Kindred

Octavia E. Butler, Kindred: Dana, jeune femme afro-américaine qui vient de fêter ses 26 ans, vit avec son compagnon blanc en Californie (on est en 1976). Un jour, elle est atteinte subitement de nausées et de vertiges et se retrouve dans le Maryland bien avant la guerre de Sécession pour sauver un petit garçon blanc de la noyade. Très vite, elle se rend compte que celui-ci est son ancêtre Rufus. Et elle réalise quel est le but de ce retour dans le temps, et des suivants qui l’obligeront à vivre dans une société esclavagiste où les Noires comme elle n’ont pas un mot à dire.

Je poursuis mon opération « vidage de la PAL de 2019 », et quand je ne sais pas choisir, je prends le suivant sur la liste. En regardant sur goodreads, je n’ai pas eu d’indice sur qui m’avait conseillé ce roman, mais en discutant avec mon ami-collègue, je me suis rendue compte que c’était lui. Il sait que j’ai du mal avec la science-fiction mais que j’aime les voyages dans les temps, et Octavia E. Butler a écrit dans les deux styles. C’était d’ailleurs la première femme afro-américaine à écrire ce genre de romans. Ce qu’elle décrit dans Kindred est l’histoire tragique des esclaves dans les plantations nord-américaines, et le fait d’utiliser le personnage de Dana qui voyage dans le temps offre une toute autre vision des choses: c’est une femme moderne qui se retrouve plongée dans une société rétrograde, patriarcale et violente (elle la compare aux camps d’extermination des nazis) et son regard est bien plus lucide par ce procédé. Butler décrit les relations humaines dans les moindres détails et ne cherche pas la facilité. Rufus est un personnage complexe et marqué par son temps – le contact avec Dana n’influence pas sa personnalité – et même si c’est parfois difficile à lire, c’est bien plus réaliste. Je ne pensais pas aimer autant ce roman alors que j’ai tendance à fuir les histoires d’esclavage (je crois que j’ai été un peu traumatisée par des films étant petite). C’est tout simplement superbe et extrêmement triste et pessimiste à la fois !

Octavia E. Butler, Kindred, Beacon Press, 2004 (première édition de 1979 – en français: Liens de sang)

Short diary of the week (456)

Lundi: une très mauvaise nuit avec des insomnies pendant lesquelles je suis persuadée d’avoir le covid, mais aussi faire un beau rêve où je me retrouve dans les bras de Nick Cave (et oui !), pas très en forme du coup ce matin, et avec le retour des maux de tête et toujours ce nez qui me chatouille, de la couture, de la lecture entrecoupée d’une sieste dont je me réveille en sursaut et complètement déboussolée, je me sens déjà mieux, la suite de la lecture qui se répartit sur six livres différents – l’idéal pour varier les plaisirs surtout quand l’un ou l’autre est un peu ardu, le retour des moustiques, mais comment ont-ils réussi à me piquer à travers le gilet ?

Mardi: je suis rétablie – c’était donc un micro-rhume qui m’a attaquée un peu plus de 36 heures, le colis prévu pour demain arrivera donc aujourd’hui (j’ai craqué pour des sandales que j’ai déjà dans deux autres couleurs – le rouge/rouille s’ajoute donc au noir et au bleu clair), du tri de photo (j’en suis au dernier jour de mon voyage en Andalousie – ça avance donc – il était temps – mais les articles ne sont pas encore prêts), de la couture – avec une belle frayeur au début: j’ai commencé à découper les pièces de patron du mauvais côté du tissu qui donc pour une fois a un sens – heureusement j’ai pu me rattraper même si la jupe sera du coup un peu plus courte, les démangeaisons des allergies aux piqûres, de la lecture – avec un livre de cuisine que j’ai voulu terminer pour terminer la liste la plus ancienne – du coup j’ai sorti tous ceux de l’année suivante à lire et j’en ai fait une pile – mais peut-être que ce serait mieux si j’alternais avec des plus récents ?, est-ce que 26° est la chaleur idéale pour moi ? en fait je crois que c’est 28° ma température préférée – celle où je n’ai plus froid, la terrasse le soir c’est bien sauf quand vient l’attaque des moustiques qui piquent donc bien à travers le gilet (et sur mon cou) – il faudra prendre des mesures pour les prochains jours

Mercredi: des courses pour me protéger des moustiques, acheter une lampe à lumière bleue rechargeable en usb (et en plus ça éclaire – c’était un peu cher mais ça a l’air pas mal), revoir par hasard un ami d’université pas vu depuis des années, discuter un moment, acheter du répulsif à la pharmacie, du tri de photos, de la lecture, donc 28° c’est vraiment pas mal !, me voici protégée contre les moustiques avec tout mon attirail et ça a l’air de fonctionner – il faudra voir les prochains jours, vais-je terminer ce récit de voyage ?, oui ! mais c’est aussi parce que j’ai lu 200 pages d’une traite jusque dans mon lit avant de m’endormir

Jeudi: ce plaisir de choisir le nouveau roman à lire, tenter de continuer ma robe en cours mais il fait trop chaud dans la pièce couture, terminer le tri des photos de mon voyage de l’année passée et publier un article sur suasaday, la séance de sport qui est un mélange de pilates et de yoga vu la chaleur, de la lecture – me plonger avec joie dans le nouveau roman choisi, mais aussi une grosse fatigue, un rendez-vous en ville et une très agréable soirée pour faire connaissance avec une blogueuse voyage qui habite aussi Bruxelles, et puis un délicieux cocktail sur mesure créé par Yen du Yi Chan

Vendredi: une nuit un peu agitée (comme toujours après une sortie), les courses pour la semaine tant qu’il ne fait pas encore trop chaud, un quart d’heure de couture, il fait plus frais en bas, terminer le roman en cours (lu en deux jours), choisir le suivant, terminer un livre sur le cinéma un peu répétitif (et en commencer un autre très court), un tartare de saumon du livre Sirocco qui masque un peu trop le goût du poisson, réussir à éviter les moustiques une seconde fois alors que je profite de ma terrasse

Samedi: et si cousais plus tôt dans la matinée quand il fait encore plus ou moins frais ? du travail de précision – insérer un fin ruban dans la couture n’est pas aisé, écrire des brouillons de billets pour le blog et publier un nouvel article à propos de mon voyage en Andalousie l’année passée (le premier jour à Malaga), un mal de tête qui commence, un beau coup de pompe, de la lecture, terminer le volume 14 d’America – plus que deux !, commencer un livre de cuisine, continuer tout ce qui est en cours – j’ai donc lu dans sept livres différents aujourd’hui, un délicieux repas un peu improvisé, activer la protection anti-moustiques, observer le chat persan qui s’est installé au milieu du jardin

Dimanche: une très mauvaise nuit avec peu de phases de sommeil profond et des maux de tête – si seulement j’en connaissais les raisons (je n’avais aucune raison d’être stressée cette nuit – la suivante ce sera un peu différent), chasser le chat persan qui une fois de plus a profité de la fenêtre ouverte pour venir découvrir mon salon, commencer à rassembler des choses pour ma valise, une sieste, de la lecture, terminer ma valise, encore un peu de lecture sur la terrasse

Plenty

Yotam Ottolenghi, Plenty (2010): comme beaucoup de gens, j’ai été intéressée par les recettes très « légumes » de l’Israélien Yotam Ottolenghi, et par ses combinaisons inédites et souvent inspirées par la cuisine du Proche-Orient. Plenty est probablement le premier que j’ai acheté (mais ça pourrait aussi être More Plenty). Ce livre compile un grand nombre de recettes publiées auparavant dans The Guardian, mais comme l’indique l’auteur dans la brève introduction, certaines ont été remaniées. Il n’y a quasi pas de texte, juste une courte présentation à la tête de chacune des recettes, classées par ingrédient principal (courgette, haricots, poivrons, céréales, fruits avec du fromage…) et se limitant à des recettes salées et végétariennes (même si une option avec viande/poisson est parfois suggérée dans l’intro). En reprenant ce livre et en le feuilletant de A à Z, je me suis rendue compte qu’il n’y a pas tant de recettes que ça qui me donnent envie, soit parce qu’elles sont trop compliquées, soit parce qu’elles ne forment pas un plat unique et qu’il faudrait l’accompagner d’autre chose. Je crois que je préfère d’autres livres d’Ottolenghi (on verra quand je les aurai relus !) mais il y a quand même quelques recettes que j’aime beaucoup et que je refais de temps en temps.

  • photos: **** (presque toutes les recettes illustrées)
  • texte: ** (chaque plat est présenté mais il n’y a pas vraiment d’introduction générale sur la cuisine)
  • originalité des recettes: ****
  • authenticité des recettes: la question ne se pose pas vraiment vu que c’est très fusion
  • faisabilité des recettes: ***
  • mesures: unités de mesures métriques
  • recettes favorites: « Mushroom ragout with poached duck egg » (avec un oeuf de poule, ça fonctionne aussi), « Soba noodles with aubergine and mango », « Burnt aubergine with tahini », « Quesadillas », « Warm glass noodles and edamame beans » (essayé mais ça manque de complexité, ça reste fade malgré les condiments), « Avocado, quinoa and broad bean salad » (même commentaire)
  • indispensabilité du livre: ***

Everyday Harumi

Harumi Kurihara, Everydy Harumi. Simple Japanse Food for Family & Friends (2009): Harumi Kurihara, très connue au Japon, a voulu écrire un livre pour un public non-japonais, suite à une expatriation en Grande-Bretagne. Elle a rassemblé des recettes faciles à préparer, en utilisant des ingrédients qui se trouvaient (en 2009) en supermarché (ou parfois dans des épiceries plus spécialisées). Elle explique comment elle a conçu ce livre dans l’introduction et présente les principaux ingrédients, puis passe aux recettes, précédées de quelques mots explicatifs. Celles-ci sont classée par type d’ingrédient principal (boeuf, poulet, riz, miso, aubergine….). J’ai acheté ce livre il y a longtemps, et je n’ai jamais préparé grand-chose à l’époque. En le ressortant pour le lire (depuis, je me suis plongée dans la cuisine japonaise avec plein d’autres livres), je me rend compte que le résultat est le même. En fait, les plats sont trop simples, même pour de la cuisine de tous les jours. Il y en a bien quelques-uns qui sont tentants, mais je préfère soit la cuisine un peu fusion de Tim Anderson, soit la tradition de Nancy Singleton Hachisu.

  • photos: **** (toutes les recettes illustrées)
  • texte: *** (chaque plat est présenté et il y a une introduction générale sur les ingrédients, mais pas la cuisine)
  • originalité des recettes: **
  • authenticité des recettes: **** (je pense que c’est assez authentique, juste très simple)
  • faisabilité des recettes: *****
  • mesures: unités de mesures métriques
  • recettes favorites: « Japanese tsukune with teriyaki sauce », « Green beans with minced pork »
  • indispensabilité du livre: **

Lonesome Dove

Larry McMurtry, Lonesome Dove (I & II): 1880, Texas. Augustus McCrae et Woodrow Call, deux anciens rangers qui ont combattu les Comanches et pacifié la frontière, se sont installés à Lonesome Dove, une bourgade un peu perdue, et ont créé un ranch. Ils sont entourés de quelques fidèles cowboys et d’un cuisinier qui frappe violemment sur la cloche à chaque repas. La vie est tranquille, chacun vaque à ses tâches sans trop se presser, la chaleur les accable tous. Un jour réapparaît Jake, ancien comparse des deux héros, et grand coureur de jupons – la prostituée du coin, Lorena, tombe amoureuse immédiatement. Il lance l’idée de conduire un troupeau dans la Montana, terre encore quasi vierge à cette époque.

Il faut environ 150 pages avant que la troupe, qui s’est agrandie depuis, quitte Lonesome Dove, et j’ai eu un peu de mal à entrer dans le roman. En même temps, ces pages sont tout à fait nécessaires pour présenter les différents protagonistes, même si l’action n’est pas encore vraiment au rendez-vous. Par la suite, Larry McMurtry réussit à créer un rythme, dosant les scènes d’action – dont certaines sont particulièrement spectaculaires et font tourner les pages à un rythme effréné (quel malheur quand mon métro arrivait à destination !) – et les scènes plus calmes, d’introspection même. Il entre dans la tête de quelques-uns de ses personnages principaux, y compris de quelques femmes comme Lorena et plus tard, Clara. Parfois aussi apparaissent de nouveaux personnages qui croiseront la route des cowboys.

C’est un roman foisonnant, un pavé de plus de mille pages (que l’édition français a coupé en deux tomes mais que j’ai lu d’une traite – ce serait dommage de s’interrompre) qui n’ennuie jamais (à part peut-être le début qui est une mise en place – mais c’est souvent le cas dans un pavé). J’ai adoré ! J’ai été prise par l’histoire, par le passé et le présent des héros, tout particulièrement Augustus et le jeune Newt – l’un bourré d’expérience, l’autre devant tout apprendre. Il y le côté western, les aventures avec le troupeau de bétail, les rencontres avec des hors-la-loi et des Indiens mais aussi tout un monde intérieur, intime qui dévoile les sentiments de ces hommes (et femmes) de la frontière. J’ai été prise par les suspense, mais j’ai aussi été au bord des larmes à plusieurs moments. J’ai hâte de lire les autres romans de la série !

Est-ce que vous avez lu d’autres séries de Larry McMurtry ?

Larry McMurtry, Lonesome Dove, Gallmeister (Totem), 2017, 532 + 585 p. (traduction: Richard Crevier, édition originale: 1985) – un second roman donc pour le challenge Pavé des l’été organisé par Brize

Short diary of the week (455)

Lundi: des mauvais rêves à propos de mon futur au bureau, réveillée tôt, de retour au bureau, je crois que j’étais la première ce matin – heureusement que l’homme de ménage a changé ses horaires et a désactivé l’alarme, toujours pour ce futur au bureau me rendre compte que je devrai sans doute à nouveau travailler avec des gens que je n’apprécie pas (et qui pompent toute mon énergie, et dont certains m’ont fait du mal dans le passé et je n’ai pas oublié – oui je peux être rancunière), déprimer à force de me retrouver enfermée là, malgré tout avancer un peu dans l’encodage (ce n’est pas le boulot le plus excitant n’est-ce-pas ?), partir plus tôt pour faire du shopping, ne pas trouver ce que je cherche – de jolis verres à vin et un plat à mettre au four, mais acheter un coffret Microplane en soldes (contenant une râpe et un éminceur ainsi que le gant pour se protéger la main), trouver le centre ville de plus en plus déprimant au niveau du choix des magasins, chercher ce que je n’ai pas trouvé sur le net mais ne rien acheter encore – je crois que je vais d’abord passer au Carrefour pour ces plats – et j’ai vu de jolis verres mais ils ne sont plus en stock, l’apéro bien mérité après ces déconvenues (et après la déprime de la journée de travail), de la lecture sur la terrasse, des invités chez des voisins avec à nouveau un mâle âgé imbu de sa personne qui sait tout et qui parle très fort

Mardi: réveillée tôt à nouveau, discuter avec des collègues-amis – c’est un peu moins déprimant qu’hier du coup, de l’encodage (un avant-goût de mon enthousiasmant futur…), des maux de tête, cette commande qui est enfin arrivée à la librairie, mon macbook qui se plante complètement parce que je ne l’ai pas rebranché sur le secteur – il commence à montrer des signes de vieillesse, avoir du mal à relancer Chrome – comprendre finalement que c’est parce que la date a été remise à zéro, du poulet sauté – un plat improvisé, de la lecture sur la terrasse

Mercredi: prendre la voiture par flemme et du coup arriver en moins de 20 minutes – les rues de Bruxelles sont vides au milieu de l’été – seuls quelques feux rouges m’ont ralentie, être à nouveau la première au bureau et finalement rencontrer l’homme de ménage qui termine son boulot, de l’encodage, discuter longtemps avec un collègue-ami, recevoir un intéressant cadeau d’anniversaire, des maux de tête à nouveau, cette chaleur qui ne donne pas envie de travailler, ce truc que j’avais oublié de faire et qui prend finalement plus de temps que prévu parce qu’il y a un bug et donc finalement je pars plus tard que prévu, m’installer sur ma terrasse, malheureusement je ne finirai pas ce roman passionnant ce soir

Jeudi: attendre la pluie et voir les nuages qui avancent sur le radar, le retour à Okinawa, une courte averse, pas la grande forme aujourd’hui (maux de tête et problèmes de digestion), une séance de sport où j’avoue à ma coach que je n’arrive vraiment pas à aimer ça (le sport, donc, en général), de la lecture, et donc commencer deux nouveaux livres, je ne voulais pas commencer un livre trop long mais comme il y a une erreur dans le nombre de pages sur goodreads j’ai finalement entamé un pavé – ça me fera un pavé de plus pour l’été, de la comfort food japonaise (omurice et poulpys de La cantine de minuit), des nuages menaçants, de nouveau de la pluie qui fera un bien fou au jardin

Vendredi: dernier jour de travail avant deux semaines de vacances, la fraîcheur du matin après la pluie, le travail donc, refermer l’ordinateur après avoir encodé mon message d’absence, quelques courses – je cherchais un nouveau plat pour le four et après avoir visité des magasins chics et chers lundi j’ai fini par acheter le truc pas cher au Carrefour (et en plus en mode 1+1 gratuit), de la lecture, un plat indonésien trèèèès piquant mais très bon, vu la fraîcheur du soir regardons un film: The Scarlet Empress (Josef von Sternberg, 1934)

Samedi: traîner dans le canapé, m’attaquer à ce patron que je dois retracer à ma taille, préparer une tarte aux mûres du jardin à la frangipane de pistaches (la recette est mal expliquée et j’ai dû doubler la quantité de frangipane), de la lecture, terminer cet immense pavé historique commencé en avril, c’était passionnant, une journée sans maux de tête et de grosse fatigue c’est quand même mieux – bref la crise est terminée après quatre jours, donner une chance à cette recette d’Ottolenghi mais finalement être assez déçue par le manque de complexité (nouilles de riz et edamame – ou deux ingrédients principaux très fades dont le goût n’arrive pas à être relevé assez par les condiments – en gros ça manquait de viande ou de crevettes), ne pas avoir envie de commencer un film et donc me réinstaller sur la terrasse alors que les températures ont déjà bien baissé

Dimanche: écrire de brouillons d’articles de blog, de la couture – la toile ne doit quasi pas être modifiée et cette fois-ci deux mètres de tissu suffisent pour le patron, préparer l’une ou l’autre marinade, me sentir fiévreuse (j’ai donc 37°) et avec des maux de tête, de la lecture, reprendre ma température – c’est descendu à 36,3°, avoir l’impression que mon nez se bouche (mais en fait pas vraiment), un barbecue, encore de la lecture

Vietnamese

Uyen Luu, Vietnamese: Simple Vietnamese food to cook at home (2021): Uyen Luu avait cinq ans quand elle est arrivée en Grande-Bretagne, dans les années 1980. Elle s’est intéressée à la cuisine une fois qu’elle est partie habiter seule et, avec ce livre, elle propose une des recettes vietnamiennes aux influences européennes. Certaines sont très fusion, d’autres sont très traditionnelles (on ne joue pas avec un pho par exemple, comme elle l’explique). Le texte d’introduction est très court et survole juste les ingrédients principaux. Les différents chapitres proposent des plats à manger avec du riz, des légumes, des salades vietnamiennes, des plats de fête, des soupes de nouilles, des repas rapides, des desserts et les basiques. Cela permet de faire un petit tour des spécialités culinaires du pays, mais Uyen Luu ne désire pas être complète, elle préfère choisir des plats qui font plaisir. J’ai préparé quelques-uns des plats, et c’était chaque fois délicieux (j’aime ce petit côté fusion qui facilite la tâche), mais comme souvent, je retourne toujours aux mêmes (voir ci-dessous) et j’ai du mal à élargir mon répertoire même si j’ai mis pas mal de signets (des soupes de nouilles faciles, des aubergines à la sauce soja et au basilic thaï, du porc braisé dans de l’eau de coco, du poulet au gingembre ou en curry…). Un livre intéressant pour ses recettes faciles, et que je ressortirai de temps en temps, mais qui s’ajoute à mes autres livres de cuisine vietnamienne (je n’ai pas encore trouvé de favori pour cette cuisine, et pourtant j’en ai une série).

  • photos: **** (toutes les recettes illustrées)
  • texte: ** (chaque plat est présenté mais il n’y a pas vraiment d’introduction générale sur la cuisine)
  • originalité des recettes: ****
  • authenticité des recettes: *** (il s’agit d’une cuisine vietnamienne adaptée à l’Europe, mais dans le bon sens)
  • faisabilité des recettes: *****
  • mesures: unités de mesures métriques et impériales
  • recettes favorites: « Baked ginger & lemon chicken », « Roast poussin with lemon, orange & garlic with roasted chips » (les deux recettes se ressemblent un peu)
  • indispensabilité du livre: ***

Les genres fluides

Clovis Maillet, Les genres fluides: ce livre était tentant, voici ce qu’en dit la quatrième de couverture: « Pouvait-on changer de genre au Moyen Âge ? Vivre en homme et devenir sainte ? Naître fille et finir chevalier ? Changer d’habits comme d’identité durant cette période dominée par la chrétienté ? (…) De Jeanne d’Arc à Hildegonde-Joseph en passant par Eugénie-Eugène, sainte Thècle ou le chevalier Silence, ce livre propose une réflexion sur le genre en retraçant une histoire trans de l’époque médiévale. »

Clovis Maillet décrit donc les vies de quelques femmes qui se sont fait passer pour des hommes, très souvent dans le contexte religieux, mais ça se limite un peu à ça, à des exemples. Il est utile pour écrire l’histoire de trouver des cas particuliers, mais il est aussi intéressant d’en tirer des conclusions, de faire un portrait plus large d’une société, de créer des liens et c’est toute cette partie qui manque à mon avis dans ce livre. J’ai eu l’impression de lire le début d’une recherche, pas la fin, d’où ma déception. Je me pose aussi la question de la transposition de concepts actuels à une société du passé, bien différente, et qui ne vivait pas la relation homme-femme de la même manière. Entre les lignes, j’ai cru comprendre aussi qu’il y a une bonne part de militantisme queer dans ce texte, vu le nombre de précautions que prend l’auteur. Cela ne m’a pas dérangée mais quand même fait tiquer un peu, dans le sens où je trouve cela bien dommage que notre société ait toujours des problèmes avec la transidentité. Heureusement, le livre n’est pas très long, je l’aurais d’ailleurs abandonné dans le cas contraire.

Clovis Maillet, Les genres fluides, Arkhê, 2020, 172p. (dont 143 de texte suivi)

Bilan culturel – juillet 2022

Romans

  • Callan Wink, August – 3/5
  • Amor Towles, The Lincoln Highway – 3/5
  • Larry McMurtry, Lonesome Dove I & II – 5/5
  • Michel Le Bris, Kong – abandonné

Non-fiction

  • Song Hwee Lim & Julian Ward, The Chinese cinema book – 4/5
  • Clovis Maillet, Les genres fluides. De Jeanne d’Arc aux saintes trans – 2/5
  • Uyen Luu, Vietnamese: Simple Vietnamese food to cook at home – 4/5
  • America n°13 – 4/5
  • Harumi Kurihara, Everyday Harumi: Simple Japanese food for family and friends – 3/5
  • Yotam Ottolenghi, Plenty – 3/5

Séries tv

  • Tokyo Vice – 3/5 (avec un 0/5 pour la fin)

Films

  • Crépuscule à Tokyo (Yasujiro Ozu, Japon, 1957) – 4/5
  • Pompeii (Paul W.S. Anderson, 2014) – 1/5
  • The Count of Monte Christo (Rowland V. Lee, 1934) – 2/5
  • Dante’s Peak (Roger Donaldson, 1997) – 3/5
  • L’Atalante (Jean Vigo, France, 1934) – 4/5
  • The Heroic Trio (Johnny To, Hong Kong, 1993) – 3/5
  • Le sorgho rouge (Zhang Yimou, Chine, 1987) – 3/5

Documentaires

  • Heimaland (Dorus Masure & Ischa Clissen, Belgique, 2022)

Couture

  • « The birdcages dress », une robe Hazel de Colette Patterns (autant profiter du fait que j’ai agrandi le patron) avec un tissu Michael Miller très ancien trouvé il y a quelques années dans un magasin ch. de Wavre à Etterbeek.
  • « In the deep blue see dress », encore une robe Butterick B5032 avec du tissu Alexander Henry

Short diary of the week (454)

Lundi: réveillée très tôt, et du coup partir tôt et en voiture pour pouvoir rentrer tôt tout à l’heure, de l’encodage, cette conversation qui fait du bien, encore de l’encodage, rentrer et commencer à dégager la terrasse, mais quand même m’y installer pour lire un peu – avec de nouveau un passage très prenant, L’Atalante (Jean Vigo, France, 1934)

Mardi: me réveiller à 5h du matin et ne plus vraiment me rendormir, du coup ce n’est pas la grande forme ce matin, continuer à dégager la terrasse, et puis voilà le jardinier qui m’aide pour les derniers pots et commence à démonter le tout, le boulot, plus de terrasse – juste un grand vide qu’il faut escalader pour sortir, heureusement il n’y avait pas de cadavres en dessous – juste quelques cannettes rouillées et des baballes et des nosnos pour le chienchien (pas le mien donc), de la lecture, hésiter longtemps pour le repas du soir et finir par me tourner vers un plat facile, The Heroic Trio (Johnny To, Hong Kong, 1993)

Mercredi: me lever tôt pour conduire la voiture au garage, l’arrivée du jardinier, les travaux de la terrasse – suite, du tri de disques, aller rechercher la voiture et me rendre compte qu’il y a eu un grand malentendu: elle est bien passée au contrôle technique mais n’a pas eu son entretien, prendre donc un nouveau rendez-vous en août (en râlant un peu bien sûr), le nouveau bois est là mais à part ça les travaux n’ont pas beaucoup avancé aujourd’hui, des aubergines à la vietnamienne – pas la meilleure recette du lot – ou alors en l’adaptant, regarder un film en accéléré juste pour voir les scènes avec Keanu Reeves (Much Ado About Nothing de Kenneth Branagh) – trop fatiguée en fait pour me concentrer sur le film

Jeudi: un nuit très agitée, jour 3 des travaux, du tri de cd – plus particulièrement du groupe d’Okinawa Nenes que je redécouvre par la même occasion, de l’escalade pour arriver au fond du jardin, de la lecture, le début d’un film

Vendredi: une bonne nuit – enfin, jour 4 des travaux – ça avance, du tri de cd, de la lecture, il reste donc les finitions (les bords, un escalier…) et tout le rangement, mais quand même déjà réinstaller le salon de jardin et m’y installer pour la soirée qui fraîchit rapidement

Samedi: jour 5 des travaux, de la couture: retracer un patron mais me rendre compte au moment de le placer sur le tissu que mon métrage est trop limité (pourquoi n’ai-je acheté que deux mètres ?), réfléchir à un autre patron – encore un qu’il faudra remettre à ma taille, rempoter quelques plantes et avoir bien chaud, de la lecture, la dernière ligne droite, aider le jardinier à tout ranger et embarquer les vieilles planches (il m’aide aussi à remettre les pots les plus lourds sur la terrasse, de même que la table), c’est fini !!!, manger un truc improvisé rapide à préparer vu qu’il est déjà tard, découvrir avec effroi que les piqûres que j’ai eu hier se sont développées en immense allergie, profiter de la nouvelle terrasse avec un bouquin, bouquin-pavé (Kong de Michel Le Bris) que je décide d’abandonner pour cause de style un peu grandiloquent et de manière de raconter qui ne me plaît pas du tout, choisir le roman suivant et être scotchée de suite, la nuit qui tombe m’oblige finalement à rentrer

Dimanche: les piqûres me démangent horriblement (à l’arrière du genou) et je ne peux rien faire (la crème à la cortisone aide juste à accélérer un tout petit peu la guérison), traîner dans le canapé, remettre toutes les plantes sur la terrasse (a priori l’équipe du jardinier allait le faire sauf que ses deux employés sont tombés malades), c’est beau ! et il y a enfin un escalier ! (l’ancienne terrasse était à la même hauteur mais un escalier n’avait jamais été fabriqué – je me débrouillais avec un bloc de béton puis un tabouret en plastique), m’installer au jardin mais le vent et les nuages me font finalement rentrer, de la cuisine, la fin du film commencé jeudi: Le sorgho rouge (Zhang Yimou, Chine, 1987)