The bells of old Tokyo

Anna Sherman, The bells of old Tokyo: meditations on time and a city: en lisant les commentaires sur goodreads, j’ai un peu hésité à commencer ce livre, et puis je me suis lancée. Anna Sherman est américaine et a vécu de longues années à Tokyo. Dans ce livre, elle s’interroge sur les cloches qui rythmaient le temps à Edo, l’ancienne Tokyo, et part à la recherche des vestiges. Elle parcours ainsi l’histoire de la ville, mais aussi sa géographie, s’attachant à décrire des temples anciens ou le quartier du palais de l’empereur, mais aussi des quartiers plus modernes. Elle explique comment la ville a été détruite complètement deux fois au 20e siècle, d’abord par le grand tremblement de terre de 1923, puis par les bombardements américains en 1945. Elle note d’ailleurs que ce drame n’est pas que très peu commémoré dans la ville, juste par un petit musée privé, qui est bien loin des grandes esplanades et monuments d’Hiroshima et Nagasaki. Comme Sherman réfléchit sur le temps, elle a également rencontré des fabricants d’horloges anciennes et explique comment le temps était découpé dans le passé (il n’y avait que 12 heures, de durée inégale). Chaque chapitre est entrecoupé par quelques pages plus personnelles, à propos de la relation entre l’auteur et un patron de bar qui prépare de délicieux cafés à partir de grains qu’il torréfie lui-même – endroit qui raconte en même temps l’évolution de la ville.

En relisant les commentaires négatifs sur goodreads, j’ai compris ce qui a troublé ces lecteurs: ce n’est pas un livre à recommander comme première approche du Japon, il vaut mieux déjà connaître une série de choses (une des personnes se plaignait que le mot « shogun » n’était pas expliqué). C’est mon cas, et du coup, j’ai adoré le côté un peu « nerd » du livre, cette recherche d’infimes détails, d’éléments dont on ne parle jamais ailleurs. C’est un récit qui donne une autre image de Tokyo, sans répéter tout ce qui a déjà été dit sur la ville (et à mon point, j’en ai déjà lu beaucoup, des répétitions). J’ai juste trouvé dommage que les nombreuses notes ne soient pas mieux indiquées dans le texte (un petit 1 en indice aurait été utile). Un livre passionnant, donc, mais à ne pas mettre entre toutes les mains.