Oorlog en terpentijn

Stefan Hertmans, Oorlog en terpentijn (Guerre et térébenthine): comme dans Le coeur converti, Stefan Hertmans part de son histoire personnelle et d’un document qu’il a trouvé. Dans le cadre de ce récit, il s’agit des carnets dans lesquels sont grand-père a écrit ses mémoires. Hertmans nous plonge dans la vie quotidienne des gens au tournant du siècle, à Gand. Son grand-père, Urbain, vient d’une famille très modeste, pauvre même. Il est en admiration devant le travail de son père qui restaure des vieilles fresques religieuses. C’est de là que lui viendra son goût de la peinture. En 1914, il doit combattre en première ligne et passera quatre ans dans les tranchées, survivant à plusieurs blessures. Hertmans décrit cette vie avec minutie, dressant en même temps le portrait d’une société très régulée par la religion, ne laissant aucune place au plaisir.

J’ai beaucoup aimé ce portrait d’une époque, d’autant plus que mon grand-mère a suivi en partie le même parcours (il est originaire de la région de Gand et a passé quatre ans dans les tranchées). C’était donc une manière pour moi de renouer avec une histoire de famille dont je ne connaîtrai jamais les détails (mon grand-père n’a rien écrit, juste raconté un peu). Par contre, j’ai parfois trouvé le temps un peu long dans les parties décrivant l’amour de l’art et de la peinture, ce qui fait baisser mon appréciation du livre.

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De bekeerlinge (Le coeur converti)

9200000060317837Stefan Hertmans, De bekeerlinge (traduit en français sous le titre: Le coeur converti): Stefan Hertmans possède une résidence dans le petit village provençal de Monieux. Il y passe ses journées à écrire et s’intéresse à l’histoire locale, notamment au pogrom qui s’est déroulé là au Moyen Age et au trésor caché qui n’a jamais été retrouvé. Il découvre aussi des anciens documents retrouvés au Caire qui parlent d’une jeune fille chrétienne convertie au judaïsme. Le village et la femme sont liés et Hertmans raconte leur histoire. Vigdis Adelaïs est une jeune fille appartenant à l’aristocratie de Rouen, de père normand (Viking donc) et de mère flamande. Elle rencontre David, étudiant juif à la yeshiva locale. Les deux jeunes gens tombent amoureux mais leur amour est impossible à cause de leurs origines et de leurs religions. Ils décident de fuir, retrouvant la famille de David dans le sud, puis fuyant les chevaliers partis à sa recherche et se cachant à Monieux, le petit village isolé des montagnes. Ce n’est que le début de l’histoire: l’époque est troublée, la première croisade se met en route et passe par le village, tuant au passage tous les Juifs, ou presque. Vigdis, devenue Hamoutal depuis sa conversion, fuit et commence un long voyage qui la mènera en Egypte. Stefan Hertmans suit ses traces, interrompant le récit pour raconter son périple contemporain. Il parle des lieux traversés par le couple, puis par la jeune femme, s’attache aux sources historiques, mais invente aussi, crée des personnages de chair et d’os.

L’écriture est précise, descriptive et j’ai eu le sentiment que le choix des mots en néerlandais était réfléchi pour qu’ils soient percutants et sonores, qu’ils se fassent le miroir de la violence et des difficultés de l’époque et de l’âpreté des paysages. Parce que l’histoire est parfois difficile à lire, elle peut être très intense et brutale. J’aimerais lire un bout de la traduction pour voir si les mots sont aussi efficaces dans leurs sonorités.

C’est une lecture qui ne laisse pas de marbre et qui renvoie à des sujets d’actualités contemporains. Elle dévoile aussi des pages de l’histoire moins connues (je ne me suis par exemple jamais attardée sur les croisades et surtout leur violence) tout en contant une magnifique histoire d’amour. J’ai beaucoup aimé et j’ai déjà dans ma PAL du même auteur Oorlog en terpentijn (Guerre et térébenthine), le récit contant la Première Guerre mondiale qui risque certainement de toucher quelques cordes sensibles chez moi. Je conseille vivement même si la lecture peut parfois être difficile à supporter.

Comment j’ai vidé la maison de mes parents

couv_comment-jai-videcc81-la-maison-de-mes-parents_zpsmvmlgyp7Lydia Flem, Comment j’ai vidé la maison de mes parents: vu sur le blog de Keisha, je ne pouvais que m’intéresser à ce livre. Je sais que cette tâche immense m’attend un jour pas si éloigné que ça et que cela prendra beaucoup de temps. Mes parents n’ont jamais rien jeté et amassé mille et une choses pendant presque 60 ans de vie dans cette maison. En commençant ma lecture, j’ai été très vite agacée: nous avons ici le combo de “femme juive dont les parents ont été dans les camps de concentration, femme qui est devenue psychanalyste et à tendance freudienne”. Chez moi, cela suffit à faire sonner toutes les alarmes. J’ai cependant continué ma lecture, essayant de passer le plus possible au-delà de ces éléments et en me concentrant sur le vidage en tant que tel de la maison des parents. Lydia Flem raconte ses difficultés, les émotions qui remontent, les objets incongrus que ses parents n’ont pas jetés (ses biberons, par exemple – je me reconnais là – il y en a encore au grenier) mais elle fait également des découvertes. Ses parents n’ont jamais réussi à parler beaucoup des camps de concentration avec elle alors qu’ils ont fait de nombreuses recherches à ce sujet. Elle découvre des lettres et des documents qui l’aident à retracer leur parcours. Elle trouve aussi des tonnes de factures et extraits de compte, y compris ceux du séjour de sa mère à la maternité, lors de sa naissance. Au final, malgré mon agacement préliminaire, ce court récit m’a beaucoup plu par sa sensibilité et son universalité. Chaque enfant sera un jour confronté à la mort de ses parents et beaucoup devront s’atteler à cette difficile réflexion sur la conservation ou pas du passé, de leur passé.

Het smelt

het-smelt-lize-spit-boek-cover-9789082410617_zpslsxpg7hcLize Spit, Het smelt: je me laisse rarement tenter par la littérature flamande et pourtant, il y a beaucoup d’auteurs à découvrir. Dans ce cas, c’est l’abondance d’articles dans la presse et certains titres accrocheurs qui ont attiré mon attention. Premier roman d’une jeune romancière, Het smelt (“ça fond”) raconte l’histoire d’Eva, jeune fille habitant aujourd’hui à Bruxelles et qui revient dans son village natal pour une commémoration. L’année de sa naissance, il n’y a eu que deux autres bébés, des garçons, avec qui elle passera son enfance en partageant divers jeux. Mais avec la puberté, leurs relations changent et Eva doit s’adapter si elle ne veut pas perdre ses amis. Les chapitres alternent moment présent, passé et un certain été 2002, pendant lequel tout a basculé. Le récit nous met en haleine car dès le début, le lecteur sent que cela va mal tourner. C’est en même temps le portrait d’une petite communauté villageoise flamande, avec ses commerces, son école et des familles aux problèmes divers. C’est un livre assez cru, qui décrit les choses telles qu’elles sont, dans toute leur horreur et qui pourtant semble si terre à terre. J’ai la forte impression que ce livre sera traduit dans de nombreuses langues et interpellera les lecteurs non néerlandophones.

Un livre qui rentre dans le cadre du challenge “Lire le monde” pour la Belgique.

Book_RATING-40

Cocktails in Belgium

Mon ami Eric m’a envoyé sur FB un lien vers un article du Soir, intitulé Le grand retour du gin & tonic. D’un côté j’ai fait “mouahahah”, de l’autre, j’ai eu envie de pleurer. Au moins, j’écris enfin cet article que j’ai en tête depuis des mois et des mois.

Pourquoi ai-je envie de rire et de pleurer en même temps ? Parce que le retour du gin tonic a commencé depuis quelques années déjà (je n’ai vraiment pas cherché loin en prenant le 5e résultat sur google en faisant une recherche “gin tonic revival”, un article qui date de 2011, donc et qui parle du revival en Grande-Bretagne qui a succédé à celui en Espagne). Mais aussi parce qu’on dirait que Le Soir découvre quelque chose de nouveau, alors que, toujours dans ces mêmes résultats, apparaît en 4e position un article de 2012 du Nieuwsblad ! Mais il est aussi possible que Le Soir soit juste sponsorisé par Delhaize qui joue la carte du gin tonic depuis quelques mois.

Que dire de plus sur la pauvreté du monde francophone belge en matière de cocktails ? Je n’ai pas encore trouvé un seul blog qui en parle (si je me trompe, prévenez-moi, je serais très heureuse de les lire !) alors que j’ai dans mes favoris plusieurs blogs flamands: Tales from the home bar, The cocktail nation et La bodeguita. Il y en a encore certainement d’autres.

De même pour les bars: à Bruxelles on m’a parlé de Chez Hortense (je ne parlerai même pas du Crystal Lounge ou du bar de l’hôtel Amigo, je trouve les bars d’hôtels trop impersonnels), mais certains endroits en Flandre me semblent bien plus attirants, par exemple le speakeasy Jigger’s à Gand, L’Apereau à Blankenberge, Josephine’s et Sips (le lien ne fonctionne pas pour le moment) à Anvers. J’accepterai toute invitation (ou presque) en charmante compagnie dans l’un de ces bars ! (Et de même, si vous avez d’autres adresses, n’hésitez-pas !)

Sur la télévision flamande, sur la chaîne culinaire Njam, il y a même une émission pendant laquelle Manuel Wouters du bar Sips prépare des cocktails célèbres ou moins connus. Intéressant pour apprendre plein de choses.

Et pour en revenir au retard de la Belgique dans le monde des cocktails, je voulais citer cet article américain qui parle du retour du cocktail tiki !

(J’écrirai plus tard un article sur le gin tonic et où trouver les ingrédients).

 

BelFollies

Où trouver des infos sur le burlesque en Belgique ? sur BelFollies !

Ce site que nous avons créé diane et moi vous proposera un agenda mais aussi des articles sur l’histoire du burlesque et du néoburlesque, des photos de différents événements, des interviews d’effeuilleuses et crooners, et sans doute d’autres choses encore selon nos envies… Si vous avez un spectacle à annoncer, prévenez-nous via belfollies(at)gmail.com.

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