Baby leg

Brian Evenson, Baby leg: je lis tous les romans de Brian Evenson, je ne peux pas m’en empêcher. Et pourtant, j’ai parfois du mal avec ses histoires bizarres, très David Lyncheennes. Que dire de ce court roman (98 pages) ? Il commence avec un personnage qui a perdu la mémoire mais qui rêve d’une femme à la jambe de bébé. Et puis ? En dire plus, utiliser divers adjectifs décrivant le récit, dévoilerait trop. Je les ai au bout de ma langue, mais je les tairai. Ce roman est loin de la réalité et cela me dérange un peu mais je sais que je lirai le suivant !

L’âme du père du Japon

Titre qui ne veut rien dire, mais j’ai de plus en plus de difficultés à trouver un titre approprié pour mes billets « lecture ». Comme toujours, quelques notes sans aucune ambition de critique littéraire.

Les âmes brûlées d’Andrew Davidson, conseillé par Armalite (qui a écrit un article bien plus complet que le mien), mais qui m’a occasionné une petite frayeur quand j’ai voulu l’acheter chez Filigranes. Leur ordinateur indiquait comme classement le rayon bestsellers à la Barbara Cartland ! Finalement, il était tout simplement classé en littérature générale. Que dire de ce livre ? Une fois terminé, toutes les questions restent: qui était Marianne Engel ? a-t-elle vraiment vécu au Moyen Age ou est-elle juste schizophrène comme ont l’air de dire ses médecins. Et le héros principal (dont on ne donne jamais le nom), est-il la réincarnation d’un soldat gravement brûlé dans la passé ? L’histoire se passe dans le présent, suite au très grave accident du héros, accident dont il ressort brûlé sur la quasi totalité du corps. La brûlure est une des mes plus grandes angoisses et lire ce genre de bouquin qui ne lésine pas sur les détails glauques est une sorte d’exorcisme pour moi. Mais au fil des pages, ça ne s’est pas arrêté à ça: j’ai découvert une belle histoire d’amour éternel, avec des retours dans le passé passionnants. Bref, comme Armalite, je conseille !

Lire Père des mensonges de Brian Evenson en plein milieu du grand déballage de la pédophilie du clergé belge est un peu bizarre mais si adapté ! C’est le premier roman de l’auteur qui issu de la communauté mormone en a été renié à cause de son oeuvre. Le récit décrit particulièrement bien l’hypocrisie du clergé d’une petite communauté extrémiste et son art de la manipulation face un à psychiatre qui essaie de révéler la vérité. Comme toujours, très dur, très violent, une violence spirituelle, psychologique et sociale comme le précise la quatrième de couverture. A lire !

 

J’ai entamé la saga de George R.R. Martin, Le jeu des trônes mais j’y reviendrai dès que j’aurai terminé le deuxième volume de la traduction qui correspond en fait à un seul volume en v.o. Entre les deux, j’ai rapidement lu Le goût du Japon de Philippe Delacourcelle qui décrit ses aventures culinaires japonaises en tant que chef français réputé par le biais de petites notes sur les us et coutumes locaux. Je dirais juste qu’un excellent cuisinier n’est pas toujours un bon écrivain… Donnez-moi plutôt François Simon !

Un peu de lecture

Je m’étais bien dit que je parlerais de chaque livre juste après l’avoir lu… et bien c’est raté ! J’en ai lu 5 depuis le dernier billet. Evidemment, ce ne seront plus mes premières impressions qui seront écrites ici mais plutôt quelques vagues souvenirs.

– Brian Evenson, La confrérie des mutilés: j’avais été séduite par Inversion, je me suis donc jetée sur le suivant… et j’en garde un souvenir un peu partagé. L’histoire est, pour moi, un peu trop bizarre mais passé ce problème, le livre est passionnant, très bien écrit et pousse l’horreur dans ses confins les plus lointains. Je ne raconterai pas l’histoire, mais il s’agit bien, comme dit le titre, d’une secte où la mutilation est extrêmement importante. A mettre en rapport avec Survivant de Chuck Palahniuk. Ames sensibles, s’abstenir. Je serais curieuse d’avoir l’avis de John et François qui m’ont fait découvrir cet auteur.

– Laura Kasischke, La couronne verte: le livre de l’année ! D’accord, j’ai un faible pour cet auteur mais elle arrive à chaque fois à me séduire avec ses histoires de la vie de tous les jours américaine… jusqu’au moment où tout bascule. Trois adolescentes partent passer leurs vacances pour la première fois sans parents dans un club de vacances au Mexique. Elles en reviendront transformées. Atmosphères troublantes, tropicales, où la mythologie se mêle à l’histoire et avec une prédominance de la couleur verte.

– Ian McEwan, Sur la plage de Chesil: une nuit de noces, dans les années soixante, pleine de non-dits, d’inhibitions. Très beau court roman qui m’avait été conseillé par mon papa. Je suppose qu’il s’est en partie retrouvé si non pas dans l’histoire, au moins dans l’époque. Pour plus d’impressions sur ce livre, je vous conseille ce billet de Krotchka.

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– Denis Johnson, Arbre de fumée: le pavé de la rentrée: presque 700 pages d’une écriture dense mais avec beaucoup de bavardages. Pas beaucoup d’histoire même si l’action se déroule sur toute la période de la guerre du Vietnam et ses conséquences. Malgré ça, c’est un livre qui retient l’attention par ses ambiances, son style, sa manière d’élaborer le récit. Mon avis est mitigé bien que la lecture m’ai laissé une certaine satisfaction.

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– Alissa York, Effigie: un autre livre de l’année ! Le résumé décrit l’histoire d’une famille de Mormons aux Etats-Unis vers 1870 et de taxidermie… mais il y a bien plus que ça. La famille Hammer n’est qu’un prétexte pour retracer toute l’histoire de l’Amérique du Nord mais aussi de l’Angleterre victorienne, de l’immigration, de la ruée vers l’or, des spectacles itinérants du genre freak show, du massacre de Mountain Meadows, des Indiens, de la religion, des sectes… et j’en passe. Le tout enveloppé dans une histoire passionnante.

Quelque livres en quelques mots

Il faut que je fasse du rangement… donc je vais commencer par faire quelques commentaires sur les derniers livres que j’ai lu avant de les mettre dans la bibliothèque.
– Poppy Z. Brite, Ames perdues: ça faisait un bout de temps que je voulais lire un de ses romans, voilà chose faite, lors de mon voyage au Cambodge. J’arrive toujours à lire en voyage des livres sans aucun rapport avec le pays en question et qui ont même tendance à faire tache, genre le passage du Seigneur des anneaux dans la neige et le froid quand il fait 35° à l’ombre en Thaïlande. Ici de même, un roman gothique un peu romantique, avec de séduisants vampires qui sèment la mort. Le livre m’a plu même s’il a un côté lectures d’adolescents.
– André Malraux, La voie royale: de retour du Cambodge, je me suis dit que le moment était venu de lire ce roman se passant en grande partie à Ankgor, mais je n’ai pas été très loin. Je n’ai pas eu le courage de lire cette écriture un peu vieillote, avec des commentaires de l’éditeur à chaque page. Plus tard peut-être, après ma pension.
– Benjamin Kunkel, Indécision: fortement soutenu par les Inrockuptibles mais pas par moi. J’ai été déçue, peut-être n’ai-je pas bien apprécié le côté satirique…
– Cormac McCarthy, Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme: très bon livre, d’un très bon auteur (un de mes favoris), à l’écriture fouillée, sur des thèmes extrêmement violents de trafic de drogues et de fusillades, dans des paysages magnifiquement bien décrits du Texas et du Mexique.
– Sylvain Tesson, L’axe du loup (De la Sibérie à l’Inde sur les pas des évadés du Goulag): très bon récit de voyage dont le sous-titre décrit le parcours. Dévoré en un week-end, avec une envie de partir immédiate.
– Brian Evenson, Inversion: tout le monde le dit, c’est un livre à lire. Je confirme…