Looking for the lost

Alan Booth, Looking for the lost. Journeys through a vanishing Japan: comme dans The roads to Sata, Alan Booth voyage à pied au Japon. Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un long périple du nord au sud mais de trois circuits distincts: le premier se déroule dans la préfecture d’Aomori, une région nommée Tsugaru, et l’auteur suit les traces d’Osamu Dazai, un écrivain japonais qui y a séjourné dans les années 1940. Le second récit suit les traces de Saigo, samouraï en rébellion contre le pouvoir central, lors de sa dernière bataille et de sa retraite d’Enodake dans la préfecture de Miyazaki vers Kagoshima. Le troisième périple part de Nagoya et va vers le nord, suivant les rivières Nagara et Sho, et retrace la chute des Taira, un clan de samouraïs du 12e siècle, dont l’histoire est contée dans Le dit des Heike.

Ces événements historiques sont un prétexte pour Alan Booth pour emprunter des chemins oubliés, au point où il doit parfois faire demi-tour, et de parler du monde japonais rural. Il rencontre des nombreuses personnes prêtes à lui donner des informations sur les personnages historiques, il s’arrête dans des ryokans ou pensions de famille, décrivant – souvent avec humour – ses hôtes. Sa recherche d’une bière fraîche ponctue comme toujours son récit. J’ai mis beaucoup de temps à lire ce livre – il est long et écrit petit – mais je n’ai à aucun moment pensé à m’arrêter. J’ai pris beaucoup de plaisir à me plonger dans un Japon que je ne connais pas vraiment, tel qu’il était au début des années 1990. Il y a beaucoup de nostalgie dans ce récit écrit peu avant le décès de l’auteur.

The roads to Sata. A 2000-mile walk through Japan

51rqiixtijl-_sx327_bo1204203200_Alan Booth, The roads to Sata. A 2000-mile walk through Japan: Alan Booth, un Anglais installé au Japon pour étudier le théâtre nô décide en 1986 de parcourir à pied toute la longueur du Japon, de Soya au nord au Cap Sata au sud, en suivant les petites routes de campagne sur une distance de plus de 3000 kilomètres. Il décrit le Japon rural des fermiers et des pêcheurs au fil de ses rencontres. Son écriture pleine d’humour porte le regard d’un étranger sur un pays qu’il connaît pourtant très bien et c’est ce mélange de distance et de proximité qui est intéressant. Il y a du comique de répétition aussi: il relate toutes les fois où on lui refuse une nuit dans un ryokan sous prétexte qu’il est un « gaijin » et qu’il ne mange pas de poisson cru, qu’il dormira mal sur un futon, qu’il ne saura pas comment utiliser les bains. Il répond chaque fois en japonais, mais le message ne passe pas toujours: un gaijin ne parle pas japonais ! A d’autres moments par contre, la communication est bien plus aisée et il passe des soirées à boire des bières avec des locaux pour repartir le lendemain sur la route. Un si long voyage pourrait être un peu lassant et ennuyeux à raconter mais je me suis laissée prendre par ce récit si proche des gens et je compte bien lire l’autre livre d’Alan Booth, Looking for the lost: journeys through a vanishing Japan.