Rizières sous la lune

Loïc Barrière, Rizières sous la lune: 1884, Phnom Penh. Miss Bennett, une riche américaine recherche des personnes pour l’accompagner à Angkor où elle compte prendre des photos du site. Tevy, une jeune khmère, se propose comme interprète. C’est d’ailleurs elle qui raconte toute l’histoire, centrée au départ sur l’expédition de Miss Bennett et de ses acolytes, l’aventurier belge Valbelle – un homme peu scrupuleux – et le moine défroqué Chamroeun qui connaît la région comme sa poche. Le climat politique est tendu, une rébellion contre le roi et contre le colonisateur français est en cours. Et le roman bascule tout à fait: les expéditions photographiques sont vite oubliées pour laisser toute la place à Tevy qui joue un rôle important dans la suite des événements. Loïc Barrière mêle mystère et croyances anciennes à son récit, ainsi qu’une dose de romantisme et d’amour impossible. A la manière des auteurs plus anciens, il a écrit un roman d’aventures exotiques avec de nombreux rebondissements. Une lecture tout à fait plaisante dans un cadre exceptionnel.

Lu après une suggestion d’Yv.

Hôtel International

Rachel Vanier, Hôtel International: apprenant le suicide de son père, Madeleine fuit Paris sur un coup de tête et se retrouve à Phnom Penh au Cambodge. Elle se laisse entraîner par la vie des expats, de rencontres d’un soir en beuveries, préférant la torpeur et l’ivresse à l’acceptation de son deuil. Elle accepte un boulot d’assistante de production pour un défilé de mode et découvre de cette manière quelques facettes de la vie locale mais sans trop s’y attarder. Elle rencontre d’autres étrangers installés là sans vraiment approfondir les relations. Bref, elle met sa vie entre parenthèses. Rachel Vanier décrit la vie d’une fille paumée et plutôt superficielle, que l’on imagine bien écrire un blog de mode. Elle aborde cependant l’histoire du Cambodge et le génocide de Pol Pot et parle furtivement des conditions de vie des locaux tout en décrivant la ville de Phnom Penh et les temples d’Angkor. Mais au centre du roman se trouve une communauté d’expats pas très intéressée ni très intéressante et si ce roman n’était pas situé au Cambodge, pays que j’aime beaucoup, je n’aurais pris aucun plaisir à le lire. Un avis mitigé donc, plus lié à l’histoire qu’au lieu où elle est située.

J’ai été tentée par ce roman après avoir lu le billet de Yv.

The Cambodian book of the dead

17883673_zpsb0orkvtuTom Vater, The Cambodian book of the dead: ce livre me tentait depuis longtemps mais était difficile à obtenir. Je l’ai finalement trouvé à Bangkok dans une librairie japonaise après mon voyage en Birmanie. Et malgré mon envie de le lire, il a longtemps traîné sur ma PAL, sans raison. Maier, détective privé allemand, a été journaliste de guerre dans le passé, notamment au Cambodge. Sa mission, retrouver l’héritier d’une dynastie de marchands de café de Hambourg, le renvoie là-bas. L’action se situe quelque part en 2001 ou peu après – le hit de Kylie Minogue Can’t get you out of my head était déjà sorti (travail de déduction personnel – donc). Le pays est encore très far-west ou plutôt far-east. La corruption règne, les anciens généraux Khmers Rouge font la loi et le livre commence par une fusillade dans le club le plus connu de l’époque, le Heart of Darkness (où passe évidemment Holiday in Cambodia des Dead Kennedys). L’enquête de Maier le mènera à Kep, ancienne station balnéaire royale, en partie en ruines et au Bokor, où se trouve un ancien casino. Il y rencontrera des personnes louches, un général avec une armée de jeune filles habillées en noir (comme à l’époque des Khmers Rouges) mais aussi l’Araignée Blanche, un homme mystérieux au passé bien trouble. L’histoire est un peu compliquée et a des rythmes divers, une longue mis en place et des rebondissements que j’ai trouvés un peu incongrus. Mais peu importe, j’ai adoré retrouver des endroits que j’adore, des ambiances bizarres, et un passé sur lequel j’ai lu pas mal de choses. Ce livre m’a également beaucoup fait penser au film de Matt Dillon, City of ghosts, qui reste un de mes favoris de tous les temps. Un livre qui ne plaira sans doute pas à tout le monde mais qui a certainement comblé mes besoins récurrents de Cambodge.

Book_RATING-40

Short diary of the week (139)

Lundi: oui bon on repassera pour une bonne nuit, un escargot tout petit, peu de monde comme un lundi, Vinyl, The 100, le cerveau en ébullition pour caser tous les projets lecture qui m’intéressent

Mardi: cette ébullition n’était pas un bon plan, mais comment couper le courant de mon cerveau pendant la nuit ?, peut-être que mon nouveau livre arrivé ce matin me l’expliquera ? bref fatiguée mais toujours avec trop d’énergie – ce n’est pas très bénéfique, partir plus tôt et à pied pour acheter du tissu – de la toile bleu marine pour une ou deux jupes, tram, découvrir Chipote et Papote et acheter du tissu Bambi pour une blouse, métro, chercher un patron de blouse, rater les oeufs onsen – bref ce sera à la flamande, regarder Year Zero: the silent death of Cambodia réalisé en 1979 par John Pilger – horrible et confrontant, chercher des informations sur le contexte, The 100, commencer le livre sur le sommeil

Mercredi: mieux dormi, de la concentration la matin moins l’après-midi – comme d’habitude donc, encore plus d’envies de negroni avec ce livre, un plat de poulet pas aussi réussi que les autres fois – trop gras surtout, The 100 – un épisode assez impressionnant (2×08), Masterchef

Jeudi: mmmmh il faudra agrandir le stock de jupes de mi-saison (ou de robes), aussi parce que j’ai porté celles que j’ai pendant tout l’hiver, mais quand arrivera cette bouteille ?, de jolis cadeaux du RhumFest – merci Vincent !, ah mais là voilà cette bouteille, hop l’event FB est lancé, Black Sails, Masterchef

Vendredi: fatiguée mais c’est vendredi !, ah ben non il faut tout arrêter, envie de rentrer à la maison et finalement trouver des activités jusqu’à 17h, une tirette, des joues de lotte sauce tomatée, The 100 – deux épisodes, Masterchef, oooh un challenge robe tiki !

Samedi: lessive de tissu, comment organiser ma journée ?, coudre des boutonnières c’est cool avec la nouvelle Bernina – en fait c’est même ennuyeux après la première, faire les courses pour moi et mon papa, rester parler un peu avec lui: il se sent mieux – le médecin lui a bien remonté le moral, une aventure en Flandre et revenir avec le rhum Plantation Pineapple convoité depuis si longtemps, lecture, Vikings – deux épisodes, The 100

Dimanche: zumba, un dessert à la banane, ressortir presque toutes les plantes exotiques, replanter les piments, commencer à enlever les mauvaises herbes, finir un livre, un dimanche bien rempli mais un peu frustrant à cause de toutes les autres choses que je voulais faire, Vikings, The 100 – deux épisodes

The Bangkok asset

fa3be42882544ab306349961977a1544John Burdett, The Bangkok asset: une nouvelle enquête de l’inspecteur Sonchai Jitpleecheep. Un meurtre a été commis dans un immeuble surplombant le marché, une jeune fille gît par terre, la tête arrachée, un message annonce que le meurtrier sait qui est le père de Sonchai, une question qui le hante depuis toujours. Quelques jours plus tard, Sonchai est le témoin d’un événement très particulier: un meurtre en plein typhon sur le Chao Praya, le meurtrier s’en tirant sans problèmes malgré les courants du fleuve. Serait-ce un surhomme ? Cette question traversera une grande partie du roman, menant Sonchai dans les archives secrètes de la CIA, jusqu’aux forêts du Cambodge. J’ai retrouvé avec plaisir les ambiances de Bangkok et du Cambodge mais l’histoire m’a un peu déstabilisée au départ parce qu’elle entre dans le domaine de la science-fiction. Ou peut-être pas justement ? Ce livre est en tous cas un bon divertissement !

Book_RATING-35

Four faces of truth

810iqjt4wul-_sl1500_Harriette C. Rinaldi, Four faces of truth: Harriette C. Rinaldi a travaillé pendant 27 ans pour la CIA, notamment dans la collecte d’informations venant des pays étrangers. Ces connaissances lui ont inspiré l’écriture de ce roman basé sur l’histoire récente du Cambodge. Au travers de quatre personnages, elle raconte la montée de Khmers Rouges et le génocide, avec quatre points de vue différents: Hem Narong est un conseiller du Général Lon Nol, Thoun Sophana était proche du mouvement communiste khmer mais regrette bientôt cet intérêt, Eng Maly connaît très bien la médecine chinoise et soigne la femme de Pol Pot et enfin Marcel Blanchette est un archéologue travaillant à Angkor. Rinaldi raconte leurs histoires mais aussi celles d’un pays, ses paysages, la musique, les rituels, la vie sauvage de la forêt. Un très beau roman si proche de la réalité qu’il en est très triste aussi.

Book_RATING-40

Phnom Penh noir

ppn-coverPhnom Penh noir: ce recueil de nouvelles rassemble des auteurs occidentaux (Roland Joffé, John Burdett, Christopher G. Moore…) et khmers qui racontent tous des histoires se déroulant au Cambodge. Certaines sont plus réussies que d’autres mais elles laissent toutes transparaître une société fracturée, paralysée par la corruption et teintée de violence sous-jacente, une société où la loi n’a pas encore tout à fait pris sa place. Des touristes ou des expats disparaissent, sont assassinés pour des raisons très diverses. Certains étaient impliqués dans du traffic d’oeuvres d’art, d’autres se sont laissés influencer par des cultes aux dieux très anciens. Certaines histoires font revivre le temps des Khmers Rouges, d’autres sont actuelles. Le livre se clôt avec les textes des chansons de l’album Songs from the noir de Krom, écrites par Christopher Minko. Une plongée passionnante dans la noirceur du Cambodge ! Dommage que je ne le possédais pas encore en décembre pour le faire dédicacer par Krom et Christopher G. Moore…

Book_RATING-35