Short diary of the week (297)

Lundi: férié !, une météo hyper changeante qui ne permet pas vraiment de planifier sa journée: il fait grand soleil ce matin mais de la pluie est prévue, du rangement: faire de la place dans une pièce pour accueillir tous les livres de la bibliothèque pendant les travaux, de la couture, changement de plans: du jardinage, de la lecture, changement de plans: de la couture pendant la pluie, de la lecture au jardin mais il fait trop frais, changement de plans: il fait à nouveau agréable dehors pour lire, ma voisine m’offre des plants de piments d’Espelette qu’il faut planter de suite (onze pots quand même !), commencer par préparer un cocktail pour pouvoir faire des photos avant la pluie (10 minutes après la photo, il pleuvait), de la cuisine, Big Little Lies – un premier épisode (de la seconde saison) très prometteur, Buffy

Mardi: ce sentiment d’étouffement dans le métro, encore quelques disques à encoder (est-ce que ce sont vraiment les derniers ?), et puis trier les disques d’un artiste bien trop new age, à part ça c’était une journée sans vagues, deux épisodes de Buffy – la fin de la deuxième saison

Mercredi: en voiture sous la pluie vers le boulot, un colis avec plusieurs livres – de quoi préparer un futur voyage – notamment, en voiture sous la pluie à travers tout Bruxelles, me faire klaxonner – évidemment, des affaires de famille, revoir mes tantes et mon oncle dans leur maison de repos, en voiture sous la pluie à travers la forêt de Soignes, le déluge s’arrête au moment où je me gare devant chez moi, mon papa me parle de future faillite de sa maison de repos et d’un déménagement possible à Overijse mais ne se sent absolument pas concerné, Gentleman Jack – fin de la première saison – ce qui provoque une grosse crise de larmes, de grosses angoisses qui ne passent pas en faisant du yoga

Jeudi: lire au milieu de la nuit à cause de mes angoisses qui m’empêchent de dormir, bien fatiguée au matin, enfin pouvoir appeler la maison de repos pour des éclaircissements: il n’y a pas de faillite – mon père peut donc a priori rester sans crainte – par contre par manque de personnel la capacité sera réduite un moment (j’ai insisté pour que mon père ne doive pas déménager), un grand soulagement donc, régler de petites choses, une réunion, un repas minimaliste, commencer Good Omens et comme je le soupçonnais ne pas accrocher du tout, deux épisodes de Buffy, l’orage

Vendredi: une nuit encore un peu agitée quand même, reporter certaines choses, continuer d’autres, ce moment où la décision est prise pour le prochain voyage, retrouver Armalite au LIB pour des cocktails fêtant les trois ans du bar, un délicieux punch 124 (?), un pho au Yi Chan, rentrer alors qu’il fait encore jour

Samedi: cette pluie qui m’a éveillée cette nuit, aller chez mon papa qui va bien mieux qu’il y a quelques semaines, les courses, un peu de couture en attendant que le soleil se montre, tailler la haie encore bien mouillée – j’ai pris une douche en même temps !, de la lecture, deux épisodes de Buffy, ne pas réussir à terminer mon roman parce que je m’endors

Dimanche: la motivation pour aller au dernier cours de zumba de la saison était partie très loin mais je l’ai rattrapée avant qu’elle ne s’enfuie complètement, de la couture mais impossible de terminer mon en-cours: je n’ai plus assez d’élastique, m’installer au jardin avec des livres et en terminer deux (ce qui diminue mon retard sur goodreads), un plat birman simple à cuisiner, tenter à nouveau Deadwood (et faillir m’endormir au premier épisode), Buffy, commencer un livre, l’arrêter après 25 pages, commencer un autre

Histoires de sommeil – dix mois plus tard

L’été passé, j’ai consulté un spécialiste du sommeil et réalisé un examen d’analyse. Depuis, dix mois ont passé. J’ai compris quasi immédiatement que le trazodone prescrit par le médecin empirait les choses, contrairement à ce qui était annoncé. De plus, l’immense liste d’effets secondaires m’avait refroidie et je ne souhaitais pas prendre des médicaments pendant une longue période. Jusqu’en octobre, mon sommeil a été troublé, et puis il s’est amélioré après que l’histoire de la vente de la maison de mon papa a enfin été clôturée. J’ai très bien dormi ces derniers mois, sauf quelques exceptions. Et j’ai compris que les mauvaises nuits étaient clairement liées à des angoisses, comme l’avait annoncé le médecin.

J’en ai eu une fois de plus la preuve cette nuit: mon papa m’avait annoncé une mauvaise nouvelle hier soir (enfin ce n’était pas très clair): sa maison de repos était au bord de la faillite et on lui avait proposé de déménager à Overijse (c’est beaucoup plus loin, à environ 20 minutes en voiture). J’ai angoissé toute la soirée, mon cerveau parcourant déjà toutes les options possibles: Overijse, c’est trop loin / mais est-ce qu’il y a des maisons de repos plus proches ? / ah oui il y a celle de la commune où nous habitons tous les deux / ah mais elle est sans doute pleine / et il y aura une longue liste d’attente si l’autre ferme / Woluwe alors ? / mais alors il faudra changer son adresse à nouveau / et puis comment orgniser le déménagement ? / surtout que son aide est malade / et si la faillite se passait pendant mes vacances et qu’il n’y a qu’un délai de quelques jours pour trouver une solution ? / qui s’occuperait de mon papa ? / ….

Ceci est un extrait quasi pas censuré de mon cerveau, mais en plus, il faut imaginer que tout ceci tourne en boucle.

J’ai réussi à m’endormir relativement vite, après une petite séance de yoga relaxant. A 1h47, je me suis réveillée et je savais dès le départ que je ne me rendormirais pas, mon cerveau étant à nouveau en ébullition. J’ai lu environ 50 minutes et j’ai finalement retrouvé le sommeil, quoique très léger. Je me suis définitivement réveillée à 6h30.

Je suis évidemment fatiguée aujourd’hui mais j’ai aussi le preuve concrète que mes insomnies sont causées par de l’angoisse. Et je sais donc que je dois continuer à exercer des techniques de relaxation. Et que 6 minutes de yoga, ça ne suffit pas, même si l’heure d’aller dormir est déjà dépassée.

Je suis rassurée cependant par le fait que ce genre de nuit est devenue exceptionnelle et que je dors tellement mieux qu’avant, ce qui joue sur mon humeur et ma concentration pendant la journée. J’ai l’impression qu’il fallait que je fasse cet examen du sommeil; cela m’a permis d’éliminer toutes le causes physiques de mes insomnies. J’ai pu resserrer le plan d’action et je continue à travailler sur mes angoisses.

Short diary of the week (296)

Lundi: un sommeil très léger – entre angoisses et chaleur, le stress ne réussit pas à tout le monde, cet entretien pour mon changement de poste futur se passe plutôt bien malgré mes appréhensions, un bout d’inventaire – l’idéal pour me calmer tout à fait, de l’encodage, fatiguée et courbaturée, deux épisodes de Buffy

Mardi: depuis quelques dizaines de jours mes doigts sont complètement courbaturés pendant la nuit (et je me demande ce qui se passe – et j’espère que ça va passer), encoder les derniers disques avec un pincement au coeur, des recherches, un énorme coup de pompe et quelques soucis de digestion, la fin de la magnifique mini-série Chernobyl, voir l’orage passer au loin (et être soulagée de son éloignement)

Mercredi: une mauvaise nuit au sommeil trop léger, étouffer dans les transports en commun, me libérer de plein couches une fois au bureau, emprunter le grand ballon de mon collègue pour le tester à la place de la chaise de bureau, sentir mes muscles, une heure c’est suffisant, des courbatures, une après-midi qui se passe, crevée en rentrant, de la comfort food, deux épisodes de Buffy, une certaine tension à cause des orages, une séance de yoga en espérant mieux dormir

Jeudi: un tournage, une demande d’article en fin de journée (mais ce sera rapide), des frites, c’est le déluge, Gentleman Jack, une grosse fatigue, aller dormir tôt

Vendredi: travailler sur cet article et y prendre du plaisir (au moins cette réorientation sera dans mes cordes), réécouter de vieux disques, une minuscule coupure au doigt mais qui n’arrête pas de saigner, deux épisodes de Buffy, Gardener’s World

Samedi: des rêves dérangeants proches du réveil, me lever pour éviter la suite mais me sentir encore fatiguée, la météo me déprime, du repassage, aller chez mon papa, les courses, coudre puis découdre – ou comment cette bande élastiquée me prend tout l’après-midi, un peu de lecture, le début d’un film, m’endormir, la suite du film

Dimanche: écrire quelques brouillons de billets de blog, du yoga, de la couture: terminer la jupe et retracer le patron de la blouse Rita en plus grand, hésiter et me dire que finalement le jardin demande vraiment mon attention, tailler le lierre et batailler avec les bambous de voisine qui ont traversé la haie (elle m’a heureusement annoncé qu’elle va tous les enlever), de la lecture, de la cuisine: un plat indien, la fin de film commencé hier – Bangkok Nites (Katsuya Tomita, 2016) – une histoire entre les bars de Bangkok et les confins de l’Isaan au bord du Mékong – ce qui avait tout pour me plaire si ce n’est le côté décousu du film et sa longueur (trois heures quand même !)

Short diary of the week (295)

Lundi: choisir une de mes robes préférées, des contrariétés au boulot concernant le travail au quotidien, le boucan infernal des jardiniers n’aide pas à améliorer mon humeur, revoir mes voisins rentrés de Grèce, What we do in the shadows, deux épisodes de Buffy

Mardi: un nuit au sommeil très léger, et donc les nouvelles sont mauvaises, et donc j’absorbe à nouveau toutes les tensions et ça ne me réussit pas, ah et les contrariétés d’hier ne sont pas terminées, une convocation pour lundi prochain, un repas un peu raté: les croquettes au fromage ne passent pas bien à l’airfryer, Chernobyl

Mercredi: des rêves bizarres et absurdes, une grosse inquiétude tout la matinée: pourrai-je aller à cet entretien s’il y a grève ou des piquets de grève, le soulagement quand j’apprends que ce ne sera pas le cas, des cocktails au LIB, des frites chez Frites Atelier (un peu sèches mais croustillantes, et avec une bonne sauce), et surtout pleins d’infos sur Hong Kong et un joli mug tiki

Jeudi: traîner sur internet, me lancer dans le rangement du garage, libérer toute une étagère, amasser quatre grandes caisses de cartons divers et un grand sac de frigolite, commencer la cave arrière mais en avoir marre, ne plus avoir assez de concentration pour lire, un plat improvisé avec le contenu du frigo et du surgélateur, Gentleman Jack

Vendredi: pas sûre que j’aie envie de continuer le rangement de la cave avec ce beau soleil !, faire les courses, le soleil a disparu !, aller à la déchetterie avec une voiture pleine, de la couture: coudre une jupe à plis sans patron est compliqué, de la lecture: enfin terminer ce livre commencé au début du mois, The Durrells – le début de la première saison, What we do in the shadows, Gardener’s world

Samedi: réveillée bien trop tôt, encore un voyage à la déchetterie pour liquider un vieux canapé – avec ma voisine et sa grande voiture, aller chez mon papa et le voir enfin un peu mieux, ah ben non cette vieille télévision est bien trop lourde même pour un homme fort, installer le parasol au milieu du jardin et lire à l’ombre, partir sur les routes, c’est beau la Meuse, revoir des amis plus vus depuis longtemps et profiter de cette belle fête d’anniversaire au jardin, mais pourquoi ces maux de ventre ?, rentrer dans la nuit

Dimanche: il fait déjà bien chaud ce matin, profiter de l’ombre au fond du jardin pour enlever une plante et la remplacer par deux autres, ce qui m’aura fait de l’exercice physique, rempoter les piments dans leurs pots définitifs (seuls 10 ont survécu sur les plus de 30 semés), m’installer avec un livre, sentir des angoisses monter, et encore plus quand je vois que les bambous de la voisine commencent à envahir mon jardin (ça ne s’enlève qu’au lance-flamme – ou presque – quand il s’agit de bambous traçants), un barbecue, encore lire au jardin et puis voir les nuages arriver et tout rentrer, une trentaine de grosses gouttes et c’est déjà fini, Buffy comme doudou avant d’aller dormir

Short diary of the week (285)

Lundi: un oiseau chantant à tue-tête me réveille à l’aube, l’angoisse qui monte, une réunion qui au final n’apprend pas beaucoup plus sur mon futur dans l’institution – à part la dissolution de mon service, il va falloir choisir un nouveau service…, plus beaucoup de motivation pour travailler, partir plus tôt et faire du shopping au supermarché chinois, et acheter du thé aussi, apprendre par la presse que la maison de repos de mon papa est sur une liste noire, cuisiner le plat pour les repas de midi de la semaine, parler avec mon papa du problème (pour lui tout va bien), le début de la troisième saison de The good fight

Mardi: l’angoisse qui monte (bis) (mais pour d’autres raisons), un nouvel enregistrement d’émission radio (ce sera diffusé en avril), complètement vidée, envoyer un mail à la maison de repos, recevoir dans la demi-heure un appel de la directrice m’expliquant une série de choses et tentant de me rassurer, trouver un acheteur pour le multicuiseur qui est définitivement trop grand pour moi mais aussi trouver une petite cuiseuse à riz toute mignonne et la commander, voir que les carottes violettes déteignent sur les carottes jaunes, Masterchef, chercher une bêtise à regarder et ne rien trouver, m’endormir devant un documentaire

Mercredi: je peux enfin attaquer la dernière tâche avec deadline bien trop proche (après le marathon se calme un peu), la procrastination d’avant écriture, le rassemblement d’informations et un début de mise par écrit, ranger un peu la cuisine, The Great British Sewing Bee

Jeudi: je n’ai pas osé faire les calculs avant mais j’ai bien atteint l’âge où maman a eu son premier cancer, heureusement rien à signaler lors de la mammographie et échographie, une assemblée générale déprimante, de retour dans mon bureau en essayent de ne pas trop ruminer, d’un côté j’ai envie de voir des collègues pour parler mais d’un autre pas, attendre un sms que je n’entends pas parce que mon gsm est en mode silencieux, du coup c’est un peu la course mais j’attrape bus et tram en dernière minute, retrouver des amis au Modern Alchemist pour une soirée avec guest bartender et rhums de la Réunion, connaître 95% des gens présents dans le bar, manger deux délicieuses croquettes crevettes chez Fernand Obb, à la sortie du métro retrouver le conseiller vin de mon supermarché – celui avec qui je m’entends bien

Vendredi: un nuit un peu agitée – trop d’excitation hier soir, mais qu’est-ce que ça m’a fait du bien !, retrouver l’ambiance tendue du boulot, recevoir la nouvelle cuiseuse à riz (son petit nom est “panda”), un repas improvisé à partir de thon cru, Masterchef, m’endormir devant la tv

Samedi: une excursion en jardinerie, acheter un citronnier caviar pour ma voisine (et pour moi, je n’ai pas pu résister), passer l’aspirateur, aller chez mon papa – il est content de me voir chaque semaine – beaucoup de personnes de la résidence n’ont jamais de visites, les courses, me lancer dans le nettoyage de la terrasse, au moins j’ai fait de l’exercice physique !, un curry birman aux œufs, rattraper ce que je n’ai pas vu: Gardener’s World et Masterchef

Dimanche: réveillée tôt, écrire des brouillons de billets de blog, aller à la zumba – cette fois-ci c’est moi qui motive ma voisine, jardinage: tailler le rosier grimpant, me battre avec un bambou, planter ce que j’ai acheté, un peu de lecture, cuisiner marocain, The good fight, Crazy ex-girlfriend

Short diary of the week (277)

Lundi: toujours bien malade mais me sentir obligée d’aller travailler à cause des choses prévues, ne pas savoir si je vais arriver au bout de la journée, être prête pour la réunion de 10h, apprendre qu’elle est reportée à 10h30, perdre mon temps, le tournage de deux nouvelles vidéos avec un collègue, ce qui met un peu plus de temps que prévu, j’ai survécu, mais mon état empire pendant la soirée, Call the midwife

Mardi: une mauvaise nuit avec un nez bouché et des frissons, me rendormir immédiatement après le réveil, rester à la maison et déprimer tellement je suis fatiguée, glander toute la journée sans même réussir à dormir un peu, aucun appétit, The little drummer girl

Mercredi: enfin une bonne nuit mais cela n’a pas suffi, je tiens à peine sur mes jambes et j’ai des vertiges, et avec la neige je n’ose pas aller en voiture chez mon médecin habituel, aller donc à pied chez une autre et recevoir le certificat nécessaire pour le travail, juste crevée d’avoir été jusque là, glander dans le canapé, lire un peu, The little drummer girl – une série d’espionnage qui est pas mal – avec quelques beaux spécimens d’architecture brutaliste

Jeudi: faire la grasse matinée et me réveiller toujours aussi fatiguée, mais au moins le rhume se calme tout doucement, dégager la voiture de la neige et faire des courses, pour une fois je n’ai pas commandé mes livres sur amazon mais à la librairie locale – ma patience a été mise à rude épreuve: trois semaines d’attente, du coup j’ai été les chercher à la minute où j’ai reçu le mail me disant qu’ils étaient arrivés, et j’en ai commencé un de suite, cuisiner de la sauce bolognaise en grande quantité mais me rendre compte que mon goût n’est pas encore entièrement revenu, Sex Education – un premier épisode qui me donne envie de binge-watcher la suite, mais je me retiens, No Reservations à Calcutta et Bombay

Vendredi: une bonne nuit mais toujours en manque d’énergie, et ces restes de rhume qui traînent, du tri de photos, un peu de couture, de la lecture, l’impression que le rhume reprend de la vigueur, True Detective, aller dormir très tôt complètement épuisée

Samedi: une longue insomnie, cette semaine à la maison a encore augmenté mon retard dans les tâches à faire au boulot et cela m’angoisse, les affaires de mon papa continuent à m’angoisser aussi, surtout qu’il n’a pas donné de nouvelles cette semaine, une fois chez lui je me suis fâchée mais il minimise la situation et change de suite de sujet, “c’est la faute des commères” dit-il, tenter de passer à autre chose en espérant que le message est passé quand même, terminer la couture d’une robe, du tri de photos, de la lecture, Sex Education, Crazy ex-girlfriend

Dimanche: la météo a tout pour me déprimer, tenter une séance de yoga, me faire un peu mal à l’omoplate, commencer un nouveau projet de couture, terminer le tri des photos du Japon, terminer un livre, un documentaire: After the screaming stops sur les dissensions entre les jumeaux du groupe Bros

This was 2018

A vrai dire, je me rends compte que je n’ai pas trop envie d’écrire ce billet, je n’ai pas trop envie de revenir sur cette année éprouvante. Et pourtant, ce n’est pas plus mal de faire le bilan. Une fois de plus, j’ai réalisé que les années telles que je les vis ne correspondent pas vraiment au calendrier, il s’agit plus de cycles commençant en novembre ou décembre et se terminant en octobre ou novembre.

Décembre 2017 avait été secoué par les problèmes de mon papa et son déménagement en maison de repos. Je savais donc très bien ce qui m’attendait pour 2018 – vider sa maison et la vendre. Je me suis fixée comme but le mois de juin – un délai qui a été respecté pour la partie vidage. J’ai passé presque tous mes weekends de l’hiver à trier et à faire des caisses, me mettant en mode pilote automatique. Je souhaitais que ce soit terminé rapidement, ne voulant pas que cela me pèse trop longtemps. Cela a été difficile, mais j’ai suivi mon programme, et j’ai eu de l’aide d’amis, d’abord pour vider le grenier sous le toit, puis plus tard pour ranger la maison et déplacer des meubles pour faire joli sur les photos de l’agent immobilier. Et puis aussi un grand soutien moral de ma cousine qui faisait exactement la même chose quelques maisons plus loin.

J’ai ramené une quinzaine de grandes caisses chez moi et je les ai entreposées à la cave (pour la vaisselle) et au grenier – qui est aussi ma pièce de couture. Quand je les ai vues amassées là, j’ai eu un sentiment de découragement: j’ai eu l’impression d’être envahie, d’avoir perdu la légèreté qu’émanait cette pièce assez vide. Mais je n’avais plus l’envie ni l’énergie de trier; il me fallait du temps (je commence à m’en occuper neuf mois plus tard).

Février m’a heureusement apporté une distraction: j’ai été un weekend à Metz où j’ai été accueillie chaleureusement par Laurie. J’ai vu une belle expo d’art contemporain japonais et j’ai flâné dans les rues de la jolie ville. Ces deux jours ont été marqués par la lumière du ciel d’hiver. J’en ai profité pour faire un arrêt au Luxembourg pour acheter du rhum et du bourbon. Et j’ai dépassé une de mes angoisses: j’ai fait le trajet en voiture ! C’était la première fois que je roulais aussi loin (et que je sortais la voiture de Belgique).

J’ai dû prendre beaucoup d’initiatives, être présente pour de nombreux rendez-vous, d’abord pour des voisins intéressés par l’achat de la maison – aucun ne se décidera – puis pour l’agent immobilier. J’ai voulu aller vite, je n’en ai rencontré qu’un seul et c’était sans doute une erreur. Mais il a trouvé un candidat acheteur dès les premiers jours de visite. Et c’est là que tout a dégénéré: après avoir signé le compromis d’achat, cette personne est devenue très agressive suite à un problème d’infraction à l’urbanisme datant de 1980, que j’ai réglé très vite (j’aurais dû m’en occuper plus tôt, j’en conviens). Son agressivité s’est traduite en lettres d’avocats, un second se succédant à un premier qui avait très vite lâché l’affaire. Et cela a évidemment provoqué des grandes angoisses. J’ai passé un très mauvais été, ne profitant que peu du beau temps. Mais j’ai tenu bon et défendu les intérêts de mon père.

Pendant ce temps, j’avais organisé la vente de livres et de certaines oeuvres d’art de mon papa, grâce à un ami qui m’a donné beaucoup d’adresses. Début juillet, un vide-maison a fait table rase, emmenant tout ce qui restait. Je n’ai presque pas visité la maison vide et je me sens toujours un peu triste. J’ai souvent des pensées qui me traversent l’esprit, me rappelant tel ou tel objet, me demandant si je n’ai pas laissé de chose importante.

J’aurais aimé faire un citytrip en été mais j’avais chaque fois des choses à régler, ou peur de ne pas être là pour la prochaine lettre d’avocat. Par contre, dès la mi-mai, j’ai organisé mon voyage au Japon à l’automne. Cette perspective m’a beaucoup soutenue.

Mi-septembre, l’acte a enfin été signé, un mois après la date prévue à l’origine. J’en suis ressortie blessée et épuisée, l’acheteur ayant encore proféré de nombreuses menaces et m’ayant traité de personne fausse et mauvaise. Ce qui fait mal, parce qu’il ne m’a jamais laissé de moment pour lui prouver le contraire. Et je n’ai pas vraiment eu de conclusion de ce dossier à cause de ses menaces de poursuites dans le futur.

Pendant ce temps là, la santé de mon père a décliné. Il se déplace de plus en plus difficilement, il se répète constamment et a des moments où il devient difficile et exigeant. J’ai eu du mal à accepter qu’il me délègue tout le travail avec autant de légèreté et il m’a quelquefois vexée. Je crois qu’il ne s’est jamais rendu compte de l’ampleur de la tâche et de la quantité de choses inutiles qu’il avait gardées (je n’oublierai jamais ces cinq percolateurs cassés). Notre relation est toujours aussi compliquée et je n’ai eu que peu de moments de complicité – ceux-ci impliquent en général des conversations sur les voyages (ce qui me pousserait presque à voyager plus souvent !).

Au travail, heureusement les choses se sont bien passées. J’ai été responsable d’un projet de janvier à juillet. Cela a pris beaucoup de temps mais j’ai beaucoup aimé m’en occuper. D’une certaine manière, cela a sans doute augmenté un peu ma crédibilité auprès de mon supérieur. Ce qui n’est pas plus mal.

Fin octobre, je suis partie pour trois semaines au Japon. Ce voyage a permis de clôturer mon année difficile. J’ai pu oublier mes soucis et ne penser qu’à moi. J’ai eu une chance incroyable, tout particulièrement avec la météo. Et puis il y a eu ce moment précis où j’ai fondu en larmes au milieu de la randonnée à Yakushima. J’ai senti un poids s’envoler, entourée par les arbres millénaires et les esprits de la forêt. Quand je suis rentrée, j’étais sur mon nuage. Les plaintes de mon papa suite à une nouvelle chute m’ont malheureusement fait retomber sur terre mais cela s’est estompé depuis. Les kodama (esprits) de Yakushima sont toujours près de moi.

Ce billet est déjà tout un roman mais je voudrais encore dire quelques mots à propos de mon état d’esprit. Cette année a été très éprouvante, j’ai verrouillé beaucoup de mes sentiments, je ne leur ai pas ou peu laissé de place pour s’exprimer. C’est sans doute pour cela qu’écrire ce bilan est compliqué parce que je souhaite oublier et passer à des choses plus positives. On pourra me dire que ce n’est pas une bonne idée et que tout cela reviendra me hanter. Peut-être.

Je me rends compte que face à l’agressivité primaire, je perds mes moyens; je suis quelqu’un qui préfère discuter en utilisant tous mes talents de diplomatie et si cela ne fonctionne pas, je préfère me taire (et fuir). J’aimerais trouver des outils pour mieux faire face à ce genre de situations (en espérant évidemment qu’elles ne se reproduisent pas).

Mais ce que je voulais surtout exprimer, c’est que malgré tous ces soucis, ces angoisses qui ont provoqué de nombreuses nuits sans sommeil, qui m’ont rendues malade par deux fois, je me sens heureuse. J’ai été bien entourée et soutenue, par ma cousine et mes amis. Pour la première fois depuis un moment, j’ai passé mon anniversaire et le 24 décembre en bonne compagnie. Mon sommeil est à nouveau normal et je suis beaucoup moins fatiguée, ce qui me rend plus ouverte au monde extérieur. Je sais où sont mes limites et quand je dois dire non. J’ai trouvé un équilibre dans ma vie et même les difficultés n’ont pas réussi à l’ébranler. Je suis prête pour une nouvelle année !