Le sang ne suffit pas

Alex Taylor, Le sang ne suffit pas: 1748, au coeur de l’hiver, dans une Amérique encore partagée entre colons français et britanniques, et diverses tribus indiennes, Reathel et son chien, tous deux affamés, arrivent à une cabane. Il tue l’homme qui lui refuse l’entrée, puis trouve à l’intérieur une femme sur le point d’accoucher, Della. Ce qu’il ne sait pas, c’est que l’enfant a été promis comme tribut aux Shawnees de la région. Commence alors une longue marche dans la neige et le froid, avec divers protagonistes aux buts très différents.

Ce roman est qualifié de féroce, d’impitoyable, de sauvage; et en effet c’est le cas. Les hommes, et Della, doivent survivre dans des conditions déplorables, affamés, pourchassés par un ours sorti de sa tanière et par des chasseurs de prime, sans trop d’espoir de jours meilleurs. C’est une histoire extrêmement sombre et violente… et j’ai eu un certain mal à entrer dans le roman. J’avais encore en tête les images de In the distance de Hernan Diaz que je venais de lire, sur un thème relativement proche, et j’ai de loin préféré cette écriture plus poétique. Mais cela n’empêche pas que la fin du roman m’a scotchée, et que je l’ai lue d’une traite, la violence et l’horreur devenant insoutenables par moments. Je pense que mes attentes étaient un peu trop élevées, ce qui arrive parfois quand on parle beaucoup d’un livre. C’est malgré tout un très bon roman qui est fort apprécié parmi les lecteurs de la blogosphère: l’avis d’Electra, l’avis de Livr’escapades.