Silence

Shûsaku Endô, Silence: je voulais voir le film, mais j’ai préféré lire le roman avant (et j’ai bien fait, vu que le film suit de très près le roman). Dans le Japon du début du 17e siècle, les shoguns ont décidé de limiter le plus possible les contacts avec les Européens et ils ont banni la religion catholique qui avait pourtant convaincu un certain nombre de personnes. Deux missionnaires portugais, Rodrigues et Garupe, sont envoyés sur place pour faire le point sur la situation et retrouver les traces de Ferreira qui aurait renié sa religion. Ils sont accompagnés par un étrange personnage, Kichijiro, un Japonais qui aurait été converti (ou pas), et qui est le spécialiste pour changer de camp.

Le roman est très beau, apportant de beaucoup de détails sur une période particulière de l’histoire du Japon et sur la détermination des missionnaires européens (à tel point que je me suis à nouveau posé beaucoup de questions sur le fanatisme, la religion et la violence de l’imposer à quelqu’un). Je regrette cependant d’avoir lu la version française du roman, qui a été traduite de l’anglais, qui a elle-même été traduite du japonais. Il y a parfois quelques mots bizarres dans le contexte (Halloween, pour parler d’O bon, le festival honorant les esprits des ancêtres, par exemple). Le livre ayant été écrit en 1966, il serait aussi intéressant de savoir de quand datent les traductions, et même d’en faire une nouvelle en français, le roman restant passionnant encore aujourd’hui.

La carte perdue de John Selden

Timothy Brook, La carte perdue de John Selden : Sur la route des épices en mer de Chine: historien et sinologue, Timothy Brook s’est intéressé à une vieille carte venant de Chine. Datant de 1608, elle avait appartenu à un certain John Selden, un des premiers orientalistes anglais. Brook s’attache à déchiffrer tous les secrets de la carte mais il raconte aussi l’histoire de son propriétaire, traçant un portait de la société de l’époque: l’Angleterre et ses désirs de commerce en Asie ainsi que la Chine et ses routes maritimes.

Le sujet me passionnait a priori mais j’ai trouvé le texte un peu décousu et aride. J’ai déjà lu beaucoup de livres d’histoire, même très académiques, et je n’ai vraiment pas accroché. Pourtant les informations que distille Timothy Brook sont vraiment intéressantes. Je crois que je m’attendais à autre chose et ce n’était peut-être pas le moment pour moi !

Miniaturiste

liv-7807-miniaturiste_zpsbwcl7enfJessie Burton, Miniaturiste: la jeune Nella Oortman arrive à Amsterdam en ce jour d’automne 1686 pour y habiter avec son mari, Johannes Brandt, un marchand influent et très riche appartenant à la V.O.C. L’accueil est très froid et elle doit s’habituer à la présence de Marin, la soeur de Johannes, ainsi qu’au personnel de la maison, Cornelia et Otto, un ancien esclave ramené du Dahomey. Pour excuser ses absences et comme cadeau de mariage, Johannes lui offre un cabinet qui est une maison de poupées. Nella contacte un miniaturiste pour la meubler et c’est là que commence une aventure étrange: les objets et les poupées ressemblent tellement à la réalité, annoncent même parfois l’avenir ! Jessie Burton s’est inspirée d’une maison de poupées de l’époque qui avait appartenu à la vraie Petronella Oortman mais elle change l’histoire pour en créer une nouvelle, totalement imaginaire. Elle a minutieusement étudié l’époque et ses mœurs, elle décrit la vie quotidienne dans une Amsterdam florissante mais aussi sous la coupe d’une religion calviniste très restrictive. Et bien que l’histoire contée soit très triste et déprimante, j’ai adoré ce roman qui m’a tenue en haleine jusqu’aux dernières pages. Il m’a donné envie de lire encore plus de romans basés sur l’histoire, peu importe la période, du moment que les recherches ont été approfondies.

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