Les âmes silencieuses

Mélanie Guyard, Les âmes silencieuses: Loïc Portevin, parisien imbu de sa personne, doit suivre une psychothérapie après avoir frappé l’amant de sa femme (celle-ci l’a mis dehors et a demandé le divorce suite à cet événement). Il ne supporte pas ces séances qu’il trouve inutiles et est fatigué des questions de la thérapeute à propos de son histoire familiale qu’il ne connaît pas. Au même moment, sa mère lui demande de vider la maison de sa grand-mère et vu qu’il n’a rien de mieux à faire, il s’attelle à la tâche. C’est l’automne, et la demeure est dans un petit village perdu dont les habitants n’ont pas leur langue dans leur poche et l’interpellent sur le passé. Loïc ne comprend pas vraiment pourquoi on en veut toujours à sa grand-mère, Héloïse. Jusqu’à ce qu’il trouve des lettres de celle-ci à J., un homme mystérieux. L’histoire se dévoile au cours des pages, alternant le temps présent et la période de la Seconde Guerre mondiale, quand Héloïse n’était encore qu’une jeune fille qui essaie de protéger sa famille des Allemands.

L’histoire est habilement construite, entre passé et présent, entre une jeune fille qu’on admire dès les premières lignes et un mec désabusé qu’on déteste, du moins au début du récit. J’ai été happée, tournant les pages l’une après l’autre. Je n’ai pas quitté mon canapé de l’après-midi, et j’ai terminé le livre avant de m’endormir, en une seule journée. Je devais savoir ce qui s’était passé, m’étant attachée à Héloïse et à son secret que je voulais connaître. Car il ne faut pas toujours se fier aux apparences. Il y a un côté « psychogénéalogie » dans ce roman, et c’est tout simplement passionnant de voir comment le passé peut encore avoir une influence sur les personnes que nous sommes aujourd’hui. Et aussi, c’est intéressant de voir comment se créent les secrets de famille. J’ai adoré !

Malibu Rising

Taylor Jenkins Reid, Malibu Rising: une histoire se passant à Malibu, avec du surf – c’est écrit pour moi, non ? Août 1983, les quatre enfants Riva se préparent à la fête annuelle organisée chez Nina, l’aînée. Leur père, Mick, est un chanteur très populaire mais a abandonné sa femme et ses enfants lorsqu’ils étaient tout petits, sans se soucier d’eux et sans leur apporter d’aide financière. Nina, Jay, Hud et Kit ont grandi, se passionnant tous les quatre pour le surf, et s’en sont sortis. Nina est devenue modèle photo et a épousé un joueur de tennis très connu, Jay et Hud sont entrés dans le monde des compétitions et Kit termine l’école. Chacun a évidemment des secrets et ils seront révélés au cours de cette journée fatidique qui se terminera par un incendie (ce n’est pas un spoiler, c’est annoncé dans le prologue).

Vu comme ça, ça aurait pu être passionnant. Sauf que non. L’idée de découper cette journée du mois d’août d’heure en heure est intéressante mais cette construction déraille complètement à cause des chapitres qui parlent du passé des Riva, de la rencontre entre leurs parents et de leur enfance. Ces chapitres sont longs, tandis que ceux de la journée sont très brefs et font perdre le fil du récit. Dans la seconde partie, ces chapitres disparaissent mais il y a toujours de très nombreux flash-back. Je pourrais encore pardonner cette construction déséquilibrée si le roman avait été bien écrit. Et bien non, c’est un soap sans âme. Tous les personnages ont des secrets, y compris certains invités à la fête (il y a des apartés), mais c’est du lourd comme dans Dallas: machin a trompé truc, truc a un enfant illégitime mais personne ne le savait et la vérité éclate au grand jour, rajoutons un incendie (annoncé dès le début) pour corser le tout. Parlons de cet incendie d’ailleurs – ou pas, ce serait spoiler l’histoire (mais j’ai été bien déçue – du genre « tout ça pour ça ? »). Quant au surf, un sujet que j’adore, il n’y a que quelques courts passages qui n’expriment en rien la relation que peut avoir un surfer avec les vagues et l’océan.

Que dire d’autre ? On sent que l’auteur s’est inspirée de diverses sources, des films, des magazines de l’époque (pour les tenues notamment) et des romans sur Los Angeles, mais elle a juxtaposé les éléments qui semblaient intéressants, sans vraiment les lier, et elle n’a pas réussi, pour moi, à donner un portrait de la ville. C’est vide et rempli de clichés. Et il n’y a aucune âme.

Short diary of the week (414)

Lundi: une nuit très moyenne, une grosse fatigue dès le matin (ça faisait longtemps !), lire tous ces mails en attente et envoyer des réponses, difficile de commencer quelque chose alors que je sais que demain on m’en imposera d’autres, un immense coup de pompe après manger, tondre la pelouse, un peu de lecture, une soirée tv avec des émissions enregistrées: Air Crash Investigation et Garden Rescue

Mardi: la journée au bureau, la bruine n’est pas très agréable, une réunion d’équipe le matin et constater avec plaisir que l’idée d’article qui m’intéresse le plus pour le magazine est aussi celle qui est acceptée, une mini-réunion juste après, manger avec les collègues, de la gestion de disques, et puis rentrer bien fatiguée de la journée, Garden Rescue

Mercredi: attaquer ce premier sujet, ça prend un certain temps quand même pour tout écouter – c’est un podcast, à nouveau un immense coup de pompe en début d’après-midi, finaliser ce court article, le blanc complet quant au repas du soir, finalement préparer quelque chose à partir de tomates et de saucisse qui était au surgélateur, Morocco de Josef von Sternberg (1930) – quel film magnifique !

Jeudi: en attente de réponses pour plein de choses, sentir que toutes les deadlines vont se bousculer bientôt, et voilà elles se bousculent, le choix du film de la semaine a changé plusieurs fois en cours de route, et donc regarder White Building de Kavich Neang (2021), m’endormir à la moitié – j’étais bien fatiguée, de la lecture, une soirée tv très n’importe quoi

Vendredi: attaquer cette playlist cinéma, le gentil commentaire d’un collègue, une première notice écrite – plus que deux (mais mon cerveau doit d’abord se reposer un moment), rédiger une seconde un peu in extremis avant de manger, l’excursion de l’après-midi: les expositions d’art contemporain de la triennale Magma à Ottignies et à Louvain-la-Neuve, une drôle d’ambiance au centre culturel d’Ottignies quasi flippante d’ailleurs, une expo plus classique au Musée L et puis totalement différente dans le parking souterrain, des embouteillages pour rentrer, bien crevée après tout ça mais en même temps avoir l’impression d’avoir trouvé un nouvel élan pour des sorties, Garden Rescue

Samedi: une mauvaise nuit, et puis c’est la course, retrouver un ami pour visiter l’expo Hockney à Bozar – pas mal mais je préfère sa période piscines, photos interdites mais ce n’est pas plus mal vu le monde (je n’ai toujours pas digéré ce besoin incessant de selfies vu en Espagne), se promener en ville en faisant un détour par le Kam Yuen, un curry rice chez Konchu – nouvelle cantine bruxelloise, remonter du côté de l’avenue Louise pour commander mes nouveaux verres à lunettes (on me l’avait dit, et en effet, les verres progressifs ça coûte un pont), rentrer vidée et bien courbaturée dans le cou, grignoter ce délicieux feuilleté grec acheté chez Strofilia (le traiteur), Vivre dans la peur (Akira Kurosawa, 1955) – j’ai beaucoup de mal à apprécier Kurosawa: tout est trop extrême

Dimanche: une bonne et longue nuit, de la lecture de blogs, de l’écriture de brouillons de billets, du tri de photos (une nouvelle constante, et j’ai à peine commencé), hésiter à écrire un compte-rendu de mon voyage et puis me dire que ce serait quand même pas mal (mais je n’ai pas encore écrit une lettre), récolter les tomates encore vertes et préparer un pickle, récolter les piments et mettre une grande partie au surgélateur mais aussi tenter une fermentation de deux variétés, de la lecture, terminer un livre mais du coup ne pas avancer dans le roman en cours, commencer une nouvelle série: Foodie Love sur Arte (en espagnol, et me rendre compte qu’après mon voyage j’aime écouter cette langue) (et découvrir qu’il y a une seconde saison de 37° in February

Al-Andalus

Pierre Guichard, Al-Andalus: 711-1492: une histoire de l’Espagne musulmane: je n’ai pas grand-chose à dire sur ce livre – il s’agit donc bien d’une histoire de l’Espagne sous domination musulmane. Pierre Guichard résume tout cela en 200 pages environ, se focalisant sur les événements historiques. J’aurais aimé apprendre plus de choses sur l’économie, la culture et la vie quotidienne et je suis restée un peu sur ma faim mais je connais maintenant la base. J’avais d’abord entamé un autre livre, en néerlandais, de Luk Corluy, Al-Andalus 711-1492 mais je l’ai abandonné pour diverses raisons: trop de détails historiques, des contradictions, un style lapidaire et très sec avec des phrases sujet-verbe-complément l’une à la suite de l’autre, et de multiples répétitions des mêmes mots dans une phrase – comme si le livre n’avait jamais été relu. Le sujet m’intéresse mais je n’ai pas trouvé le livre idéal, donc. La première lecture m’a en tous cas beaucoup aidée à mieux comprendre mes visites à Cordoue et Grenade, ce qui était le but recherché. Et elle m’a donné envie d’en connaître plus sur l’histoire du monde musulman en général. D’autres lectures suivront donc probablement dans le futur.

Mango and peppercorns

Tung Nguyen, Katherine Manning et Lyn Nguyen, avec Elisa Ung, Mango and peppercorns: a memoir of food, an unlikely family, and the American dream: en 1975, Tung Nguyen, jeune femme vietnamienne de la campagne, fuit Saigon et se retrouve comme réfugiée aux Etats-Unis. Katherine Manning, jeune femme américaine, la prend sous son aile. Ensemble, elles vont ouvrir un restaurant vietnamien à Miami et Tung deviendra maman de la petite Lyn. C’est donc l’histoire d’un rêve américain, d’une femme qui commence une nouvelle vie en utilisant ses talents culinaires.

Je l’avais attendu, ce livre ! L’histoire me semblait passionnante, une histoire d’immigration pour quitter un pays en guerre, le récit d’une réussite par l’intermédiaire de la nourriture. Et pourtant, j’ai été sacrément déçue: ce n’est pas parce qu’on est cuisinière ou propriétaire de restaurant qu’on sait écrire, et ce n’est même pas parce qu’une autre personne s’occupe de la rédaction que ça devient passionnant. Le récit est basé sur des interviews, et parle de différentes périodes de la vie de ces femmes, avec chaque fois une recette phare pour clôturer le chapitre. Mais on n’entre jamais vraiment dans la vie de Tung, qui reste extrêmement réservée, tandis que Katherine prend trop de place, faisant office de rouleau compresseur à l’américaine. Tout au long des pages, j’ai eu cette impression un peu désagréable que Tung se faisait exploiter, même si Elisa Ung a tenté de la mettre en avant. Quant aux recettes, si certaines ont l’air authentiquement vietnamiennes, d’autres sont de la fusion américano-vietnamienne, et ce n’est vraiment pas ma tasse de thé. Une grosse déception donc, et l’impression d’avoir perdu un peu mon temps.

Short diary of the week (413)

(pour une demi semaine)

Mercredi: atterrir à Zaventem et rentrer à la maison, voir de suite ma voisine qui me dit qu’elle n’a pas voulu m’inquiéter mais qu’il y a eu un cambriolage dans la maison voisine, je ferais peut-être bien d’un peu mieux cacher certaines choses, du coup je pose cette question sur les réseaux sociaux: mettez-vous encore des bijoux anciens en or ou avec des pierres précieuses ? – ça me semble tellement anachronique, transférer le bon millier de photos vers l’ordinateur (quasi 2000 en fait) et constater que certaines sont pas mal, une envie de spaghettis, fatiguée de cette journée, et donc juste un épisode de Garden Rescue (oui, il y en a encore que je n’ai pas vus dans les anciennes saisons)

Jeudi: un réveil intempestif vers 4h du matin, puis une grasse matinée (toutes proportions gardées), constater avec effroi que malgré les plus de 12000 pas par jour j’ai pris du poids (la faute à la nourriture trop grasse ?), traîner dans le canapé et réfléchir à ce que je dois faire dans les prochains jours (ça implique un tour chez Ikea et trier ces bijoux, ou du moins les photographier, et du jardinage d’automne), mesurer la voiture – ça devrait rentrer, aller chez Ikea donc, mais donc les sommiers ne sont plus en kit comme avant, ça rentre tout juste dans la voiture mais j’ai eu besoin d’un peu d’aide, une jeune femme m’a donné un coup de main, et une fois à la maison j’ai demandé à un voisin – je n’en pouvais plus en fait !, après j’ai tout installé et j’en ai profité pour nettoyer en profondeur en dessous du lit, du tri de photos, le début d’un film mais trop fatiguée pour le regarder en entier

Vendredi: quelques courbatures au réveil suite à mes achats d’hier, les courses alimentaires – je suis parée pour la semaine qui vient !, me souvenir que je voulais acheter ce livre de Diglee et revenir avec deux livres de plus, et puis commander ce livre de cuisine tant attendu, démonter les vieux sommiers – l’exercice physique du jour, de la lecture, de la cuisine, la suite de ce film – The Cocoanuts (1929) – que j’abandonne par manque d’intérêt pour le slapstick des Marx Brothers (j’ai publié un premier article à propos de ces films anciens – une nouvelle série sur le blog), Garden Rescue à la rescousse de ma soirée tv

Samedi: la lecture des blogs lecture, la fouille pour retrouver ces bijoux que j’ai caché quelque part, après de longues recherches j’ai mis la main sur la partie la moins intéressante, je déclare forfait pour la dernière trousse qui pourtant contient les plus belles choses – ce sera une mission pour les mois qui viennent mais qui implique sans doute un rangement en profondeur de mes armoires, de la lecture – terminer deux livres, le premier film parlant de Greta Garbo: Anna Christie de Clarence Brown (1930), commencer un nouveau livre

Dimanche: pas sûre que je vais continuer le livre – peut-être que le film suffira à combler mon intérêt ?, traîner dans le canapé et me lancer dans un chantier imprévu: trouver un nouveau template pour mon blog voyages (et en trouver un autre par la même occasion pour celui-ci mais je ne l’ai pas encore mis en place parce qu’il y a évidemment plein de détails à régler), rentrer les loupiotes de jardin en vue de l’hiver, de lecture souvent distraite (par une sieste et par d’autres choses), le premier repas de gibier de la saison, Boy erased (Joel Edgerton, 2018) ou comment remplacer la lecture d’un livre par un film (j’ai bien fait: je connais maintenant l’histoire et ça m’a pris deux heures plutôt que six), les angoisses qui montent et que je tente tant bien que mal de réprimer

At the movies – I (1929)

Depuis un an environ, je me suis à nouveau tournée un peu plus vers le cinéma, délaissant les séries par la même occasion. C’est en partie lié au boulot mais c’est aussi par intérêt personnel. Jusqu’à présent, je n’ai pas parlé des films, qui sont juste cités dans mon bilan mensuel, et quelque part je trouve ça dommage. J’ai aussi entrepris la lecture d’un gros pavé sur l’histoire du cinéma, A history of narrative film de David A. Cook que j’avais acheté à l’époque pour mon cours à l’université. De fil en aiguille, j’ai constaté les nombreux trous dans ma culture cinématographique et j’ai eu envie de les combler. Evidemment, étant comme je suis, j’ai commencé à établir des listes chronologiques, à partir du livre mais aussi de best of du cinéma trouvé sur le net. Evidemment, j’ai très vite compris que ça mettrait des années pour voir tout ce qu’il y a sur ces listes; pour les années 1930, j’ai une moyenne de 20 films par année à regarder (je publierai mes articles à chaque fois que j’ai vu une petite dizaine de films). Je ne suis pas pressée. Par contre, j’ai envie de laisser une trace de ces listes ici sur le blog, mais sans que ça devienne une corvée, et donc avec des commentaires minimalistes.

Je commence en 1929. Pourquoi cette année-là ? C’est le moment où les films deviennent réellement et complètement sonores. J’aurais pu commencer en 1927 avec The Jazz Singer mais seules certaines scènes sont parlées. Il n’y a pas d’ordre précis, je les ai regardés en fonction de ce que je trouvais en premier et de mes envies.

source: wikipedia

Hallelujah !, King Vidor (1929) – 2/5: un des tout premiers films avec du son, rajouté en post-synchronisation. J’ai été surprise en voyant que ça racontait une histoire d’une communauté de Noirs (je n’avais pas lu le résumé). J’ai par contre très vite abandonné à cause du scénario peu prenant. Mais ça chante tout le temps, il y a de belles scènes de danse, et la course-poursuite dans les marais est intéressante au niveau sonore.

Coquette, Sam Taylor (1929): un essai peu concluant – il y a une version sur you tube mais sans sous-titres, et le son est tellement mauvais que je ne comprends rien – j’ai donc abandonné après 15 minutes. Intéressant parce que c’est le premier rôle parlant de Mary Pickford.

Blackmail, Alfred Hitchcock (1929) – 2/5: premier film parlant britannique, mais avec de nombreux passages muets. Vu en version dvd, et donc avec sous-titres bien nécessaires. Si c’est un film important pour l’histoire, je dois malgré tout dire que je l’ai trouvé bien statique et ennuyeux. Jolie scène avec des canaris.

The Broadway Melody, Harry Beaumont (1929) – 3/5: premier film entièrement sonore (mais avec toujours quelques intertitres pas vraiment nécessaires). L’histoire est simpliste – deux soeurs arrivent à Broadway pour faire carrière et ont des déboires amoureux – mais les scènes de spectacle, chantées et dansées, sont pas mal. Et puis, il y a les vêtements, les costumes, et l’art déco – reflétant l’époque. Ainsi que les mentions de deux plats que les protagonistes vont manger: du chop suey et du chili.

Alibi, Roland West (1929) – 2/5: trouvé sur youtube mais avec des sous-titres générés automatiquement qui sont souvent dans la panade (« dummy » pour « darling » par exemple). Le son est vraiment mauvais, on entend constamment le bruit de la caméra et parfois les acteurs sont hors de portée des micros. Film de gangster – il est protégé par son épouse qui lui fournit un alibi mais il est poursuivi par la police. Le tout est tourné en intérieur – une caractéristique de beaucoup de ces films de l’époque – et les scènes de dialogues sont entrecoupées de scènes dansées d’un spectacle. Et il y a de nouveau un canari qui chante.

The Virginian, Victor Fleming (1929) – 3/5: le premier western parlant, et avec beaucoup de scènes d’extérieur (ça fait du bien !). Une histoire d’amour complète celle de voleurs de bétail, et il y a une scène de duel, et des scènes de saloon. Par contre la conclusion est bien vite expédiée. Avec Gary Cooper à qui on a mis de l’eyeliner et une actrice aux yeux charbonneux typique des années 1920 (les westerns sont clairement marqués par la période où ils ont été tournés, tout comme les films qui se passent dans le passé d’ailleurs).

Applause, Rouben Mamoulian (1929) – 4/5: une histoire qui se passe dans le milieu des spectacles burlesque de l’époque: Kitty Darling donne naissance à une petite fille, April, sur scène; celle-ci grandira dans un couvent avant de rejoindre sa mère à l’âge de 17 ans (et c’est là qu’on se rend compte que les deux actrices n’ont que 9 ans de différence dans la vraie vie). Un bon film pour l’époque (toutes proportions gardées évidemment – l’histoire est quand même très marquée par l’époque: Tony, le marin: « Tu m’épouseras ! » – April: « Laisse-moi réfléchir » – « Si tu ne dis pas oui maintenant, je me me suicide en sautant du bâtiment » – « Ok, je t’épouse ! ») avec une grande variété de plans intérieurs et extérieurs (le pont de Brooklyn notamment), une caméra qui bouge et des jeux d’ombre et lumière. Quelques scènes de danse mais l’effeuillage est suggéré hors caméra. Les scènes de couvent sont bien kitsch par contre. Et à nouveau, les personnages parlent d’aller manger du chop suey.

The love parade, Ernst Lubitsch (1929) – 2/5: un coureur de jupons (Maurice Chevalier) tombe amoureux de la reine de Sylvanie et l’épouse mais perd du coup toute son autorité. L’histoire est minimaliste, et le film est entrecoupé de scènes chantées (et dansées) qui font plutôt du remplissage. Je me suis ennuyée pendant tout ce film de Lubitsch, le premier que je voyais de lui.

The Cocoanuts, Robert Florey & Joseph Santley (1929): j’ai abandonné ce film autour des Marx Brothers après une demi-heure; je n’accroche pas du tout au slapstick. Et pourtant, wikipedia me dit qu’il y avait certaines innovations au niveau de la cinématographie mais je n’arrivais pas à concilier la tentative d’histoire et les scènes musicales et dansées (qui ressemblent à du remplissage) avec les scènes assez kinétiques des frères Marx.

The bells of old Tokyo

Anna Sherman, The bells of old Tokyo: meditations on time and a city: en lisant les commentaires sur goodreads, j’ai un peu hésité à commencer ce livre, et puis je me suis lancée. Anna Sherman est américaine et a vécu de longues années à Tokyo. Dans ce livre, elle s’interroge sur les cloches qui rythmaient le temps à Edo, l’ancienne Tokyo, et part à la recherche des vestiges. Elle parcours ainsi l’histoire de la ville, mais aussi sa géographie, s’attachant à décrire des temples anciens ou le quartier du palais de l’empereur, mais aussi des quartiers plus modernes. Elle explique comment la ville a été détruite complètement deux fois au 20e siècle, d’abord par le grand tremblement de terre de 1923, puis par les bombardements américains en 1945. Elle note d’ailleurs que ce drame n’est pas que très peu commémoré dans la ville, juste par un petit musée privé, qui est bien loin des grandes esplanades et monuments d’Hiroshima et Nagasaki. Comme Sherman réfléchit sur le temps, elle a également rencontré des fabricants d’horloges anciennes et explique comment le temps était découpé dans le passé (il n’y avait que 12 heures, de durée inégale). Chaque chapitre est entrecoupé par quelques pages plus personnelles, à propos de la relation entre l’auteur et un patron de bar qui prépare de délicieux cafés à partir de grains qu’il torréfie lui-même – endroit qui raconte en même temps l’évolution de la ville.

En relisant les commentaires négatifs sur goodreads, j’ai compris ce qui a troublé ces lecteurs: ce n’est pas un livre à recommander comme première approche du Japon, il vaut mieux déjà connaître une série de choses (une des personnes se plaignait que le mot « shogun » n’était pas expliqué). C’est mon cas, et du coup, j’ai adoré le côté un peu « nerd » du livre, cette recherche d’infimes détails, d’éléments dont on ne parle jamais ailleurs. C’est un récit qui donne une autre image de Tokyo, sans répéter tout ce qui a déjà été dit sur la ville (et à mon point, j’en ai déjà lu beaucoup, des répétitions). J’ai juste trouvé dommage que les nombreuses notes ne soient pas mieux indiquées dans le texte (un petit 1 en indice aurait été utile). Un livre passionnant, donc, mais à ne pas mettre entre toutes les mains.

Short diary of the week (412)

Lundi: une nuit un peu agitée et pourtant c’est férié pour moi aujourd’hui, en fait j’ai entendu les voisins rentrer de leurs vacances au milieu de la nuit, je me réveille donc vraiment au moindre bruit, profiter de cette dernière journée à la maison, préparer mes affaires pour aller au boulot demain et devoir ressortir le sac à dos pour transporter ce pc portable cassé, de la lecture – terminer un roman, terminer la série We are Lady Parts qui est juste géniale !, et prendre du Lysanxia pour tenter de dormir convenablement

Mardi: une nuit assez paisible – c’est déjà ça, chargée comme une mule pour aller au bureau, trouver mon collègue informaticien dès le matin – il trouve très vite la solution à mon souci, parler aux collègues, la réunion avec des invités, parler à mon chef un court moment, puis tomber sur mon directeur et lui parler un long moment pour expliquer tout ce qui me pèse pour le moment, être heureusement surprise quand lui aussi me remercie à la fin pour cette discussion, rentrer crevée – évidemment, un repas assiette apéro, Sex Education

Mercredi: différentes options pour le boulot mais attendre une réponse pour une en particulier qui est ma n°1 mais qui pourrait aussi être éliminée de la liste, diverses tâches utiles mais un peu chiantes, et puis la réponse arrive et je m’y mets de suite, regarder un documentaire donc – Holgut de Liesbeth De Ceulaer, et puis mon cerveau se met en route mais l’écriture sera pour demain, et du coup plus de concentration pour lire, deux épisodes de Sex Education

Jeudi: la phase de procrastination pré-écriture a été assez courte finalement, de l’écriture donc, puis de l’encodage, de la lecture – le rythme a sérieusement diminué depuis la reprise du boulot – par manque de concentration aussi, la fin de la troisième saison de Sex Education – pas mal mais un peu moins bien que les précédentes

Vendredi: une nuit un peu agitée, la journée où il faut terminer des choses, les terminer à mon aise, m’énerver pour un truc alors que je ne devrais pas, de la lecture, le début d’un film mais m’endormir

Samedi: si seulement je pouvais éviter cette tension pré-voyage, deux ans sans partir n’aident pas et j’ai l’impression que c’est pire que d’autres fois, un passage à la pharmacie pour remplacer tous ces classiques qui ont eu le temps de périmer depuis le dernier voyage, l’heure où beaucoup de voisins se croisent dans la rue, faire ma valise donc, de la lecture, la fin du film: The love parade (Ernst Lubitsch, 1929) – c’était plutôt ennuyeux, les angoisses qui montent – augmentées par la pluie qui tombe à verse et la crainte de nouvelles fuites dans le toit

Dimanche: une nuit un peu agitée, me préparer le coeur un peu serré, j’ai horreur de ces moments pré-départ où je ne me sens pas très bien – j’imagine que ça se calmera une fois à l’aéroport, et puis la suite ce sera pour dans une dizaine de jours

Bilan culturel – septembre 2021

Romans

  • Lou Berney, November Road – 4/5
  • Taylor Jenkins Reid, Malibu rising – 2/5
  • Mélanie Guyard, Les âmes silencieuses – 4/5
  • Brandon Hobson, Where the dead sit talking – 4/5
  • Sally Rooney, Normal people – 3/5

Non-fiction

  • Diglee, Ressac – 5/5
  • Anna Sherman, The bells of old Tokyo – 4/5
  • Tung Nguyen, Katherine Manning, Lyn Nguyen, Mango and peppercorns. A memoir of food, an unlikely family, and the American dream – 2/5
  • Pierre Guichard, Al-Andalus: 711-1492. Une histoire de l’Espagne musulmane – 3/5
  • Eddy L. Harris, Mississippi solo – 3/5
  • Hideaki Fujiki & Alastair Phillips, The Japanese cinema book – 3/5

Séries tv

  • Betty, saison 2 – 4/5
  • We are Lady Parts – 5/5
  • Sex Education, saison 3 – 3/5

Films

  • Everest, Baltasar Kormákur (2015) – 4/5
  • Le héros sacrilège, Kenji Mizoguchi (1955) – 2/5
  • Blackmail, Alfred Hitchcock (1929) – 2/5
  • John Wick, David Leitch & Chad Stahelski (2014) – 4/5
  • The Broadway Melody, Harry Beaumont (1929) – 3/5
  • Alibi, Roland West (1929) – 2/5
  • Beyond the dream, Kiwi Chow (2019) – 3/5
  • The Virginian, Victor Fleming (1929) – 3/5
  • Applause, Rouben Mamoulian (1929) – 4/5
  • Hang ’em high, Ted Post (1968) – 3/5

(Je prépare un article avec quelques notes sur ces films de 1929).

Documentaires

  • Anthony Bourdain No Reservations, saison 3 – 4/5
  • Holgut, Liesbeth De Ceulaer (2021) – 4/5

Sorties

  • un repas au Namaste, resto indien à Sterrebeek

Couture

  • « The pink hibiscus dress », d’après le patron de la « Lamour dress » de Gretchen Hirsch, enfin terminée après deux ans.
  • transformation d’une jupe Collectif et mise à ma taille