Un fleuve de fumée

Amitav Ghosh, Un fleuve de fumée: la fin d’Un océan de pavots, la première partie de cette trilogie, avait laissé le lecteur au milieu de l’Océan Indien pendant une tempête. Au début du second roman, la situation est assez confuse et le lecteur ne sait plus trop quand cela se passe. Au fil des pages, l’action se recentre cependant sur un tout petit groupe de personnages vivant dans l’enclave étrangère de Canton, juste avant la première Guerre de l’opium. Il y a Bahram, le Parsi, qui a une cargaison d’opium à vendre; son secrétaire particulier, Neel, un raja déchu dont on avait suivi les aventures dans la première partie; et puis Robin, un peintre qui raconte ce qui se passe dans la ville dans des lettres à Paulette (aussi un personnage de la première partie) qui doit rester à Hong Kong, les femmes étant interdites dans l’enclave. Cette dernière devient rapidement un personnage secondaire (ce qui est bien dommage) et l’intrigue se base de plus en plus au fil des pages sur des écrits et documents d’époque. Le récit perd son côté romanesque et devient un livre d’histoire. Et c’est là que le bât blesse: le lecteur qui commence ce livre compte lire un roman, pas de la non-fiction ! Je me suis sérieusement ennuyée, survolant certaines pages, espérant le retour de tous ces personnages abandonnés à la fin du premier tome. Mais non ! Restent juste les descriptions très minutieuses de la vie dans l’enclave étrangère de Canton pendant quelques mois. Mais c’est peu pour un roman de plus de 700 pages. Est-ce que je lirai la troisième partie ? Peut-être, elle semble en tous cas mieux notée sur Goodreads, et je n’aime laisser une trilogie en plan, surtout après avoir lu les deux tiers.

Pour cette nouvelle année, je vais essayer d’être plus franche dans mes notes; j’ai en effet tendance à n’utiliser que les 3 ou 4 étoiles. D’où le 2 pour ce livre, et bientôt un 5 !

Short diary of the week (376)

Lundi: quand mon sommeil est troublé par une des choses urgentes à faire pendant la journée, et que franchement cette chose à faire n’est vraiment pas une montagne, on voit que mon cerveau cherche vraiment à montrer qu’il est là pendant la nuit, et donc terminer la chose urgente en moins d’une heure, de l’encodage, une réunion avec l’autre service dont je fais partie, au début tout va bien mais après un moment je commence à sérieusement m’énerver de ces problèmes qui portent à discussion pour la xième fois, après 2h30 (c’est bien trop long !) je ferme rageusement mon ordinateur en criant et je sors marcher pour tenter d’évacuer mes frustrations, mais ça ne suffit pas et le reste de ma soirée est troublée – ce qui me frustre encore plus, je crois que je fais un burn out pour 1/5 de mon temps de travail, I may destroy you, Undercover, avoir du mal à m’endormir

Mardi: une nuit bien trop courte et pas réparatrice, m’attaquer à un nouveau texte, c’est un peu laborieux, une visioconférence pour régler des problèmes informatiques, une visioconférence avec mes collègues – une toute autre ambiance qu’à celle d’hier, un gros coup de mou et de déprime, envie d’avoir des conversations avec des gens, I may destroy you, Undercover

Mercredi: le plaisir de ces mails journaliers avec un collègue et ami – un peu comme nos discussions en live à la machine à café, fignoler ce texte d’hier que j’ai bien fait d’abandonner à un moment, terminer une série d’autres choses, de la lecture, la fin de I may destroy you – je comprends pourquoi The Guardian était si enthousiaste mais je me suis pas mal ennuyée

Jeudi: réveillée en sursaut par la pluie et le vent, réveillée en sursaut par le réveil, terminer et publier un texte, réfléchir à ce que je vais faire après, de l’encodage, de la lecture, Undercover, terminer le roman en cours et choisir le suivant

Vendredi: congé !, faire les courses dans un supermarché en travaux – pas la meilleure expérience du monde – en fait ils installent un nouveau comptoir traiteur, faire des plans pour l’après-midi, me souvenir de justesse que j’ai un rendez-vous, et du coup mon après-midi n’est pas comme je le souhaitais, de la lecture, un cocktail partagé, deux épisodes d’Undercover

Samedi: le temps commence à être bien long tous les jours à la maison et avec une météo trop froide et triste pour faire de grandes choses dehors, de la couture, me lancer dans le début du rangement et du tri de ma garde-robe, en fait il y a beaucoup de boîtes à chaussures vides mais la poubelle à papier est déjà remplie, de la lecture, terminer un intéressant livre de cuisine et choisir le suivant, des frites !, Far from the madding crowd de Thomas Vinterberg (2015), pas de neige ou presque par ici

Dimanche: oh une montgolfière, écrire quelques brouillons d’articles pour le blog, de la couture, la suite du rangement de la garde-robe, de la lecture, terminer un livre plutôt moyen, un documentaire sur les sentos sur NHK World, Garden Rescue

My year of rest and relaxation

Ottessa Moshfegh, My year of rest and relaxation: ce roman raconte l’histoire d’une jeune femme new-yorkaise jamais nommée qui décide de passer l’année qui vient en dormant. Elle quitte son travail dans une galerie d’art et trouve une psy qui lui prescrit tout ce qu’elle demande, tout particulièrement des somnifères et des antidépresseurs, de plus en plus forts. Elle n’a aucun souci d’argent, ses parents décédés lui ont laissé un bel héritage et rien ne s’oppose à son expérience. Tout commence bien, elle dort beaucoup, mais ce n’est pas encore suffisant. Elle essaie un nouveau médicament et là, elle se rend compte qu’elle fait des choses dont elle ne se souvient plus du tout, mais elle voit les traces: de nouveaux vêtements et objets apparaissent dans sa vie.

Difficile de parler d’un roman déjà lu et apprécié (ou détesté) par des millions de personnes. Je suis restée longtemps dubitative, mais c’est en le refermant que je me suis rendue compte de l’intérêt de ce roman. C’est l’histoire d’une jeune femme qui ne se sent plus à sa place dans la société et qui décide d’un « reboot », d’un nouveau départ. Sa manière de faire semble radicale mais elle l’est beaucoup moins qu’un suicide en fin de compte. Elle se coupe du monde, des contacts sociaux et tente une expérience nouvelle. Elle est détestable par son côté « petite fille de riches » mais elle est touchante par son désir d’autre chose… C’est un roman acerbe sur la vie new-yorkaise et ses apparences; et les personnages de la psy et de l’amie, Reva, sont assez typés, jusqu’à en devenir drôles (surtout pour la psy). C’est un roman qui se dévore en quelques jours, le lecteur se demandant si la narratrice va se sortir de la situation qu’elle s’est imposée.

Bénie soit Sixtine

Maylis Adhémar, Bénie soit Sixtine: Sixtine, une jeune fille éduquée dans la foi catholique, rencontre Pierre-Louis, lui aussi issu d’une bonne famille. Ils se marient selon le rite traditionnel, entourés de leurs grandes familles respectives. La seule tâche de Sixtine est de s’occuper de la maison et surtout, de procréer le plus vite possible, et à la chaîne. Elle tombe rapidement enceinte mais sa grossesse est un calvaire. Son mari est très peu présent, sa belle-mère se mêle de tout. Elle commence à douter, tout particulièrement suite à un événement tragique. Elle prendra alors enfin sa vie en main et découvrira un autre monde.

Comme beaucoup de lecteurs, j’ai été attirée par les descriptions du fondamentalisme catholique, un monde où la famille prend la place centrale quitte à rejeter les « autres ». Un monde rigoriste et fermé où la femme n’est qu’une machine à procréer des bons petits croyants. Cette partie est en effet un plaisir à lire, avec ces descriptions qui font lever les yeux au ciel mais qui sont sans doute très proches de la réalité. J’ai eu plus de mal avec la seconde partie, dans laquelle Sixtine découvre un autre monde. Fallait-il vraiment choisir l’extrême opposé ? Petit aparté: j’ai hurlé intérieurement quand un des personnages sort un hang, un instrument qui ressemble à un gong, mais c’est un traumatisme personnel. A une époque, dans le cadre de mon travail, j’ai été quasi harcelée par une personne qui voulait absolument convaincre le monde entier que cet instrument était fantastique.

Ce roman se lit facilement et est très plaisant dans sa description du monde fermé de l’extrême-droite conservatrice, mais la transformation de Sixtine est un peu trop romancée. Les thèmes choisis sont un peu trop noirs ou un peu trop blancs, trop extrêmes des deux côtés. Mais je suis quand même contente de l’avoir lu.

Short diary of the week (375)

Lundi: c’est reparti pour une semaine de télétravail, enfin pas tout à fait, je fais une incursion au bureau pour chercher des médias, et le programme de commande est toujours bloqué pour moi, et donc rouler à 30km/h partout dans Bruxelles c’est lent – vraiment lent, une quiche aux chicons fromage jambon, de l’encodage, de la lecture, A house through time, Garden Rescue

Mardi: écrire un texte en compilant des textes plus anciens, les Bahamas, la réunion en visioconférence de la semaine, suite et fin des Bahamas, de la lecture, ce besoin de raconter mon quotidien à quelqu’un mais ne pas vraiment avoir d’interlocuteur et donc répondre à pas mal de stories sur instagram, A house through time – la fin de la seconde saison, Secrets d’histoire sur la Reine Elisabeth

Mercredi: pas trop envie de travailler, mais m’y mettre quand même, et puis découvrir les informations qui me manquaient dans les livrets des disques, et finalement très bien avancer, continuer la lecture de ce pavé-boulet – la fin approche, avoir tous les ingrédients à la maison pour faire une recette japonaise (sauf les shitakés mais je n’adore pas ça et j’avais des champignons), I may destroy you, le premier épisode de la première saison d’Undercover – bienvenue dans un camping limbourgeois

Jeudi: la suite du boulot, la neige qui tombe, m’inquiéter pour ma sortie en voiture obligatoire de tout à l’heure, finalement je n’aurais pas dû m’inquiéter, le rendez-vous chez un nouveau dentiste – l’ancien que j’aimais beaucoup a pris sa pension – mais tout se passe bien, terminer le pavé-boulet, I may destroy you, Undercover, commencer un nouveau roman

Vendredi: congé !, les courses, de la couture, un colis joliment emballé, quelques autres petites courses, de la lecture, I may destroy you, Undercover

Samedi: du rangement et du repassage, de la couture, de la lecture, regarder la neige tomber, Duel at Diablo (Ralph Nelson, 1966)

Dimanche: les journées se ressemblent un peu trop pour le moment, de la couture, du soleil qui n’était pas prévu par la météo, et donc la journée sera un peu différente: du jardinage !, couper des plantes mortes et tailler le figuier, de la lecture, un tajine, soirée jardinage également: Gardener’s World et Garden Rescue

Le cinéma japonais

Tadao Sato, Le cinéma japonais: ce livre, en deux volumes, a été édité en 1997 par le Centre Pompidou à Paris. Il propose une version abrégée et adaptée pour le lecteur occidental d’un livre écrit à l’origine en japonais. La première partie comprend une longue introduction expliquant les divers éléments qui ont été à la source du cinéma au Japon puis décrit le cinéma muet et parlant jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. La seconde partie débute à cette époque et évoque chacune des décennies jusqu’au années 1980, avec une postface parlant très brièvement des années 1990. Le livre décrit de nombreux films, malheureusement souvent indisponibles en Europe, et donne une image chronologique de l’évolution du cinéma japonais. Il est richement illustré, mais uniquement par des photos en noir et blanc, ce qui est un peu dommage pour le cinéma plus récent. On sent parfois qu’il s’agit d’une adaptation d’un livre japonais, mettant l’accent sur des aspects qui parlent sans doute moins au lecteur occidental mais c’est malgré tout une bonne base pour apprendre à connaître les films japonais. Je suis sûre qu’il existe d’autres livres sur le sujet, mais celui-ci était dans ma bibliothèque depuis des années.

Livres de cuisine (IV): Indonésie – Vanja Van Der Leeden

Vanja Van Der Leeden, Indorock. Indonesische smaken in een nieuw jasje (2019): en regardant les best of des livres de cuisine de l’année 2019, j’avais repéré ce livre en néerlandais sur la cuisine indonésienne. Comme j’aime beaucoup celui d’Eleanor Ford, j’ai acquis celui-ci, me disant que ce serait un bon complément. J’ai été déçue: les recettes demandent plein d’ingrédients et souvent une ou deux préparations complémentaires (notamment les pâtes à épices bumbu). Le vocabulaire des ingrédients en hollandais est vraiment compliqué (le galanga est nommé « laos », la pâte de crevettes « trassi » ou « terasi », les piments « lombok » et « cabe rawit »…). De plus, ces ingrédients indonésiens se trouvent sans doute facilement dans les « toko » (épiceries indonésiennes) aux Pays-Bas, mais en Belgique, c’est une autre affaire. Beaucoup de recettes possèdent une touche moderne, ce qui est intéressant, et l’auteur est très enthousiaste dans son écriture, mais c’est un livre trop spécifique aux Pays-Bas.

  • photos: ****
  • texte: ***
  • originalité des recettes: ****
  • authenticité des recettes: ***
  • faisabilité des recettes: *
  • recettes favorites: aucune. Sur tout le livre, je n’en ai noté qu’une seule que je pourrais facilement réaliser.
  • indispensabilité du livre: *(*) – la deuxième étoile étant pour le côté moderne des recettes

Les villages du Japon

Jordy Meow, Les villages du Japon: à vrai dire, je ne suis Jordy Meow que depuis peu de temps mais j’aime beaucoup les photos qu’il poste sur Instagram. C’est par cette voie-là que j’ai appris qu’il éditait un livre consacré aux villages du Japon. Il a voyagé partout dans le pays dans des lieux qui sont le plus souvent hors des circuits touristiques mais qui sont toujours intéressants, et qui donnent envie de suivre ses pas. Trente-trois villages sont présentés, j’en ai visité un (Kitsuki), cela me laisse donc de la marge pour les prochains voyages ! Les photos sont superbes, les textes informatifs et souvent personnels, mais j’avoue que j’aurais aimé lire bien plus sur le sujet. Si vous êtes intéressés par le Japon, je vous recommande néanmoins chaudement ce livre, disponible sur son site Japon Secret.

Short diary of the week (374)

Lundi: se remettre au travail, toujours du Bangladesh, l’anniversaire du blog (en fait non, l’anniversaire de l’arrivée sur wordpress – le vrai début c’est un peu plus tard dans le mois), de l’encodage, de la lecture, le début de I may destroy you, Kodoku no gurume, Garden Rescue

Mardi: un sommeil trop léger pour être réparateur, et donc courbatures et légers maux de tête, des corrections, la visioconférence du jour, une courte sortie pour acheter du tissu, un repas improvisé, Nadiya’s American Adventure, Kodoku no Gurume

Mercredi: pas mieux, ce long moment de réflexion pour voir comment aborder ce nouveau sujet, écrire l’introduction, trier des disques, de la lecture, chercher des idées de séries à regarder, reprendre I may destroy you alors que j’avais hésité à continuer – en fait il faut vraiment dépasser le premier épisode, Kodoku no Gurume, regarder avec consternation les nouvelles

Jeudi: de l’encodage d’articles – sans doute une des activités les plus ennuyeuses qui soient – surtout quand c’est à la chaîne, le retour de Country Music – cette fois-ci en version courte en vue d’un article et d’une playlist, la lecture d’une novella de Jim Harrison dans America n°3, I may destroy you, Kodoku no Gurume

Vendredi: et c’est reparti pour des vertiges et des maux de tête, mettre mes notes d’hier au propre, faire mes courses et rencontrer un ami de mon papa, il aurait été vacciné ce lundi s’il avait toujours été là, de la lecture, I may destroy you, A house through time (saison 2)

Samedi: traîner beaucoup, placer les pièces de patron sur le tissu, ne pas me sentir en forme et déprimer un bon coup, me forcer à sortir prendre l’air et marcher un peu, couper une partie des pièces de patron, préparer de la sauce bolognaise pour surgeler, de la lecture, le best of de Gardener’s World (je suis très impatiente du retour du printemps), et puis cette émission qui décrypte les crashs d’avions

Dimanche: de la couture, de la lecture, il fait beau mais je me sens trop molle pour sortir – un de ces moments où il me faudrait une impulsion de l’extérieur, de la cuisine, A house through time, Kodoku no gurume – fin de la saison 2

Livres de cuisine (III): Japon – Tim Anderson

Tim Anderson, Cuisine japonaise ultra-facile (2017): j’ai fait la connaissance de Tim Anderson en regardant Masterchef sur la BBC, il a d’ailleurs gagné cette année-là. Ce n’est que bien plus tard que j’ai découvert qu’il avait écrit des livres de cuisine, et le hasard a fait que quand j’ai voulu acheter son premier, il n’était plus disponible en anglais. L’auteur dédramatise la cuisine japonaise dans son texte, et propose en effet des dizaines de recettes très faciles, parfois un peu adaptées. Il faut certains ingrédients précis, mais pas tant que ça.

  • photos: *****
  • texte: ***(*) (j’ai eu un peu de mal avec la traduction française, l’humour passe parfois bizarrement)
  • originalité des recettes: ***
  • authenticité des recettes: ****
  • faisabilité des recettes: *****
  • recettes favorites: « salade de pommes de terre japonaise », « salade de tomates au ponzu épicé » (c’est devenu un classique), « tataki de saumon ponzu-piment vert », « ramens aux coquilles saint-jacques, au bacon et aux oeufs » et plein d’autres sont sur la liste à essayer
  • indispensabilité du livre: *****