Short diary of the week (458)

Lundi: une nuit un peu agitée, l’immense escalator qui est en panne, le retour au bureau, ce sentiment de déprime qui s’abat sur moi dès les premières minutes – surtout que mes amis-collègues ne sont pas là, il faut bien s’occuper, et puis la coupure du système (prévue pour maintenance) n’arrange rien, le guet-apens de l’après-midi: l’électricien est dans la maison – sauf que c’est aussi un ami et un amateur de rhum et qu’il a amené de quoi faire une dégustation avec un autre ami-collègue, une fois de retour à la maison je ne me sens plus capable de rien (on pourrait dire que c’est à cause du rhum mais c’est surtout parce que je suis crevée/déprimée), Better Call Saul, aller dormir tôt et tenter de m’endormir vite

Mardi: pas mieux ce matin, mais un peu tombée du lit donc arrivée fort tôt au bureau où je ne croise que l’homme de ménage à cette heure matinale, non sans avoir dû monter les cinq étages (ou quatre ?) à pied dans le métro parce que l’escalator est toujours en panne, et puis voilà les amis-collègues qui arrivent, de l’encodage, des conversations, le retour en évitant l’escalator de la mort, de lecture sur ma terrasse

Mercredi: prendre la voiture – la dernière fois que ce sera possible au niveau de la circulation – mais dès lundi prochain les travaux sont terminés sur mon parcours en transports en commun (donc plus de souci d’escalator de la mort), les conversations avec les amis-collègues, l’encodage parce qu’il le faut bien, la grosse frustration par rapport à un truc en particulier, avoir du mal à me calmer (et pourtant il le faut pour que je puisse rentrer en toute sécurité en voiture), m’installer sur ma terrasse et tenter de faire une mini-sieste mais ne pas y arriver, de la lecture toute la soirée

Jeudi: encore une nuit agitée, porter la voiture au garage et attendre une heure sur place que l’entretien soit terminé, le boulot, aucune concentration, la séance de sport, la chaleur, m’installer sur ma terrasse et faire une mini-sieste, terminer un livre et tenter de ne pas en commencer un nouveau pour diminuer le nombre de livres en cours en même temps (je passe donc de 8 à 7), encore de la lecture en soirée – en fait j’ai envie de terminer ce livre-là aussi mais il est assez long

Vendredi: enfin une bonne nuit, entendre le camion des poubelles – sortir cette qui contient le papier et souhaiter la bonne journée à l’éboueur – mais j’ai raté le camion prenant le verre – tant pis !, le boulot, trois gouttes de pluie et puis c’est tout – ce qui est bien peu pour le jardin qui en a vraiment besoin, ce mail annonçant la date de mon « entretien d’embauche » (ou de réembauche) – qui tombe un jour de télétravail, ça m’inquiète déjà à vrai dire (parce qu’il faut jouer un rôle), terminer le livre en cours parce que l’envie de passer au suivant est trop grande, un repas du soir assez réussi, il commence à faire frais le soir – ça va être le moment d’abandonner – avec regret – les soirées sur la terrasse, deux épisodes de Better Call Saul

Samedi: réveillée fort tôt pour un samedi, de la lecture de blogs lecture, terminer la robe en cours, trier des photos de la Documenta, m’installer au jardin mais je suis distraite par les travaux bruyants du jardinier qui taille la haie chez les voisins, et puis le soleil disparaît, préparer un plat du livre The Nutmeg Trail qui n’est pas présentable et finalement un peu moyen, deux épisodes de Better Call Saul

Dimanche: traîner dans le canapé, réfléchir à un nouveau projet couture – c’est le moment de repasser à des choses plus automnales/hivernales, terminer le tri des photos de la Documenta, de la lecture sur la terrasse, un très agréable sieste, me dire que je pourrais terminer ce beau roman en cours, et le terminer en fin d’après-midi, un plat thaï qui finalement ne me convainc pas tout à fait, deux épisodes de Better Call Saul

Sur la route du Danube

Emmanuel Ruben, Sur la route du Danube: au début de l’été 2016, Emmanuel Ruben est parti à vélo d’Odessa avec son ami Vlad pour remonter le cours du Danube jusqu’à ses sources. Il raconte ses aventures dans la chaleur de l’été, ses rencontres avec les locaux mais aussi l’histoire de chaque endroit qu’ils traversent. Il parle des Romains – le fleuve a longtemps été la frontière de l’empire, des Ottomans sans cesse repoussés lors de nombreuses batailles, du rideau de fer imposé par le bloc de l’Est, des réfugiés de Syrie et d’Afghanistan. Tout cela est passionnant.

Mais j’ai détesté le personnage que j’ai d’abord pensé être bien plus âgé, un peu comme ces hommes imbus de leur personne qui ont leur mot à dire sur tout et qui parlent très fort (il avait 36 ans au début du voyage). Il critique beaucoup, et tout particulièrement la modernité. Il déteste l’Union Européenne (même s’il apprécie les passages faciles des frontières) et ne cesse de transmettre ses opinions sur tout et n’importe quoi, du glyphosate aux touristes vieux et bedonnants qui font des croisières (une fois ça passe, mais pas des dizaines de fois – et qu’est-ce qu’il y a de mal à ça ?), en passant par le capitalisme, sa bête noire. Au final, il n’aime que les jolies femmes (c’est lassant aussi) et la culture slave (qui est tellement plus belle que la sienne, la française). C’est aussi un peu étonnant quand même de voir un cycliste qui entreprend un aussi long voyage et qui n’est pas vraiment préparé (il n’a aucune pièce de rechange pour son vélo). Et puis il y a cette partie centrale, un peu incompréhensible, qui parle d’un accident qu’il a eu. Il joue beaucoup sur l’écriture, qui coule à flots, parfois sans paragraphes et sans ponctuation (puis il se vante de l’avoir fait). Le livre est long, c’est un pavé, et ces répétitions d’opinion m’ont fatiguée.

Une idée piochée chez Keisha qui est bien plus positive que moi, et un livre qui participe au challenge du Pavé de l’été de Brize.

Emmanuel Ruben, Sur la route du Danube, Rivages, 2019, 608p.

Made in India

Meera Sodha, Made in India. Cooked in Britain: Recipes from an Indian Family Kitchen (2014): Meera Sodha est anglaise, mais née dans une famille indienne. Ses grands-parents viennent du Gujarat et ont émigré en Ouganda, où est née sa mère. Ce livre contient donc des recettes indiennes mais aussi des plats plus africains et de la fusion anglo-indienne. Meera Sodha a voulu écrire un livre avec des plats faciles à préparer, sans prise de tête. L’introduction est courte, mais la fin du livre comporte de nombreuses pages sur les ingrédients. Il y a aussi des conseils sur les vins, des idées de menus, comment utiliser les restes ou encore manger avec les mains. Les recettes sont classées par ingrédient ou thème principal (entrées, légumes, viande, oeufs, chutneys…). C’est un de ces livres dans lequel je préparais toujours les mêmes recettes (les currys au poulet, en particulier) mais dont la lecture a permis de mettre plein de signets, parce qu’il y a plein de recettes alléchantes. Et j’aime le fait qu’il y ait des recettes plus africaines, avec notamment des bananes plantain.

  • photos: *** (je dirais que 3/4 des recettes sont illustrées, et que parfois ça manque d’une photo)
  • texte: ** (chaque plat est présenté mais il n’y a pas vraiment d’introduction générale sur la cuisine)
  • originalité des recettes: ****
  • authenticité des recettes: *** (il s’agit de cuisine anglo-indienne un peu simplifiée)
  • faisabilité des recettes: *****
  • mesures: unités de mesures métriques
  • recettes favorites:  » Aubergine and cherry tomato curry », « Pistachio and yoghurt chicken curry », « Coconut and tamarind chicken curry », « Coriander chutney chicken », « Slow-cooked lamb and spinach curry », « Daily dal », « Kachumbar », « Roasted cauliflower with cumin, turmeric and lemon » (je n’ai pas trop aimé celle-là)
  • indispensabilité du livre: ***

Sirocco

Sabrina Ghayour, Sirocco (2016): Sabrina Ghayour est d’origine iranienne mais est née et a grandi en Angleterre. Elle a écrit plusieurs livres très populaires qui présentent des recettes du Moyen-Orient et de Perse. Dans Sirocco, elle rassemble des plats pour tous les jours, parfois un peu fusion, toujours faciles à préparer. L’introduction est courte et suivie d’une présentation des principaux ingrédients spécifiques, épices et condiments moyen-orientaux. Elle divise ensuite son livre par thèmes: petits-déjeuners et brunchs, snacks salés, salades, plats principaux et desserts. J’ai souvent feuilleté ce livre depuis que je l’ai acheté mais je n’ai pas préparé grand-chose. En le reprenant, j’ai mis plein de signets, attirée par ces plats faciles adaptés à la cuisine de tous les jours et sans prise de tête. Mais c’est un peu tout, il manque pour moi quelque chose d’indéfinissable qui m’y ferais revenir régulièrement, peut-être que c’est le côté trop « cuisine de tous les jours un peu fusion adaptée aux goûts occidentaux » ou « c’est de la cuisine de débutants et je ne le suis plus vraiment », et le fait que j’ai déjà pas mal de ces recettes dans d’autres livres – du genre de la purée d’aubergine, une salade de chou, du fenouil caramélisé ou du tartare de saumon (mais aux épices orientales) ?

  • photos: *** (presque toutes les recettes illustrées)
  • texte: ** (chaque plat est présenté mais il n’y a pas vraiment d’introduction générale sur la cuisine)
  • originalité des recettes: ***
  • authenticité des recettes: *** (il s’agit d’une cuisine orientale et perse adaptée à l’Europe)
  • faisabilité des recettes: *****
  • mesures: unités de mesures métriques
  • recettes favorites (déjà préparées): « Georgian chicken stew« , « Eastern style salmon tartare » (où le saumon perd un peu son goût face aux épices et herbes qui dominent), « Blackberry tart » (qui était un peu décevante)
  • indispensabilité du livre: **

Short diary of the week (457)

Lundi: ça pique un peu aux yeux ce réveil matinal, un métro désert en ce jour férié – quasi que des gens avec des valises, retrouver mes amis à la gare et c’est parti !, un wagon avec l’airco en panne – 3 heures dans la chaleur c’est long, cette famille avec huit enfants (tous drillés à ne pas faire de bruit), une fois à Francfort le train suivant a une demi-heure de retard – c’est la norme paraît-il à la Deutsche Bahn, l’arrivée à Kassel et ces problèmes pour lire la google map qui font prendre le mauvais chemin, il fait toujours chaud en Allemagne, installation à l’hôtel et puis une première promenade/visite de la Documenta Fifteen, des oeuvres très organiques au milieu du parc, des installations diverse à la Documenta Halle, le currywurst et la bière en terrasse à l’Orangerie pour terminer cette première journée où on a déjà beaucoup marché

Mardi: une nouvelle journée tropicale, la marche le long de routes très moches et industrielles, aller à la recherche des divers endroits d’exposition, une ancienne piscine, une église, une ancienne usine de fabrication de parties de voitures et d’autobus, ces oeuvres aux intérêts divers mais les plus réussies sont vraiment intéressantes, la chaleur toujours, le repas pita, encore un dernier effort pour aller vers cette autre usine désaffectée, je suis moins intéressée – je crois que je commence à saturer, le retour au centre le long de la rivière Fulda, des achats de livres, le repas vietnamien, il fait encore chaud

Mercredi: une dernière ligne droite, il fait encore plus chaud qu’hier – plus lourd aussi, des oeuvres qui me parlent moins, jeter l’éponge, une Documenta Fifteen très différente mais néanmoins très intéressantes et bien plus ouverte sur le monde d’aujourd’hui (le monde entier donc, pas juste l’Occident), et ce plaisir d’un bon moment passé entre amis avec plein de conversations agréables, voir sur l’app que mon second train a déjà du retard et espérer que ça ne va pas empirer, un premier train pour dix minutes, une longue attente parce que je suis partie bien trop tôt (sauf que j’ai bien fait – la ligne est apparemment interrompue par la suite), un second train et un trajet très calme, le troisième train qui part en retard parce qu’il y a eu un souci pour attacher les deux parties, me voilà cernée par une famille avec un enfant plutôt bruyant et qui n’est même pas assise aux places qui leur ont été attribuées, et puis une fois arrivés à Cologne cela devient vraiment le trajet de l’horreur: un wagon est fermé pour cause d’airco cassé (c’était donc le même train que lundi mais cette fois-ci ils ont fait bouger tout le monde) et donc il n’y a pas assez de places assises pour tous les voyageurs, me voici cernée par quatre autres petits enfants, je n’en peux plus et le temps est très long, enfin Bruxelles, reste encore le trajet en métro mais il est calme en comparaison, ouvrir toutes les fenêtres de la maison qui est restée bien chaude en mon absence

Jeudi: une journée sans rien pour que l’introvertie qui est en moi puisse retrouver le calme nécessaire, j’en ai bien besoin ! (j’ai vraiment dépassé mes limites dans le train hier et il faudra du temps pour m’en remettre), traîner dans le canapé, de la couture – ce moment délicat où il faut insérer un ruban dans la couture, de la lecture tout l’après-midi entrecoupée d’une sieste, ça fait du bien !, et puis encore de la lecture le soir

Vendredi: les courses, embarquer cartons et papier journal, faire des caisses chez ma cousine tout en discutant (elle déménage bientôt), m’installer sur ma terrasse puis rentrer à cause de trois gouttes de pluie, de la lecture, la pluie qui tombe, les deux premiers épisodes de la sixième et dernière saison de Better Call Saul

Samedi: traîner dans le canapé, lire des blogs, encore un moment de couture délicat et qui prend du temps, de la lecture tout l’après-midi, et même le soir, si j’ai terminé ce court livre sur le cinéma chinois le roman en cours compte encore trop de pages pour le finir aujourd’hui, une journée comme je les aime – pas très active physiquement mais qui me permet de rester dans mon monde intérieur

Dimanche: le dernier jour des vacances – pas que la semaine sera très active je pense – mais quand même, traîner un long moment, je comptais terminer cette robe ce w-e mais il reste trop à faire, de la lecture, ne pas réussir à ne pas commencer un livre de plus, commencer aussi un nouveau roman (enfin de la non-fiction écrite comme un roman), un barbecue, même s’il fait gris c’est encore agréable sur la terrasse

The Boundless Sea

David Abulafia, The Boundless Sea: A Human History of the Oceans: les mers et les océans ont depuis toujours été un lien entre les humains; ils ont permis de communiquer et de partager des nouvelles idées et de faire du commerce. Dans ce pavé, David Abulafia s’intéresse aux océans (il avait déjà écrit un livre sur la Méditerranée – que j’ai bien envie de lire également) et retrace l’histoire mondiale à partir de ceux-ci. Il commence par le Pacifique parce que c’est par cette voie-là qu’ont eu lieu les premiers déplacements d’île en île, menant à la découverte de toute la région au fil des millénaires. Il se tourne ensuite vers l’Océan Indien et les premiers liens commerciaux entre le Proche-Orient, l’Inde et l’Asie de l’Est. Enfin, il parle de l’exploration de l’Atlantique, puis du commerce mondial.

J’ai revu toute l’histoire du monde par ce livre, une histoire globale qui porte autant d’attention aux peuples navigateurs du Pacifique qu’aux explorateurs portugais et espagnols, en passant par le Japon, la Chine, l’Indonésie et tant d’autres pays. J’aime ce côté qui n’est pas eurocentré et qui permet de découvrir d’autres facettes de l’histoire. Je connaissais déjà pas mal de choses sur le sujet, mais j’ai aussi appris de nouvelles choses; il y a notamment tout un chapitre qui parle des diasporas de marchands (Juifs, mais aussi Arméniens et Chinois), et qui montre l’ambiguïté de la religion. Suite à l’Inquisition espagnole, de nombreux Juifs se sont convertis et sont devenus de « nouveaux chrétiens » – ce qui n’était souvent qu’une façade. Il est intéressant de voir aussi qu’Abulafia parle à peine de la « découverte » du Pacifique par les Européens à partir du 16e siècle: il en avait parlé en long et en large dans son premier chapitre, décrivant la première occupation des îles et la technologie maritime des peuples de la région. Enfin, j’ai aussi beaucoup appris sur la navigation des Vikings et leur installation en Islande et au Groenland, puis sur le commerce de la Hanse. J’ai juste réalisé un peu tard que quand il parle de « Fleming », il parle des « Flemish » ou Flamands – encore un mot que je ne connaissais pas.

J’avais déjà lu The Sea and Civilization de Lincoln Payne il y a deux ans. Le livre d’Abulafia le complète bien. Il est moins technique (je m’étais un peu perdue dans les descriptions des bateaux, surtout en anglais, alors que je ne maîtrise même pas le vocabulaire en français) et plus basé sur les liens commerciaux. Il n’hésite pas non plus à de temps en temps faire une petite pique ou une comparaison avec des choses du présent, ce qui rend ce pavé très agréable à lire (même si j’ai mis quatre mois, un ou deux chapitres à la fois). L’auteur m’avait été conseillé par mon ami-collègue qui m’avait beaucoup parlé de la Méditerranée, mais j’ai choisi de d’abord lire celui-ci (qu’il lit aussi entretemps). C’est très dense, mais vraiment intéressant.

David Abulafia, The Boundless Sea: A Human History of the Oceans, Penguin Books, 2020 (première édition 2019), 1050 pages dont 908 de texte suivi.

Un troisième livre donc pour le challenge Pavé de l’été organisé par Brize.

Kindred

Octavia E. Butler, Kindred: Dana, jeune femme afro-américaine qui vient de fêter ses 26 ans, vit avec son compagnon blanc en Californie (on est en 1976). Un jour, elle est atteinte subitement de nausées et de vertiges et se retrouve dans le Maryland bien avant la guerre de Sécession pour sauver un petit garçon blanc de la noyade. Très vite, elle se rend compte que celui-ci est son ancêtre Rufus. Et elle réalise quel est le but de ce retour dans le temps, et des suivants qui l’obligeront à vivre dans une société esclavagiste où les Noires comme elle n’ont pas un mot à dire.

Je poursuis mon opération « vidage de la PAL de 2019 », et quand je ne sais pas choisir, je prends le suivant sur la liste. En regardant sur goodreads, je n’ai pas eu d’indice sur qui m’avait conseillé ce roman, mais en discutant avec mon ami-collègue, je me suis rendue compte que c’était lui. Il sait que j’ai du mal avec la science-fiction mais que j’aime les voyages dans les temps, et Octavia E. Butler a écrit dans les deux styles. C’était d’ailleurs la première femme afro-américaine à écrire ce genre de romans. Ce qu’elle décrit dans Kindred est l’histoire tragique des esclaves dans les plantations nord-américaines, et le fait d’utiliser le personnage de Dana qui voyage dans le temps offre une toute autre vision des choses: c’est une femme moderne qui se retrouve plongée dans une société rétrograde, patriarcale et violente (elle la compare aux camps d’extermination des nazis) et son regard est bien plus lucide par ce procédé. Butler décrit les relations humaines dans les moindres détails et ne cherche pas la facilité. Rufus est un personnage complexe et marqué par son temps – le contact avec Dana n’influence pas sa personnalité – et même si c’est parfois difficile à lire, c’est bien plus réaliste. Je ne pensais pas aimer autant ce roman alors que j’ai tendance à fuir les histoires d’esclavage (je crois que j’ai été un peu traumatisée par des films étant petite). C’est tout simplement superbe et extrêmement triste et pessimiste à la fois !

Octavia E. Butler, Kindred, Beacon Press, 2004 (première édition de 1979 – en français: Liens de sang)

Short diary of the week (456)

Lundi: une très mauvaise nuit avec des insomnies pendant lesquelles je suis persuadée d’avoir le covid, mais aussi faire un beau rêve où je me retrouve dans les bras de Nick Cave (et oui !), pas très en forme du coup ce matin, et avec le retour des maux de tête et toujours ce nez qui me chatouille, de la couture, de la lecture entrecoupée d’une sieste dont je me réveille en sursaut et complètement déboussolée, je me sens déjà mieux, la suite de la lecture qui se répartit sur six livres différents – l’idéal pour varier les plaisirs surtout quand l’un ou l’autre est un peu ardu, le retour des moustiques, mais comment ont-ils réussi à me piquer à travers le gilet ?

Mardi: je suis rétablie – c’était donc un micro-rhume qui m’a attaquée un peu plus de 36 heures, le colis prévu pour demain arrivera donc aujourd’hui (j’ai craqué pour des sandales que j’ai déjà dans deux autres couleurs – le rouge/rouille s’ajoute donc au noir et au bleu clair), du tri de photo (j’en suis au dernier jour de mon voyage en Andalousie – ça avance donc – il était temps – mais les articles ne sont pas encore prêts), de la couture – avec une belle frayeur au début: j’ai commencé à découper les pièces de patron du mauvais côté du tissu qui donc pour une fois a un sens – heureusement j’ai pu me rattraper même si la jupe sera du coup un peu plus courte, les démangeaisons des allergies aux piqûres, de la lecture – avec un livre de cuisine que j’ai voulu terminer pour terminer la liste la plus ancienne – du coup j’ai sorti tous ceux de l’année suivante à lire et j’en ai fait une pile – mais peut-être que ce serait mieux si j’alternais avec des plus récents ?, est-ce que 26° est la chaleur idéale pour moi ? en fait je crois que c’est 28° ma température préférée – celle où je n’ai plus froid, la terrasse le soir c’est bien sauf quand vient l’attaque des moustiques qui piquent donc bien à travers le gilet (et sur mon cou) – il faudra prendre des mesures pour les prochains jours

Mercredi: des courses pour me protéger des moustiques, acheter une lampe à lumière bleue rechargeable en usb (et en plus ça éclaire – c’était un peu cher mais ça a l’air pas mal), revoir par hasard un ami d’université pas vu depuis des années, discuter un moment, acheter du répulsif à la pharmacie, du tri de photos, de la lecture, donc 28° c’est vraiment pas mal !, me voici protégée contre les moustiques avec tout mon attirail et ça a l’air de fonctionner – il faudra voir les prochains jours, vais-je terminer ce récit de voyage ?, oui ! mais c’est aussi parce que j’ai lu 200 pages d’une traite jusque dans mon lit avant de m’endormir

Jeudi: ce plaisir de choisir le nouveau roman à lire, tenter de continuer ma robe en cours mais il fait trop chaud dans la pièce couture, terminer le tri des photos de mon voyage de l’année passée et publier un article sur suasaday, la séance de sport qui est un mélange de pilates et de yoga vu la chaleur, de la lecture – me plonger avec joie dans le nouveau roman choisi, mais aussi une grosse fatigue, un rendez-vous en ville et une très agréable soirée pour faire connaissance avec une blogueuse voyage qui habite aussi Bruxelles, et puis un délicieux cocktail sur mesure créé par Yen du Yi Chan

Vendredi: une nuit un peu agitée (comme toujours après une sortie), les courses pour la semaine tant qu’il ne fait pas encore trop chaud, un quart d’heure de couture, il fait plus frais en bas, terminer le roman en cours (lu en deux jours), choisir le suivant, terminer un livre sur le cinéma un peu répétitif (et en commencer un autre très court), un tartare de saumon du livre Sirocco qui masque un peu trop le goût du poisson, réussir à éviter les moustiques une seconde fois alors que je profite de ma terrasse

Samedi: et si cousais plus tôt dans la matinée quand il fait encore plus ou moins frais ? du travail de précision – insérer un fin ruban dans la couture n’est pas aisé, écrire des brouillons de billets pour le blog et publier un nouvel article à propos de mon voyage en Andalousie l’année passée (le premier jour à Malaga), un mal de tête qui commence, un beau coup de pompe, de la lecture, terminer le volume 14 d’America – plus que deux !, commencer un livre de cuisine, continuer tout ce qui est en cours – j’ai donc lu dans sept livres différents aujourd’hui, un délicieux repas un peu improvisé, activer la protection anti-moustiques, observer le chat persan qui s’est installé au milieu du jardin

Dimanche: une très mauvaise nuit avec peu de phases de sommeil profond et des maux de tête – si seulement j’en connaissais les raisons (je n’avais aucune raison d’être stressée cette nuit – la suivante ce sera un peu différent), chasser le chat persan qui une fois de plus a profité de la fenêtre ouverte pour venir découvrir mon salon, commencer à rassembler des choses pour ma valise, une sieste, de la lecture, terminer ma valise, encore un peu de lecture sur la terrasse

Plenty

Yotam Ottolenghi, Plenty (2010): comme beaucoup de gens, j’ai été intéressée par les recettes très « légumes » de l’Israélien Yotam Ottolenghi, et par ses combinaisons inédites et souvent inspirées par la cuisine du Proche-Orient. Plenty est probablement le premier que j’ai acheté (mais ça pourrait aussi être More Plenty). Ce livre compile un grand nombre de recettes publiées auparavant dans The Guardian, mais comme l’indique l’auteur dans la brève introduction, certaines ont été remaniées. Il n’y a quasi pas de texte, juste une courte présentation à la tête de chacune des recettes, classées par ingrédient principal (courgette, haricots, poivrons, céréales, fruits avec du fromage…) et se limitant à des recettes salées et végétariennes (même si une option avec viande/poisson est parfois suggérée dans l’intro). En reprenant ce livre et en le feuilletant de A à Z, je me suis rendue compte qu’il n’y a pas tant de recettes que ça qui me donnent envie, soit parce qu’elles sont trop compliquées, soit parce qu’elles ne forment pas un plat unique et qu’il faudrait l’accompagner d’autre chose. Je crois que je préfère d’autres livres d’Ottolenghi (on verra quand je les aurai relus !) mais il y a quand même quelques recettes que j’aime beaucoup et que je refais de temps en temps.

  • photos: **** (presque toutes les recettes illustrées)
  • texte: ** (chaque plat est présenté mais il n’y a pas vraiment d’introduction générale sur la cuisine)
  • originalité des recettes: ****
  • authenticité des recettes: la question ne se pose pas vraiment vu que c’est très fusion
  • faisabilité des recettes: ***
  • mesures: unités de mesures métriques
  • recettes favorites: « Mushroom ragout with poached duck egg » (avec un oeuf de poule, ça fonctionne aussi), « Soba noodles with aubergine and mango », « Burnt aubergine with tahini », « Quesadillas », « Warm glass noodles and edamame beans » (essayé mais ça manque de complexité, ça reste fade malgré les condiments), « Avocado, quinoa and broad bean salad » (même commentaire)
  • indispensabilité du livre: ***

Everyday Harumi

Harumi Kurihara, Everydy Harumi. Simple Japanse Food for Family & Friends (2009): Harumi Kurihara, très connue au Japon, a voulu écrire un livre pour un public non-japonais, suite à une expatriation en Grande-Bretagne. Elle a rassemblé des recettes faciles à préparer, en utilisant des ingrédients qui se trouvaient (en 2009) en supermarché (ou parfois dans des épiceries plus spécialisées). Elle explique comment elle a conçu ce livre dans l’introduction et présente les principaux ingrédients, puis passe aux recettes, précédées de quelques mots explicatifs. Celles-ci sont classée par type d’ingrédient principal (boeuf, poulet, riz, miso, aubergine….). J’ai acheté ce livre il y a longtemps, et je n’ai jamais préparé grand-chose à l’époque. En le ressortant pour le lire (depuis, je me suis plongée dans la cuisine japonaise avec plein d’autres livres), je me rend compte que le résultat est le même. En fait, les plats sont trop simples, même pour de la cuisine de tous les jours. Il y en a bien quelques-uns qui sont tentants, mais je préfère soit la cuisine un peu fusion de Tim Anderson, soit la tradition de Nancy Singleton Hachisu.

  • photos: **** (toutes les recettes illustrées)
  • texte: *** (chaque plat est présenté et il y a une introduction générale sur les ingrédients, mais pas la cuisine)
  • originalité des recettes: **
  • authenticité des recettes: **** (je pense que c’est assez authentique, juste très simple)
  • faisabilité des recettes: *****
  • mesures: unités de mesures métriques
  • recettes favorites: « Japanese tsukune with teriyaki sauce », « Green beans with minced pork »
  • indispensabilité du livre: **