Les grandes oubliées

Titiou Lecoq, Les grandes oubliées: pourquoi l’histoire a effacé les femmes: c’est une question que je me suis toujours posée, et évidemment quand j’ai vu ce livre, je me devais de l’acheter et de le lire tout de suite. Titiou Lecoq raconte d’une manière passionnante et sur un ton très direct et moderne l’histoire du monde (et de la France) en y replaçant les figures féminines. Elle parle des mythes qui expliqueraient pourquoi les femmes ont été reléguées à certaines tâches (ça implique le sang des règles). Elle décrit tous les métiers que pouvaient exercer une femme au Moyen Age, de chevaleresse à bâtisseuse de cathédrales. Elle explique comment un grand mouvement qui se met en place dès le 13e siècle et initié par les hommes enferme progressivement les femmes dans des rôles de plus en plus limités (la maison, les enfants). Mais elle parle aussi de ces exceptions, de celles qui ont tenté de sortir du moule malgré la force du patriarcat. J’ai aussi appris par la même occasion que le mot « autrice » existe depuis bien longtemps et qu’il a été effacé par l’histoire pendant de longs siècles. C’est passionnant et horrifiant à la fois, mais indispensable à lire. Cela manque juste d’une bonne bibliographie pour continuer ses lectures (il y a des notes de bas de page renvoyant à divers ouvrages mais c’est moins pratique et il est possible que ce soit un choix de l’éditeur plutôt que de l’autrice). Et encore une autre remarque: c’est très franco-français mais du coup, ma curiosité est encore plus grande pour la Belgique et j’ai découvert qu’il existe un Centre d’archives et de recherches pour l’histoire des femmes à Bruxelles. Un livre à lire et à offrir !