Je suis le fleuve

T.E. Grau, Je suis le fleuve: « Ce roman m’a happée avec une telle force que je l’ai lu d’une traite… », voici comment Ingannmic commençait sa chronique sur son blog. Et puis j’ai lu le reste de son billet: guerre du Vietnam, Bangkok, paranoïa, démons… je me suis dit que cela pourrait me plaire. Israël Broussard est à Bangkok. Il souffre d’hallucinations, il voit sans cesse un molosse qui tente de l’engloutir, il se sent attiré par un fleuve qui l’inonde. Son seul moyen de calmer ses visions est de prendre de la drogue, toujours plus. Les premiers chapitres sont une plongée dans son cerveau, racontant des histoires sans queue ni tête, emmenant le lecteur dans la folie du héros. Et puis, le rythme se calme un peu, des retours en arrière expliquent comment Broussard en est arrivé là. Soldat au Vietnam, il aurait dû être jugé pour lâcheté mais il reçoit une seconde chance. Il est recruté pour une mission clandestine au Laos.

J’ai eu quelques craintes en lisant les premiers chapitres, je ne suis pas très fan des divagations de drogués, mais très vite, le roman m’a happée, je l’ai lu en quelques heures, réparties sur deux jours. C’est une plongée dans les horreurs de la guerre, tout particulièrement dans cette guerre secrète au Laos. La nature est omniprésente, dans toutes ses odeurs et matières, mais également le monde des esprits, ceux des populations locales et ceux créés par le cerveau de Broussard. C’est un roman dont on ne sort pas indemne.