November Road

Lou Berney, November Road: lieutenant fidèle du boss de la mafia Carlos Marcello de la Nouvelle-Orléans, Frank Guidry se rend compte qu’il en sait trop sur le meurtre de John F. Kennedy qui vient d’avoir lieu. Il accepte encore une dernière mission mais sait qu’il doit tenter de fuir; il soupçonne en effet qu’un tueur est à ses trousses. Il prend la route et décide d’aller rejoindre un vieil ami à Las Vegas, un ami qui déteste Marcello – il ne peut faire confiance à personne. En même temps, dans une petite ville de l’Oklahoma, Charlotte Roy décide sur un coup de tête de quitter son mari alcoolique, emmenant ses deux petites filles avec elle dans un long périple vers la Californie. Elle tombe en panne, et croise le chemin de Guidry. Celui-ci y voit l’occasion rêvée de mieux camoufler sa fuite et embarque la famille, prenant le rôle du père de famille. Charlotte commence à documenter le voyage avec un appareil photo qu’elle vient d’acheter, et montre un talent tout particulier avec le jeu des ombres et lumières. Mais comme c’est un polar, tout ne se passe pas comme prévu: Frank et Charlotte sont attirés l’un par l’autre et commencent une relation. Et il y a toujours ce tueur qui les poursuit.

Le roman suit les points de vue des trois protagonistes principaux, Guidry, Charlotte et le tueur, alternant leurs histoires, et donnant au lecteur des informations que les personnages n’ont pas eux-même. Cela augmente évidemment le suspense. C’est aussi une très belle analyse de personnalités, celle des hommes qui sont un peu paumés et qui sont rattrapés par leur passé mais surtout celle de cette femme qui veut aller de l’avant (l’épilogue est particulièrement touchant). Je me suis attachée aux personnages et j’ai adoré lire ce livre, que j’ai dévoré en quelques jours. J’ai été particulièrement émue par la force de Charlotte, et par la manière dont un auteur masculin a transmis un message très féministe.