est un livre que je recommande fortement à toute personne qui veut mieux connaître l’histoire actuelle du Cambodge. Et il m’a donné d’en savoir encore plus, d’où l’apparition d’autres livres sur le même sujet sur ma PAL.

Book_RATING-40

Links of the month (II)

  • les photos du voyage de Nick DeWolf en Thaïlande en 1972
  • des suggestions de patrons pour reproduire les robes des deux premiers épisodes de la saison 6 de Mad Men
  • Dale of Cambodia, ou l’histoire d’un journaliste au Cambodge au début des années 1970. Un documentaire est en cours de production. Si la vidéo ne se charge pas, elle est disponible ici.
  • l’histoire de la guitare hawaïenne par Bob Brozman, malheureusement décédé récemment (avec références au yodel et à l’exposition universelle de San Francisco de 1905)

Le saut du varan

François Bizot, Le saut du varan: François Bizot est un anthropologue français spécialisé dans le bouddhisme du sud-est asiatique. Il a longtemps travaillé au Cambodge, où il été retenu en captivité en 1971 par les Khmers Rouges et interrogé par Douch, futur bourreau de la prison de Tuol Sleng à Phnom Penh. Son récit Le portail raconte ce passage de sa vie. Avec Le saut du varan, il s’est lancé dans le roman. Cela se passe toujours au Cambodge, en 1970. Le pays est troublé après le coup d’état de Lon Nol et la région d’Angkor est le lieu d’une guérilla entre troupes gouvernementales, Vietnamiens et Khmers Rouges. Une jeune fille cambodgienne est trouvée morte, éviscérée, dans la région. Comme l’affaire pourrait prendre un tour politique, un inspecteur Français, Boni, mène l’enquête. A Siem Reap, il rencontre Rénot, l’ethnologue, qui lui servira de guide. Drôle de personnage, ce Rénot ! Un bon vivant, atteint du syndrome de Tourette, et à la recherche d’une civilisation cachée, originelle. Les deux hommes s’enfonceront dans la jungle pour chercher des réponses… Au départ, l’écriture assez recherchée, pleine de descriptions précises, mêlée d’échanges verbaux beaucoup plus simples m’a un peu déconcertée mais très vite, je me suis prise au récit que j’ai finalement trouvé trop court ! Les ambiances sont très bien décrites et donnent l’impression d’un pays en déliquescence. Un livre à lire si comme moi, vous êtes intéressés par le Cambodge ou si vous aimez ce genre de récit qui se passe au fond de la jungle.

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After they killed our father

Loung Ung, After they killed our father: dans cette suite de First they killed my father, Loung Ung raconte son arrivée aux États-Unis avec son frère et sa belle-sœur et son adaptation à la société américaine pour qui elle est « l’étrangère » mais où elle ne peut pas perdre la face. Parallèlement, elle décrit la vie de sa soeur Chou restée au Cambodge, vie qui est totalement différente de la sienne, marquée par la pauvreté et la peur des mines et des attaques des Khmers Rouges. Elles s’étaient promises de se revoir très vite mais il aura finalement fallu quinze ans avant leurs retrouvailles. En terminant la première partie de ce récit autobiographique, j’étais impatiente de connaître la suite. Les deux parties suivantes me tentent un peu moins mais je les lirai sans doute un jour. Un récit éclairant sur une période agitée de l’histoire du Cambodge mais dont on parle finalement très peu.

Book_RATING-40