Fluctuations (IV)

Ou comment j’ai raté mon confinement (ou pas)

(d’après une idée de Kleo)

Dès le début du confinement, ça n’a pas raté: l’internet s’est rempli d’injonctions: « profitez de tout ce temps libre pour faire ceci, ou cela ». D’abord quel temps libre ? Quand on travaille à plein temps, même si c’est depuis la maison, les journées sont quand même bien remplies. Oui, c’est un peu plus relax, et oui, on peut récupérer l’heure qui n’est pas dédiée aux transports, et parfois même, faire la vaisselle est une bonne manière pour trouver de l’inspiration pour un texte. Mais ça ne fait pas beaucoup plus de temps libre, et je n’ai pas obéi aux injonctions diverses (ce n’est pas trop mon style non plus). Un aperçu:

Activité physique: beaucoup de jours sans (je n’ai pas encore pensé à transporter mon téléphone sur moi toute la journée pour compter mes pas), deux ou trois séances de yoga quand j’avais vraiment besoin de me détendre, mais aussi une idée utile: enlever les bambous du fond du jardin. Même s’il n’est pas traçant, il s’était fortement étendu, et donc j’ai commencé par enlever tous les rhizomes qui s’étaient éloignés de la base. Et puis j’ai décidé de m’en débarrasser complètement et de changer l’aspect du fond du jardin. Mon rythme: 10 ou 20 centimètres carrés par jour, mais à la pioche, ce qui prend entre 40 minutes et une heure. Les rhizomes, c’est résistant ! (Le résultat, c’est que j’ai des douleurs sous l’omoplate depuis plus d’une semaine et que j’ai dû ralentir le rythme). Ce n’est pas encore fini, j’ai donc encore de l’exercice physique prévu pour les dix prochains jours environ.

Culture: pour le boulot, j’ai dû faire des listes d’initiatives culturelles sur le web. Associées à celles de mes collègues, ça fait une quantité énorme. Est-ce que j’en ai profité ? Oui, mais seulement trois ou quatre fois, et au détriment de mon visionnage de séries habituel. Côté lecture, ça a été catastrophique les premières semaines: je n’avais plus mon temps dédié dans les transports et je n’arrivais pas à me concentrer à la maison. Par la suite, pour réamorcer l’habitude, je me suis décidée à lire pendant un créneau horaire précis, juste après le boulot. Aujourd’hui j’ai repris un rythme quasi normal mais cela dépend vraiment des jours.

Capillarité: je me déteste avec les cheveux gras, ce n’était donc pas une option pour moi. Donc lavages habituels tous les trois jours (et déjà, le troisième jour c’est souvent limite). Mais j’ai décidé de laisser pousser ma frange, sauf que je l’avais recoupée deux ou trois jours avant le début du confinement. Aujourd’hui, j’en suis au début du stade où a priori j’aurais tout recoupé. Mais si je reste honnête avec moi-même, l’idée était présente depuis au moins six mois.

Epilation: ça m’avait échappé, mais Kleo dit qu’il y a eu plein d’injonctions dans le sens d’une repousse, pour se libérer du diktat « absence de poils ». Et bien, je préfère mes jambes sans poils. Personne ne me fera changer d’avis. (Les nombreux poils sur mes jambes ont été à l’adolescence une source de moqueries, et ma mère me disait tout le temps que si je les épilais, ça reviendrait encore plus dru. Je l’ai crue un moment, sauf que ce n’est pas vrai).

Soutien-gorge: ça dépend des jours et des vêtements, mais moins qu’avant. Sauf qu’avant, le dimanche par exemple, je n’en mettais déjà plus. Au début du confinement, j’ai mis des vêtements confortables en jersey, mais par la suite, je me suis dit que ça me ferait du bien si je mettais mes jolies robes, et là, je préfère porter un soutien-gorge (question de frottement de tissu contre ma peau, et de soutien justement – mes robes sont coupées pour une position des seins dans un soutien-gorge). Et donc, je jardine sans soutien, ce qui a valu une conversation sur le sujet avec ma voisine qui me disait qu’elle avait trop peur des effets de la gravité avec l’âge (elle a 15 ans de plus que moi).

Levain: ça ne m’a jamais traversé l’esprit. Par contre, je continue à cuisiner – comme avant – parce que j’aime ça, testant régulièrement de nouveaux plats, selon mes envies. Le souci du pain, c’est que c’est une grande quantité (et sinon, tout ce travail ne vaut pas trop la peine) et que ça fait beaucoup pour moi toute seule. J’ai vaguement pensé aux naans (depuis avant le confinement en fait) mais idem: j’en mangerai un et puis… surgélation ? Ce n’est pas aussi bon !

Créativité: comme avant, je couds mes robes et je m’occupe du jardin. J’ai lancé un projet de nouveau point d’eau pour le fond du jardin, projet déjà imaginé depuis l’été passé en fait. Il fallait juste que je contacte quelqu’un d’extérieur pour le mettre en place (à vrai dire, je pensais que le confinement empêcherait tout ça, mais non).

Puzzle: j’ai repensé à ces puzzles de 5000 pièces que je faisais pour combler mon ennui alors que j’étais adolescente. C’était toujours à la mer, dans la maison de ma grand-mère. Je crois que les puzzles sont restés là quand on a vendu la maison, ou alors quand on a vendu la maison de mon papa. Mais je fais des réussites sur mon téléphone pendant des moments de glande intense.

Apprendre à se connaître soi-même: ça fait un petit temps que c’est en cours, je n’ai pas attendu le confinement pour réfléchir sur moi-même !

Autre chose ?

A vrai dire, je vis ma vie à peu près comme avant, la seule « grande » décision étant la repousse de la frange ! Et donc, il ne faut pas s’attendre à de grandes entreprises de mon côté.

5 thoughts on “Fluctuations (IV)

  1. Pas beaucoup de révolution de mon côté non plus. Je viens de me mettre au vélo elliptique (que j’ai depuis des lustres) juste parce que je n’arrive plus à bien dormir. Je ne sais pas combien de temps ça va durer. Pour ce qui est de la créativité (souvent liée à l’enfant), je l’ai fait a fond tant que j’ai eu l’envie et le plaisir puis le moral a commencé à flancher et je me suis foutue la paix. Mon plus grand projet et qui a le plus avancé : ressortir de ce confinement avec des pieds doux comme ceux d’un bébé. Je profite de ne pas les enfermer 8 a 9h par jours dans des chaussures pour les soigner. Ma plus grande (re)découverte : le jardinage. Après deux ans dans notre maison, dont une première année chaotique, j’ai enfin rien eu à faire d’autre de plus urgent ou divertissant que jardiner. Oh, pas grand chose, mais tellement de plaisir et de souvenirs.
    Des bises

    1. Je n’insiste pas trop dans ce billet sur le sujet, mais oui, je me suis aussi plongée dans le jardinage, surtout les premières semaines, à tel point que je me suis retrouvée sans rien à faire à un moment, parce qu’il faut attendre que la nature fasse son travail. Mais enlever le bambou, ce sera une bonne chose de faire, chose que je n’aurais pas pu réaliser une autre année.
      ça fait cliché, mais le jardinage apporte tellement de belles choses…

      et c’est vrai pour les chaussures: je n’en mets plus sauf pour les rares sorties au supermarché !

      Bises

  2. Ah, que ce billet fait du bien !! Ces injonctions à profiter du confinement pour faire tout ce qu’on n’a pas le temps de faire de coutume, m’ont prodigieusement agacée, sans doute parce que je finissais par me sentir coupable, lorsque je ne travaillais pas (ce qui, comme tu dis, occupe bine les journées, même plus que lorsqu’on est au bureau), de n’avoir envie que de lire, ce qui ne change guère mes habitudes !
    Le pire c’est sans doute le sport. Je suis plutôt active, et j’avais installée depuis un an et demi une routine bien rodée (lundi zumba et renforcement musculaire, mardi pilates, jeudi yoga, et piscine les vendredi et samedi = attention, je ne suis pas une grande sportive, je pratique en amateur, à mon rythme, mais régulièrement..) et là,vlan !! Je passe pour la piscine, vivant en appart, j’ai dû faire une croix dessus… Et j’ai bien essayé au départ de suivre les vidéos du club de sport où je suis inscrite mais j’ai tenu environ 20 minutes pour la zumba, et 10 pour la muscu.. Après deux séances de pilates j’ai laissé tomber aussi (je me suis fait mal au dos !) et finalement, comme toi, seul le yoga arrive à me « garder » une à deux fois par semaine !
    Je marche tous les jours en revanche (mais rien que cette heure de marche m’épuise..) mais côté tri des placards, grand nettoyage de printemps, plats mitonnés maison, rien à faire, je n’en ai vraiment pas envie… il me tarde de retourner au bureau (pas tout de suite, malheureusement), de manger au resto avec les collègues, de pouvoir aller lire au bord de l’eau….

    Allez, courage…

    1. oui, j’ai oublié de parler du nettoyage de printemps… rien, zéro, nada !

      moi, je me sens bien à la maison et ce confinement m’a fait aimer le télétravail (mon job s’y prête bien), et donc j’espère ne pas devoir y retourner trop vite. En grande introvertie, je me sens même assez bien seule mais il est clair que certains contacts me manquent aussi !

      Je dirais plutôt qu’à moyen terme, ce sont les voyages qui vont me manquer terriblement.

      Courage aussi !

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