Rodéo

Aïko Solovkine, Rodéo: une route de campagne, la nuit, une jeune femme rentre chez elle en voiture. Une autre voiture se rapproche dangereusement et la poursuit. Aïko Solovkine raconte l’histoire de ces gamins de province qui s’ennuient, qui s’amusent à se courser en voiture, qui sont à la recherche d’une fille conciliante qui se soumettra à leur désirs. Leur vie n’est pas très rose, leur chemin est tout tracé. Comme leurs parents, ils resteront dans la médiocrité, boiront des bières à la buvette du terrain de foot tout en observant leur progéniture se défouler. Certains ne se fixeront pas, vivant de petits boulots et trafics divers. L’auteur trace un portrait assez sombre d’une certaine partie de la population. Sans citer aucune lieu, le lecteur (belge) pensera de suite à la région de Charleroi, région sinistrée et parsemée de vestiges du passé industriel. Il ne reconnaîtra pas tout, l’auteur ayant créé un espace particulier, additionnant des sites qui en réalité ne sont pas aussi proches. Mais le lecteur imaginera sans problèmes les personnages qu’il a peut-être déjà côtoyé en vrai, pas spécialement les mêmes, mais leurs cousins bruxellois ou liégeois, ou français, ou hollandais…

Je lis peu d’auteurs belges, et si c’est le cas, ils sont en général flamands. Ce roman est ma première incursion dans la littérature belge francophone; il a été chaudement recommandé par Marie-Claude qui est québécoise. Je pense que sans elle, je ne l’aurais jamais lu; j’ai trop d’a priori. J’ai bien fait de me lancer, j’ai découvert une auteur qui possède un style et un ton propres, très percutants. Elle m’a fait penser un peu à la flamande Lize Spit qui décrit aussi cette vie médiocre de la province. Une très belle découverte.