How we disappeared

Jing-Jing Lee, How we disappeared: Jing-Jing Lee, jeune autrice singapourienne, raconte dans ce roman deux histoires en parallèle. Wang Di est aujourd’hui une femme âgée, elle se souvient de la guerre: en 1942, âgée de 17 ans, elle a été enlevée par des militaires japonais et enfermée dans maison de passe où elle devait « réconforter » les soldats. En 2000, la grand-mère de Kevin, l’autre narrateur, décède, non sans avoir fait une confession à son petit-fils. Il décide de mener l’enquête. Les deux histoires vont se mêler à un moment précis (il faut vraiment attendre les dernières pages), mais entre temps, Jing-Jing Lee a écrit un portrait très fin et émouvant de ces « filles de réconfort » qui ont été contraintes à la prostitution. Elle décrit toute l’histoire de l’occupation japonaise à Singapour par la même occasion. Elle explique dans ses remerciements qu’elle s’est notamment inspirée d’un documentaire hollandais, Troostmeisjes: omdat wij mooi waren, filmé en 2010 par Frank Van Osch en Indonésie (documentaire que j’ai vu entre temps et qui est très émouvant). J’ai trouvé ce livre très violent et très touchant en même temps, j’y ai retrouvé une Asie tropicale que j’aime beaucoup, et j’ai apprécié le style d’écriture fluide, qui donne l’impression au lecteur de se retrouver sur place. Je conseille chaudement !

Short diary of the week (343)

Lundi: une bonne nuit, reprendre le travail des collections et encoder des disques, essayer d’avancer au plus vite, prendre rendez-vous pour aller voir mon papa (demain, donc), continuer l’encodage (c’est chiant), m’installer au jardin avec livre, la fin de la quatrième saison de Breaking Bad, Gardener’s World en accéléré

Mardi: une mauvaise nuit (les soucis liés à la visite chez mon papa), me remettre à encoder, une visite qui se passe finalement assez bien même si j’ai eu droit à tout une série de plaintes, me remettre au travail, quelques tâches urgentes, et puis un peu de lecture au jardin, le début de la cinquième saison de Breaking Bad

Mercredi: finalement j’ai pris congé aujourd’hui pour profiter du beau temps, de la couture – enfin de la préparation à la couture, du puzzle – juste un peu, recevoir le livre commandé samedi dans une librairie de Charleroi, planter les cucurbitacées et hibiscus, me débattre avec des planches de la terrasse (une planche est très abîmée, j’ai voulu l’intervertir avec une autre planche moins abîmée et moins dans le passage, gros fail: certaines vis sont totalement coincées et j’ai abandonné après avoir essayé deux planches), de la lecture, Breaking Bad, le best of du Chelsea Flower Show

Jeudi: de la couture, du puzzle, du jardinage, de la lecture – beaucoup – tout en profitant du beau temps et du jardin, The great British sewing bee

Vendredi: encore un jour de congé, les courses, de la couture, du puzzle, m’installer dehors avec un livre, de la pluie, du puzzle, traîner pas mal, ce sentiment de n’avoir rien fait de bien pendant l’après-midi, Breaking Bad, un bout du best of du Chelsea Flower Show

Samedi: m’endormir, me réveiller avec une forte nausée, me rendormir, toujours cet attrait du puzzle, de la couture, laver les vitres du reste de la maison (enfin une grande partie), tondre la pelouse – enfin les pâquerettes, enlever des mauvaises herbes, le retour du puzzle, adapter une recette chinoise pour la rendre plus simple, le début d’un western qui m’ennuie très vite et donc abandonner, de la lecture

Dimanche: me préparer à partir, une première sortie pour acheter des plantes – sans doute ce qui m’a manqué le plus ces deux derniers mois, une jardinerie de plantes exotiques (jamais visitée) décevante, mais j’y trouve une jolie lanterne japonaise et une plante plutôt rare, et puis sur un coup de tête je décide d’aller à l’autre – celle que je connais et qui n’est plus qu’à 20 minutes de voiture de la première, trouver plein de jolies plantes, aussi pour ma voisine, rentrer en niant les indications du gps qui veut m’emmener vers le nord et l’autoroute, manger et puis tout sortir de la voiture, du puzzle, de la cuisine – un plat indien – mais qui n’a pas cuit comme je le voulais – ce sera meilleur la prochaine fois, Carmen revient au pays (Keisuke Kinoshita, 1951)

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Cela fait longtemps que je n’ai plus écrit de billets couture; j’ai en effet attendu une météo plus clémente pour faire des photos au jardin, ce que j’ai fait fin mars, et depuis… j’ai juste traîné. Je publierai donc trois billets couture dans les prochaines semaines, relatant mes créations depuis fin 2019.

En rentrant du Japon, en décembre, j’ai choisi de coudre un modèle déjà connu, le haut de la Night & Day Dress et une jupe à plis de l’Ultimate Dress Book, tous deux des modèles de Gretchen Hirsch. J’ai sélectionné un tissu acheté lors de mon premier voyage au Japon, chez Tomato à Tokyo. Pour le reste, j’ai modifié une fois de plus l’encolure, pour amener un peu de variations dans ma garde-robe. Je pourrais coudre ce type de modèle quasi les yeux fermés, je n’ai donc rien de spécial à ajouter.

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It didn’t start with you

Mark Wolynn, It didn’t start with you: how inherited family trauma shapes who we are and how to end the cycle: cela fait un certain temps que la psychogénéalogie me passionne mais le seul livre que j’avais lu sur le sujet avait été décevant. Celui-ci est beaucoup plus intéressant. Mark Wolynn commence par parler de la transmission d’ADN, et comment celui-ci peut également inclure la transmission de traumas sur trois générations. Ce chapitre est assez fascinant et troublant en même temps. En citant plusieurs exemples, il raconte comment le trauma d’un aïeul peut survivre et troubler la vie d’un de ces descendants. La suite du livre explique comment repérer ce possible trauma par l’intermédiaire de divers procédés qui sont très clairement détaillés dans le livre et qui permettent de commencer un travail sur soi assez approfondi. J’ai pas mal réfléchi sur ma propre histoire en lisant ce livre, ainsi que celle de mes parents. Malheureusement, la mémoire se perd et je ne connais que très peu la vie de mes grands-parents, et moins encore celle des générations avant. Cela m’a poussée à ressortir les généalogies familiales mais je n’y ai repéré que très peu d' »anomalies », c’est-à-dire, par exemple, des personnes décédées jeunes. Par contre, il a des histoires de dépression, de maladie et donc de personnes soignantes, beaucoup de femmes qui ne se marient pas… J’aimerais pouvoir approfondir tout cela avec une personne extérieure. Ce livre était passionnant, et je le conseille. Qui sait ? Il débloquera peut-être quelque chose ?

Short diary of the week (342)

Lundi: une bonne nuit, commencer un long article, deux problèmes informatiques résolus en une journée, la mail officiel qui annonce une certaine reprise mais qui n’est pas assez précis pour mon poste, aucune concentration pour de la lecture, y arriver finalement en me donnant un court créneau horaire (genre de 17h45 à 18h15 – j’ai tenu 15 minutes mais c’était le plus long moment sans interruption de l’après-midi), ranger la cuisine tout en rippant des disques pour le travail, Breaking Bad, Gardener’s World en différé

Mardi: une bonne nuit, écrire, le beau livreur de Post NL qui m’amène à ma perte: il me livre un puzzle, puzzle que je commence dès la journée de travail finie et que je n’arrive plus à lâcher (je n’ai même pas publié de billet à propos du Japon – ce sera pour la semaine prochaine), Breaking Bad

Mercredi: écrire et corriger, noter des citations, du puzzle, cuisiner une salade intéressante (aubergine, maïs, poivrons, tomates, aneth), Breaking Bad, discuter de rhums par messenger

Jeudi: encoder deux longs articles avec plein de photos, ce qui prend un long moment, et puis arrive le camion avec mon nouveau canapé et mes chaises de jardin, un colis de 56kg donc mais je m’en suis sortie pour le glisser jusqu’au salon et le déballer, The great British sewing bee tout en profitant du nouveau canapé, de la lecture

Vendredi: réveillé fort tôt, faire des commandes, un détour rapide pour faire les courses, passer au bureau pour chercher du travail d’encodage, et donc rencontrer quelques collègues, m’y remettre, tondre la pelouse, et puis l’après-midi est terminée, le repas du soir, une longue et agréable conversation avec Kleo

Samedi: réveillée tôt, glander dans le canapé (l’autre, celui qui donne malheureusement des signes de faiblesse), ne pas réussir à me décider: quel tissu coudre en premier – le rouge ou le bleu ?, le livreur qui passe évidemment quand je suis sous la douche (il a déposé le paquet chez les voisins), du rangement, laver les grandes vitres de la baie vitrée, de la lecture, et comme souvent le samedi soir m’endormir à peine le film lancé, me réveiller une heure plus tard et lire encore un bon moment

Dimanche: du ménage, découper une nouvelle robe (un sondage instagram m’a décidée pour le tissu à fleurs rouges), sortir le parasol, planter une bonne vingtaine de plants de tomates, terminer mon roman, quelques pièces du puzzle, cuisiner un plat de Madagascar très facile, encore un cocktail partagé, Rashomon (Akira Kurosawa, 1950), le sentiment d’avoir passé une bonne semaine sans drames et sans remous et qui me conforte que le télétravail c’est le bien

Un silence brutal

Ron Rash, Un silence brutal: le shérif Les, est à trois semaines de la retraite, mais il a encore une affaire importante à régler. Gerald, un vieux monsieur qui adore pêcher les truites, est accusé par Tucker, le propriétaire d’un hôtel situé au bord de la rivière, d’avoir versé du kérosène dans le cours d’eau, tuant les poissons et privant donc Tucker des revenus des citadins qui venaient là pour s’adonner aux joies de la pêche. Ron Rash alterne les chapitres vus du point de vue de Les, et ceux vus par Becky, une poétesse et amie de Les et Gerald, tout en décrivant la nature sauvage de la Caroline du Nord. C’est beau, c’est bien écrit, ça donne envie d’aller se promener dans la nature, et cela révèle aussi la nature humaine sous diverses facettes. Je vais certainement encore lire d’autres romans de Ron Rash.

Short diary of the week (341)

Lundi: une nuit agitée, mon cerveau se met à faire le travail de la semaine en pleine nuit, et donc commencer à rassembler mes idées et à écrire, hésiter à aller jardiner puis rester à l’intérieur pour lire, une tentative ratée et donc me dire que la meilleure chose à faire est de tourner une page, Breaking Bad

Mardi: relire et corriger, et mettre en ligne d’autres choses qui prennent plus de temps que prévu, une grosse crise d’anxiété qui pointe à l’horizon (liée à un retour au travail), tondre la pelouse pour me calmer, mettre en ligne encore autre chose, ne plus faire grand chose de bien, revoir Tampopo après autant d’années

Mercredi: d’énormes insomnies, peaufiner un texte, terminer de mettre en ligne un autre, je me rends compte que je me répète mais c’est l’essentiel de mon boulot, une mini-sieste, de la lecture au jardin, confondre les jours et annuler un rendez-vous qui n’était pas ce soir mais jeudi, et donc réannuler l’annulation, Breaking Bad, de la lecture

Jeudi: une bonne nuit, de la mise en ligne, de l’attente, de la mise en ligne, découvrir qu’il y a moyen de chatter avec outlook – ce qui facilite certains rapports à distance, de la lecture au jardin, un apéro-vidéo, The great British sewing bee

Vendredi: une nuit catastrophique (est-ce qu’on pourrait arrêter ça ?), les courses en vitesse, une sortie pour chercher des disques au travail, et donc rencontrer trois collègues, la suite donc, terminer l’après-midi avec de la lecture, Breaking Bad, m’endormir comme une masse

Samedi: une bonne nuit, tenter d’améliorer la partie jupe de la robe mais ne pas vraiment y arriver, coudre une ceinture pour camoufler un peu ce qui ne va pas, et du coup être déçue parce que j’aime vraiment beaucoup le haut, quelques coups de pioche aux bambous mais il fait trop chaud, lire une bonne partie de l’après-midi, puis déplacer deux plantes, un barbecue, mais qu’est-ce qu’elle parle fort cette voisine de deux jardins plus loin, profiter de la douceur des températures et rester dehors un long moment

Dimanche: traîner beaucoup, m’habiller, traîner encore, en partie parce que je ne sais pas quel modèle de robe coudre maintenant, manger, venir à bout du bambou non sans me faire un gros bleu au doigt, traîner un peu, commencer à lire, me rendre compte que mes yeux sont fatigués, et moi aussi en fait, faire une mini-sieste, continuer ma lecture, traîner à nouveau, un grand moment de tristesse quand mon papa me souhaite une joyeuse fête des mères (il perd de plus en plus la mémoire), préparer un sambal avec les piments grillés hier sur le barbecue, revoir La saveur des ramen

Fluctuations (IV)

Ou comment j’ai raté mon confinement (ou pas)

(d’après une idée de Kleo)

Dès le début du confinement, ça n’a pas raté: l’internet s’est rempli d’injonctions: « profitez de tout ce temps libre pour faire ceci, ou cela ». D’abord quel temps libre ? Quand on travaille à plein temps, même si c’est depuis la maison, les journées sont quand même bien remplies. Oui, c’est un peu plus relax, et oui, on peut récupérer l’heure qui n’est pas dédiée aux transports, et parfois même, faire la vaisselle est une bonne manière pour trouver de l’inspiration pour un texte. Mais ça ne fait pas beaucoup plus de temps libre, et je n’ai pas obéi aux injonctions diverses (ce n’est pas trop mon style non plus). Un aperçu:

Activité physique: beaucoup de jours sans (je n’ai pas encore pensé à transporter mon téléphone sur moi toute la journée pour compter mes pas), deux ou trois séances de yoga quand j’avais vraiment besoin de me détendre, mais aussi une idée utile: enlever les bambous du fond du jardin. Même s’il n’est pas traçant, il s’était fortement étendu, et donc j’ai commencé par enlever tous les rhizomes qui s’étaient éloignés de la base. Et puis j’ai décidé de m’en débarrasser complètement et de changer l’aspect du fond du jardin. Mon rythme: 10 ou 20 centimètres carrés par jour, mais à la pioche, ce qui prend entre 40 minutes et une heure. Les rhizomes, c’est résistant ! (Le résultat, c’est que j’ai des douleurs sous l’omoplate depuis plus d’une semaine et que j’ai dû ralentir le rythme). Ce n’est pas encore fini, j’ai donc encore de l’exercice physique prévu pour les dix prochains jours environ.

Culture: pour le boulot, j’ai dû faire des listes d’initiatives culturelles sur le web. Associées à celles de mes collègues, ça fait une quantité énorme. Est-ce que j’en ai profité ? Oui, mais seulement trois ou quatre fois, et au détriment de mon visionnage de séries habituel. Côté lecture, ça a été catastrophique les premières semaines: je n’avais plus mon temps dédié dans les transports et je n’arrivais pas à me concentrer à la maison. Par la suite, pour réamorcer l’habitude, je me suis décidée à lire pendant un créneau horaire précis, juste après le boulot. Aujourd’hui j’ai repris un rythme quasi normal mais cela dépend vraiment des jours.

Capillarité: je me déteste avec les cheveux gras, ce n’était donc pas une option pour moi. Donc lavages habituels tous les trois jours (et déjà, le troisième jour c’est souvent limite). Mais j’ai décidé de laisser pousser ma frange, sauf que je l’avais recoupée deux ou trois jours avant le début du confinement. Aujourd’hui, j’en suis au début du stade où a priori j’aurais tout recoupé. Mais si je reste honnête avec moi-même, l’idée était présente depuis au moins six mois.

Epilation: ça m’avait échappé, mais Kleo dit qu’il y a eu plein d’injonctions dans le sens d’une repousse, pour se libérer du diktat « absence de poils ». Et bien, je préfère mes jambes sans poils. Personne ne me fera changer d’avis. (Les nombreux poils sur mes jambes ont été à l’adolescence une source de moqueries, et ma mère me disait tout le temps que si je les épilais, ça reviendrait encore plus dru. Je l’ai crue un moment, sauf que ce n’est pas vrai).

Soutien-gorge: ça dépend des jours et des vêtements, mais moins qu’avant. Sauf qu’avant, le dimanche par exemple, je n’en mettais déjà plus. Au début du confinement, j’ai mis des vêtements confortables en jersey, mais par la suite, je me suis dit que ça me ferait du bien si je mettais mes jolies robes, et là, je préfère porter un soutien-gorge (question de frottement de tissu contre ma peau, et de soutien justement – mes robes sont coupées pour une position des seins dans un soutien-gorge). Et donc, je jardine sans soutien, ce qui a valu une conversation sur le sujet avec ma voisine qui me disait qu’elle avait trop peur des effets de la gravité avec l’âge (elle a 15 ans de plus que moi).

Levain: ça ne m’a jamais traversé l’esprit. Par contre, je continue à cuisiner – comme avant – parce que j’aime ça, testant régulièrement de nouveaux plats, selon mes envies. Le souci du pain, c’est que c’est une grande quantité (et sinon, tout ce travail ne vaut pas trop la peine) et que ça fait beaucoup pour moi toute seule. J’ai vaguement pensé aux naans (depuis avant le confinement en fait) mais idem: j’en mangerai un et puis… surgélation ? Ce n’est pas aussi bon !

Créativité: comme avant, je couds mes robes et je m’occupe du jardin. J’ai lancé un projet de nouveau point d’eau pour le fond du jardin, projet déjà imaginé depuis l’été passé en fait. Il fallait juste que je contacte quelqu’un d’extérieur pour le mettre en place (à vrai dire, je pensais que le confinement empêcherait tout ça, mais non).

Puzzle: j’ai repensé à ces puzzles de 5000 pièces que je faisais pour combler mon ennui alors que j’étais adolescente. C’était toujours à la mer, dans la maison de ma grand-mère. Je crois que les puzzles sont restés là quand on a vendu la maison, ou alors quand on a vendu la maison de mon papa. Mais je fais des réussites sur mon téléphone pendant des moments de glande intense.

Apprendre à se connaître soi-même: ça fait un petit temps que c’est en cours, je n’ai pas attendu le confinement pour réfléchir sur moi-même !

Autre chose ?

A vrai dire, je vis ma vie à peu près comme avant, la seule « grande » décision étant la repousse de la frange ! Et donc, il ne faut pas s’attendre à de grandes entreprises de mon côté.

Short diary of the week (340)

Lundi: et donc cette douleur sous l’omoplate est plus accentuée aujourd’hui, reprendre le travail à la maison (a priori au moins jusqu’au 18 mai si j’ai bien compris le mail du directeur), couper les cannes de bambou restantes, lire un moment et profiter de ce dernier jour de soleil, Breaking Bad

Mardi: réécouter un vieux disque et me rendre compte qu’il ne me plaît plus autant qu’avant, commencer un texte, la pluie – enfin, ajouter de la terre à mes tomates à l’intérieur, terminer ce roman, Breaking Bad

Mercredi: ces douleurs sous l’omoplate – toujours, plein d’idées pour la suite (cette liberté de choisir soi-même des sujets), rempoter quelques fleurs, tenter un plat de Hong Kong qui s’avère facile à préparer et très bon, le documentaire Ramen Heads qui me fait saliver

Jeudi: mettre des choses en ligne, voir avec plaisir le facteur (la factrice ?) m’apporter un colis, une courte promenade pour tenter de détendre mon corps tout tendu, The great British sewing bee (en différé)

Vendredi: congé !, de la couture: continuer la robe en cours et coudre un masque, glander pas mal, un peu de lecture, un documentaire sur les femmes de réconfort indonésiennes lors de l’occupation japonaise: Troostmeisjes: omdat wij mooi waren, un bout de Gardener’s world

Samedi: les courses qui ne se passent pas trop bien: me faire agresser verbalement par un client qui m’a d’abord coincé dans une allée sans issue, le trop plein d’émotions catalysé par ce truc tout con, de la couture: me décider pour une jupe droite mais d’abord coudre une toile, m’attaquer à cet arbuste qui cache un palmier, j’abandonne: il est trop ancré dans le sol, mais en le taillant aux deux-tiers j’obtiens l’effet voulu, de la lecture, préparer des ramens au coquilles saint-jacques et mettre le bordel dans la cuisine, un début de film qui m’endort très vite

Dimanche: une bonne nuit, de la couture, abandonner: c’était une bonne idée de coudre une jupe droite mais l’adaptation à ma taille se révèle fort difficile et je préfère y revenir à tête reposée, lire tout l’après-midi et terminer un roman, du gigot – le souci c’est que toute la maison sent le graillon, A land imagined – un beau film de Singapour

Les putes voilées n’iront jamais au paradis !

Chahdortt Djavann, Les putes voilées n’iront jamais au paradis !: après avoir lu Le pont des soupirs, j’ai cherché des romans courts, pour avoir l’impression d’avancer. Je me suis plongée dans ma vieille PAL et j’ai sélectionné ce livre qui s’y était ajouté lors de l’initiative « Lire le monde » d’il y a quelques années. Sous des airs de roman, Les putes voilées n’iront jamais au paradis ! décrit la prostitution en Iran: il raconte les histoires fictives de quelques femmes mais reprend également des cas réels, des femmes qui ont été retrouvées mortes ou qui ont été condamnées à la peine de mort. L’auteur leur imagine une vie antérieure pour leur donner un visage. Car c’est bien de cela qu’il s’agit: montrer une réalité qui est cachée, montrer l’hypocrisie des hommes et de tout un gouvernement qui se dit saint mais qui a besoin de prostituées. C’est dur, c’est très cru, et c’est important d’en parler.

Mais je n’ai pas du tout aimé la manière de faire de Chahdortt Djavann. Je m’attendais à un roman, à une histoire suivie de quelques femmes, pas à des interruptions intempestives de l’auteur qui commente ce qu’elle a écrit, et qui laisse même une fin ouverte tout en prévenant de ce qui se passe en général dans ces cas-là. Si j’avais voulu lire un récit documentaire sur le sujet, je l’aurais fait; je n’ai pas aimé ce mélange des styles dans ce qui est annoncé comme un roman. Ma note est donc une moyenne: 4 pour le sujet, 2 pour la manière de le rendre.

En faisant quelques recherches, je me suis rendu compte que j’avais déjà lu Big Daddy du même auteur. Mon avis était également mitigé, mais pour d’autres raisons. Et je n’ai aucun souvenir du roman après quatre ans.