Short diary of the week (339)

Lundi: une mauvaise nuit (sans vraie raison), m’attaquer à ce texte, être interrompue par le jardinier de ma voisine qui taille la haie mitoyenne, bien avancer quand même, tailler le reste de la haie et tondre la pelouse, un documentaire gratuit pour le moment – et très émouvant: Return to K.I.D. de Vanna Seang (retour vers le passé au Cambodge)

Mardi: une bien meilleure nuit, des corrections, attendre des corrections, déplacer les plantes sur la terrasse, le dernier épisode de la cinquième saison de Better call Saul

Mercredi: de nouveau une nuit entrecoupée d’un long réveil, mettre un long texte en ligne, écrire d’autres choses, rempoter des plantes, Breaking Bad

Jeudi: mettre en ligne le texte d’un collègue, diverses petites tâches, et puis en fin d’après-midi m’attaquer aux mauvaises herbes de la pente du garage, terminer un livre, The Great British Sewing Bee – en différé

Vendredi: réfléchir au travail de la semaine prochaine, avancer sur quelques projets plus anciens, me plonger dans les généalogies familiales, asperges scampis oeufs mollets, Breaking Bad

Samedi: une nuit agitée, les courses, une sieste, me rendre compte que j’ai pris pas mal de retard dans l’écriture de brouillons d’articles de blogs (et ne rien faire pour changer ça dans l’immédiat), enlever des mauvaises herbes sur le trottoir, réfléchir une fois de plus aux changements à l’arrière du jardin, m’installer pour lire mais il fait trop froid à l’ombre (et impossible de lire au soleil), des sashimi et maki maison, Gardener’s World (en différé), tomber sur Maison à vendre et regarder ça le reste de la soirée (parfois, il faut mettre son cerveau en vacances)

Dimanche: cette douleur sous l’omoplate viendrait-elle d’un faux mouvement ou c’est l’endroit où le stress se serait accumulé ?, du yoga pour le haut du dos, de la couture – c’est toujours gratifiant quand ça prend forme (surtout après avoir passé plusieurs semaines à coudre des toiles pour un autre patron), un bout de bambou en moins – et donc le mal sous l’omoplate vient de là, de la lecture, un rougail de saucisses qui a un délicieux goût fumé grâce à du pimenton offert par Gasparde, The roots remain – encore un documentaire intéressant sur le Cambodge

Le pont des soupirs

Richard Russo, Le pont des soupirs: ou le récit d’une lecture commune laborieuse. Plusieurs bloggueurs s’étaient montrés particulièrement enthousiastes à la lecture des romans de Richard Russo, et Ingannmic a proposé une lecture commune à toute personne intéressée. Le choix s’est porté sur Le pont des soupirs et je me suis inscrite. Prévoyante, j’ai commencé ma lecture début mars et je me suis plongée dans cette histoire d’une petite ville américaine.

Louis C. Lynch, dit Lucy, n’a jamais quitté Thomaston, dans la région de New York. La soixantaine arrivée, il décide d’écrire l’histoire de sa vie tandis que sa femme, Sarah, organise un voyage en Italie où ils visiteront Venise et le vieil ami de Louis, Bobby Marconi, qui est un artiste reconnu sous le nom de Noonan. Dans son autobiographie, Louis raconte les problèmes financiers de ses parents, leur vie parfois difficile, comment son père a acheté une épicerie alors qu’il ne pouvait pas vraiment se le permettre et que les supermarchés avaient déjà vidé les petits magasins de quartier. Il décrit surtout son amitié, pas toujours partagée, avec Bobby et ses déboires avec les autres enfants qui se moquent de lui.

Les premières 150 pages alternent le récit de Louis avec celui de Noonan à Venise. Je n’ai trouvé aucun point d’accroche à ce monde masculin, celui très limité du naïf Louis et celui d’homme à femmes et d’artiste dépressif de Noonan. J’étais en manque de descriptions de la nature et de grands espaces. J’ai interrompu ma lecture. Je voulais lire le récit de femmes et j’ai trouvé mon bonheur dans The Break de Katherena Vermette.

Fin mars, j’ai repris ma lecture, en plein confinement, ce qui m’a sans doute aidée: je me suis forcée à lire 50 pages à la fois, puis même 100 pages, terminant les 150 dernières d’une traite. Louis continue son récit, puis l’interrompt. Les autres personnages commencent à s’exprimer, Sarah notamment, la femme de Louis. Au début, cela a apporte une heureuse diversion dans le monde très étriqué de Louis qui ne vit que pour ses épiceries. Mais par la suite, j’ai eu l’impression que ces autres voix faisaient partie d’autres romans et avaient été imbriqués ici un peu de force. J’ai encore douté plusieurs fois si j’allais terminer ce roman et si ce n’avait pas été une lecture commune, je l’aurais abandonné.

Richard Russo excelle sans aucun doute dans la description de la vie américaine mais j’ai trouvé son récit poussif, mal structuré. J’ai souvent pensé à Joyce Carol Oates, dont certains romans peuvent être pénibles à lire, mais j’y ai toujours trouvé un style plus particulier, plus incisif. Bref, ce roman était une vraie déception et ma note est sévère. Je ne lirai sans doute pas d’autres Russo, d’autant plus que ce sont des pavés.

Un titre découvert dans le cadre d’une lecture commune autour de Richard Russo (j’ai recopié ce passage chez Ingannmic): Ont également lu « Le pont des soupirs » : KrolEve et The Austist Reading. Aifelle a lu « Un homme presque parfait » MarylineMarie-Claude et Valentyne ont lu : « A malin, malin et demi » Goran a lu « Ailleurs » 
Keisha a lu « Quatre saisons à Mohawk »

Short diary of the week (338)

Lundi: une très mauvaise nuit – sans vraie raison – mais je dois peut-être regarder du côté d’une meilleure hydratation le soir, j’ai l’impression que quand je bois plus d’eau le soir je dors mieux mais c’est un équilibre précis: si je bois trop tard je me réveille pour aller aux toilettes, congé donc !, les architectes de jardin peuvent continuer à travailler et donc j’ai eu un rendez-vous ce matin – à distance raisonnable – pour discuter d’un nouveau point d’eau à l’arrière du jardin, le projet est très enthousiasmant !, une grosse chute de tension, rempoter les herbes aromatiques, réfléchir au nouvel agencement des plantes à l’arrière du jardin, hésiter beaucoup: enlever les bambous et les remplacer par des érables ?, Breaking Bad

Mardi: encore une nuit très moyenne – c’est frustrant !, de retour au travail… à la maison, manger un délicieux goulash cuisiné par ma voisine, cinq des vingt variétés de tomates n’ont pas germé – mais j’ai assez de pousses pour remplir les pots vides (et j’ai pensé pour une fois à jeter les semences concernées), chercher de nouvelles chaises de jardin sur le net, cuisiner un plat pas mal mais il manque quelque chose pour que ce soit vraiment savoureux, Better Call Saul

Mercredi: une meilleure nuit, écouter ce « disque de réconfort » et réfléchir à un texte, un peu de lecture, et puis les nouvelles me troublent – j’ai peur de retourner travailler le 3 mai en prenant les transports en commun (il y a sans doute peu de chances en fait quand on y réfléchit un peu), du coup je ne fais pas grand chose de ma soirée, et je m’endors sur mon roman alors qu’il ne reste que 20 pages

Jeudi: écrire avec entrain, et puis cette horrible nouvelle: un de mes collègues est décédé d’une rupture d’anévrisme, je suis bouleversée tout comme les quelques collègues que je contacte, je regrette déjà son humour très cynique, me défouler sur les bambous pour tenter d’oublier, et puis terminer ce beau roman, et commencer un autre qui semble prometteur – j’aime l’écriture dès les premières pages, un apéro en visioconférence, deux épisodes de Breaking Bad – la fin de la troisième saison et le début de la quatrième

Vendredi: réveillée quelques minutes avant le réveil, commencer une tâche, être interrompue par une plus urgente, semer des courgettes et concombres, de la lecture, un nouvel apéro partagé sur instagram, mon papa me raconte au téléphone que son meilleur ami d’adolescence est décédé, Breaking Bad, Gardener’s World

Samedi: me réveiller pendant la nuit à cause de nausées, les courses, parler un moment avec le responsable des vins qui me raconte combien certains clients sont chiants, me réjouir de la pluie qui arrose enfin le jardin, me dire que je vais commencer un nouveau projet couture facile et rapide, et puis hésiter le reste de la matinée, divers facteurs entrent en compte – le changement de couleur du fil dans la surjeteuse n’étant pas des moindres, trouver finalement une idée – encore un sacré frankenpattern – avec un tissu foncé mais estival quand même, décider qu’une sieste me ferait du bien, dormir profondément pendant deux heures – et j’ai du mal à me réveiller après ça, du jardinage, de la lecture, The last reel – un film cambodgien diffusé gratuitement pour le moment

Dimanche: une bonne nuit, un temps tout gris, couper du tissu pour une nouvelle robe, enfin terminer le tri des photos de mon voyage au Japon, de la lecture, cuisiner un bon plat, Babylon Berlin

The Break

Katherena Vermette, The Break: abandonnant le pavé en cours, je me suis lancée dans la lecture du roman de cette écrivaine canadienne Métis (d’ascendance européenne et amérindienne), originaire de Winnipeg au Manitoba. Il raconte des histoires de femmes, reliées entre elles par des liens familiaux, parfois ténus, mais souvent bien présents. Par une froide nuit d’hiver, Stella, une jeune maman, est témoin d’une altercation dans la neige, dans le quartier du Break, une partie de Winnipeg. Elle appelle la police mais n’est pas entièrement prise au sérieux. Le lendemain, la jeune Emily est admise à l’hôpital, couverte de sang. Elle a été violée. Autour d’elle gravite une série de femmes, sa mère Pauline qui doute de son partenaire, sa grand-mère Cheryl qui pense toujours à sa soeur décédée trop tôt, Rain (la mère de Stella), son arrière grand-mère, surnommée Kookom, qui est le lien vers le monde des esprits, et puis Phoenix, cette adolescente qui s’enfuit d’un centre de détention pour mineurs. Chaque chapitre donne la parole à l’une de ces femmes et décrit les événements qui ont mené à cette terrible nuit. Parfois intervient l’unique voix masculine, celle de Tommy, jeune policier Métis, qui veut résoudre l’affaire.

L’auteur trace un très beau portrait de ces Indiens des villes, déracinés mais ayant malgré tout gardé une part de leurs racines, même si elle sont souvent étouffées. Chaque personnage est minutieusement décrit, avec ses failles et ses doutes mais en refermant le livre, il en ressort une certaine chaleur, un certain espoir. Ma lecture n’a pas été facile, j’ai eu du mal à lire plus de 10 pages par jour; elle est tombée à un moment marqué par le stress et l’angoisse (l’annonce du confinement) et j’ai parfois dû me forcer à continuer. Mais quand j’ai attaqué les 60 dernières pages, je les ai lues d’une traite. Et j’ai bien fait. Les personnages continuent à me suivre encore aujourd’hui, quelques semaines après la fin de ma lecture. Je remercie donc Electra d’en avoir parlé !

The Sea and Civilization

Lincoln Paine, The Sea and Civilization: A Maritime History of the World: quelque part au début de 2019, j’ai souhaité apprendre de nouvelles choses à propos de l’histoire des grandes découvertes et j’ai cherché des livres à lire sur ce sujet. Un ami m’a prêté Conquerors: how Portugal forged the first global empire de Roger Crowley que j’ai dévoré en quelques semaines. Parallèlement, en avril, j’avais commencé la lecture du pavé de Lincoln Paine. Car il s’agit d’un ouvrage de taille et de poids certains. L’auteur raconte l’histoire du monde sous l’angle de la mer et de la navigation, en commençant par la préhistoire et en allant jusqu’au monde globalisé d’aujourd’hui. Il explique par exemple comment les îles du Pacifique ont été peuplées les unes après les autres, mais aussi le commerce antique dans la Méditerranée, l’évolution dans la fabrication des bateaux (j’ai eu beaucoup de mal avec le vocabulaire – en anglais – et j’ai donc plutôt survolé ces passages), les guerres navales, les grandes découvertes (les 380 pages du Crowley sont résumées en une dizaine de pages), l’arrivée des moteurs à vapeur et diesel… J’ai beaucoup apprécié que l’auteur ne se limite pas au monde occidental. En effet, de nombreux chapitres sont consacrés au commerce maritime en Asie, de la Chine à l’Inde, en passant par l’Asie du Sud-Est. Le livre est passionnant, mais il est juste très long à lire, j’ai mis dix mois en lisant quelques (dizaines) de pages tous les weekends.

Short diary of the week (337)

Lundi: une nouvelle semaine de confinement (la quatrième ?), terminer une série de tâches abandonnées vendredi, cuisiner une tarte à la banane pendant une pause (la quantité de beurre est astronomique !), continuer le travail, semer des radis et de la salade, un peu de lecture, deux épisodes de Breaking Bad

Mardi: réveillée bien trop tôt – vers 5h30, bien avancer sur cet article, une réunion en visioconférence, une grosse fatigue quand même, terminer ce pavé-boulet, Better Call Saul, la pleine lune éclaire tout

Mercredi: terminer un article, laisser le sort décider du sujet du suivant, le sort est bien tombé !, c’est vraiment un plaisir de réécouter ce disque de Slint, mon activité physique du jour (et des autres aussi): attaquer du bambou à la pioche (et il en reste encore assez pour les prochaines semaines), je suis l’anti Marie Kondo: il y avait à la cave assez de produit nettoyant et d’huile de teck pour traiter la table de jardin, encore une mauvaise pioche pour la lecture (quelle est la probabilité de mettre deux fois le mot « pioche » dans un même paragraphe ?), Babylon Berlin, Breaking Bad, m’inquiéter de la situation des maisons de repos et donc aussi pour mon papa

Jeudi: des insomnies donc, insomnie pendant laquelle mon cerveau veut écrire l’article du jour, une certaine fatigue donc, travailler, et puis terminer un livre au jardin, appeler mon papa et avoir l’impression qu’il est en assez bonne forme, Breaking Bad

Vendredi: à la recherche de photos – le travail du jour donc, recevoir un mail rassurant de la maison de repos – personne n’est infecté pour le moment, semer quelques fleurs, profiter du soleil de fin d’après-midi, continuer les apéros partagés, cuisiner un curry qui mélange les influences sri lankaises, thaïes et birmanes, Breaking Bad, Gardener’s World

Samedi: les courses – un peu plus stressantes parce qu’il y avait plus de monde, du coup je me demande comment ça se passera quand je devrai reprendre les transports en commun et aller au bureau, de la couture – tenter d’adapter le patron de la jupe à ma taille, séparer les hellébores – plus compliqué qu’il n’y paraît, enlever un bambou d’un grand bac en métal – juste à temps – il commençait à percer par en-dessous, aider ma voisine à mettre en place les deux palmiers qu’elle vient d’acheter, de la lecture, remercier mon voisin qui m’a aidé à recharger la batterie de la voiture (je roule encore moins que d’habitude) et qui en a profité pour vérifier le niveau d’huile et pour rajouter du liquide lave-glace, me demander ce qui se passe dans la tête de cette voisine qui invite deux fois par semaine son fils et son petit-fils, commencer un vieux western et me rendre compte que la copie est un transfert vhs sans sous-titres, retourner à Breaking Bad

Dimanche: le ratio nourriture ingurgitée / activité physique n’est pas équilibré – tentons de résoudre ça pendant la semaine qui vient, coudre une toile pour la jupe – les ajustements seront assez faciles, semer plusieurs variétés de basilic, enlever ce grand bac en métal du fond du jardin et le mettre sur la pile « à porter à la déchetterie », diviser les hellébores (la suite) et faire plaisir à ma voisine, qui d’ailleurs m’a offert des oeufs de Pâques, une soirée à glander devant youtube, de la lecture

La femme révélée

Gaëlle Nohant, La femme révélée: Eliza Donnelley a quitté son mari fortuné et abandonné son petit garçon, fuyant Chicago. Elle se retrouve à Paris, on est en 1950. Elle y commence une nouvelle vie sous le nom de Violet Lee, armée de son appareil photo. La ville se réveille après les années de guerre, elle y rencontre des prostituées, des artistes, des hommes… Mais l’abandon de son fils la ronge. Le roman dévoile au fil des pages son histoire, son passé, son désir de justice sociale. J’ai été prise par ma lecture, tournant page après page, impatiente de connaître la suite de l’histoire qui se divise en deux grandes parties. J’ai beaucoup aimé la première, un peu moins la deuxième – elle est tout à fait logique mais je l’ai trouvée un peu trop différente, comme s’il s’agissait d’un second roman. Mais c’est un commentaire a posteriori: pendant ma lecture, j’ai été happée par le récit et après avoir lu pas mal de romans qui se traînaient, cela m’a fait du bien. J’admire également le talent de l’auteur qui arrive avec chaque roman à plonger le lecteur dans un monde totalement différent. Ses descriptions sont fouillées, les détails rendent très bien l’esprit d’une époque, d’une ville.

Short diary of the week (336)

Lundi: le scénario habituel: « mais je ne connais rien à ce sujet ! » – une demi-heure plus tard: « ah mais c’est super intéressant en fait » – ou comment se passe la rédaction de l’article du jour pour le boulot, et puis ressortir ce disque de Wild at heart et avoir envie de revoir le film, cette satisfaction d’avoir bien travaillé, semer des tomates – vingt variétés – l’idée est d’avoir un plant de chaque, de la lecture, reprendre avec plaisir Babylon Berlin (saison 3), Breaking Bad

Mardi: cette douleur au dos est la preuve que mes angoisses sont bien là, mais comment les faire partir ?, travailler sur plusieurs projets à la fois, préparer du falernum, lire au jardin – j’ai pris des couleurs !, Better Call Saul, Unorthodox, ou comment les anxiétés des autres jouent un mauvais rôle dans la mienne

Mercredi: pour une fois je ne me suis pas réveillée avant le réveil, on dirait qu’il a bien gelé cette nuit, le boulot, me défouler sur les bambous, lire un moment, et puis bondir en lisant quelque chose, et avoir beaucoup de mal à me calmer, discuter un moment en ligne

Jeudi: une nuit agitée – les histoires d’hier ont influencé mon sommeil – et quelque part ça me frustre, continuer à écrire cet article, regarder un documentaire lié à celui-ci, trier des photos, deux épisodes d’Unorthodox

Vendredi: du copier-coller, une réunion ratée (une des personnes n’arrivait pas à se connecter), un peu de jardinage, la fin d’Unorthodox – une belle mini-série, Gardener’s World (non, je ne me suis pas endormie !)

Samedi: les courses, de la couture, à l’attaque des bambous – aussi chez ma voisine – à distance raisonnable évidemment, planter dahlias et lys dans des pots, de la lecture (mais le soleil s’est caché et je suis donc rentrée), le début d’un film lamentablement interrompu par un endormissement impromptu

Dimanche: mais quel est-ce bruit ? j’avais oublié de fermer le robinet du jardin et le tuyau d’arrosage s’est déconnecté créant une mini-inondation dans le jardin, de la couture: cette troisième toile du haut est la bonne, par contre je me perds dans mes calculs pour le bas, préparer les bacs du potager et autres petites tâches au jardin, lire – à l’ombre cette fois-ci, un premier barbecue de l’année, continuer et terminer le film entamé hier: Miss Oyu de Kenji Mizoguchi (1951)

The meaning of rice

Michael Booth, The meaning of rice, and other tales from the belly of Japan: j’avais beaucoup aimé ma lecture de Sushi & beyond en 2014, avant d’aller pour la première fois au Japon. En revenant de mon dernier voyage, le troisième déjà, je me suis plongé dans la suite des aventures de Michael Booth, journaliste culinaire, et de sa famille. Ses enfants ont grandi et sont maintenant des adolescents. Ensemble, ils parcourent tout le Japon, partant d’Okinawa pour arriver tout au nord d’Hokkaido, à la recherche des spécialités locales. Michael Booth attache pas mal d’importance à des denrées ou plats dont la tradition se perd, ou qui sont voués à la disparition à cause du réchauffement climatique. Le récit est intéressant, mais à partir d’un moment, il devient un peu répétitif et j’ai perdu le fil. Je me suis même un peu forcée pour le terminer, d’où une appréciation moyenne.

Fluctuations (3)

Je me sens globalement bien. J’ai l’impression que ce confinement n’est qu’une suite logique d’un parcours entamé il y a quelques années après ma rupture (mais que j’aurais aimé vivre différemment, sans les règles actuelles, évidemment). Si je me suis accrochée aussi longtemps à cette personne, envers et contre tout, c’est parce que j’avais peur d’être seule. Et puis un jour c’est arrivé, je me suis retrouvée seule.

J’ai repris les choses en main, pas à pas, prenant confiance mais perdant aussi les pédales de temps en temps. J’accepté le changement, j’ai décidé de tourner la page, de ne pas vivre dans le passé, de construire quelque chose de nouveau. Rien de tout cela ne s’est fait en un jour.

Un des éléments les plus importants dans ce parcours, ce sont les voyages (j’en reviens toujours à ça). Plus jeune, je n’osais pas voyager seule, et puis j’ai écouté les conseils d’une amie et je me suis lancée. En partie encore protégée et accompagnée lors d’un premier voyage (celui en Birmanie et en Thaïlande), mais aussi avec deux fois trois jours seule. Les trois derniers jours, j’ai profité pleinement.

Ma destination suivante a été le Japon où je suis partie trois semaines. J’ai adoré. J’ai répété l’expérience deux fois par la suite. J’ai aimé de plus en plus. Ces voyages ont permis de me recentrer, de trouver qui j’étais au fond de moi, de m’accepter de plus en plus telle que je suis. J’ai été aidée par des amis, par des articles divers, par la méditation, par un compte instagram ces derniers temps (The holistic psychologist). Je comprends mieux comment je fonctionne, quels sont mes « traumas » d’enfance (je mets de guillemets parce que c’est un bien grand mot – j’en parlerai peut-être plus tard).

Cette solitude tant aimée en voyage se prolonge quelque part pendant ce confinement. Je me sens libérée des obligations sociales. Autant j’aime la compagnie d’amis, sortir de chez moi est parfois difficile, c’est souvent un effort. Je contourne la question en proposant des sorties en semaine, après la fin du travail, sans repasser par chez moi d’abord. Je suis devenue très casanière (et ce n’est pas incompatible avec les voyages). J’aime tout simplement rester à la maison et je m’y sens bien (mes choix de lieu de vie ont toujours été liés à un sentiment de bien-être dès la première visite de l’endroit – ce qui explique aussi pourquoi je peux tant déprimer quand mon choix de chambre d’hôtel lors d’un voyage est complètement raté).

Tout n’est pas toujours rose tous les jours, loin de là. Mercredi, j’étais comme une cocotte minute prête à exploser, il fallait que ça sorte (encore merci à mes confident(e)s). Je ressassais une histoire d’amitié qui a évolué de quelque chose d’assez fusionnel en ses débuts à de l’ignorance totale de la part de l’autre personne aujourd’hui. Le contraste est trop violent pour que ce soit facile à accepter pour moi et j’en souffre. J’imagine que cette question occupera encore mon cerveau un moment, mais aussi que j’arriverai à m’en détacher.

En attendant, la semaine touche à sa fin; j’ai plus ou moins bien travaillé selon les jours. J’ai pris beaucoup de plaisir à écrire un texte, un autre est plus laborieux mais les recherches à ce sujet m’ont permis de regarder un documentaire qui m’a constamment fait penser à mon papa – ça se passait au Niger, mon papa y a fait un voyage il y a une quarantaine d’années. J’étais remplie de nostalgie.

Encore ceci: ce que je décris ci-dessus est mon état d’esprit. Nous sommes tous différents, il n’y a pas lieu de faire des comparaisons. Chacun vit cette situation à sa manière, et j’envoie beaucoup de courage et de soutien à chacun.