Bilan culturel – Janvier 2022

Romans

  • Joyce Carol Oates, Last Days (nouvelles) – 3/5
  • C Pam Zhang, How Much of these Hills is Gold – 5/5
  • Jane Austen, Orgueil et préjugés – note à venir

Non-fiction

  • Diglee, Je serai le feu – 4/5
  • America n°8 – 4/5
  • Michel Pastoureau, Bleu. Histoire d’une couleur – 4/5

Séries tv

  • Landscapers (Will Sharpe) – 2/5

Films

  • Frances Ha (Noah Baumbach, 2012) – 3/5
  • Mata Hari (George Fitzmaurice, 1931) – 3/5
  • A free soul (Clarence Brown, 1931) – 3/5
  • My Prince Edward (Norris Wong, 2019) – 4/5
  • C’mon C’mon (Mike Mills, 2021) – 4/5
  • Lincoln (Steven Spielberg, 2012) – 3/5
  • Thumbsucker (Mike Mills, 2005) – 3/5
  • Dr. Jekyll and Mr. Hyde (Rouben Mamoulian, 1931) – 2/5
  • Le Mont Fuji et la lance ensanglantée (Tomu Uchida, 1955) – 3/5
  • Beginners (Mike Mills, 2010) – 4/5
  • 20th Century Women (Mike Mills, 2016) – 5/5
  • À nous la liberté (René Clair, 1931) – 3/5
  • Arrowsmith (John Ford, 1931) – 2/5
  • Bad Girl (Frank Borzage, 1931) – 2/5
  • un film mystère dont je ne peux rien dire avant sa sortie en février
  • Compartment n°6 (Juho Kuosmanen, 2021) – 3/5
  • Kameradschaft (Georg Wilhelm Pabst, 1931) – 4/5
  • Nuages flottants (Mikio Naruse, 1955) – 5/5
  • Le million (René Clair, 1931) – 2/5

Documentaires

  • A house through time (David Olusoga), quatrième saison à Leeds

Sorties

  • randonnée de 15km autour de Huldenberg

Couture

  • « The gingko dress » – une robe Tamzin de By Hand London en viscose

This was 2021

2021 est une année de parenthèse, c’est la première chose qui me vient à l’esprit. J’ai eu beaucoup de mal à prendre des décisions et j’ai tout simplement laissé couler les choses. Je l’aurai passée en très grande partie en télétravail, et donc j’ai vu peu de gens. Quelque part ça m’a plu, mais quelque part cela a fortement renforcé mon sentiment de solitude. Certains des meilleurs moments de l’année impliquent des amis, comme cette fois en mars, mes compagnons de randonnée et moi avons décidé de laisser tomber les masques et de former une bulle. La journée s’est terminé par des cocktails et un repas improvisé. Par la suite, nous nous sommes encore revus plusieurs fois, notamment pour escalader des terrils ou pour fêter mon anniversaire avec un repas digne d’un izakaya. J’ai eu aussi beaucoup de plaisir à discuter avec un autre couple d’amis, en solo ou en duo (l’un étant aussi un collègue de travail, avec qui j’ai continué à échanger des mails quasi quotidiens pendant le télétravail à 100%). Et puis il y a eu l’opération de Noël où j’ai eu l’occasion de (re)prendre virtuellement contact avec plein d’amies et amis, et qui s’est soldée par un des meilleurs Noëls depuis longtemps malgré l’absence de repas en famille.

Les histoires de vaccin m’ont beaucoup angoissée. La Flandre, où j’habite, a été très méthodique, mais du coup tous mes amis bruxellois ou wallons ont été vaccinés avant moi. Je n’en pouvais plus d’attendre mon tour, surtout pour la seconde dose qui m’a enfin libérée à la mi-août. Je craignais la même histoire pour le booster mais là, j’ai eu de la chance, juste avant la déferlante omicron. A partir de septembre, je suis sortie un peu plus souvent de ma maison et de mon quartier, notamment pour aller au cinéma pour des visions de presse.

J’ai pris beaucoup de plaisir à celles-ci, et c’est devenu une grande partie de mon travail de rédactrice. Les premiers six mois de l’année, je me suis lancée à fond dans un autre projet, et il m’a épuisée. En septembre, j’ai craqué: j’en ai fait trop tandis que d’autres se tournaient les pouces et j’ai eu beaucoup de mal à accepter ça. J’ai ralenti le rythme en fin d’année, en partie à cause de ça mais aussi pour d’autres raisons. Si je dis que 2021 est une parenthèse, 2022 ne le sera pas: j’estime mes chances de garder mon travail à 50%. La situation est assez catastrophique pour le moment mais les vraies et dures décisions ne seront prises qu’à partir de janvier. Est-ce que je garderai ce poste que j’aime tant ? j’en doute. Est-ce que je serai forcée à me réinventer en cherchant un autre travail ? c’est bien possible. est-ce que ça me rend triste ? oui. Depuis deux ans, je n’ai jamais été aussi heureuse avec le contenu de mon boulot, et j’adore le télétravail. 2021 ne m’a pas poussée à sortir de ma zone de confort, je sais que ce sera différent en 2022.

Enfin si, je suis quand même un peu sortie de ma zone de confort: j’ai fait un voyage – ce qui en temps de pandémie et d’angoisses latentes est un exploit pour moi. Mi-août, j’ai décidé d’aller pour 10 jours en Andalousie début octobre, bouclant quelque part la boucle vu que c’est le voyage qui était prévu juste avant le covid. Il a fait un temps superbe, j’ai vidé ma tête des soucis du boulot (mais quand même trouvé une idée d’article) et j’ai visité des villes qui étaient sur ma liste depuis longtemps: Cordoue, Grenade et Malaga. Cette parenthèse dans la parenthèse m’a fait un bien fou. J’ai commencé mon récit sur mon autre blog, suasaday, mais ça n’avance pas vite vu le nombre de photos à trier. Blog qui a fait peau neuve, tout comme celui-ci d’ailleurs.

Quelque chose dont j’ai très peu parlé, c’est la découverte des produits de beauté coréens. Je ne suis pas passée au rituel à dix étapes – j’ai trop la flemme pour ça, mais je fais bien plus qu’avant. Tout est parti d’une allergie à une crème de jour avec SPF qui s’est déclenchée inopinément cet hiver. J’ai donc cherché une nouvelle crème solaire, avec beaucoup de « trial and error » – j’en ai déduit que mes allergies carabinées sont dues au composant SPF qui est le plus populaire dans les crèmes (plus d’Anthélios de La Roche Posay pour moi) – mais j’ai aussi eu la chance d’être conseillée par Une fée dans les étoiles (et après j’ai été lire beaucoup d’articles chez A la recherche et Beauty Alley). Et donc depuis, le matin je mets crème de jour et crème solaire (si je sors), et le soir, je nettoie tout ça (en deux fois si j’ai mis la crème solaire) et j’ajoute un toner et un sérum, ou un gommage aux BHA selon les soirs. Quand je suis partie en vacances, je n’avais pas emporté la plupart des produits (sauf la crème solaire évidemment) et ça m’a tellement manqué que je me suis précipitée en pharmacie pour acheter un nettoyant pour ma peau (un Caudalie qui sent divinement bon et qui me rappelle mes vacances du coup). Bref, je ne sais plus me passer de tout ça !

Je disais l’année passée que mon sommeil allait mieux; ce n’est pas le cas cette année: mes insomnies ont repris, en général en début de semaine, et me laissent dans un état de fatigue extrême. Je n’arrive plus à arrêter mon cerveau et je sens dès la fin de l’après-midi que je ne vais pas dormir. J’ai lu un livre très intéressant sur le sujet – reste à appliquer les solutions que l’autrice propose (j’en reparlerai). J’ai commencé à avoir des symptômes que j’attribue à la pré-ménopause (les bouffées de chaleur et les crises de transpiration, certaines douleurs inopinées, de la fatigue – certains comparent la ménopause au covid long…) mais par contre, les maux de tête accompagnés de vertiges et de courbatures qui m’handicapaient de plus en plus souvent, à une fréquence de toutes les deux semaines à la fin, et me laissant K.O. pour deux ou trois jours, se sont subitement interrompus au mois d’août. Je ne m’en suis rendue compte que quelques mois plus tard. Clairement, mon corps change (je prends du poids aussi). J’ai toujours autant de mal à faire de l’exercice physique par contre et je dois me forcer horriblement, même en sachant que c’est bon pour moi et que je me sens mieux après.

Parler d’une année de parenthèse pourrait faire croire que je n’ai pas été heureuse. Et pourtant, je l’ai été. Je ne vais pas sauter au plafond non plus, ce n’est pas dans mon caractère, et il y aura toujours en moi une certaine dose de mélancolie. Mais le fait qu’il ne s’est quasi rien passé m’a fait du bien et mes émotions n’ont pas été emmenées sur les montagnes russes comme les années précédentes. Je crois que ma plus grosse crise de larmes a été liée à ma frustration par rapport au vaccin, au fait que ma seconde dose n’était programmée à l’origine que fin août, et en plus avec le vaccin moins efficace. J’ai évidemment eu de petits chagrins, et je pleure comme une madeleine à la moindre occasion, mais il n’y a pas eu de cataclysmes cette année. Et ça fait du bien !

Après cette parenthèse, je sais que 2022 sera plus secouée, en espérant que cela mène à de belles choses.

Bonne année !

A year of culture – 2020

Ou un résumé de mon année culturelle.

J’ai lu 72 livres, j’en avais prévu 60, et même en nombre de pages, je suis bien au-delà du montant de l’année passée. Je suis restée bien plus à la maison, et même si j’ai fait quelques blocages de lecture au début des deux confinements, j’ai eu plus de temps à consacrer à cette activité. Les livres restent un refuge et mes intérêts sont toujours aussi variés. Au mois de septembre, je me suis rendue compte que j’avais bien avancé dans l’élimination des livres anciens sur ma PAL et je me suis lancée le défi de vider les rayons fiction d’avant 2019. J’y suis arrivée début décembre, et ça fait un bien fou de faire de la place. Pour la non-fiction, c’est différent, je lis en fonction de mes intérêts du moment et certains livres risquent tout doucement de prendre la poussière jusqu’au moment où j’aurai à nouveau envie de les lire.

Mes romans favoris:

  • Katherena Vermette, The Break
  • Jing-Jing Lee, How we disappeared 
  • Aïko Solovkine, Rodéo
  • T.E. Grau, Je suis le fleuve
  • Hernán Díaz, In the distance
  • Tan Twan Eng, The gift of rain 
  • Alex Taylor, Le sang ne suffit pas
  • Hannah Kohler, The outside lands

Et en non-fiction:

  • Iris Brey, Le regard féminin 
  • David Van Reybrouck, Congo. Une histoire
  • Caroline Eden, Black Seadispatches and recipes, through darkness and light

J’ai regardé beaucoup moins de séries tv, par manque de nouveautés intéressantes surtout. J’ai revu l’intégrale de Breaking Bad et j’ai toujours autant aimé.

  • Midnight stories – Tokyo diner, saison 2
  • Sex Education, saison 2
  • Better call Saul, saison 5 
  • Normal People, saison 1
  • Unorthodox
  • Little fires everywhere
  • Betty, saison 1
  • The Queen’s Gambit

Le temps libéré par les séries a été rempli par des films, et une proposition au boulot m’a permis de voir des films récents au cinéma (pendant les quelques mois où ils étaient ouverts). Voici ma liste, mélangeant films anciens et nouveaux (trois films de Ozu quand même !).

  • Printemps tardif, Yasujiro Ozu (1949) 
  • Le goût du riz au thé vert, Yasujiro Ozu (1952)
  • Rocks, Sarah Gavron (2019) 
  • Le repas, Mikio Naruse (1951) 
  • Gold, Thomas Arslan (2013) 
  • We need to talk about Kevin, Lynne Ramsey (2011)
  • Barbara, Christian Petzold (2012)
  • Martha Marcy May Marlene, Sean Durkin (2011) 
  • Voyage à Tokyo, Yasujiro Ozu (1953)

Et les documentaires:

  • Hedy Lamarr, from Extase to wifi, Alexandra Dean (2017) 
  • Ramen heads, Koki Shigeno (2017) 
  • Desolation Center, Stuart Swezey (2018)
  • Overseas, Sung-A Yoon (2019)
  • Kusama infinity, Heather Lenz (2018)
  • Lamunan oi ! A punk daydream, Jimmy Hendrickx et Kristian Van der Heyden (2019)

Pas de voyages cette année: au moment où je commençais à réfléchir à un long weekend quelque part, j’ai été happée par des affaires de famille. De même, mes visites au restaurant ont été très limitées. Par contre, lors du premier confinement, j’ai beaucoup travaillé dans le jardin, changeant totalement l’agencement du fond où se trouve maintenant un beau point d’eau en acier corten. Lors du second confinement, j’ai commencé à faire une activité qui me tentait depuis longtemps mais que je n’avais jamais réussi à organiser (il me manquait un petit coup de pouce extérieur). Des randonnées donc, dans la nature environnante. J’ai découvert tout le réseau des « wandelknooppunten » qui permettent de créer des circuits partout en Flandre. Pour le moment, je n’ai jamais été plus loin que 15-20km de la maison, mais j’ai marché dans de très beaux endroits. Ceci a ravivé mes activités photographiques – les deux se combinent très bien.

Enfin, en couture, ma production a été plus réduite, avec huit projets seulement: j’ai longtemps traîné sur plusieurs nouveaux patrons, et comme je travaillais à la maison la plupart du temps, je n’ai pas toujours eu envie de mettre mes jolies robes, préférant des choses plus confortable. J’ai eu aussi un long moment de doute: je voulais coudre d’autres modèles mais je ne trouvais rien à mon goût (le hasard m’a porté vers un nouveau patron à la mi-décembre – la couture de celui-ci sera pour l’année prochaine).

Bilan culturel – décembre 2020

(Je publierai mon bilan annuel demain !)

Romans (et assimilés)

  • Hannah Kohler, The outside lands – 4/5
  • Cédric Gras, Alpinistes de Staline – 4/5
  • Maylis Adhémar, Bénie soit Sixtine – 3/5
  • Ottessa Moshfegh, My year of rest and relaxation – 4/5

Non-fiction

  • Tadao Sato, Le cinéma japonais, tome I – 4/5
  • Eleanor Ford, Fire islands. Recipes from Indonesia – 4/5
  • Jordy Meow, Les villages du Japon – 4/5
  • America n°2 – 4/5
  • Tadao Sato, Le cinéma japonais, tome II – 4/5
  • Tim Anderson, Cuisine japonaise ultra-facile – 4/5
  • Vanja Van Der Leeden, Indorock. Indonesische smaken in een nieuw jasje – 3/5

Séries tv

  • The Queen’s Gambit – 5/5
  • Call the Midwife, l’épisode de Noël

Films

  • Frances Ha, Noah Baumbach (2012) – 3/5
  • The lunchbox, Ritesh Batra (2013) – 4/5
  • Major Dundee, Sam Peckinpah (1965) – 3/5
  • August: Osage County, John Wells (2013) – 3/5
  • Voyage à Tokyo, Yasujiro Ozu (1953) – 5/5
  • The Captive, Atom Egoyan (2014) – 4/5

Documentaires

  • Lamunan oi ! A punk daydream, Jimmy Hendrickx et Kristian Van der Heyden (2019) – 4/5
  • Petite fille, Sébastien Lifshitz (2020) – 4/5

Expos

  • « The light house » et « Alep, un voyage au coeur de 5.000 ans d’histoire » à la Fondation Bhogossian

Promenades et randonnées

  • autour de Nederokkerzeel: Laar- en Listwandeling (avec un chemin très boueux)
  • autour d’Huldenberg (à refaire en sens inverse)

Couture

  • The « Fireworks at the fiesta » dress, une robe avec des bouts de patrons de Gretchen Hirsch – un haut Night & Day, une jupe de l’Ultimate Dress Book

This was 2020

L’année passée, je terminais mon bilan en parlant du fait que 2020 était une nouvelle décennie et le début d’un nouveau cycle pour moi qui suis de l’année du rat. Et en effet, je vois 2020 comme la conclusion d’une série de choses et le début d’autres.

L’événement qui m’a le plus bouleversée est le décès de mon papa au mois d’août. La vie n’est plus la même sans lui et il me manque. A la mi-mars, je n’en pouvais plus de son état dépressif et des conversations hebdomadaires où on ne se disait pas grand-chose et où il répétait en boucle les mêmes plaintes. Je sais que j’ai été soulagée à l’annonce de la fermeture des maisons de repos aux visiteurs, me disant que je pourrais souffler deux ou trois semaines. Cela a finalement duré jusqu’à la mi-mai, deux mois complets où j’ai eu beaucoup de mal à le joindre au téléphone. J’étais angoissée le jour où je l’ai revu et pourtant ça s’est passé bien mieux que prévu. Il avait retrouvé de l’entrain et nos conversations ont été animées. Fin juin, je restais même une heure avec lui, ce qui n’arrivait jamais avant. Et puis les choses se sont enchaînées rapidement, un AVC, une hospitalisation, son décès quelques jours après son retour à la maison de repos. C’est toute une page de ma vie qui s’est refermée et cela reste difficile par moments.

Ma famille est venue à la rescousse pour organiser une belle cérémonie, dans une vieille église, et malgré les mesures gouvernementales, un cinquantaine de personnes a pu y assister. Par la suite, j’ai retrouvé mes cousins en petit comité au jardin. J’étais déjà proche (mais de loin quand même) avec ma cousine du côté maternel, et il y a eu un rapprochement avec mes cousins du côté paternel, tout en gardant malgré tout nos distances. Mais ils ont été là quand j’en avais vraiment besoin, et je sais qu’ils le seront encore.

A la veille du confinement, je disais à un de mes collègues que le télétravail n’était pas pour moi. Deux mois après, j’avais radicalement changé d’avis. J’ai aimé ce travail en solitaire, à la maison, avec vue sur le jardin, selon des horaires qui me conviennent. J’ai pris de nouvelles habitudes et j’ai enfin commencé à goûter tous ces thés achetés au Japon. J’ai eu beaucoup de mal quand j’ai dû retourner au bureau trois jours par semaine dès le mois de juillet (même si au final, je n’ai pas été très présente pendant l’été pour d’autres raisons). Malgré les circonstances, je me suis sentie bien plus à l’aise quand le télétravail a de nouveau été obligatoire fin octobre. Mes collègues me manquent, c’est clair, mais pas au point de les voir tous les jours. D’ailleurs nous restons en contact par les visioconférences hebdomadaires, et avec un en particulier, avec des mails quotidiens où nous parlons de boulot mais aussi de notre vie de tous les jours.

Je suis vraiment très heureuse de mon nouveau poste de rédactrice, et au fur et à mesure de l’année, j’ai pris confiance en moi. J’ai écrit sur des sujets très divers, soutenue par un chef qui sait très bien ce qui peut m’intéresser même si c’est nouveau pour moi et qui sait comment présenter les choses pour toucher la corde sensible de chacun. En septembre, nous avions commencé des critiques de films passant au cinéma et j’ai voulu faire un essai, doutant fortement que ça me plaise. J’ai adoré ! En décembre, mon chef m’a envoyé visiter une exposition pour en faire le compte-rendu et là aussi, cela a été un succès (j’ai même reçu des compliments de plusieurs personnes, ce qui fait chaud au coeur). Ce n’est pas toujours rose parce que je fais de temps en temps des crises d’angoisse quand il y a trop de deadlines mais je suis malgré tout très heureuse dans mon travail pour le moment.

Mes insomnies ont diminué en fréquence, mais quand j’en ai, elles sont maintenant associées à ces crises d’angoisses citées ci-dessus. Je ressors complètement épuisée de ces moments, qui s’associent également à de beaux maux de tête et des courbatures qui durent plusieurs jours. J’en cherche les raisons et je ne trouve pas vraiment: le travail, oui, mais j’ai eu une grosse crise de maux de tête et vertiges (sans angoisses et sans insomnies) pendant mes congés. J’ai parfois l’impression que chez moi un problème remplace un autre plus ancien.

Comme je l’écrivais récemment, j’ai apprivoisé ma solitude et je me sens bien comme ça. Je sais que je suis entourée même de loin. Mais cela n’a pas été évident au début de l’année avec la fin de deux amitiés de longues date. J’en ai profondément souffert, aussi par la manière dont la coupure s’est faite. Au printemps, j’ai eu la chance de pouvoir parler tous les jours ou presque avec ma voisine. Nous étions toutes les deux occupées à jardiner l’après-midi (après le travail en semaine). Et son mari m’a souvent aidée à réparer l’une ou l’autre chose. Avec l’automne, ces contacts se sont espacés mais on se voit quand même assez souvent. J’ai revu des amis, pas beaucoup, mais ça a fait du bien. Et ces cocktails partagés pendant le premier confinement étaient une excellente idée, créant un lien à distance.

Je suis tombée amoureuse d’un chat, Stanley dit Sushi. Ce beau persan s’était perdu et mes voisins l’ont recueilli pendant trois semaines, le temps qu’on retrouve les propriétaires. Il était extrêmement câlin, s’installant près de moi quand je lisais au jardin. Cela m’a donné quelque part envie d’en avoir un, mais je ne suis pas vraiment décidée. Je me laisse encore quelques mois de réflexion.

En janvier, je voulais réserver un mini-trip en Andalousie mais je n’arrivais pas à me décider. J’ai décidé de reporter à plus tard. Au moment de réserver un vendredi de février un voyage en Géorgie au mois de mai, j’ai eu la flemme. La semaine suivante, le virus déferlait sur l’Europe. Début juillet, je me disais que j’allais passer quelques jours à Bruges ou à Gand, et puis mon papa a été hospitalisé. Le temps que je m’en remette un peu, c’était le début du second confinement. Et puis, un samedi, un couple d’amis m’a proposé d’aller se balader dans la nature du Brabant Flamand. Cela a débloqué quelque chose: durant les mois de novembre et décembre, je me suis souvent promenée sur les chemins, avec eux ou en solo, en profitant pour ressortir mon appareil photo que j’avais abandonné depuis janvier (c’était lors des dernières leçons de mon atelier photo avec Happy Slow People à Charleroi). Il est certain que les voyages m’ont énormément manqués mais j’ai quelque part réussi à trouver une alternative intéressante proche de la maison. Mes chaussures de randonnée n’auront jamais autant servi !

J’ai beaucoup cuisiné, j’ai acheté trop de livres de cuisine, j’ai beaucoup lu, j’ai vu beaucoup de films, j’ai déterré un bambou à la pioche, j’ai récolté plein de tomates, j’ai cousu un peu, j’ai fait plein de puzzles, j’ai scanné des dias de mon papa, j’ai publié des photos de mes balades sur flickr

Je me rends compte que j’ai déjà écrit tout un roman, et pourtant même si cette année était très différente par la force des choses, je me dois encore d’ajouter que j’en garderai des souvenirs très forts, tristes et heureux, et l’avenir dira si effectivement elle était le début d’un nouveau cycle. J’en ai très fort l’impression en tous cas. Je ne fais pas de résolutions pour 2021, ça fait plusieurs années que je n’en fais plus. Je continuerai à aborder les choses telles qu’elles se présentent, ça me réussit assez bien.

A year of culture – 2019

Un bilan de mes activités culturelles, gastronomiques et de couture de l’année passée.

J’ai beaucoup moins lu que l’année passée, je ne suis même pas arrivée au total de 60 que je m’étais fixée sur goodreads. Je pensais que j’avais lu des livres plus épais et donc autant de pages que l’année passée, mais ce n’est pas le cas. C’est à partir de l’été que j’ai commencé à accumuler du retard – je n’ai pas vraiment d’explications, à part peut-être que j’ai voulu nettoyer quelque peu ma PAL et que j’ai donc commencé puis abandonné pas mal de livres. De toutes façons, ce n’est pas très grave. Je répéterai cet objectif de 60 livres pour 2020 et on verra bien le résultat en fin d’année.

J’ai lu essentiellement des auteurs américains, mais aussi asiatiques, et beaucoup étaient des femmes, ce qui est une constante ces dernières années.

Mes favoris (je n’arrive pas à sélectionner de préféré comme l’année passée):

  • Aline Kiner, La nuit des béguines
  • Elisa Shua Dusapin, Hiver à Sokcho
  • Pitchaya Sudbanthad, Bangkok wakes to rain
  • Richard Wagamese, Starlight 
  • Tanya Tagaq, Split tooth
  • Ogawa Ito, La papeterie Tsubaki

et pour la non-fiction:

  • Patrick Winn, Hello shadowlands
  • Mona Chollet, Sorcières – La puissance invaincue des femmes
  • Manon Labry, Riot Grrrls: chronique d’une révolution punk féministe 
  • Anne Llewellyn Barstow, Witchcraze. A new history of the European witch hunts
  • Roger Crowley, Conquerors. How Portugal forged the first global empire
  • Matt Pietrek & Carrie Smith, Minimalist tiki. A Cocktail Wonk look at classic libations and the modern tiki vanguard
  • Laura Spinney, Pale rider. The Spanish flu of 1918 and how it changed the world

J’ai vu 32 saisons de séries, mais parmi celles-ci, il faut compter mon re-visionnage de Buffy et Angel, toujours en cours d’ailleurs. Parmi les autres, voici mes préférées:

  • Crazy ex-girlfriend
  • Sex education
  • Derry Girls
  • Chernobyl
  • Gentleman Jack
  • Unbelievable
  • Modern love
  • Midnight Diner – Tokyo Stories
  • The Crown

J’ai continué à regarder des westerns et des films de Hong Kong, je viens de commencer un cycle cinéma japonais, mais j’ai vu très peu de films actuels. Cela fait 23 films, 8 de moins que l’année passée.

Je suis sortie trois fois hors des frontières, avec une semaine à Madère (un voyage pas tout à fait satisfaisant au niveau des visites mais qui a permis de me reposer), quatre jours à La Haye (avec plein d’art contemporain et de bons restos) et trois semaines au Japon (pour remplacer un séjour à Hong Kong que j’ai annulé par crainte des émeutes). J’espère pouvoir à nouveau partir trois fois en 2020, selon plus ou moins le même schéma (deux voyages courts et en Europe, un long et lointain).

Au niveau culinaire et cocktails, je suis retournée dans mes bars favoris (The Modern Alchemist, LIB) et découvert Chez ta Mère et Edgar’s Flavors. J’ai également passé un très bon moment à Blend, de la Brussels Cocktail Week. Au niveau culinaire, je retiens Chez Luis, un Portugais de Saint-Gilles, UMAMI by Han à La Haye (cuisine fusion-asiatique) et Nénu, nouvelle cuisine vietnamienne dans la quartier Louise.

J’ai eu le temps de coudre 14 vêtements, dont trois fois la même jupe, mais surtout plusieurs robes.

This was 2019

S’il y a bien quelque chose qui a marqué mon année, ce sont les péripéties à mon travail. En début d’année, j’espérais une année calme et sereine après tous les déboires autour de la vente de la maison de mon papa. Et en effet, les premiers mois ont été calmes, jusqu’au moment où la direction a pris une décision sans appel quant au futur de l’institution, décision qui me forcerait à changer de fonction. Syndicat et comité des usagers ont lutté de longs mois – et même si je soutenais complètement cette lutte, je me suis sentie très mal à l’aise lors des assemblées générales et autres rassemblements de groupe. Je détestais déjà ça et c’est encore pire aujourd’hui.

Quatre propositions de nouvelles fonctions ont été faites et je savais clairement que je souhaitais devenir rédactrice. Cela a mis quelques mois mais finalement en septembre, j’ai commencé à écrire. Ce n’est qu’en novembre que j’ai officiellement changé de chef et cela a été un soulagement indescriptible – cela faisait des années que je vivais très mal la relation avec l’ancien.

Et puis, l’avant-veille de mon départ en vacances, coup de théâtre: la ministre oblige la direction à faire marche arrière. Ce qui est une excellente nouvelle mais qui pose problème par rapport à mes fonctions actuelles et anciennes. Fin décembre, j’ai donc repris mon ancien travail, tout en restant rédactrice, mais je me rends compte que cela me pèse. J’aimais cette liberté de ne pas devoir gérer cette coulée continue et de pouvoir me concentrer sur un sujet avant de passer au suivant, sans être constamment interrompue par des questions plus administratives. Il faudra voir comment tout ceci évolue en 2020 et il est clair qu’il y aura encore beaucoup de questions à résoudre.

Au niveau personnel, j’ai beaucoup pensé à ma solitude de célibataire et nullipare et cela a pesé. Je n’arrive pas à me dire que tout ira bien si jamais je suis gravement malade ou que j’ai un accident (qui ira faire mes courses, qui me tiendra la main si j’ai mal, qui sera là tout simplement). Alors, il y a des chances que je ne tombe pas malade, et beaucoup de choses sont organisables, mais ce n’est pas la même chose que quelqu’un de proche. Et même après une dure journée au boulot (il y en a eu beaucoup), j’aurais bien aimé juste pouvoir en parler à quelqu’un le soir. Mon papa n’écoute plus vraiment depuis un certain temps et nos relations n’ont pas toujours été simples – mais avec lui, c’est par périodes et je sais que je dois profiter des moments où il est de bonne humeur et qu’il va bien. En même temps, j’aime vivre seule la plupart du temps, prenant les décisions que je souhaite quand je les souhaite; je voyage, j’ai des amis (même si tout n’a pas été rose de ce côté là) et des chouettes collègues et voisins.

J’ai voyagé trois fois cette année, commençant par une semaine à Madère, où je me suis reposée et où j’ai profité de températures clémentes en plein hiver. Début juillet, j’ai passé quelques jours à La Haye, une agréable ville où j’ai très bien mangé. J’avais à ce moment-là déjà réservé un voyage à Hong Kong, juste avant que les protestations suivies d’émeutes ne commencent. J’ai espéré tout l’été mais cinq semaines avant mon départ, j’ai préféré tout annuler et réserver un autre voyage au Japon. Vu que c’était en dernière minute, ce séjour a été moins bien organisé mais j’ai malgré tout passé trois excellentes semaines sur place. Et je réfléchis déjà à mes projets pour 2020.

L’été et le début de l’automne ont été occupés par les travaux de ma cuisine et de mon salon. J’ai tout vidé à mon aise, rangeant un peu par la même occasion la cave, puis j’ai tout remis (ou presque) en une semaine de congé après la fin des travaux. Je suis vraiment contente de ma cuisine (même si j’ai mis un peu de temps à m’adapter) et du nouveau coin tv qui est beaucoup moins en désordre qu’avant sans les étagères à cd qui sont restées en haut et grâce au nouveau meuble tv. Quant au bleu foncé sur le mur, il est juste parfait.

Si j’en crois l’astrologie chinoise, 2019 marque la fin d’un cycle de 12 ans. En janvier nous entrons dans l’année du rat, qui est aussi mon signe. Et c’est aussi la fin d’une décennie. Elle avait mal commencé mais je n’étais pas encore consciente à ce moment-là que les premières années seraient aussi difficiles. J’ai eu un peu de répit et puis les soucis avec mon papa ont commencé, et puis ceux au travail. Tout cela m’a évidemment changée, mais en mieux, j’en suis persuadée.

Je vous souhaite à tous une très belle nouvelle année !

A year of culture – 2018

Ou un bilan de mon année culturelle.

La grande nouveauté en lecture, c’est mon inscription à Goodreads. Je m’étais fixée un but de 50 livres que j’avais quasi atteint à la fin de l’été et j’ai donc augmenté la jauge à 70. J’y suis arrivée mais j’ai dû ruser en fin d’année, ne lisant plus que des livres très courts (ce qui fait un total de 21 561 pages). Du coup, pour 2019, j’ai mis 60: cela met un peu de pression et me donne la latitude pour lire plus de pavés. J’ai d’ailleurs trié ma PAL et j’aimerais éliminer les livres les plus anciens, quitte à les abandonner après quelques pages.

Le livre le plus long était Bellefleur de Joyce Carol Oates, et les pays d’origine des auteurs se partagent essentiellement entre les Etats-Unis, l’Inde et le Japon. Mai, juin et juillet sont les mois où j’ai terminé le plus de livres, mais certains, comme les livres d’histoire, avaient été commencés pendant l’hiver.

Quels sont mes favoris (en gras, mon préféré) ?

  • Jean Hegland, Dans la forêt 
  • Mayumi Inaba, La péninsule au 24 saisons 
  • Gabriel Tallent, My absolute darling
  • Lisa Ko, The leavers 
  • Anthony Bourdain, A cook’s tour 
  • William Finnegan, Barbarian days: a surfing life
  • Tan Twan Eng, The garden of evening mists
  • Stefan Hertmans, De bekeerlinge
  • Richard Wagamese, Cheval indien

Et en non fiction:

  • Peter Frankopan, The silk roads. A new history of the world
  • Jeff Berry, Beachbum Berry’s sippin’ safari (10th anniversary edition) 
  • Tokyo totem. A guide to Tokyo 
  • Mary Beard, SPQR. A history of ancien Rome
  • Matt Goulding, Rice noodle fish. Deep travels through Japan’s food culture
  • Ned Sublette, Cuba and its music

J’ai vu 27 saisons de séries cette année, 11 de moins que l’année passée. J’ai été moins emballée par ce qui sortait mais voici mes favorites:

  • The End of the F***ing world
  • The Marvelous Mrs. Maisel 
  • Babylon Berlin
  • GLOW
  • The Americans
  • Sharp Objects 
  • I’m dying up here 
  • Crazy Ex-Girlfriend

J’ai vu 31 films, des westerns (je continue ma liste chronologique), des films japonais mais aussi à nouveau des films de Hong Kong. J’ai également vu des documentaires, reprenant notamment les premières productions d’Anthony Bourdain, A cook’s tour et No Reservations.

Je n’ai pas vraiment noté mes coups de coeur musicaux, peut-être viendront-ils s’ajouter un peu plus tard.

Peu de concerts cette année (j’aimerais en voir plus en 2019) mais quelques belles expositions, tout particulièrement Japanorama: nouveau regard sur la création contemporaine à Metz mais également celles visitées au Japon. Ce qui résume aussi mes escapades hors frontières: un weekend à Metz et trois semaines au Japon (Tokyo, Kyoto, Kyushu et Yakushima).

J’ai bu de délicieux cocktails chez Yi Chan, Arthur Orlans, LIB et The Modern Alchemist et je me suis régalée chez Issan et de soupes ramen au Japon (entre autres choses). J’ai également bien profité d’une soirée de la Brussels Cocktail Week et du Brussels Whisky and Spirit Festival à Autoworld.

J’ai cousu 9 vêtements, un peu moins qu’en 2017, mais j’ai eu moins de temps disponible, surtout pendant l’hiver.

This was 2018

A vrai dire, je me rends compte que je n’ai pas trop envie d’écrire ce billet, je n’ai pas trop envie de revenir sur cette année éprouvante. Et pourtant, ce n’est pas plus mal de faire le bilan. Une fois de plus, j’ai réalisé que les années telles que je les vis ne correspondent pas vraiment au calendrier, il s’agit plus de cycles commençant en novembre ou décembre et se terminant en octobre ou novembre.

Décembre 2017 avait été secoué par les problèmes de mon papa et son déménagement en maison de repos. Je savais donc très bien ce qui m’attendait pour 2018 – vider sa maison et la vendre. Je me suis fixée comme but le mois de juin – un délai qui a été respecté pour la partie vidage. J’ai passé presque tous mes weekends de l’hiver à trier et à faire des caisses, me mettant en mode pilote automatique. Je souhaitais que ce soit terminé rapidement, ne voulant pas que cela me pèse trop longtemps. Cela a été difficile, mais j’ai suivi mon programme, et j’ai eu de l’aide d’amis, d’abord pour vider le grenier sous le toit, puis plus tard pour ranger la maison et déplacer des meubles pour faire joli sur les photos de l’agent immobilier. Et puis aussi un grand soutien moral de ma cousine qui faisait exactement la même chose quelques maisons plus loin.

J’ai ramené une quinzaine de grandes caisses chez moi et je les ai entreposées à la cave (pour la vaisselle) et au grenier – qui est aussi ma pièce de couture. Quand je les ai vues amassées là, j’ai eu un sentiment de découragement: j’ai eu l’impression d’être envahie, d’avoir perdu la légèreté qu’émanait cette pièce assez vide. Mais je n’avais plus l’envie ni l’énergie de trier; il me fallait du temps (je commence à m’en occuper neuf mois plus tard).

Février m’a heureusement apporté une distraction: j’ai été un weekend à Metz où j’ai été accueillie chaleureusement par Laurie. J’ai vu une belle expo d’art contemporain japonais et j’ai flâné dans les rues de la jolie ville. Ces deux jours ont été marqués par la lumière du ciel d’hiver. J’en ai profité pour faire un arrêt au Luxembourg pour acheter du rhum et du bourbon. Et j’ai dépassé une de mes angoisses: j’ai fait le trajet en voiture ! C’était la première fois que je roulais aussi loin (et que je sortais la voiture de Belgique).

J’ai dû prendre beaucoup d’initiatives, être présente pour de nombreux rendez-vous, d’abord pour des voisins intéressés par l’achat de la maison – aucun ne se décidera – puis pour l’agent immobilier. J’ai voulu aller vite, je n’en ai rencontré qu’un seul et c’était sans doute une erreur. Mais il a trouvé un candidat acheteur dès les premiers jours de visite. Et c’est là que tout a dégénéré: après avoir signé le compromis d’achat, cette personne est devenue très agressive suite à un problème d’infraction à l’urbanisme datant de 1980, que j’ai réglé très vite (j’aurais dû m’en occuper plus tôt, j’en conviens). Son agressivité s’est traduite en lettres d’avocats, un second se succédant à un premier qui avait très vite lâché l’affaire. Et cela a évidemment provoqué des grandes angoisses. J’ai passé un très mauvais été, ne profitant que peu du beau temps. Mais j’ai tenu bon et défendu les intérêts de mon père.

Pendant ce temps, j’avais organisé la vente de livres et de certaines oeuvres d’art de mon papa, grâce à un ami qui m’a donné beaucoup d’adresses. Début juillet, un vide-maison a fait table rase, emmenant tout ce qui restait. Je n’ai presque pas visité la maison vide et je me sens toujours un peu triste. J’ai souvent des pensées qui me traversent l’esprit, me rappelant tel ou tel objet, me demandant si je n’ai pas laissé de chose importante.

J’aurais aimé faire un citytrip en été mais j’avais chaque fois des choses à régler, ou peur de ne pas être là pour la prochaine lettre d’avocat. Par contre, dès la mi-mai, j’ai organisé mon voyage au Japon à l’automne. Cette perspective m’a beaucoup soutenue.

Mi-septembre, l’acte a enfin été signé, un mois après la date prévue à l’origine. J’en suis ressortie blessée et épuisée, l’acheteur ayant encore proféré de nombreuses menaces et m’ayant traité de personne fausse et mauvaise. Ce qui fait mal, parce qu’il ne m’a jamais laissé de moment pour lui prouver le contraire. Et je n’ai pas vraiment eu de conclusion de ce dossier à cause de ses menaces de poursuites dans le futur.

Pendant ce temps là, la santé de mon père a décliné. Il se déplace de plus en plus difficilement, il se répète constamment et a des moments où il devient difficile et exigeant. J’ai eu du mal à accepter qu’il me délègue tout le travail avec autant de légèreté et il m’a quelquefois vexée. Je crois qu’il ne s’est jamais rendu compte de l’ampleur de la tâche et de la quantité de choses inutiles qu’il avait gardées (je n’oublierai jamais ces cinq percolateurs cassés). Notre relation est toujours aussi compliquée et je n’ai eu que peu de moments de complicité – ceux-ci impliquent en général des conversations sur les voyages (ce qui me pousserait presque à voyager plus souvent !).

Au travail, heureusement les choses se sont bien passées. J’ai été responsable d’un projet de janvier à juillet. Cela a pris beaucoup de temps mais j’ai beaucoup aimé m’en occuper. D’une certaine manière, cela a sans doute augmenté un peu ma crédibilité auprès de mon supérieur. Ce qui n’est pas plus mal.

Fin octobre, je suis partie pour trois semaines au Japon. Ce voyage a permis de clôturer mon année difficile. J’ai pu oublier mes soucis et ne penser qu’à moi. J’ai eu une chance incroyable, tout particulièrement avec la météo. Et puis il y a eu ce moment précis où j’ai fondu en larmes au milieu de la randonnée à Yakushima. J’ai senti un poids s’envoler, entourée par les arbres millénaires et les esprits de la forêt. Quand je suis rentrée, j’étais sur mon nuage. Les plaintes de mon papa suite à une nouvelle chute m’ont malheureusement fait retomber sur terre mais cela s’est estompé depuis. Les kodama (esprits) de Yakushima sont toujours près de moi.

Ce billet est déjà tout un roman mais je voudrais encore dire quelques mots à propos de mon état d’esprit. Cette année a été très éprouvante, j’ai verrouillé beaucoup de mes sentiments, je ne leur ai pas ou peu laissé de place pour s’exprimer. C’est sans doute pour cela qu’écrire ce bilan est compliqué parce que je souhaite oublier et passer à des choses plus positives. On pourra me dire que ce n’est pas une bonne idée et que tout cela reviendra me hanter. Peut-être.

Je me rends compte que face à l’agressivité primaire, je perds mes moyens; je suis quelqu’un qui préfère discuter en utilisant tous mes talents de diplomatie et si cela ne fonctionne pas, je préfère me taire (et fuir). J’aimerais trouver des outils pour mieux faire face à ce genre de situations (en espérant évidemment qu’elles ne se reproduisent pas).

Mais ce que je voulais surtout exprimer, c’est que malgré tous ces soucis, ces angoisses qui ont provoqué de nombreuses nuits sans sommeil, qui m’ont rendues malade par deux fois, je me sens heureuse. J’ai été bien entourée et soutenue, par ma cousine et mes amis. Pour la première fois depuis un moment, j’ai passé mon anniversaire et le 24 décembre en bonne compagnie. Mon sommeil est à nouveau normal et je suis beaucoup moins fatiguée, ce qui me rend plus ouverte au monde extérieur. Je sais où sont mes limites et quand je dois dire non. J’ai trouvé un équilibre dans ma vie et même les difficultés n’ont pas réussi à l’ébranler. Je suis prête pour une nouvelle année !

A year of culture – 2017

Mon année culturelle, ou le bilan des bilans mensuels, avec mes coups de cœur des 12 derniers mois.

J’ai lu 38 romans cette année, trois de moins que l’année passée, et 25 livres de non-fiction (11 de moins que l’année passée). Il y a eu moins de soleil cet été et j’ai passé moins de temps à lire au jardin. Mes lectures ont parcouru le monde mais cela ne se voit pas vraiment dans mon top 10; je remercie d’ailleurs Sandrine pour les activités « Lire le monde » et « Un mois, un éditeur » qui m’ont permis d’élargir mon horizon. Je remercie également les nombreux blogs qui ne cessent de me donner de nouvelles idées, au point où il me reste presque 60 livres à lire cette année (à mon rythme, il me faudrait un an et demi de plus – je ne sais pas trop comment gérer ça). Mes romans préférés sont (avec un duo gagnant) (et on remarquera qu’il n’y a qu’un seul auteur masculin):

Quant à la non-fiction, mon préféré concerne la musique et est loin devant tous les autres.

J’ai vu 38 saisons de séries et garde donc un score très constant par rapport à l’année passée (38). J’ai enfin vu toutes les saisons de Longmire et je suis triste de quitter le shérif et ses acolytes. Parmi les séries qui m’ont le plus marquée, beaucoup mettent les femmes en avant. Voici la liste, avec mes deux favorites:

  • Sweet/Vicious
  • Call the midwife
  • Black Sails
  • 13 Reasons Why
  • The Good Fight
  • Big little lies
  • The Handmaid’s Tale
  • Halt and Catch Fire
  • Longmire
  • The Crown

J’ai vu moins de documentaires mais certains étaient passionnants:

  • Vietnam, une série en 9 épisodes sur la guerre du Vietnam par Ken Burns
  • Once more with feeling – Andrew Dominik, 2016 (à propos de Nick Cave)

Par contre, j’ai renoué avec les films, doublant quasiment mon score de l’années passée (47 films). J’ai continué à regarder des westerns mais aussi pas mal de films asiatiques des années 80 à 00. Je n’arrive cependant pas à faire une liste de ceux qui m’ont le plus marquée.

En musique, je continue à papillonner sans trop me concentrer sur les sorties. Ce qui ne m’a pas empêchée de beaucoup apprécier certains disques (de la musique du monde, évidemment, c’est lié à mon travail) (le lien renvoie vers un clip):

En culture, plusieurs grands moments marquent mon année: de l’art contemporain avec l’exposition Bill Viola à Hambourg et évidemment la Documenta à Kassel mais aussi la découverte des richesses du Rajasthan.

Des restaurants, découvertes culinaires et cocktails:

  • ce fantastique repas chez GRAMM pour mon anniversaire (merci encore à mes amis !), une cuisine franco-japonaise très fine et inventive
  • cette invitation chez Strofilia pour une cuisine grecque gastronomique (merci aussi à mes amis !)
  • le café Bozar pour des petits repas simples mais délicieux
  • les cocktails et plats de chez Cipiace
  • la Brussels Cocktail Week

En couture (ce n’est pas de la culture, j’en conviens), j’ai réalisé 14 vêtements, ce qui reste dans ma moyenne et j’ai bloggué la moitié (mais ça devrait venir).