A year of culture – 2019

Un bilan de mes activités culturelles, gastronomiques et de couture de l’année passée.

J’ai beaucoup moins lu que l’année passée, je ne suis même pas arrivée au total de 60 que je m’étais fixée sur goodreads. Je pensais que j’avais lu des livres plus épais et donc autant de pages que l’année passée, mais ce n’est pas le cas. C’est à partir de l’été que j’ai commencé à accumuler du retard – je n’ai pas vraiment d’explications, à part peut-être que j’ai voulu nettoyer quelque peu ma PAL et que j’ai donc commencé puis abandonné pas mal de livres. De toutes façons, ce n’est pas très grave. Je répéterai cet objectif de 60 livres pour 2020 et on verra bien le résultat en fin d’année.

J’ai lu essentiellement des auteurs américains, mais aussi asiatiques, et beaucoup étaient des femmes, ce qui est une constante ces dernières années.

Mes favoris (je n’arrive pas à sélectionner de préféré comme l’année passée):

  • Aline Kiner, La nuit des béguines
  • Elisa Shua Dusapin, Hiver à Sokcho
  • Pitchaya Sudbanthad, Bangkok wakes to rain
  • Richard Wagamese, Starlight 
  • Tanya Tagaq, Split tooth
  • Ogawa Ito, La papeterie Tsubaki

et pour la non-fiction:

  • Patrick Winn, Hello shadowlands
  • Mona Chollet, Sorcières – La puissance invaincue des femmes
  • Manon Labry, Riot Grrrls: chronique d’une révolution punk féministe 
  • Anne Llewellyn Barstow, Witchcraze. A new history of the European witch hunts
  • Roger Crowley, Conquerors. How Portugal forged the first global empire
  • Matt Pietrek & Carrie Smith, Minimalist tiki. A Cocktail Wonk look at classic libations and the modern tiki vanguard
  • Laura Spinney, Pale rider. The Spanish flu of 1918 and how it changed the world

J’ai vu 32 saisons de séries, mais parmi celles-ci, il faut compter mon re-visionnage de Buffy et Angel, toujours en cours d’ailleurs. Parmi les autres, voici mes préférées:

  • Crazy ex-girlfriend
  • Sex education
  • Derry Girls
  • Chernobyl
  • Gentleman Jack
  • Unbelievable
  • Modern love
  • Midnight Diner – Tokyo Stories
  • The Crown

J’ai continué à regarder des westerns et des films de Hong Kong, je viens de commencer un cycle cinéma japonais, mais j’ai vu très peu de films actuels. Cela fait 23 films, 8 de moins que l’année passée.

Je suis sortie trois fois hors des frontières, avec une semaine à Madère (un voyage pas tout à fait satisfaisant au niveau des visites mais qui a permis de me reposer), quatre jours à La Haye (avec plein d’art contemporain et de bons restos) et trois semaines au Japon (pour remplacer un séjour à Hong Kong que j’ai annulé par crainte des émeutes). J’espère pouvoir à nouveau partir trois fois en 2020, selon plus ou moins le même schéma (deux voyages courts et en Europe, un long et lointain).

Au niveau culinaire et cocktails, je suis retournée dans mes bars favoris (The Modern Alchemist, LIB) et découvert Chez ta Mère et Edgar’s Flavors. J’ai également passé un très bon moment à Blend, de la Brussels Cocktail Week. Au niveau culinaire, je retiens Chez Luis, un Portugais de Saint-Gilles, UMAMI by Han à La Haye (cuisine fusion-asiatique) et Nénu, nouvelle cuisine vietnamienne dans la quartier Louise.

J’ai eu le temps de coudre 14 vêtements, dont trois fois la même jupe, mais surtout plusieurs robes.

This was 2019

S’il y a bien quelque chose qui a marqué mon année, ce sont les péripéties à mon travail. En début d’année, j’espérais une année calme et sereine après tous les déboires autour de la vente de la maison de mon papa. Et en effet, les premiers mois ont été calmes, jusqu’au moment où la direction a pris une décision sans appel quant au futur de l’institution, décision qui me forcerait à changer de fonction. Syndicat et comité des usagers ont lutté de longs mois – et même si je soutenais complètement cette lutte, je me suis sentie très mal à l’aise lors des assemblées générales et autres rassemblements de groupe. Je détestais déjà ça et c’est encore pire aujourd’hui.

Quatre propositions de nouvelles fonctions ont été faites et je savais clairement que je souhaitais devenir rédactrice. Cela a mis quelques mois mais finalement en septembre, j’ai commencé à écrire. Ce n’est qu’en novembre que j’ai officiellement changé de chef et cela a été un soulagement indescriptible – cela faisait des années que je vivais très mal la relation avec l’ancien.

Et puis, l’avant-veille de mon départ en vacances, coup de théâtre: la ministre oblige la direction à faire marche arrière. Ce qui est une excellente nouvelle mais qui pose problème par rapport à mes fonctions actuelles et anciennes. Fin décembre, j’ai donc repris mon ancien travail, tout en restant rédactrice, mais je me rends compte que cela me pèse. J’aimais cette liberté de ne pas devoir gérer cette coulée continue et de pouvoir me concentrer sur un sujet avant de passer au suivant, sans être constamment interrompue par des questions plus administratives. Il faudra voir comment tout ceci évolue en 2020 et il est clair qu’il y aura encore beaucoup de questions à résoudre.

Au niveau personnel, j’ai beaucoup pensé à ma solitude de célibataire et nullipare et cela a pesé. Je n’arrive pas à me dire que tout ira bien si jamais je suis gravement malade ou que j’ai un accident (qui ira faire mes courses, qui me tiendra la main si j’ai mal, qui sera là tout simplement). Alors, il y a des chances que je ne tombe pas malade, et beaucoup de choses sont organisables, mais ce n’est pas la même chose que quelqu’un de proche. Et même après une dure journée au boulot (il y en a eu beaucoup), j’aurais bien aimé juste pouvoir en parler à quelqu’un le soir. Mon papa n’écoute plus vraiment depuis un certain temps et nos relations n’ont pas toujours été simples – mais avec lui, c’est par périodes et je sais que je dois profiter des moments où il est de bonne humeur et qu’il va bien. En même temps, j’aime vivre seule la plupart du temps, prenant les décisions que je souhaite quand je les souhaite; je voyage, j’ai des amis (même si tout n’a pas été rose de ce côté là) et des chouettes collègues et voisins.

J’ai voyagé trois fois cette année, commençant par une semaine à Madère, où je me suis reposée et où j’ai profité de températures clémentes en plein hiver. Début juillet, j’ai passé quelques jours à La Haye, une agréable ville où j’ai très bien mangé. J’avais à ce moment-là déjà réservé un voyage à Hong Kong, juste avant que les protestations suivies d’émeutes ne commencent. J’ai espéré tout l’été mais cinq semaines avant mon départ, j’ai préféré tout annuler et réserver un autre voyage au Japon. Vu que c’était en dernière minute, ce séjour a été moins bien organisé mais j’ai malgré tout passé trois excellentes semaines sur place. Et je réfléchis déjà à mes projets pour 2020.

L’été et le début de l’automne ont été occupés par les travaux de ma cuisine et de mon salon. J’ai tout vidé à mon aise, rangeant un peu par la même occasion la cave, puis j’ai tout remis (ou presque) en une semaine de congé après la fin des travaux. Je suis vraiment contente de ma cuisine (même si j’ai mis un peu de temps à m’adapter) et du nouveau coin tv qui est beaucoup moins en désordre qu’avant sans les étagères à cd qui sont restées en haut et grâce au nouveau meuble tv. Quant au bleu foncé sur le mur, il est juste parfait.

Si j’en crois l’astrologie chinoise, 2019 marque la fin d’un cycle de 12 ans. En janvier nous entrons dans l’année du rat, qui est aussi mon signe. Et c’est aussi la fin d’une décennie. Elle avait mal commencé mais je n’étais pas encore consciente à ce moment-là que les premières années seraient aussi difficiles. J’ai eu un peu de répit et puis les soucis avec mon papa ont commencé, et puis ceux au travail. Tout cela m’a évidemment changée, mais en mieux, j’en suis persuadée.

Je vous souhaite à tous une très belle nouvelle année !

A year of culture – 2018

Ou un bilan de mon année culturelle.

La grande nouveauté en lecture, c’est mon inscription à Goodreads. Je m’étais fixée un but de 50 livres que j’avais quasi atteint à la fin de l’été et j’ai donc augmenté la jauge à 70. J’y suis arrivée mais j’ai dû ruser en fin d’année, ne lisant plus que des livres très courts (ce qui fait un total de 21 561 pages). Du coup, pour 2019, j’ai mis 60: cela met un peu de pression et me donne la latitude pour lire plus de pavés. J’ai d’ailleurs trié ma PAL et j’aimerais éliminer les livres les plus anciens, quitte à les abandonner après quelques pages.

Le livre le plus long était Bellefleur de Joyce Carol Oates, et les pays d’origine des auteurs se partagent essentiellement entre les Etats-Unis, l’Inde et le Japon. Mai, juin et juillet sont les mois où j’ai terminé le plus de livres, mais certains, comme les livres d’histoire, avaient été commencés pendant l’hiver.

Quels sont mes favoris (en gras, mon préféré) ?

  • Jean Hegland, Dans la forêt 
  • Mayumi Inaba, La péninsule au 24 saisons 
  • Gabriel Tallent, My absolute darling
  • Lisa Ko, The leavers 
  • Anthony Bourdain, A cook’s tour 
  • William Finnegan, Barbarian days: a surfing life
  • Tan Twan Eng, The garden of evening mists
  • Stefan Hertmans, De bekeerlinge
  • Richard Wagamese, Cheval indien

Et en non fiction:

  • Peter Frankopan, The silk roads. A new history of the world
  • Jeff Berry, Beachbum Berry’s sippin’ safari (10th anniversary edition) 
  • Tokyo totem. A guide to Tokyo 
  • Mary Beard, SPQR. A history of ancien Rome
  • Matt Goulding, Rice noodle fish. Deep travels through Japan’s food culture
  • Ned Sublette, Cuba and its music

J’ai vu 27 saisons de séries cette année, 11 de moins que l’année passée. J’ai été moins emballée par ce qui sortait mais voici mes favorites:

  • The End of the F***ing world
  • The Marvelous Mrs. Maisel 
  • Babylon Berlin
  • GLOW
  • The Americans
  • Sharp Objects 
  • I’m dying up here 
  • Crazy Ex-Girlfriend

J’ai vu 31 films, des westerns (je continue ma liste chronologique), des films japonais mais aussi à nouveau des films de Hong Kong. J’ai également vu des documentaires, reprenant notamment les premières productions d’Anthony Bourdain, A cook’s tour et No Reservations.

Je n’ai pas vraiment noté mes coups de coeur musicaux, peut-être viendront-ils s’ajouter un peu plus tard.

Peu de concerts cette année (j’aimerais en voir plus en 2019) mais quelques belles expositions, tout particulièrement Japanorama: nouveau regard sur la création contemporaine à Metz mais également celles visitées au Japon. Ce qui résume aussi mes escapades hors frontières: un weekend à Metz et trois semaines au Japon (Tokyo, Kyoto, Kyushu et Yakushima).

J’ai bu de délicieux cocktails chez Yi Chan, Arthur Orlans, LIB et The Modern Alchemist et je me suis régalée chez Issan et de soupes ramen au Japon (entre autres choses). J’ai également bien profité d’une soirée de la Brussels Cocktail Week et du Brussels Whisky and Spirit Festival à Autoworld.

J’ai cousu 9 vêtements, un peu moins qu’en 2017, mais j’ai eu moins de temps disponible, surtout pendant l’hiver.

This was 2018

A vrai dire, je me rends compte que je n’ai pas trop envie d’écrire ce billet, je n’ai pas trop envie de revenir sur cette année éprouvante. Et pourtant, ce n’est pas plus mal de faire le bilan. Une fois de plus, j’ai réalisé que les années telles que je les vis ne correspondent pas vraiment au calendrier, il s’agit plus de cycles commençant en novembre ou décembre et se terminant en octobre ou novembre.

Décembre 2017 avait été secoué par les problèmes de mon papa et son déménagement en maison de repos. Je savais donc très bien ce qui m’attendait pour 2018 – vider sa maison et la vendre. Je me suis fixée comme but le mois de juin – un délai qui a été respecté pour la partie vidage. J’ai passé presque tous mes weekends de l’hiver à trier et à faire des caisses, me mettant en mode pilote automatique. Je souhaitais que ce soit terminé rapidement, ne voulant pas que cela me pèse trop longtemps. Cela a été difficile, mais j’ai suivi mon programme, et j’ai eu de l’aide d’amis, d’abord pour vider le grenier sous le toit, puis plus tard pour ranger la maison et déplacer des meubles pour faire joli sur les photos de l’agent immobilier. Et puis aussi un grand soutien moral de ma cousine qui faisait exactement la même chose quelques maisons plus loin.

J’ai ramené une quinzaine de grandes caisses chez moi et je les ai entreposées à la cave (pour la vaisselle) et au grenier – qui est aussi ma pièce de couture. Quand je les ai vues amassées là, j’ai eu un sentiment de découragement: j’ai eu l’impression d’être envahie, d’avoir perdu la légèreté qu’émanait cette pièce assez vide. Mais je n’avais plus l’envie ni l’énergie de trier; il me fallait du temps (je commence à m’en occuper neuf mois plus tard).

Février m’a heureusement apporté une distraction: j’ai été un weekend à Metz où j’ai été accueillie chaleureusement par Laurie. J’ai vu une belle expo d’art contemporain japonais et j’ai flâné dans les rues de la jolie ville. Ces deux jours ont été marqués par la lumière du ciel d’hiver. J’en ai profité pour faire un arrêt au Luxembourg pour acheter du rhum et du bourbon. Et j’ai dépassé une de mes angoisses: j’ai fait le trajet en voiture ! C’était la première fois que je roulais aussi loin (et que je sortais la voiture de Belgique).

J’ai dû prendre beaucoup d’initiatives, être présente pour de nombreux rendez-vous, d’abord pour des voisins intéressés par l’achat de la maison – aucun ne se décidera – puis pour l’agent immobilier. J’ai voulu aller vite, je n’en ai rencontré qu’un seul et c’était sans doute une erreur. Mais il a trouvé un candidat acheteur dès les premiers jours de visite. Et c’est là que tout a dégénéré: après avoir signé le compromis d’achat, cette personne est devenue très agressive suite à un problème d’infraction à l’urbanisme datant de 1980, que j’ai réglé très vite (j’aurais dû m’en occuper plus tôt, j’en conviens). Son agressivité s’est traduite en lettres d’avocats, un second se succédant à un premier qui avait très vite lâché l’affaire. Et cela a évidemment provoqué des grandes angoisses. J’ai passé un très mauvais été, ne profitant que peu du beau temps. Mais j’ai tenu bon et défendu les intérêts de mon père.

Pendant ce temps, j’avais organisé la vente de livres et de certaines oeuvres d’art de mon papa, grâce à un ami qui m’a donné beaucoup d’adresses. Début juillet, un vide-maison a fait table rase, emmenant tout ce qui restait. Je n’ai presque pas visité la maison vide et je me sens toujours un peu triste. J’ai souvent des pensées qui me traversent l’esprit, me rappelant tel ou tel objet, me demandant si je n’ai pas laissé de chose importante.

J’aurais aimé faire un citytrip en été mais j’avais chaque fois des choses à régler, ou peur de ne pas être là pour la prochaine lettre d’avocat. Par contre, dès la mi-mai, j’ai organisé mon voyage au Japon à l’automne. Cette perspective m’a beaucoup soutenue.

Mi-septembre, l’acte a enfin été signé, un mois après la date prévue à l’origine. J’en suis ressortie blessée et épuisée, l’acheteur ayant encore proféré de nombreuses menaces et m’ayant traité de personne fausse et mauvaise. Ce qui fait mal, parce qu’il ne m’a jamais laissé de moment pour lui prouver le contraire. Et je n’ai pas vraiment eu de conclusion de ce dossier à cause de ses menaces de poursuites dans le futur.

Pendant ce temps là, la santé de mon père a décliné. Il se déplace de plus en plus difficilement, il se répète constamment et a des moments où il devient difficile et exigeant. J’ai eu du mal à accepter qu’il me délègue tout le travail avec autant de légèreté et il m’a quelquefois vexée. Je crois qu’il ne s’est jamais rendu compte de l’ampleur de la tâche et de la quantité de choses inutiles qu’il avait gardées (je n’oublierai jamais ces cinq percolateurs cassés). Notre relation est toujours aussi compliquée et je n’ai eu que peu de moments de complicité – ceux-ci impliquent en général des conversations sur les voyages (ce qui me pousserait presque à voyager plus souvent !).

Au travail, heureusement les choses se sont bien passées. J’ai été responsable d’un projet de janvier à juillet. Cela a pris beaucoup de temps mais j’ai beaucoup aimé m’en occuper. D’une certaine manière, cela a sans doute augmenté un peu ma crédibilité auprès de mon supérieur. Ce qui n’est pas plus mal.

Fin octobre, je suis partie pour trois semaines au Japon. Ce voyage a permis de clôturer mon année difficile. J’ai pu oublier mes soucis et ne penser qu’à moi. J’ai eu une chance incroyable, tout particulièrement avec la météo. Et puis il y a eu ce moment précis où j’ai fondu en larmes au milieu de la randonnée à Yakushima. J’ai senti un poids s’envoler, entourée par les arbres millénaires et les esprits de la forêt. Quand je suis rentrée, j’étais sur mon nuage. Les plaintes de mon papa suite à une nouvelle chute m’ont malheureusement fait retomber sur terre mais cela s’est estompé depuis. Les kodama (esprits) de Yakushima sont toujours près de moi.

Ce billet est déjà tout un roman mais je voudrais encore dire quelques mots à propos de mon état d’esprit. Cette année a été très éprouvante, j’ai verrouillé beaucoup de mes sentiments, je ne leur ai pas ou peu laissé de place pour s’exprimer. C’est sans doute pour cela qu’écrire ce bilan est compliqué parce que je souhaite oublier et passer à des choses plus positives. On pourra me dire que ce n’est pas une bonne idée et que tout cela reviendra me hanter. Peut-être.

Je me rends compte que face à l’agressivité primaire, je perds mes moyens; je suis quelqu’un qui préfère discuter en utilisant tous mes talents de diplomatie et si cela ne fonctionne pas, je préfère me taire (et fuir). J’aimerais trouver des outils pour mieux faire face à ce genre de situations (en espérant évidemment qu’elles ne se reproduisent pas).

Mais ce que je voulais surtout exprimer, c’est que malgré tous ces soucis, ces angoisses qui ont provoqué de nombreuses nuits sans sommeil, qui m’ont rendues malade par deux fois, je me sens heureuse. J’ai été bien entourée et soutenue, par ma cousine et mes amis. Pour la première fois depuis un moment, j’ai passé mon anniversaire et le 24 décembre en bonne compagnie. Mon sommeil est à nouveau normal et je suis beaucoup moins fatiguée, ce qui me rend plus ouverte au monde extérieur. Je sais où sont mes limites et quand je dois dire non. J’ai trouvé un équilibre dans ma vie et même les difficultés n’ont pas réussi à l’ébranler. Je suis prête pour une nouvelle année !

A year of culture – 2017

Mon année culturelle, ou le bilan des bilans mensuels, avec mes coups de cœur des 12 derniers mois.

J’ai lu 38 romans cette année, trois de moins que l’année passée, et 25 livres de non-fiction (11 de moins que l’année passée). Il y a eu moins de soleil cet été et j’ai passé moins de temps à lire au jardin. Mes lectures ont parcouru le monde mais cela ne se voit pas vraiment dans mon top 10; je remercie d’ailleurs Sandrine pour les activités « Lire le monde » et « Un mois, un éditeur » qui m’ont permis d’élargir mon horizon. Je remercie également les nombreux blogs qui ne cessent de me donner de nouvelles idées, au point où il me reste presque 60 livres à lire cette année (à mon rythme, il me faudrait un an et demi de plus – je ne sais pas trop comment gérer ça). Mes romans préférés sont (avec un duo gagnant) (et on remarquera qu’il n’y a qu’un seul auteur masculin):

Quant à la non-fiction, mon préféré concerne la musique et est loin devant tous les autres.

J’ai vu 38 saisons de séries et garde donc un score très constant par rapport à l’année passée (38). J’ai enfin vu toutes les saisons de Longmire et je suis triste de quitter le shérif et ses acolytes. Parmi les séries qui m’ont le plus marquée, beaucoup mettent les femmes en avant. Voici la liste, avec mes deux favorites:

  • Sweet/Vicious
  • Call the midwife
  • Black Sails
  • 13 Reasons Why
  • The Good Fight
  • Big little lies
  • The Handmaid’s Tale
  • Halt and Catch Fire
  • Longmire
  • The Crown

J’ai vu moins de documentaires mais certains étaient passionnants:

  • Vietnam, une série en 9 épisodes sur la guerre du Vietnam par Ken Burns
  • Once more with feeling – Andrew Dominik, 2016 (à propos de Nick Cave)

Par contre, j’ai renoué avec les films, doublant quasiment mon score de l’années passée (47 films). J’ai continué à regarder des westerns mais aussi pas mal de films asiatiques des années 80 à 00. Je n’arrive cependant pas à faire une liste de ceux qui m’ont le plus marquée.

En musique, je continue à papillonner sans trop me concentrer sur les sorties. Ce qui ne m’a pas empêchée de beaucoup apprécier certains disques (de la musique du monde, évidemment, c’est lié à mon travail) (le lien renvoie vers un clip):

En culture, plusieurs grands moments marquent mon année: de l’art contemporain avec l’exposition Bill Viola à Hambourg et évidemment la Documenta à Kassel mais aussi la découverte des richesses du Rajasthan.

Des restaurants, découvertes culinaires et cocktails:

  • ce fantastique repas chez GRAMM pour mon anniversaire (merci encore à mes amis !), une cuisine franco-japonaise très fine et inventive
  • cette invitation chez Strofilia pour une cuisine grecque gastronomique (merci aussi à mes amis !)
  • le café Bozar pour des petits repas simples mais délicieux
  • les cocktails et plats de chez Cipiace
  • la Brussels Cocktail Week

En couture (ce n’est pas de la culture, j’en conviens), j’ai réalisé 14 vêtements, ce qui reste dans ma moyenne et j’ai bloggué la moitié (mais ça devrait venir).

This was 2017

2017 a été dans la même ligne que 2016 mais certaines choses ont évolué. Notamment au niveau du travail: j’ai eu un gros accrochage avec mon chef à la fin de l’hiver mais quelque part, cela a permis de remettre certaines choses à leur place. J’ai trouvé de nouvelles marques et un soutien inattendu venant d’un autre côté, participant à de nouveaux projets (l’été était intense et bien rempli) et continuant les anciens. Je regrette cependant très fort de ne plus pouvoir aller au Womex (World Music Expo) – les raisons évoquées n’étant pas liées à la qualité de mon travail mais à ma personnalité (telle qu’elle est vue et non telle qu’elle est).

Comme je ne partais pas au Womex, j’ai organisé mon propre citytrip au mois de juillet. Après de longues hésitations, j’ai opté pour Hambourg et j’y ai passé quatre jours très intéressants, me promenant entre le port, les musées et les anciens entrepôts de la ville, et j’ai pris plaisir à boire des cocktails toute seule, notamment au célèbre Le Lion – bar de Paris. Quand je suis rentrée, les choses se sont précipitées et je suis partie fin août à Kassel pour la Documenta. J’ai adoré ces trois jours de découverte de l’art contemporain et de promenades dans la ville. Pendant l’été aussi, j’ai réservé mon voyage au Rajasthan au mois d’octobre / novembre. Ces trois semaines m’ont permis de faire une coupure dans le quotidien et j’ai découvert une région d’une richesse culturelle incroyable mais l’Inde reste un pays difficile à vivre (bruit, pollution, espace personnel…).

Cette année a aussi été marquée par les problèmes de santé de mon papa. En mars, il a enfin fait analyser une petite bosse sur son crâne. Cela s’est révélé être un mélanome. Une première opération n’a pas suffi, une seconde a demandé une hospitalisation de plusieurs jours en août. Son moral a été au plus bas pendant l’été et il m’a dit qu’il trouvait que 80 ans était un bon âge pour mourir. Début octobre, le médecin a déclaré le mélanome guéri, ce qui a été tout un soulagement – je partais en voyage quelques jours plus tard. Début novembre, il a fêté ses 80 ans; début décembre, je commençais les démarches pour trouver une maison de repos. Juste avant Noël, tout s’est précipité et il y est entré le 20, du jour au lendemain. La transition n’est pas simple mais elle se passe plutôt bien, et les angoisses qui m’habitaient depuis sa chute deux ans plus tôt se sont envolées. Je sais qu’il est entouré et soigné.

J’ai eu besoin de beaucoup de temps pour moi, plus encore que l’année précédente mais j’ai apprécié les sorties entre amis, à boire des cocktails et à découvrir de nouveaux restaurants. J’aime avoir différents groupes d’amis pour des activités très diversifiées. J’ai renoué des contacts plus intimes avec certaines personnes et cela m’a fait beaucoup de bien; d’autres personnes ont trouvé les mots justes et ont permis d’agrandir ma confiance en moi (j’en avais bien besoin, surtout après les soucis au travail). Dans un cadre plus large, le mouvement #metoo m’a fort interpellé et a contribué à cette confiance en moi et dans les autres femmes. Et même s’il reste beaucoup à faire, la suprématie masculine a été un peu égratignée. Par contre au niveau amoureux, je suis restée au point mort (un espoir a été vite démenti).

J’ai continué mes visites chez Coyote. Cette année, il m’a apporté deux choses importantes: il m’a invitée à « ne pas réagir », une petite phrase que j’ai noté en grand et qui me pousse à ne pas réagir au quart de tour dans les situations qui m’énervent. Ce n’est pas toujours aisé mais me souvenir de la phrase m’aide. La seconde chose est une invitation à la méditation. Je n’ai commencé qu’à l’automne, et ce n’est pas encore intégré dans mon rythme quotidien, mais j’ai appris que si mon esprit ne veut plus se taire, c’est une bonne solution pour me calmer. Dans le même ordre d’idées, j’ai compris en grande partie ce qui influençait mon (mauvais) sommeil (et ce n’est que rarement le vin); j’ai eu de nombreuses périodes d’insomnies mais j’ai l’impression que cela s’améliore.

L’année 2017 a été difficile par moments, tout particulièrement à cause des soucis de santé de mon papa, mais elle m’a apporté de belles choses. Je me sens plus sûre de moi et ma vie me semble plus harmonieuse. Les deux dernières semaines de l’année ont été mouvementées, mais d’une certaine manière, cela m’a sorti de mon quotidien bien organisé. Je suis prête pour l’année 2018 qui s’annonce pleine de changements.

This was 2016

Autant 2016 a été une année violente et pleine de morts dans le monde, autant au niveau personnel, elle a été très calme et introspective. Elle avait mal commencé avec la chute de mon père qui l’a fait séjourner deux semaines à l’hôpital puis quatre semaines en revalidation, me laissant vidée et pleine de questions quant à son avenir. En fait, il s’est réadapté à la vie à la maison, avec beaucoup d’aide, mais n’a pas voulu entendre parler d’une maison de repos (il commence juste à se faire à l’idée en cette fin d’année mais je sens bien qu’il ne faut pas le presser). Nous avons évidemment eu quelques accrochages, parfois liés à du chantage affectif et nous ne sommes pas très forts en échanges intimes, mais pour le reste, ça s’est relativement bien passé.

Ce manque d’intimité est quelque chose qui m’a pesé plus généralement toute l’année. Sans doute que je n’étais pas encore prête pour rencontrer quelqu’un. Je suis beaucoup restée à la maison, en profitant pour coudre, jardiner et lire mais je suis sortie aussi, une fois par semaine ou parfois moins. J’ai continué les sorties avec des amis proches, découvrant de nouveaux restaurants et cafés. J’ai été à quelques concerts – très peu en fait, sauf pendant mes quelques jours à Saint-Jacques de Compostelle. J’ai rencontré de nouvelles personnes grâce à mon blog de cocktails, The Lady from Canton, et certaines m’ont accueillies à bras ouverts pour aller à la découverte de nouveaux bars mais aussi de nouveaux restos ou d’autres sorties. J’ai même été invitée à quelques événements pour blogueurs. Ces amitiés, anciennes et nouvelles, prennent une place très importante dans ma vie et son mon lien avec le monde extérieur.

Au travail, rien n’est simple, mais la participation d’un collègue à mon grand projet m’a donné un nouvel élan et même si je n’ai toujours pas de deadlines, le fait de travailler à deux me permet d’avancer plus vite. Par contre, je dois de plus en plus être sur mes gardes quand je communique avec mon chef ou ma directrice. Surtout cette dernière a l’art de décortiquer chaque mot que je dis ou écris.

Mon grand voyage n’était sans doute pas le plus extraordinaire mais j’ai passé un excellent moment au Sri Lanka. J’ai pu découvrir un pays que je n’avais jamais visité, tout en y faisant des activités différentes de celles que j’exerce d’habitude: un safari, de la marche, du vélo… Les quelques jours à Saint-Jacques étaient fantastiques grâce à mes amis. Je n’ai pas beaucoup visité – j’avais eu l’occasion de le faire deux ans plus tôt – mais ce n’est pas toujours la culture qui compte. Juste rester sur une terrasse à discuter pendant quelques heures peut suffire à se sentir bien.

J’ai pris du temps pour apprendre des choses sur moi-même, sur mes différences. Je les ressentais mais sans vraiment les nommer, m’entourant de préférence de personnes comme moi. Je me suis rendu compte que ces personnes ne sont qu’une minorité et que le reste du monde est fort différent. La lecture de Quiet a prolongé et approfondi cette réflexion, me fournissant quelques armes de plus pour me défendre face à certains extravertis ne se rendant pas compte qu’ils empiètent sur mon territoire (je pense à mon chef, notamment, qui peut être assez terrible sans s’en rendre compte). Si je devais donner un mot à cette années passée, ce serait « introspection », et même si c’était assez solitaire, cela a permis de continuer à construire ma personnalité. Je n’ai pas écrit « reconstruire » parce que je pense que la phase la plus aiguë est passée – elle s’est déroulée en 2015.

En 2016, je me suis sentie sereine mais parfois un peu seule, surtout en fin d’année (les jours très courts ne m’aident pas). Et je me suis très souvent sentie heureuse même toute seule (tout est contradiction chez moi).