L’ombre du chardon

Aki Shimazaki, Azami, Hôzuki, Suisen, Fuki-no-tô et Maïmaï (cycle L’ombre du chardon): j’aime lire les livres d’Aki Shimazaki, autrice japonaise vivant au Canada et écrivant en français, une fois un cycle terminé – ce sont en général de courts romans d’une centaine de pages qui se lisent en une journée. Chacun des volumes est centré sur un personnage et on rencontre donc ici Mitsuo, jeune trentenaire rédacteur dans un magazine. Il revoit Gorô qui l’emmène dans club où ils retrouvent une amie d’enfance qui y travaille comme entraîneuse, Mitsuko. Celle-ci est au coeur du second récit – toujours entraîneuse, elle est aussi libraire et s’occupe de son fils sourd-muet et métisse. Le troisième roman suit l’horrible personnage qu’est Gorô, homme imbu de lui-même. On retrouve ensuite Atsuko, l’épouse de Mitsuo, qui cultive des légumes dans une ferme à la campagne. Elle aussi revoit une amie d’école et cela éveille en elle des sentiments assez forts. Enfin, la dernière partie tourne autour de Tarô, le fils de Mitsuko devenu adulte. Les secrets du passé vont être révélés et vont bouleverser sa vie.

Comme dans les cycles précédents, Aki Shimazaki nous plonge dans la vie quotidienne des Japonais et montre divers aspects de la société: l’homme qui travaille, la femme qui reste à la maison pour s’occuper des enfants, le rôle des entraîneuses, le racisme, le poids des traditions. Et une fois de plus, il y a un secret, une histoire non-avouée qui a pourtant de grandes conséquences. Malheureusement, l’autrice reste assez pudique sur les suites, et la fin de chaque récit est laissée à l’imagination du lecteur, ce que j’ai trouvé un peu dommage, même si ça a son charme. Quant au style, je l’ai trouvé assez minimaliste – et du coup, ça rejoint mes questions sur la traduction du japonais vers le français, sauf qu’ici, ce n’est pas le cas. Je ne suis pas mécontente de ma lecture mais je ne suis pas emballée non plus. Disons que j’ai passé un moment agréable – il y a aussi cette satisfaction de terminer rapidement un livre -, et que dans quelques années je remettrai ça avec le cycle suivant. (Ma note est la même pour chacun des volumes.)

Je lis des romans japonais toute l’année, mais vu qu’on est en avril, je peux inclure ces romans dans le Mois Japonais de Lou et Hilde.

Au coeur du Yamato

41t6koypfal-_sx307_bo1204203200__zpsaf2jn9mhAki Shimazaki, Mitsuba, Zakuro, Tonbo, Tsukushi, Yamabuki: après Le poids des secrets, Aki Shimazaki a de nouveau écrit cinq courts romans dont les personnages se croisent. Au centre de ce cycle se situent les salarymen et leur famille, leur fidélité aux grandes sociétés commerciales japonaises et les règles qui en dépendent mais aussi les lois sociales très rigides de la culture japonaise et le silence qui en découle. Mais ce n’est que la toile de fond: Mitsuba raconte l’histoire d’amour malheureux de Takashi Aoki, Zakuro décrit la recherche du père de Tsuyoshi Toda qui a été déporté en Sibérie pendant la guerre, Tonbo révèle des histoires du passé liées à un suicide, dans Tsukushi, Yuko, l’amour impossible de Takashi, aujourd’hui mariée avec le président d’une grande banque découvre un secret troublant, Yamabuki suit Aïko Toda, salaryman aujourd’hui à la retraite. Dans chacun des récits, Aki Shimazaki déploie son talent d’écriture pour décrire les petites choses de la vie mais aussi les secrets qui ne peuvent être dévoilés, avec poésie et émotion. Ses portraits sont vivants, utilisant des plantes comme fil rouge – les titres de chacun des livres. Une fois de plus, j’ai beaucoup aimé lire cet auteur et j’ai avalé les cinq volumes en deux ou trois jours – pendant une longue attente pour un avion qui décollait au milieu de la nuit.

Un roman « Lire le monde » pour le Japon.

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Le poids des secrets

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Aki Shimazaki, Le poids des secrets: Tsubaki, Hamaguri, Tsubame, Wasurenagusa, Hotaru: ces cinq courts romans écrits en français par la Japonaise Aki Shimazaki se suivent et se complètent. Ils racontent l’histoire d’une famille selon différents points de vue et dévoilent de nombreux secrets. Dans le premier, Yukiko révèle à sa fille par le biais de lettres la véritable histoire de sa vie et l’existence d’un demi-frère, ainsi que l’histoire du décès de son père au moment du lancement de la bombe atomique sur Nagasaki. Les récits suivants mettent en scène divers autres personnages touchés par ces événements. Chacun des titres, camélia, coquillage, hirondelle, myosotis et luciole, renvoie vers un élément qui a beaucoup d’importance dans l’histoire. L’écriture simple met en avant la difficulté de la vie et le poids des secrets, révélant beaucoup sur le fonctionnement de la société japonaise. Une très belle collections de romans qui se lisent en un jour.

(La photo des cinq livres vient des Filles à Retordre qui en fait aussi un commentaire)

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2015 Reading Challenge (une bonne pêche !): A book by a female author, A book with a one-word title, A book set in a different country, A book you can finish in a day, A book set somewhere you’ve always wanted to visit, A book by an author you’ve never read before, A book written by an author with your same initials (les deux premières en tous cas)