A house for happy mothers

Amulya Malladi, A house for happy mothers: aux Etats-Unis, à Silicon Valley, Priya vit une vie sans soucis, avec un mari aimant, mais une chose la rend malheureuse: elle voudrait un enfant. Elle n’y arrive pas, faisant fausse couche après fausse couche, malgré toute l’aide médicale possible. A l’autre du bout du monde, Asha vit dans un petit village d’Inde du Sud, dans la région d’Hyderabad. Son mari ne gagne pas beaucoup d’argent et elle aimerait que ses enfants aient un meilleur avenir, surtout son fils qui semble avoir un QI bien plus élevé que la moyenne. Leurs destins vont se rencontrer par l’intermédiaire de la Maison des mères heureuses: Asha va porter l’enfant conçu par Priya et son mari contre rétribution.

Le roman suit les deux femmes, alternant les chapitres. Elles ont toutes les deux des doutes en s’engageant dans ce chemin inconnu pour elles. Elles doivent vivre avec les commentaires et les pressions de leurs familles respectives: la mère de Priya est un genre de dragon qui désapprouve toutes les actions de sa fille, le mari d’Asha rêve de l’appartement qu’il pourra acheter avec l’argent de sa femme alors qu’elle veut surtout assurer l’avenir de son fils. La gynécologue de la clinique est surtout attirée par l’appât du gain et l’aspect commercial de ces « transactions » sous-tend le récit. Et puis il y a ce contraste entre la richesse (toute relative) des femmes étrangères et la pauvreté des femmes indiennes. Amulya Malladi analyse les divers sentiments des femmes au fil des pages et décrit leur évolution au cours de la grossesse. C’est touchant, et sans doute proche de la réalité. C’est un roman mais quelque part, cela touche à de la non-fiction. Malladi n’ajoute en effet pas trop d’éléments dramatiques; elle apporte par contre quelques touches d’humour avec le personnage de la mère de Priya. Un roman léger dans son ton mais profond dans son sujet.

Serving crazy with curry

[Un roman lu dans le cadre de « La littérature indienne à l’honneur », organisé par Eva, Patrice et Goran, challenge qui m’a permis de lire quelques livres présents sur ma PAL depuis un certain temps.]

Amulya Malladi, Serving crazy with curry: Devi, jeune femme indienne émancipée, vivant aux Etats-Unis et ayant tout juste perdu son travail à la Silicon Valley, décide d’en finir. Elle organise minutieusement son suicide mais c’est sans compter sa mère qui la découvre à temps. Elle est obligée de retourner vivre chez ses parents mais ne parle plus. Par contre, elle se met à cuisiner. Ce roman est un genre de vaudeville dans une famille indienne, décrivant diverses personnalités assez marquées: le père ne dit pas grand chose, la mère se mêle de tout et veut que ses filles soient heureuses en mariage, la grand-mère est quelque part la sage de la famille (mais elle a ses propres failles), la sœur de Devi a épousé l’homme « parfait » suite à un mariage arrangé… Les points de vue varient au cours du roman, et les histoires s’entrecroisent, faisant un portrait d’une famille indo-américaine partagée entre les traditions et la modernité. C’est une lecture facile, mais il y a quelques longueurs, et ça manque malgré tout d’un peu d’épices et de piment. Et surtout de recettes de cuisine !

A breath of fresh air

101381Amulya Malladi, A breath of fresh air: le 3 décembre 1984, la jeune Anjali attend son mari à la gare de Bhopal mais il est en retard. Elle subit la catastrophe mais survit miraculeusement. Un certain nombre d’années plus tard, Anjali s’est remariée avec Sandeep. Tous deux sont enseignants dans la petite ville d’Ooty et leurs salaires sont juste suffisants pour soigner leur fils – né malade. Un jour, Anjali revoit son premier mari et cela fait ressortir toute sa colère. L’auteur d’origine indienne Amulya Malladi raconte cette histoire en prenant les divers points du vue des protagonistes et en alternant chapitres se passant au présent et au passé. Elle fait en même temps le portrait d’une société indienne encore fort ancrée dans les traditions, même s’il s’agit ici une histoire contant la classe moyenne. Mariage arrangé et divorce restent des points sensibles. J’ai apprécié ma lecture mais ma note reste moyenne: j’ai trouvé qu’il y avait certaines longueurs et que l’écriture était relativement banale. Ce qui ne m’empêchera pas de lire d’autres romans de cet auteur, ainsi que d’autres romans qui se passent en Inde et/ou d’auteurs indiens.