Paris by night

Occuper nos soirées à Paris n’était pas une priorité – nous savions que les journées seraient déjà bien remplies – mais il a certaines activités qui ne se refusent pas.

Lorsque nous avions rencontré Stella Polaris à l’Archiduc Follies, elle nous avait vanté les mérites  du Crazy Horse. Un documentaire que nous avions vu fin décembre nous avait déjà mis la puce à l’oreille: c’est un spectacle à ne pas rater depuis qu’il a été remis au goût du jour par Philippe Decouflé et Ali Mahdavi. L’endroit, sans être petit est  agréablement agencé d’autant que nous étions idéalement placés au centre de la salle sans personne devant nous.  Il y a quelques morceaux classiques, tel la relève de la garde à l’écossaise, militaire en diable, le tout premier ou le dernier reprenant la chanson du Crazy, mais il y a aussi beaucoup de pièces très imaginatives. Toutes sont interprétées avec un souci du détail, beaucoup de rigueur, de sérieux, de professionnalisme. On est loin ici de l’humour un peu décalé du burlesque, de ses à peu-près attachants. Les filles sont toutes danseuses de formation, dont une championne de gymnastique artistique. Diane et moi avons été séduits, notamment par la pièce avec les cordes qui servent tour à tour de balançoire ou de prison, par la « secrétaire », par le jeu de lumière dans une autre chorégraphie et le champagne aidant, nous avons été emporté par ce ballet de jambes, de petits culs aguichants, de sourire espiègles, et autres volutes et arabesques… Le Crazy,  synonyme des premiers émois érotiques soft est devenu, avec la maturité, une féérie sensuelle et envoutante comme les princesses indiennes d’Hollywood, le nu intégral et décomplexé en plus, et reste avant tout incontournable.


L’autre activité est due au plus pur hasard… quand j’ai demandé sur Facebook s’il y avait des choses à faire à Paris pendant notre séjour, j’ai reçu une réponse: celle du Révérend Frost qui proposait de venir à son concert à la Bellevilloise. Je connais le Révérend par blog interposé depuis très longtemps (via une recherche sur le disque « Asian takeaways » – il faut le faire pour un blog plutôt consacré au blues et à la soul !).  Le trajet était direct en métro, sauf que je ne savais pas que la rue pour y arriver était en pente, une belle longue montée bien abrupte avec le soleil dans le dos ! L’endroit est un ancien bâtiment industriel reconverti en plusieurs salles. Le Révérend allait jouer dans la Halle aux Oliviers qui fait aussi office de restaurant, ce qui tombait bien puisque nous n’avions pas encore mangé. Nous arrivons en plein soundcheck mais peu importe, les présentations sont vites faites, entre le Révérend et sa demoiselle et nous-mêmes. C’est d’ailleurs celle-ci qui s’arrangera pour que nous puissions manger ensemble alors que toutes les tables sont déjà réservées ! Alors pour décrire sa musique… imaginez un hot rod genre rat fink fonçant à travers le bayou à minuit. La brume envahit tout, une grande silhouette au carrefour et bardaf vous plantez l’engin dans le juke joint d’à côté. Pas grave, un mec se lève avec son tord-boyaux et transforme la calandre en piano, vous beugle un blues du fond des tripes avec une voix à décorner les boeufs. Y’a bien un avorton bourré avec un mop sur la tête, qui vient emmerder son monde, mais le Révérend, c’est le Georges Abitbol du rock greasy, toujours classe, il lui fracasse pas sa gratte sur la gueule, non il nous fait fondre comme une sucrette dans un old-fashioned, il a du coffre, du talent et de l’énergie à revendre, pis bon c’est un pote à G.T. aussi. Le Révérend aime chanter, aime son répertoire,  il interprète également « Sway » tongue in cheek et suite à la version pas très juste de Patrick Ouchène quelques jours auparavant et celle du musicien du métro tous les trois jours, mon choix est vite fait ! Après le concert et une discussion que nous aurions bien aimé continuer, la fatigue se fait sentir chez tout le monde… Rendez-vous à Bruxelles j’espère, pour un nouveau concert !

Pour clôturer ce récit sur notre escapade à Paris, j’aurais encore dû écrire un article sur l’exposition Dreamlands, mais elle est terminée, donc cela n’a plus trop d’intérêt dans l’immédiat. Peut-être un jour…

(article écrit à quatre mains – je suis sûre que vous reconnaîtrez les passages écrits par diane !)

Searching for the wrong-eyed Jesus

Documentaire road-movie qui suit le chanteur Jim White à travers le Sud profond des Etats-Unis, entre églises, prisons, marais, bars et mines, à la recherche de lui-même et de cette région, où tout est blanc ou noir, paradis ou enfer, drogué ou illuminé par Dieu. Pas de milieu possible entre tout ça… Plein de belles images, mais aussi des images marquantes comme celle de la transe des fidèle de l’église pentecôtiste. Plein de musique aussi, gospel, country, blues… Lee Sexton au banjo, racontant que toute sa famille jouait de cet instrument… Harry Crews passant par là… (pas mal d’extraits sur YouTube).

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