At the movies – I (1929)

Depuis un an environ, je me suis à nouveau tournée un peu plus vers le cinéma, délaissant les séries par la même occasion. C’est en partie lié au boulot mais c’est aussi par intérêt personnel. Jusqu’à présent, je n’ai pas parlé des films, qui sont juste cités dans mon bilan mensuel, et quelque part je trouve ça dommage. J’ai aussi entrepris la lecture d’un gros pavé sur l’histoire du cinéma, A history of narrative film de David A. Cook que j’avais acheté à l’époque pour mon cours à l’université. De fil en aiguille, j’ai constaté les nombreux trous dans ma culture cinématographique et j’ai eu envie de les combler. Evidemment, étant comme je suis, j’ai commencé à établir des listes chronologiques, à partir du livre mais aussi de best of du cinéma trouvé sur le net. Evidemment, j’ai très vite compris que ça mettrait des années pour voir tout ce qu’il y a sur ces listes; pour les années 1930, j’ai une moyenne de 20 films par année à regarder (je publierai mes articles à chaque fois que j’ai vu une petite dizaine de films). Je ne suis pas pressée. Par contre, j’ai envie de laisser une trace de ces listes ici sur le blog, mais sans que ça devienne une corvée, et donc avec des commentaires minimalistes.

Je commence en 1929. Pourquoi cette année-là ? C’est le moment où les films deviennent réellement et complètement sonores. J’aurais pu commencer en 1927 avec The Jazz Singer mais seules certaines scènes sont parlées. Il n’y a pas d’ordre précis, je les ai regardés en fonction de ce que je trouvais en premier et de mes envies.

source: wikipedia

Hallelujah !, King Vidor (1929) – 2/5: un des tout premiers films avec du son, rajouté en post-synchronisation. J’ai été surprise en voyant que ça racontait une histoire d’une communauté de Noirs (je n’avais pas lu le résumé). J’ai par contre très vite abandonné à cause du scénario peu prenant. Mais ça chante tout le temps, il y a de belles scènes de danse, et la course-poursuite dans les marais est intéressante au niveau sonore.

Coquette, Sam Taylor (1929): un essai peu concluant – il y a une version sur you tube mais sans sous-titres, et le son est tellement mauvais que je ne comprends rien – j’ai donc abandonné après 15 minutes. Intéressant parce que c’est le premier rôle parlant de Mary Pickford.

Blackmail, Alfred Hitchcock (1929) – 2/5: premier film parlant britannique, mais avec de nombreux passages muets. Vu en version dvd, et donc avec sous-titres bien nécessaires. Si c’est un film important pour l’histoire, je dois malgré tout dire que je l’ai trouvé bien statique et ennuyeux. Jolie scène avec des canaris.

The Broadway Melody, Harry Beaumont (1929) – 3/5: premier film entièrement sonore (mais avec toujours quelques intertitres pas vraiment nécessaires). L’histoire est simpliste – deux soeurs arrivent à Broadway pour faire carrière et ont des déboires amoureux – mais les scènes de spectacle, chantées et dansées, sont pas mal. Et puis, il y a les vêtements, les costumes, et l’art déco – reflétant l’époque. Ainsi que les mentions de deux plats que les protagonistes vont manger: du chop suey et du chili.

Alibi, Roland West (1929) – 2/5: trouvé sur youtube mais avec des sous-titres générés automatiquement qui sont souvent dans la panade (« dummy » pour « darling » par exemple). Le son est vraiment mauvais, on entend constamment le bruit de la caméra et parfois les acteurs sont hors de portée des micros. Film de gangster – il est protégé par son épouse qui lui fournit un alibi mais il est poursuivi par la police. Le tout est tourné en intérieur – une caractéristique de beaucoup de ces films de l’époque – et les scènes de dialogues sont entrecoupées de scènes dansées d’un spectacle. Et il y a de nouveau un canari qui chante.

The Virginian, Victor Fleming (1929) – 3/5: le premier western parlant, et avec beaucoup de scènes d’extérieur (ça fait du bien !). Une histoire d’amour complète celle de voleurs de bétail, et il y a une scène de duel, et des scènes de saloon. Par contre la conclusion est bien vite expédiée. Avec Gary Cooper à qui on a mis de l’eyeliner et une actrice aux yeux charbonneux typique des années 1920 (les westerns sont clairement marqués par la période où ils ont été tournés, tout comme les films qui se passent dans le passé d’ailleurs).

Applause, Rouben Mamoulian (1929) – 4/5: une histoire qui se passe dans le milieu des spectacles burlesque de l’époque: Kitty Darling donne naissance à une petite fille, April, sur scène; celle-ci grandira dans un couvent avant de rejoindre sa mère à l’âge de 17 ans (et c’est là qu’on se rend compte que les deux actrices n’ont que 9 ans de différence dans la vraie vie). Un bon film pour l’époque (toutes proportions gardées évidemment – l’histoire est quand même très marquée par l’époque: Tony, le marin: « Tu m’épouseras ! » – April: « Laisse-moi réfléchir » – « Si tu ne dis pas oui maintenant, je me me suicide en sautant du bâtiment » – « Ok, je t’épouse ! ») avec une grande variété de plans intérieurs et extérieurs (le pont de Brooklyn notamment), une caméra qui bouge et des jeux d’ombre et lumière. Quelques scènes de danse mais l’effeuillage est suggéré hors caméra. Les scènes de couvent sont bien kitsch par contre. Et à nouveau, les personnages parlent d’aller manger du chop suey.

The love parade, Ernst Lubitsch (1929) – 2/5: un coureur de jupons (Maurice Chevalier) tombe amoureux de la reine de Sylvanie et l’épouse mais perd du coup toute son autorité. L’histoire est minimaliste, et le film est entrecoupé de scènes chantées (et dansées) qui font plutôt du remplissage. Je me suis ennuyée pendant tout ce film de Lubitsch, le premier que je voyais de lui.

The Cocoanuts, Robert Florey & Joseph Santley (1929): j’ai abandonné ce film autour des Marx Brothers après une demi-heure; je n’accroche pas du tout au slapstick. Et pourtant, wikipedia me dit qu’il y avait certaines innovations au niveau de la cinématographie mais je n’arrivais pas à concilier la tentative d’histoire et les scènes musicales et dansées (qui ressemblent à du remplissage) avec les scènes assez kinétiques des frères Marx.