After her

Joyce Maynard, After her: pendant l’été 1979, dans une banlieue résidentielle de San Francisco, les sœurs Rachel et Patty passent leur temps en écoutant des disques, en inventant des histoires, en regardant la télévision au travers des fenêtres des voisins… Leurs parents, séparés, les laissent très libres. Leur mère est retirée sur elle-même, leur père est submergé de travail depuis que des meurtres de jeunes femmes ont eu lieu dans le quartier. Rachel souhaite à tout prix aider son père qu’elle adore dans la recherche du coupable mais tout ne se passe pas comme prévu. Joyce Maynard écrit un roman sur l’adolescence, ses insécurités, ses comportements un peu bizarres, sur un fond d’enquête policière et de chronique familiale. La présence d’un meurtrier ajoute une angoisse latente et un certain suspense. Elle décrit très finement la personnalité de Rachel et de sa sœur, ainsi que celle du père, absorbé par son travail mais aussi grand charmeur. Et c’est ce qui m’a beaucoup plu. Par contre, j’ai trouvé qu’il y avait une dernière partie en trop, celle du temps présent, où Rachel est toujours troublée par les événements du passé. J’ai eu l’impression que Joyce Maynard voulait à tout prix écrire une conclusion et que c’était un peu forcé. C’est dommage mais cela ne m’empêchera pas de lire d’autres romans de cet auteur.

Short diary of the week (285)

Lundi: un oiseau chantant à tue-tête me réveille à l’aube, l’angoisse qui monte, une réunion qui au final n’apprend pas beaucoup plus sur mon futur dans l’institution – à part la dissolution de mon service, il va falloir choisir un nouveau service…, plus beaucoup de motivation pour travailler, partir plus tôt et faire du shopping au supermarché chinois, et acheter du thé aussi, apprendre par la presse que la maison de repos de mon papa est sur une liste noire, cuisiner le plat pour les repas de midi de la semaine, parler avec mon papa du problème (pour lui tout va bien), le début de la troisième saison de The good fight

Mardi: l’angoisse qui monte (bis) (mais pour d’autres raisons), un nouvel enregistrement d’émission radio (ce sera diffusé en avril), complètement vidée, envoyer un mail à la maison de repos, recevoir dans la demi-heure un appel de la directrice m’expliquant une série de choses et tentant de me rassurer, trouver un acheteur pour le multicuiseur qui est définitivement trop grand pour moi mais aussi trouver une petite cuiseuse à riz toute mignonne et la commander, voir que les carottes violettes déteignent sur les carottes jaunes, Masterchef, chercher une bêtise à regarder et ne rien trouver, m’endormir devant un documentaire

Mercredi: je peux enfin attaquer la dernière tâche avec deadline bien trop proche (après le marathon se calme un peu), la procrastination d’avant écriture, le rassemblement d’informations et un début de mise par écrit, ranger un peu la cuisine, The Great British Sewing Bee

Jeudi: je n’ai pas osé faire les calculs avant mais j’ai bien atteint l’âge où maman a eu son premier cancer, heureusement rien à signaler lors de la mammographie et échographie, une assemblée générale déprimante, de retour dans mon bureau en essayent de ne pas trop ruminer, d’un côté j’ai envie de voir des collègues pour parler mais d’un autre pas, attendre un sms que je n’entends pas parce que mon gsm est en mode silencieux, du coup c’est un peu la course mais j’attrape bus et tram en dernière minute, retrouver des amis au Modern Alchemist pour une soirée avec guest bartender et rhums de la Réunion, connaître 95% des gens présents dans le bar, manger deux délicieuses croquettes crevettes chez Fernand Obb, à la sortie du métro retrouver le conseiller vin de mon supermarché – celui avec qui je m’entends bien

Vendredi: un nuit un peu agitée – trop d’excitation hier soir, mais qu’est-ce que ça m’a fait du bien !, retrouver l’ambiance tendue du boulot, recevoir la nouvelle cuiseuse à riz (son petit nom est “panda”), un repas improvisé à partir de thon cru, Masterchef, m’endormir devant la tv

Samedi: une excursion en jardinerie, acheter un citronnier caviar pour ma voisine (et pour moi, je n’ai pas pu résister), passer l’aspirateur, aller chez mon papa – il est content de me voir chaque semaine – beaucoup de personnes de la résidence n’ont jamais de visites, les courses, me lancer dans le nettoyage de la terrasse, au moins j’ai fait de l’exercice physique !, un curry birman aux œufs, rattraper ce que je n’ai pas vu: Gardener’s World et Masterchef

Dimanche: réveillée tôt, écrire des brouillons de billets de blog, aller à la zumba – cette fois-ci c’est moi qui motive ma voisine, jardinage: tailler le rosier grimpant, me battre avec un bambou, planter ce que j’ai acheté, un peu de lecture, cuisiner marocain, The good fight, Crazy ex-girlfriend

Sorcières

Mona Chollet, Sorcières . La puissance invaincue des femmes: ou comment un livre qui a priori ne répondait pas à mes attentes m’a complètement convaincue et ouvert les yeux sur un sujet que je connaissais finalement peu. Je m’explique: j’ai acheté ce livre pensant apprendre beaucoup de choses sur l’histoire des sorcières (même si je savais déjà qu’il y avait une autre dimension), je l’ai refermé en connaissant mieux les problèmes qui poursuivent les femmes depuis des générations (je les ressentais mais sans arriver à les nommer). Mona Chollet prend comme point de départ les sorcières, souvent des femmes qui connaissaient de nombreux remèdes à une époque où la médecine n’existait quasiment pas, des femmes qui faisaient peur parce que les guérisons semblaient inexplicables, parce qu’elles étaient souvent indépendantes, veuves, vivant seules. Dès la Renaissance, les mentalités ont changé et leur liberté a été considérée comme de plus en plus suspecte. Elles ont été poursuivies et chassées.

Chollet explique ensuite comment la femme d’aujourd’hui est toujours critiquée, diminuée, prenant l’exemple des femmes célibataires, des femmes qui ne désirent pas d’enfant, des femmes qui vieillissent, des soins médicaux inégaux portés aux femmes. Je ne rentrerai pas dans les détails mais cette partie est particulièrement passionnante, cherchant à casser tous les préjugés et clichés. Je suis sortie de ma lecture grandie, plus confiante, plus sûre de moi, et sans doute plus décidée aussi à défendre mes droits en toutes situations. Je ne suis pas militante – je ne le serai sans doute jamais – mais je corrigerai les petites remarques qui peuvent sembler anodines de manière très simple et assurée mais sans tomber dans des discussions stériles. J’essayerai d’ouvrir les horizons d’autres personnes, tout comme Mona Chollet a ouvert le mien. A lire absolument !

(J’aurais aimé trouvé un livre sur l’histoire des sorcières mais parmi ceux renseignés dans la bibliographie, celui de Guy Bechtel, La sorcière et l’Occident, est épuisé et celui de Colette Arnould, Histoire de la sorcellerie, m’est tombé des mains parce que trop basé sur les textes et sans trop d’analyse.)

Short diary of the week (284)

Lundi: la motivation n’y est pas vraiment mais le travail doit quand même être fait, Naomi Duguid et Austin Bush ont aimé mes photos avec leurs recettes respectives sur Instagram (la première a commenté, le second a reposté dans une story) – je suis fière et puis ça fait plaisir tout simplement, encore un enregistrement à la radio, ne pas retourner au boulot mais plutôt découvrir le centre commercial Docks, ou les mêmes magasins que partout ailleurs (sauf un Maisons du Monde qui était mon but premier), cuisiner pour les repas de midi de la semaine, Masterchef, terminer mon livre

Mardi: mon cerveau n’a pas voulu se taire cette nuit, reprendre le livre abandonné, la présentation d’un projet, une immense fatigue, partir plus tôt pour aller chez le dentiste, remplacement de deux très anciens plombages, une partie de ma bouche est endormie – ce qui est ennuyeux pour manger, True Detective

Mercredi: avancer dans la préparation et même voir quasi le bout en fin de journée, préparer à manger, The Great British Sewing Bee, Masterchef, m’endormir, me réveiller avec la nausée et malade

Jeudi: mettre un certain temps à me rendormir tellement je suis glacée, ça va mieux au matin, batailler avec des rips de cd et du matériel qui plante, faire remplacer le lecteur cd, à la recherche du meilleur frigo, la fin de la troisième saison de True Detective – mieux que la saison 2 mais un peu moins bien que la saison 1

Vendredi: la pluie – encore, de nouveaux livres, mais qui a des idées aussi stupides ?, pas d’internet en rentrant – après un quart d’heure je pense à ôter puis rebrancher la prise et ça fonctionne, Masterchef, Gardener’s World – il faut que je trouve ces semences de plantes grimpantes !

Samedi: du rangement – enfin ranger les coussins des fauteuils de jardin (même s’il faudra les ressortir dans un mois), être découragée par l’ampleur du travail à la cave, aller chez mon papa – l’infirmière confirme qu’il est de meilleure humeur, les courses, commencer à trier les photos de Madère, tenter la cuisson du riz dans le multicuiseur – ce n’est pas gagné pour les petites quantités, des sushis maison, un très long film et donc ne pas le finir

Dimanche: motivée par ma voisine je retourne enfin à la zumba, décider sur un coup de tête que c’est le moment d’aller acheter des plantes, revenir avec des bulbes d’été et deux nouveaux camélias, de la lecture, The big country (William Wyler, 1958) – un très beau (et long) western, le retour de Crazy Ex-Girlfriend

Inheritance

Dani Shapiro, Inheritance: a memoir of genealogy, paternity, and love: auteur de nombreux romans (je n’en ai lu aucun), Dani Shapiro découvre un jour par un test d’ADN qu’elle n’est pas la fille de son père. Elle part à la recherche de son géniteur biologique et raconte toute son épopée. Elle relate aussi ses sentiments, son impression de ne plus être la même personne, ses doutes… J’avoue que c’est le sujet qui m’a attirée, je suis passionnée depuis longtemps par la généalogie, mais cette autobiographie m’a un peu laissée sur ma faim. Dani Shapiro décrit bien son état d’esprit mais toute sa recherche me semble bien facile (elle a eu beaucoup de chance, ce qu’on ne peut pas lui reprocher évidemment). J’attendais sans doute plus une histoire de famille sur plusieurs générations, avec un ancêtre qui aurait dévié de la voie tracée pour lui… Une petite déception liée à des attentes probablement trop importantes.

Short diary of the week (283)

Lundi: un peu barbouillée – comme souvent le lundi matin, un gros colis, la préparation de l’émission radio – suite – avec des moments d’angoisse, ramener le gros colis tout en ayant un peu la nausée, dès que je suis à la maison ça va mieux, Call the midwife – le dernier épisode de la huitième saison

Mardi: un peu angoissée ce matin, une émission radio (en différé heureusement), bien vidée après ça, commencer à préparer la suivante, un repas minimaliste – des frites – mais préparer un cake au chou-fleur pour les repas de midi en utilisant le tout nouveau multicuiseur, True Detective

Mercredi: crevée dès le matin, ne pas y voir clair, trouver sans doute une idée à la fin de la journée, toujours aussi crevée, découvrir que mon frigo ne contient pas le poivron que je croyais présent, changer mes plans, The Great British Sewing Bee, Masterchef d’un oeil distrait

Jeudi: réveillée en sursaut à 5h à cause d’une forte rafale de vent et de la pluie diluvienne, ne pas me rendormir, de la fatigue, tenter d’avancer dans le boulot, un jury, une mauvaise nouvelle: mon travail risque très probablement d’être vidé de sa substance, c’est très difficile à accepter et je me sens comme un peu anesthésiée, True Detective

Vendredi: une nuit d’insomnies, la tristesse est énorme, mais continuer à travailler quand même, deux gilets troués aux bras en une semaine – c’est l’hécatombe, trop de choses à faire et en tête – cela se ressent dans le manque de publications sur mes blogs, Masterchef, tomber par hasard sur le début de Leaving Neverland et rester scotchée (et horrifiée)

Samedi: une bonne nuit – enfin, un rendez-vous pour une nouvelle cuisine – je suis impatiente, aller chez mon papa qui est de meilleure humeur pour le moment (et qui boit beaucoup moins), de la préparation de couture, de la lecture fort peu concentrée: je pensais constamment à la cuisine, Masterchef, Gardener’s World, la suite de Leaving Neverland

Dimanche: c’est tempête !, une séance de yoga pour le changement (j’ai à nouveau pleuré), des conversations avec des amies qui me soutiennent dans les bouleversements à venir, de la couture, de la lecture, un cocktail tiki, de la cuisine thaïe et birmane, la fin de Leaving Neverland, Masterchef

The glass palace

Amitav Ghosh, The glass palace: l’histoire commence en 1885 avec l’invasion des Britanniques en Birmanie. Rajkumar n’est alors qu’un jeune garçon orphelin pris sous l’aile d’un batelier. Bloqué à Mandalay à cause de l’arrivée des troupes étrangères, il assiste au pillage du palais royal et y croise la jeune Dolly, une nounou d’un des enfants royaux. Cette jeune fille fait une forte impression sur lui. Le roman suit la vie de Rajkumar, sa débrouillardise, son activité dans le commerce du bois, la richesse qui en découle. D’un autre côté, Amitav Ghosh raconte l’exil du roi birman et de sa famille en Inde, où Dolly reste fidèle à sa maîtresse. Rajkumar ne l’a pas oubliée et part à sa recherche. Et l’histoire continue, relatant la vie d’une famille, les mariages, les enfants, les bonheurs et malheurs et surtout le cours de l’histoire – le roman se termine au début des années 1990.

J’ai trouvé le début fort long, j’ai même failli abandonner et puis d’un coup, l’histoire s’accélère (quand Rajkumar retrouve Dolly) et devient bien plus passionnante. J’ai adoré cette plongée dans l’histoire de la Birmanie mais aussi de l’Inde et de la Malaisie, alors colonies britanniques puis envahies par les Japonais et devenant enfin des pays indépendants. Le style d’écriture par contre ne m’a pas marquée plus que ça. A vrai dire, ce roman était dans ma PAL depuis mon voyage en Birmanie – il était conseillé partout comme indispensable à lire quand on visite le pays – mais il n’en parle que peu en fin de compte, se focalisant tout autant sur l’Inde et la Malaisie.