This was 2020

L’année passée, je terminais mon bilan en parlant du fait que 2020 était une nouvelle décennie et le début d’un nouveau cycle pour moi qui suis de l’année du rat. Et en effet, je vois 2020 comme la conclusion d’une série de choses et le début d’autres.

L’événement qui m’a le plus bouleversée est le décès de mon papa au mois d’août. La vie n’est plus la même sans lui et il me manque. A la mi-mars, je n’en pouvais plus de son état dépressif et des conversations hebdomadaires où on ne se disait pas grand-chose et où il répétait en boucle les mêmes plaintes. Je sais que j’ai été soulagée à l’annonce de la fermeture des maisons de repos aux visiteurs, me disant que je pourrais souffler deux ou trois semaines. Cela a finalement duré jusqu’à la mi-mai, deux mois complets où j’ai eu beaucoup de mal à le joindre au téléphone. J’étais angoissée le jour où je l’ai revu et pourtant ça s’est passé bien mieux que prévu. Il avait retrouvé de l’entrain et nos conversations ont été animées. Fin juin, je restais même une heure avec lui, ce qui n’arrivait jamais avant. Et puis les choses se sont enchaînées rapidement, un AVC, une hospitalisation, son décès quelques jours après son retour à la maison de repos. C’est toute une page de ma vie qui s’est refermée et cela reste difficile par moments.

Ma famille est venue à la rescousse pour organiser une belle cérémonie, dans une vieille église, et malgré les mesures gouvernementales, un cinquantaine de personnes a pu y assister. Par la suite, j’ai retrouvé mes cousins en petit comité au jardin. J’étais déjà proche (mais de loin quand même) avec ma cousine du côté maternel, et il y a eu un rapprochement avec mes cousins du côté paternel, tout en gardant malgré tout nos distances. Mais ils ont été là quand j’en avais vraiment besoin, et je sais qu’ils le seront encore.

A la veille du confinement, je disais à un de mes collègues que le télétravail n’était pas pour moi. Deux mois après, j’avais radicalement changé d’avis. J’ai aimé ce travail en solitaire, à la maison, avec vue sur le jardin, selon des horaires qui me conviennent. J’ai pris de nouvelles habitudes et j’ai enfin commencé à goûter tous ces thés achetés au Japon. J’ai eu beaucoup de mal quand j’ai dû retourner au bureau trois jours par semaine dès le mois de juillet (même si au final, je n’ai pas été très présente pendant l’été pour d’autres raisons). Malgré les circonstances, je me suis sentie bien plus à l’aise quand le télétravail a de nouveau été obligatoire fin octobre. Mes collègues me manquent, c’est clair, mais pas au point de les voir tous les jours. D’ailleurs nous restons en contact par les visioconférences hebdomadaires, et avec un en particulier, avec des mails quotidiens où nous parlons de boulot mais aussi de notre vie de tous les jours.

Je suis vraiment très heureuse de mon nouveau poste de rédactrice, et au fur et à mesure de l’année, j’ai pris confiance en moi. J’ai écrit sur des sujets très divers, soutenue par un chef qui sait très bien ce qui peut m’intéresser même si c’est nouveau pour moi et qui sait comment présenter les choses pour toucher la corde sensible de chacun. En septembre, nous avions commencé des critiques de films passant au cinéma et j’ai voulu faire un essai, doutant fortement que ça me plaise. J’ai adoré ! En décembre, mon chef m’a envoyé visiter une exposition pour en faire le compte-rendu et là aussi, cela a été un succès (j’ai même reçu des compliments de plusieurs personnes, ce qui fait chaud au coeur). Ce n’est pas toujours rose parce que je fais de temps en temps des crises d’angoisse quand il y a trop de deadlines mais je suis malgré tout très heureuse dans mon travail pour le moment.

Mes insomnies ont diminué en fréquence, mais quand j’en ai, elles sont maintenant associées à ces crises d’angoisses citées ci-dessus. Je ressors complètement épuisée de ces moments, qui s’associent également à de beaux maux de tête et des courbatures qui durent plusieurs jours. J’en cherche les raisons et je ne trouve pas vraiment: le travail, oui, mais j’ai eu une grosse crise de maux de tête et vertiges (sans angoisses et sans insomnies) pendant mes congés. J’ai parfois l’impression que chez moi un problème remplace un autre plus ancien.

Comme je l’écrivais récemment, j’ai apprivoisé ma solitude et je me sens bien comme ça. Je sais que je suis entourée même de loin. Mais cela n’a pas été évident au début de l’année avec la fin de deux amitiés de longues date. J’en ai profondément souffert, aussi par la manière dont la coupure s’est faite. Au printemps, j’ai eu la chance de pouvoir parler tous les jours ou presque avec ma voisine. Nous étions toutes les deux occupées à jardiner l’après-midi (après le travail en semaine). Et son mari m’a souvent aidée à réparer l’une ou l’autre chose. Avec l’automne, ces contacts se sont espacés mais on se voit quand même assez souvent. J’ai revu des amis, pas beaucoup, mais ça a fait du bien. Et ces cocktails partagés pendant le premier confinement étaient une excellente idée, créant un lien à distance.

Je suis tombée amoureuse d’un chat, Stanley dit Sushi. Ce beau persan s’était perdu et mes voisins l’ont recueilli pendant trois semaines, le temps qu’on retrouve les propriétaires. Il était extrêmement câlin, s’installant près de moi quand je lisais au jardin. Cela m’a donné quelque part envie d’en avoir un, mais je ne suis pas vraiment décidée. Je me laisse encore quelques mois de réflexion.

En janvier, je voulais réserver un mini-trip en Andalousie mais je n’arrivais pas à me décider. J’ai décidé de reporter à plus tard. Au moment de réserver un vendredi de février un voyage en Géorgie au mois de mai, j’ai eu la flemme. La semaine suivante, le virus déferlait sur l’Europe. Début juillet, je me disais que j’allais passer quelques jours à Bruges ou à Gand, et puis mon papa a été hospitalisé. Le temps que je m’en remette un peu, c’était le début du second confinement. Et puis, un samedi, un couple d’amis m’a proposé d’aller se balader dans la nature du Brabant Flamand. Cela a débloqué quelque chose: durant les mois de novembre et décembre, je me suis souvent promenée sur les chemins, avec eux ou en solo, en profitant pour ressortir mon appareil photo que j’avais abandonné depuis janvier (c’était lors des dernières leçons de mon atelier photo avec Happy Slow People à Charleroi). Il est certain que les voyages m’ont énormément manqués mais j’ai quelque part réussi à trouver une alternative intéressante proche de la maison. Mes chaussures de randonnée n’auront jamais autant servi !

J’ai beaucoup cuisiné, j’ai acheté trop de livres de cuisine, j’ai beaucoup lu, j’ai vu beaucoup de films, j’ai déterré un bambou à la pioche, j’ai récolté plein de tomates, j’ai cousu un peu, j’ai fait plein de puzzles, j’ai scanné des dias de mon papa, j’ai publié des photos de mes balades sur flickr

Je me rends compte que j’ai déjà écrit tout un roman, et pourtant même si cette année était très différente par la force des choses, je me dois encore d’ajouter que j’en garderai des souvenirs très forts, tristes et heureux, et l’avenir dira si effectivement elle était le début d’un nouveau cycle. J’en ai très fort l’impression en tous cas. Je ne fais pas de résolutions pour 2021, ça fait plusieurs années que je n’en fais plus. Je continuerai à aborder les choses telles qu’elles se présentent, ça me réussit assez bien.

En sortir 21 en 2021

En 2020, j’avais listé 20 livres à sortir de ma PAL; finalement j’en ai sorti 16 (je n’ai pas lu Perfidia mais je l’ai éliminé de ma PAL, et j’ai lu un autre Liane Moriarty que prévu – je me demande aussi combien Electra en a sorti de sa PAL et je vois que Kleo a pas mal lu de sa liste). Un bon score au final, cette page m’ayant donné de l’inspiration en cas de panne de lecture. Pour 2021, je change un peu la donne et je vais lister 20 livres (+ un bonus) selon 10 thèmes. Je m’inspire de mon challenge PAL de vacances de l’été 2017 et du Petit Bac d’Enna vu chez Ingannmic (qui me tente bien mais je sais que j’aurai la flemme de chaque fois envoyer un lien).

le titre contient le nom d’une ville ou d’une région

  • Stephen Markley, Ohio
  • Kem Nunn, Tijuana Straits

le titre contient soit « chant/chanson », soit « musique » ou est le titre d’une chanson, ou s’en inspire très fort, ou contient le nom d’un musicien/chanteur

  • Nguyen Phan Que Mai, The mountains sing
  • Yoshida Shuichi, Park life (rien à voir avec la chanson de Blur, mais peu importe !)

le titre contient un prénom

  • Joshua Whitehead, Jonny Appleseed
  • Larry Brown, Joe (qui pourrait aussi aller dans la catégorie suivante)

le titre est composé d’un seul mot

  • Serizawa Akato, Inheritors
  • Octavia Butler, Kindred

le titre contient une un métal ou une pierre précieuse (et c’est aussi une couleur)

  • A.M. Stuart, Singapore sapphire
  • C. Pam Zhang, How much of these hills is gold

le titre contient un mot liés aux arbres et à la forêt

  • Marion Poschmann, The pine islands
  • Liu Cixin, La forêt sombre

le titre contient un mot lié à la nourriture ou à une boisson ou à la cuisine

  • Rick Bass, The travelling feast
  • Ann Patchett, Orange amère

le titre contient un mot désignant un animal

  • Mukai Kosuke, Les chats ne rient pas
  • Callan Wink, Dog run moon stories

le titre renvoie à la mort

  • Brandon Hobson, Where the dead sit talking
  • Riku Onda, The Aosawa murders

le titre contient soit le mot « fleuve », soit le mot « rivière » ou renvoie au nom d’un fleuve ou d’un rivière

  • Andrée A. Michaud, Rivière tremblante
  • Eddy L. Harris, Mississippi solo

le bonus qui vient de la liste de 2020

  • Ocean Vuong, On the earth we’re briefly gorgeous (abandonné)

C’est un challenge que je me propose à moi-même en premier lieu (les catégories ont été choisies en fonction de ma PAL), mais si jamais vous avez envie de participer ou de vous en inspirer, vous êtes les bienvenus !

Short diary of the week (372)

Lundi: de la couture, le retour des maux de tête (depuis hier déjà), de la lecture, deux épisodes de The Queen’s Gambit

Mardi: une nuit agitée, des maux de tête dès le réveil ou presque – et pourtant je suis en vacances, partir et hésiter à faire demi-tour, des vertiges et avoir trop chaud, me dire que le dafalgan devrait commencer à faire de l’effet et continuer ma route, l’opticien très compréhensif prend son temps pour résoudre mon problème de lunettes et me commande gratuitement de nouveaux verres avec lesquels je verrai mieux, mais du coup je dois abandonner mes nouvelles lunettes pour une semaine, ça va un peu mieux entre-temps, mais je reprends quand même du paracétamol et je n’ai plus le courage de faire grand-chose, de la lecture donc, les semences commandées en Angleterre doivent être bloquées quelque part avant Douvres (je m’étais dépêchée de faire ma commande avant le Brexit), une grosse fatigue, la fin de The Queen’s Gambit – une série que j’ai adoré

Mercredi: une très bonne nuit, sentir dès le réveil les maux de tête et les vertiges ainsi que les courbatures, me sentir un peu misérable parce que je sais déjà que la journée ne sera pas très bonne à cause de ça, c’est vraiment une grosse crise cette fois-ci, heureusement le paracétamol soulage un peu ces maux, terminer la robe en cours, commencer le patronage de la suivante – et me poser plein de questions parce que le modèle est fort différent, recevoir le paquet de semences, de la lecture, faire les courses à 19h dans un supermarché qui commence à se vider (les rayons aussi d’ailleurs – je n’ai pas trouvé tout ce que j’avais prévu d’acheter), le troisième épisode de Country Music de Ken Burns autour de Hank Williams, oh mon dieu j’ai gagné quelque chose !

Jeudi: toujours les courbatures et la fatigue malgré une bonne nuit, la météo a de quoi déprimer, déjà que le 24 est un jour compliqué pour moi depuis le décès de ma maman, coudre une première toile pour cette robe en utilisant une taille unique (d’habitude je combine deux tailles différentes) et me rendre compte que cela convient très bien (à part un minime ajustement), difficile de choisir un tissu que j’aime un peu moins parmi tous ces tissus que j’aime beaucoup pour faire un premier essai, de la lecture, recevoir la livraison de ce colis que j’ai gagné, encore de la lecture, improviser un plat à partir de coquilles saint-jacques, commencer le spécial Noël de Bake Off Vlaanderen et trouver ça très nul, zapper un moment sans but et sans rien trouver à regarder, me sentir fort seule, lire encore un peu

Vendredi: un joli lever de soleil, les maux de tête sont toujours là, découper quelques pièces de patron, préparer des choses pour l’apéro, un repas en tout petit comité chez ma cousine et sa fille, et dieu que ça fait du bien de parler toute une après-midi !, rentrer bien après que la nuit soit tombée, l’épisode de Noël de Call the Midwife

Samedi: on dirait que les maux de tête vont mieux – enfin !, tenter de placer toutes les pièces de patron sur le tissu mais c’est trop juste sur 2,5 mètres, choisir un autre tissu mais me laisser le temps de décider, découvrir un appel manqué sur mon téléphone m’annonçant que mes lunettes sont prêtes, faire un aller-retour en ville, je vois beaucoup mieux !, de la lecture, du lapin à la kriek, The Captive (Atom Egoyan, 2014) – ou comment retrouver les ambiances si particulières du cinéaste

Dimanche: c’est tempête !, du rangement et du ménage, ne pas commencer le projet couture pour le moment, de la lecture tout l’après-midi, le quatrième épisode de Country Music

The outside lands

Hannah Kohler, The outside lands: San Francisco, 1968. Kip et Jeannie, frère et soeur marqués par la perte de leur mère, et dont le père a quelque peu laissé tomber les bras, tentent de mener au mieux leur vie. Suite à un petit délit, Kip s’engage pour la guerre du Vietnam; Jeannie se marie, un peu forcée, à un jeune médecin qu’elle a rencontré dans le diner où elle travaille. Puis, Kip est accusé d’un meurtre et Jeannie tentera de le défendre, se rapprochant d’un groupe opposé à la guerre mais aussi d’un vétéran atrocement mutilé. Elle est bouleversée par l’affaire et découvre une femme différente en elle, grâce à ses nouvelles relations.

Ce roman a traîné comme dernier sur ma PAL ancienne (d’avant 2019, et maintenant complètement clôturée) et pourtant, il avait de quoi me séduire. Hannah Kohler raconte avec une grande sensibilité l’évolution d’une jeune fille, mariée trop tôt, en une femme. Elle décrit également l’esprit un peu troublé de Kip et son passage au Vietnam. Mais il n’est pour moi qu’un personnage secondaire, c’est vraiment Jeannie à qui on s’attache pendant toute la lecture, même si ce n’est pas uniquement sa voix qu’on entend dans l’alternance des chapitres. Ses espoirs, ses troubles, son identité sexuelle sont abordés très subtilement et avec beaucoup de finesse. Pas un instant je n’ai douté que l’auteur était américaine, or elle est britannique. Et elle a un talent certain dans ses descriptions du San Francisco de la fin des années 1960, une ville en pleine ébullition, mais aussi une ville où la majorité des habitants mène une vie très conventionnelle, dans des maisons de banlieue avec jardin.

Une idée piochée chez Electra, qui a aussi adoré.

Short diary of the week (371)

Lundi: me réveiller tôt (mais c’était voulu), recevoir un colis livré à vélo, des courses de luxe chez Rob (contrairement au Delhaize ils vendent du sucre cristallisé), yuzus et bergamotes, un détour chez Club pour chercher une commande, repartir en ville cette fois-ci, deux gilets chauds soldés chez Juttu, une veste en peluche pour aller randonner chez AS Adventure, mais ce n’était pas vraiment le but de ma sortie, le but c’était de choisir de nouvelles lunettes, ce qui s’est fait assez rapidement, le retour d’Oliver Peoples donc après plein de montures Caroline Abram, rencontrer ma voisine sur le chemin du retour, de la lecture, le début des mises à jour, un superbe livre sur les pains et la pâtisserie en Belgique où je reconnais plein de recettes régionales, Masterchef the Professionals, Garden Rescue – le genre d’épisode un peu nul à mon goût où une famille avec un enfant veut un jardin sans pelouse et sans entretien pour inviter des gens

Mardi: traîner dans le canapé, recevoir un livre pour lequel je n’avais pas de date de livraison, me décider à coudre un peu, me dire que si je monte autant monter les bouts de l’étagère que je souhaite réinstaller en haut, sauf qu’il faut les laver avant, ou comment être interrompue par tout à fait autre chose, revenir à la couture qui était en fait du patronnage, mettre à jour les deux mac – ce qui prend toujours un certain temps, lire le livre reçu ce matin, aller chercher une commande (la dernière), encore un peu de lecture, tenter une nouvelle recette de chou au raifort, The Queen’s Gambit, Besmet

Mercredi: ah ? la matinée est déjà passée et je n’ai rien fait à part traîner sur le net ?, partir à l’aventure, le GPS a décidé de me faire tourner en rond – littéralement, et donc quand je vois l’église je suis persuadée d’être arrivée, je cherche le début de la balade et c’est là que je me rends compte que je me suis arrêtée à la mauvaise église, ça me fera deux ou trois kilomètres de plus, et donc il faut ouvrir la petite barrière et traverser le pré avec les deux chevaux, et là ça se corse: le chemin est horriblement boueux et je perds mon entrain, en plus les nuages arrivent, bref la seconde moitié de la balade était un peu longue, et en plus à la fin un panneau me fait prendre la direction opposée par la grand-route mais je n’ai plus envie de retourner sur mes pas, à part ça ça m’a fait beaucoup de bien et je suis contente d’avoir marché ces 10km, terminer un livre, The Queen’s Gambit, Masterchef The Professionals

Jeudi: opération remplissage de frigo, recevoir des compliments (et un petit cadeau) pour mon texte sur l’expo The Light House et surtout pour les photos, faire quand même un mini truc pour le boulot (vérifier les PDF de mes deux textes pour le futur magazine), et donc la matinée est passée, trouver un nouveau patron qui me plaît (enfin !) et l’acheter de suite, aller au copyshop pour le faire imprimer, remonter cette étagère mais comme tout machin ikea ça pose toujours problème la seconde fois, au moins je peux ranger quelques grands livres de mon papa et tous mes guides de voyage (et il reste plein de place), de la lecture le reste de l’après-midi, une tentative de cuisiner des coquillages, et cuisiner une seconde recette en même temps joue avec les limites de ma patience, résultat: deux plats très moyens voire même ratés, la finale de Bake Off Vlaanderen, l’avant-dernier épisode de Masterchef The Professionals

Vendredi: un aller-retour en ville pour aller chercher mes nouvelles lunettes, acheter aussi deux gilets en soldes, une balade du côté de Huldenberg, ces magnifiques champs dans un paysage valloné, la seconde moitié de la promenade le long de l’Ijse, j’ai beaucoup aimé ce trajet mais je le ferai dans le sens inverse la prochaine fois, de la lecture, la finale de Masterchef The Professionals

Samedi: avoir du mal à me réchauffer ce matin, des doutes sur mes nouvelles lunettes – j’ai l’impression que les verres ne sont pas assez forts pour la lecture, coller toutes les pages du patron PDF, préparer la pâte pour les « lukken » (galettes) d’après la recette de ma maman (avec comme mention très précise: un clouch de rhum), de la lecture, terminer le roman en cours, une envie de raclette, August: Osage County (John Wells, 2013)

Dimanche: façonner la pâte en petits boudins, de la couture, cuire les « lukken », de la lecture, préparer le repas du soir: du gibier, tenter de voir la conjonction entre Saturne et Jupiter mais il y a trop d’arbres (ou je l’ai ratée), Voyage à Tokyo (Yasujiro Ozu, 1953)

Livres de cuisine (II): Indonésie – Eleanor Ford

Eleanor Ford, Fire Islands. Recipes from Indonesia: l’auteur est anglaise et a beaucoup voyagé. Elle consacre ce livre à la cuisine indonésienne, avec des recettes au degré de facilité divers, mais pour la plupart réalisables, sans trop d’ingrédients inconnus et difficiles à trouver. Les textes de présentation sont assez limités, et des photos accompagnent beaucoup de plats, sauf dans la partie des desserts. C’est une approche très accessible de cette cuisine et le livre fait partie de mes favoris.

  • photos: *****
  • texte: **
  • originalité des recettes: ***(*)
  • authenticité des recettes: ****
  • faisabilité des recettes: ****
  • recettes favorites: les sambals (j’en ai préparés plusieurs, tous très réussis), « Coconut milk chicken » – un curry à la noix de coco. Plein d’autres recettes me tentent mais je n’ai pas encore eu l’occasion de les essayer.
  • indispensabilité du livre: *****

Retour à Martha’s Vineyard

Richard Russo, Retour à Martha’s Vineyard: septembre 2015 – Lincoln s’apprête à vendre la maison qu’il a hérité de sa mère, située sur la côte Est, à Martha’s Vineyard. Il y retourne une dernière fois, et invite ses deux meilleurs amis, Teddy et Mickey. Ils étaient ensemble à l’université à la fin des années 1960 et ont passé ensemble un dernier weekend à la fin de leurs études en 1971 dans cette maison. Ils avaient aussi invité Jacy, une fille dont ils étaient tous les trois amoureux. Ce serait la dernière fois qu’ils la verraient, celle-ci ayant disparu après le weekend.

Lincoln et Teddy racontent leur histoire, celle du passé et celle du présent, qui se mélangent. Ils sont aujourd’hui sexagénaires et réfléchissent sur leur parcours, le premier comme agent immobilier qui a épousé son amie de l’université et qui a eu plusieurs enfants, le second comme éditeur universitaire célibataire et en proie à des crises d’angoisses. Tous deux décrivent également Mickey, qui avait été appelé à la guerre du Vietnam, qui était musicien et qui joue toujours aujourd’hui dans un groupe de rock. Et puis il y a Jacy qui hante leurs pensées.

Pourquoi est-ce que j’ai lu ce roman de Richard Russo alors que je n’avais pas trop aimé ma première tentative, Le pont des soupirs ? Pour participer au challenge d’Ingannmic, mais aussi parce que je voulais persévérer et comprendre pourquoi la plupart des avis sont positifs (et aussi parce qu’il est un peu plus court que les autres, il faut bien l’avouer). J’ai failli abandonner, de nouveau, mais j’étais curieuse de l’histoire de Jacy, qui se dévoile au cours des pages et le cadre, cette île près de Cape Cod me plaisait. Pendant toute ma lecture, je n’ai ressenti aucune affinité avec les personnages et comme la première fois, j’ai regretté le fait que Richard Russo fasse des femmes des personnages secondaires, aux caractères assez typés, de la superbe fille qui fait rêver tous les hommes à la femme pratique qui prend les choses en main. Et les commentaires de Lincoln à propos de son épouse m’ont parfois fait sauter au plafond, même s’ils représentent sans doute une certaine « normalité » chez des hommes blancs de plus de 60 ans. Je pense que malgré ses talents de description des caractères humains, Richard Russo et moi, ça ne passe vraiment pas.

Les avis d’Ingannmic, Kathel, Goran, Keisha, Krol,

Short diary of the week (370)

Lundi: mais c’est que j’ai bien dormi cette nuit (contre toute attente) !, faire quelques trucs, aller au boulot en voiture, en profiter pour échanger le gaufrier défectueux (le magasin est sur la route), parler avec les collègues présents, rentrer à la maison, de l’encodage, faire chauffer une première fois le gaufrier à l’extérieur pour éviter les mauvaises odeurs chimiques à l’intérieur, toujours pas lu une lettre aujourd’hui – les transports m’y obligeaient tous les jours – là je suis souvent distraite, le début de The Queen’s Gambit – je suis déjà accro, la suite du premier épisode de Country Music qui me donne envie de réécouter la Carter Family

Mardi: me réveiller juste avant le réveil – ce qui n’est pas plus mal, écrire, trier des photos pour le texte en question, la visioconférence de la semaine, de la lecture, le second épisode de Country Music mais m’endormir avant la fin

Mercredi: rêver que je choisis de nouvelles lunettes chez l’opticien (c’est plus ou moins prévu mais ça attendra sans doute janvier), ressortir ce vieux lapsang souchong qui est toujours un peu trop fort même après plusieurs années, une correction, un long mail, et donc il y a aussi trop de théine dans ce thé – mon coeur bat fort, et puis un gros coup de pompe après le repas, du Bangladesh, de la lecture, la suite de l’épisode d’hier, Masterchef The Professionals

Jeudi: me réveiller en sursaut à cause du réveil au milieu d’un rêve que j’oublie immédiatement, mettre des articles en ligne, le retour du Bangladesh, de la lecture, Bake Off Vlaanderen, Masterchef The Professionals, manquer de temps pour terminer mon roman

Vendredi: les jours tristes et maussades de décembre, du Bangladesh – encore, une dernière journée de travail avant deux semaines de vacances, cette envie de retourner au Japon – encore et encore, terminer le roman en cours, préparer une pile à lire et à regarder pour les vacances – avec de gros morceaux de Japon dedans, scampis et avocat – la comfort food du vendredi soir, The lunchbox (Ritesh Batra, 2013) – une histoire douce-amère sur fond de nourriture

Samedi: le débuts des vacances et ne pas trop savoir ce que je vais faire, je crois que la météo toute triste n’aide pas vraiment, du rangement, cette fois-ci le gaufrier fonctionne bien, une autre recette de gaufres plus sucrées, de la lecture, un essai de yakitori mais ce sera meilleur au barbecue en été, le début d’un film

Dimanche: encore une matinée qui passe trop vite à traîner sur le net, et un début d’après-midi pour trouver des solutions pour un second compte Instagram, et puis préparer le mise à jour de mon mac en faisant un time machine mais me rendre compte après que je dois libérer de la place, du nettoyage de mac donc, de la lecture, la suite et fin de Major Dundee de Sam Peckinpah (1965) – film notoirement mutilé et plein d’imperfections

De la solitude

Le confinement aura confirmé une évidence dont je n’étais pas tout à fait consciente: j’aime la solitude. Mais il aura aussi démontré que les contacts sociaux me font du bien ! Fille unique, j’ai très vite appris à m’occuper toute seule et à remplir mon temps indépendamment. J’ai eu des périodes d’ennui, comme tous les enfants, mais je n’ai pas le souvenir que cela ait été difficile à gérer.

A partir de l’adolescence, je me suis persuadée qu’il fallait que je trouve l’âme soeur, que c’était le seul moyen pour que je sois heureuse, sans doute aussi parce que c’était le modèle type que présentait la société. A l’université, et les années après, je suis sortie énormément, j’ai rencontré pas mal de gens, j’ai trouvé non sans difficultés quelques compagnons de courte ou longue durée. Je me suis accrochée à eux parce que ma plus grande crainte était de me retrouver toute seule.

Aujourd’hui, je vis seule, mes parents sont tous les deux décédés, je n’ai pas de frères et soeurs, juste des cousins et cousines qui ont leur propre famille (mais qui sont présents en cas de souci majeur, comme pour l’enterrement de mon papa). J’ai une cousine un peu plus proche, mais on ne se voit pas très souvent. Cette année était faste avec quatre visites, d’habitude ça se limite à la fête de Noël ! J’ai aussi quelques amis, peu en fait, mais fidèles, et une voisine et son mari toujours prêts à faire une conversation ou à aider pour l’une ou l’autre chose.

Et vous savez quoi, je suis heureuse. Bien sûr que je déprime de temps en temps, et que parfois une compagnie, un câlin, un conversation (ou peut-être même un chat) me manquent vraiment. Mais si je devais comptabiliser cela en temps, je dirais que ça couvre 5%.

Par contre, je suis de plus en plus fâchée et déçue quant à la manière dont on décrit les personnes seules: il n’y a que des portraits personnes malheureuses ou déconnectées de la société. Et les femmes, c’est encore pire ! Connaissez-vous un seul film qui montre une femme célibataire (et pas que de 20 ans) qui est heureuse seule, qui vit très bien sa vie, qui voyage et qui sort, et dont le but ultime n’est pas la recherche d’un futur mari (ou amant) ? Moi pas (mais si vous avez des suggestions, je suis toute ouïe).

Et aussi, ces personnes seules, dans l’esprit des gens, ce sont toujours des personnes âgées – ce qui n’est pas le cas. Arrêtons de nous fier aux apparences. Entre moi et mon autre voisine qui doit être dans la septantaine et dont le mari est décédé, qui voit le plus de gens ? Qui a invité ses amies, ses enfants et son petit-fils pendant tout le premier confinement ? Je lui proposé de l’aide au début, mais je me suis vite rendue compte qu’elle n’en avait pas besoin. (Attention, moment Caliméro) Alors que de mon côté, j’aurais parfois apprécié un peu plus de marques d’attention.

J’ai digressé (cette mini-frustration devait sortir aussi), mais c’est lié à l’image que se fait la société de la solitude. Quelque chose de triste, qu’il faut éviter à tout prix. On nous pousse dès le plus jeune âge à trouver des amis et à imaginer une vie en couple. Si on est seul, on a raté sa vie, d’autant plus si on est une femme, qu’on décrira comme une sorcière, comme une mégère, comme mémère à chats. L’homme, lui, sera indépendant, libre, sans attaches.

De plus, pas mal de choses sont organisées pour des groupes plus grands, à partir de deux en général: les blancs de poulet se vendent par deux, les plus petits sachets de choux de bruxelles pèsent 500g, le vin se vend en bouteille de 75cl (il y a des formats plus petits mais le choix est très limité)… Si on veut voyager en groupe, il faut payer le supplément « single » qui est souvent prohibitif ou accepter de partager une chambre avec un parfait inconnu, et même en solo, les chambres sont bien plus chères. Au restaurant, on vous regarde parfois de travers – encore une personne qui va occuper une table de deux et ne payer qu’un seul repas, et d’autres clients ont parfois un regard de pitié même si on se sent très bien de manger seul. Les factures (le chauffage, le cadastre ou le loyer) liées au logement sont identiques, qu’on y vive seul ou à cinq (même si l’espace varie évidemment plus ou moins en fonction du nombre). Pourquoi une personne seule devrait-elle se limiter à un mini-appartement sans jardin ? Et j’oublie certainement d’autres situations.

Alors que vivre seul n’est pas la fin du monde, loin de là ! Je voulais écrire ce billet justement pour casser quelques idées reçues. Je lisais encore dernièrement quelqu’un qui disait que vivre seule lui serait impossible et trop déprimant. Et pourtant, cela a beaucoup d’avantages et n’est pas synonyme de tristesse. Je ne cherche plus quelqu’un pour me « compléter » (si jamais je rencontre quelqu’un, ce sera une relation différente, je pense). Je suis libre, je suis indépendante, et j’accepte que ce n’est pas toujours facile (j’ai peur de tomber malade par exemple). J’aimerais que l’image de la société puisse changer aussi.

The sleeping dictionary

Sujata Massey, The sleeping dictionary: l’histoire commence en 1930 dans un petit village de la côte du Bengale. Un tsunami détruit tout, et une fillette perd sa famille. Elle est recueillie et soignée dans un hôpital anglais, puis part travailler comme servante dans un pensionnat pour filles de colons et de bonnes familles indiennes. Elle y apprend l’anglais et découvre la littérature, grâce une enseignante qui repère ses qualités. Mais elle est de basse caste et ne pourra pas rester. Elle devra toujours cacher qui elle est vraiment, jouer des rôles liés aux différents prénoms qu’elle prendra au cours de sa vie, Pom, Sarah, Pamela, Kamala… Son histoire est difficile, souvent triste, mais pleine d’espoir aussi.

Sujata Massey décrit avec minutie la société indienne depuis les années 1930 jusqu’à l’indépendance en 1947, vue par les yeux d’une fillette naïve au début, mais qui apprendra énormément sur la vie en quelques années. Elle trace le portrait des pensionnats dirigés par les Anglais, elle raconte comment les castes définissent la place des Indiens dans la société et parle des Anglo-Indiens dont le statut est celui d’un entre-deux pas toujours bien défini et apprécié. L’histoire de la fillette suit en même temps la grande histoire, et le roman détaille divers épisodes de la lutte qui a mené à l’indépendance. J’ai beaucoup aimé l’immersion dans la vie coloniale, vue par l’oeil d’une jeune Indienne; il y a beaucoup de rebondissements et j’ai souvent eu peur pour l’héroïne, espérant au fil des pages le meilleur pour elle. C’est un roman prenant et en même temps très détaillé qui devrait passionner les lecteurs intéressés par l’Inde et son histoire mais aussi ceux qui aiment des récits dans lesquels une femme pleine de resources est le personnage principal.

De Sujata Massey, j’avais déjà lu The widows of Malabar Hill, un roman policier situé dans le Bombay des années 1920. Elle est également l’auteur d’une série de romans noirs qui se passent au Japon et qui rejoindront sans doute très prochainement ma PAL.